Programme de la fête de tous les saints

Page de garde d'un martyrologe romainSaint-Eugène, le samedi 1er novembre 2014, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h.

Catéchisme sur la fête de tous les saints

« Aujourd’hui, bien-aimés frères, nous célébrons, dans l’allégresse d’une solennité commune, la fête de tous les Saints. Leur société réjouit les cieux, leur protection console la terre, leur triomphe couronne la sainte Église. Plus la profession de leur foi a été ferme dans les tourments, plus ils ont d’éclat dans la gloire. Car la violence du combat s’augmentant, l’honneur des combattants s’est aussi accru. Les diverses tortures du martyre rehaussent le triomphe, et des souffrances plus affreuses ont procuré de plus délicieuses récompenses. Notre mère l’Église catholique, répandue au loin dans tout l’univers, à qui Jésus-Christ, son chef, apprit par son exemple à ne craindre ni les outrages, ni les croix, ni la mort, s’est de plus en plus fortifiée, non par la résistance, mais par la patience. Pour encourager toutes ces légions d’illustres athlètes, jetés en prison comme des criminels, et pour les animer tous à soutenir le combat avec la même ardeur et un courage égal, elle leur a inspiré la sainte ambition d’un glorieux triomphe. »
Sermon de saint Bède le Vénérable, prêtre, IVème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au second nocturne.

  • Propre grégorien du jour
  • Kyrie : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont, sous-maître de la chapelle du roi Louis XIV
  • Gloria : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • Séquence parisienne : Sponsa Christi, quæ per orbem – selon la tradition, l’orgue figure les versets impairs
  • Credo : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Exultáte justi in Domino, motet sur le psaume 32 de Ludovico Grossi da Viadana (1564 † 1627), maître de chapelle de la cathédrale de Mantoue
  • Sanctus : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • A l’élévation : O salutaris hostia – François Giroust (1739 † 1799), maître de chapelle du roi Louis XVI
  • Agnus Dei : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • Pendant la communion : La prière du bon larron en croix & les béatitudes – tradition russe, chant de Kiev, VIème ton (Luc 23, 42 & Matthieu 5, 3-12)
  • Ite, missa est : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • Pendant le dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie :

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    Proclamation du dogme de l’Assomption le 1er novembre 1950

    La Dormition (la mort paisible, tel un sommeil) et l’Assomption (la non corruption du corps et sa montée au ciel) de la Sainte Vierge sont unanimement célébrées dès l’époque patristique dans toutes les Eglises d’Orient & d’Occident. L’Église catholique a considéré que les traditions anciennes sur lesquelles ont été établies la célébration liturgique (outre le fait objectif qu’il n’y a jamais eu mention de reliques du corps de la Vierge Marie qu’une église aurait détenu) étaient conforme au dépôt de la Foi.

    A partir du XIXème siècle, des pétitions commencent à affluer à Rome pour que soit officiellement défini le dogme de l’Assomption. De 1854 à 1945, huit millions de fidèles écriront à Rome en ce sens ! Chiffre auquel il faut ajouter les pétitions de 1 332 évêques (représentant 80 % des sièges épiscopaux) et 83 000 prêtres, religieux et religieuses. Face à ces demandes répétées, Pie XII, par l’encyclique Deiparae Virginis, publiée en mai 1946, demande à tous les évêques du monde de se prononcer sur la question. La réponse est quasi unanime : 90 % des évêques y sont favorables. La plupart des 10 % restant s’interrogent sur l’opportunité d’une telle déclaration, seulement six évêques émettant des doutes sur le caractère « révélé » de l’Assomption de Marie. A la suite de ces réponse, le Pape décide de proclamer solennellement le dogme de l’Assomption en 1950 au cours de célébrations magnifiques & grandioses, dont voici ci-dessous quelques photographies d’époque.

    Notons que la proclamation dogmatique de l’Assomption reste à ce jour le seul & unique cas où l’infaillibilité pontificale, telle que définie au Concile de Vatican I, a été mise en oeuvre ; infaillibilité assise du reste sur la collégialité : tous les évêques du monde s’étaient prononcés sur la question, & la présence de 800 évêques autour du Pape lors de la proclamation ressemble à s’y méprendre à un concile.

    D’une tradition enseignée par la liturgie & professée par les Pères & Docteurs des premiers siècles (dès saint Ephrem au IVème siècle), et paisiblement continuée durant l’histoire de l’Eglise, l’Assomption devint donc dès lors un dogme de foi que doivent tenir les catholiques. C’est un avis tout à fait personnel, mais il est possible que l’apparition croissante au cours du XXème siècle de pseudo-théologies contestataires & modernistes, de plus en plus irrespectueuses de la grande Tradition de l’Eglise, ait joué un rôle dans cette prise de décision du vénérable Pie XII, finalement prophétique…

    La proclamation dogmatique ne se fit pas – comme on aurait pu s’y attendre – un 15 août mais le 1er novembre de l’Année Sainte 1950, jour de la Toussaint, situant ainsi Marie dans la communion de tous les saints.

    Plus discutable fut la refonte des textes liturgiques de la fête du 15 août qui fut alors décidée. On trouvait que ces textes liturgiques, pourtant vénérables (ils avaient traversés les siècles depuis l’institution de la fête de l’Assomption à Rome par le Pape Théodore (642 † 649), d’origine constantinopolitaine), n’exprimaient pas suffisamment le mystère célébré. A dire vrai, c’était surtout l’évangile de la messe qui étonnait les mentalités contemporaines. En effet, on y chantait Luc 10, 38-42, soit le Christ chez Marthe & Marie. Ce passage pourtant était appliqué à la Sainte Vierge dans l’exégèse patristique et est utilisé également dans les rits byzantin & mozarabe pour la fête du 15 août, il s’agissait donc d’un patrimoine vraiment antique. Quant aux nouvelles pièces du chant liturgique qui furent élaborées en place des anciennes, on peut même noter une régression dans l’affirmation du mystère célébré (comparez ainsi l’antique offertoire : « Assumpta est Maria in cœlum : gaudent Angeli, collaudantes benedicunt Dominum, alleluia » avec le moderne composé en 1950 pour prendre sa place : « Inimitias ponam inter te et mulierem, et semen tuum et semen illius »).

    Avant de laisser la place aux belles images des glorieuses cérémonies de 1950, rappelons que l’Assomption de la Vierge réaffirme « le caractère provisoire de notre mort corporelle qui, en style chrétien, prend le nom de sommeil et de dormition » (R.P. Martin Jugie (1878 † 1954), in « La mort et l’Assomption de la Sainte Vierge », chapitre « Opportunité et avantage de la définition solennelle de la doctrine de l’Assomption »), affirmation non négligeable à notre époque alors que ce développe une civilisation matérialiste qui nie le sens ultime de l’existence humaine.

    1er novembre 1950 – Le chœur de Saint-Pierre de Rome durant la messe papale de la proclamation du dogme de l’Assomption de la Sainte Vierge. Le vénérable Pie XII se tient au fond de l’abside de la basilique Saint-Pierre, juste sous le reliquaire de la Chaire, lequel contient les restes de la chaire utilisée par l’Apôtre saint Pierre lorsqu’il enseignait à Rome.

    « Le Ier novembre 1950, à l’exceptionnelle cérémonie, le monde catholique entier était en union de pensée avec ceux qui avaient pu venir. Huit cents évêques étaient autour du Souverain Pontife pendant la Messe Papale, offrant dans l’abside de Saint-Pierre le spectacle d’un concile œcuménique. »

    Mgr Pfister, Rome éternelle. Arthaud, 1954.

    Les noms des 800 évêques présents lors de la proclamation du dogme de l’Assomption ont été gravés sur des grandes tables de marbres qui sont placées sur les portes d’entrée du narthex de la basilique Saint-Pierre. Les pèlerins peuvent toujours les voir.

    « Vision vertigineuse prise du chemin de ronde de la coupole. Les proportions gigantesques, comme l’immensité de la foule sont ici manifestes. »

    Mgr Pfister, Rome éternelle.

    « En ce matin de l’extraordinaire Toussaint de 1950, aucun mouvement de foule n’était possible durant la cérémonie. L’affluence dépassait le demi-million. La plupart avait préféré assister au rite de la définition du dogme à l’extérieur de la basilique. Ceux qui remplissaient l’intérieur, assistèrent à l’entrée du Saint Père et de son cortège, puis à cette Messe dans ce cadre aussi émouvant que grandiose. C’est l’instant si bouleversant de la Consécration. Tous sont à genoux, les Gardes Nobles et les Suisses font en outre le salut militaire. »

    Mgr Pfister, Rome éternelle.

    Le Pape proclame la définition dogmatique de l’Assomption :

    « Nous proclamons, déclarons et définissons que c’est un dogme divinement révélé que Marie, l’Immaculée Mère de Dieu toujours Vierge, à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste. »

    Cette proclamation est faite selon les critères exprimés au Concile de Vatican I de 1870, à savoir ex cathedra, « c’est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu’une doctrine, en matière de foi ou de morale, doit être admise par toute l’Église, jouit par l’assistance divine à lui promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que fût pourvue l’Église, lorsqu’elle définit la doctrine sur la foi ou la morale. » (Saint Concile Vatican I).

    Une vidéo donne des vues de la cérémonie et de la proclamation dogmatique.

    5 novembre 1950. – Le vénérable Pape Pie XII salue S.E. Francis, cardinal Spellman, archevêque de New-York, à l’issue de l’audience spéciale accordée par le Saint Père aux très nombreux membres de la hiérarchie catholique qui ont assisté aux cérémonies solennelles de la proclamation du dogme de l’Assomption.

    13 novembre 1950. – Le vénérable Pape Pie XII signe la bulle de la proclamation du dogme de l’Assomption de la Sainte Vierge dans son bureau privé, au Palais Apostolique.

    Parmi les nombreux témoignages & souvenirs commémoratifs de la proclamation dogmatique, voici un timbre émis par la Poste Vaticane pour l’occasion.

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    Prose parisienne de la Toussaint – Offices notés complets de Paris – 1899

    Prose parisienne de la Toussaint

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    Catéchisme sur la Fête de tous les Saints

    Jean Fouquet - La Trinité, la Vierge & tous les saints

    Demande. Quelle fête l’Eglise célèbre-t-elle le 1er novembre ?
    Réponse. L’Eglise célèbre la Fête de tous les Saints qu’on nomme vulgairement Toussaint.

    D. Cette fête est-elle ancienne dans l’Eglise ?
    R. Elle a été instituée en l’an 835 par le pape Grégoire IV.

    D. N’est-elle établie qu’en l’honneur des saints dont on fait la fête pendant l’année ?
    R. Elle est établie en l’honneur de tous les saints qui sont dans le ciel.
    Explication. Il n’était pas possible d’établir des fêtes particulières en l’honneur de chacun des saints qui sont dans le ciel ; d’ailleurs un grand nombre ne sont pas connus ; cependant tous les saints méritent notre culte, & l’Eglise a institué cette fête générale afin que nous remplissions ce devoir. Cette fête intéresse même chaque chrétien en particulier ; il n’y en a point qui n’ait quelque parent, quelque ami, quelques enfants dans le ciel, on ne fait pas assez attention que c’est aussi leur fête, qu’on doit les honorer & s’adresser à eux avec toute la confiance que mérite le pouvoir qu’ils ont auprès de Dieu.

    D. Pour quelles raisons l’Eglise a-t-elle établi la Fête de la Toussaint ?
    R. Pour quatre raisons principales.

    D. Quelle est la première raison de l’Eglise dans l’institution de la Toussaint ?
    R. C’est pour honorer tous les saints qui sont dans le ciel, n’étant pas possible de les honorer tous par des fêtes particulières.

    D. Quelle est la seconde raison ?
    R. C’est pour réparer les fautes qu’on fait pendant l’année dans la célébration des fêtes.
    Explication. C’est ce que dit expressément le pape Urbain IV dans la bulle de l’institution de la Fête-Dieu.

    D. Quelle est la troisième raison ?
    R. C’est pour exciter les chrétiens à la vertu par l’exemple des saints.
    Explication. Pourquoi, se disait saint Augustin à lui-même, pourquoi ne pourrais-tu pas faire ce que tels & tels que tu connais ont fait ? Et pourquoi ne pourrions-nous pas faire nous-même ce que tant de saints ont fait avant nous ? Ces saints étaient dans l’état où nous sommes, ils avaient les mêmes passions, peut-être de plus vives que nous ; ils n’avaient pas d’autres moyens de salut ; pourquoi ne les imiterions-nous pas ? Nous avons de plus qu’eux l’exemple qu’ils nous ont laissé.

    D. Quelle est la quatrième raison ?
    R. C’est pour obtenir plus facilement ce que nous demandons à Dieu par l’intercession de tant de saints.
    Explication. De nous-mêmes que pouvons-nous ? Faibles, fragiles, souvent vicieux, de quels secours, de quelle protection n’avons-nous pas besoin pour trouver grâce devant la Majesté infinie que nos péchés ont outragée ? Le pouvoir des saints n’est pas douteux. Intéressons-les en notre faveur en leur demandant le puissant secours de leur médiation. L’intérêt qu’ils prennent à la gloire de Dieu & à notre salut assure le succès de nos demandes.

    D. Que faut-il faire pour entrer dans l’esprit de l’Eglise en cette fête ?
    R. Trois choses principales.

    D. Quelle est la première ?
    R. Il faut remercier Dieu de la gloire qu’il a accordée aux saints.

    D. Quelle est la seconde ?
    R. Il faut nous souvenir que nous sommes créés pour le même bonheur, & désirer ardemment d’y parvenir.

    D. Quelle est la troisième ?
    R. Il faut sanctifier toutes les actions de notre vie & prendre les saints pour modèle de notre conduite.
    Explication. Nous arriverions tous au ciel si nous imitions les saints ; nous deviendrions ce qu’ils sont aujourd’hui si nous pratiquions comme eux les vertus chrétiennes. Et que faut-il pour cela ? Sanctifier chacune de nos actions, mêmes les plus ordinaires, les faire en esprit de religion & en vue de Dieu : voilà le grand secret des saints. Qui peut refuser de suivre un chemin si facile pour arriver au comble du bonheur ? Et quand il y aurait quelques peines à le faire, la récompense infinie qui en est le prix ne doit-elle pas nous engager à faire les plus grands sacrifices ? On fait chaque jour pour de vils intérêts, ou pour satisfaire ses passions des efforts bien plus grands que ceux que la religion nous prescrit pour être éternellement heureux.

    Abbé Meusy, Cathéchisme des Fêtes, Besançon, 1774
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    Enregistrement : sainte messe de la fête du Christ-Roi

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    Téléchargez les partitions chantées au cours de cette messe & présentes dans cet enregistrement :

    Les fichiers MP3 sont téléchargeables ici.

    Viva Cristo Rey

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    Programme de la fête de Notre Seigneur Jésus-Christ Roi

    Christ en gloire, miniature du XIIIème siècleSaint-Eugène, le dimanche 26 octobre 2014, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h.

    La fête du Christ-Roi a été instituée par le Pape Pie XI le 11 décembre de l’Année Sainte 1925 par l’encyclique Quas Primas, écrite non seulement dans le contexte de l’avènement du communisme athée en Russie mais aussi pour combattre le développement moderne du laïcisme occidental. Ainsi au Mexique, l’élection en 1924 de Plutarco Elías Calles sonnait le début de la persécution contre l’Eglise et les prémices d’une formidable résistance chrétienne, qui se concrétisera par la Guerre des Cristeros. La fête a été placée par le Pape Pie XI au dimanche qui précède la fête de la Toussaint, afin de montrer le lien existant entre la royauté du Christ et sa diffusion par la sainteté de ses fidèles.

    Quel intérêt pour le Roi des siècles de devenir le roi des hommes ? Le Christ n’est pas roi d’Israël pour lever un tribut, pour équiper une armée ou pour combattre des ennemis visibles, mais pour gouverner les âmes, pour veiller à leur salut éternel, et pour conduire au royaume des cieux ceux qui croient, espèrent et aiment. Pour le Fils de Dieu égal au Père, Verbe « par qui tout fut fait », c’est donc une condescendance de consentir à être roi d’Israël et non une promotion. C’est la marque de sa miséricorde, bien loin d’être un accroissement de pouvoir. II est au ciel le Seigneur des anges celui qui reçoit sur terre le nom de roi des Juifs… Mais le Christ n’est-il que roi des Juifs ? Ne l’est-il pas de toutes les nations ? — Bien sûr que si ! Il l’avait dit prophétiquement : « J’ai été constitué par Dieu roi sur Sion, sa montagne sainte, je publierai le décret du Seigneur. » Mais, puisqu’il s’agit de la montagne de Sion, on pourrait dire qu’il a été constitué roi des Juifs seulement, aussi les versets suivants déclarent-ils : « Le Seigneur m’a dit : tu es mon fils, c’est moi qui t’engendre aujourd’hui ; demande et je te donnerai les nations pour héritage et pour ta possession les confins de la terre. »
    Homélie de saint Augustin, prêtre, VIIème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au troisième nocturne.

     

  • Propre grégorien du jour
  • Procession d’entrée : Dominus regnavit de Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711 † 1772), maître de la Chapelle royale de Versailles
  • Kyrie : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont, sous-maître de la chapelle du roi Louis XIV
  • Gloria : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • Credo : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Laudes carolingiennes (VIIIème siècle)
  • Sanctus : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • A l’élévation : O vere digna Hostia de Guillaume Bouzignac (c. 1587 † ap. 1643), maître de chapelle des cathédrales d’Angoulème, de Bourges, de Rodez et de Clermont-Ferrand
  • x

  • Pendant la communion : Dixit Dominus (H. 197) de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de chapelle de Mademoiselle de Guise, du Dauphin, des Jésuites et de la Sainte Chapelle
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite, missa est : de la Messe royale du Ier ton d’Henry du Mont
  • Au dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : Christus vincit – Mélodie d’Aloys Kunc (1832 † 1895), maître de chapelle de la cathédrale de Toulouse, harmonisation du chanoine Gaston Roussel (1913 † 1985), curé de Port-Marly, maître de chapelle de la cathédrale de Versailles
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    Programme du XXème dimanche après la Pentecôte – Pères du concile de Nicée II – Icône de Notre Dame des Ibères – ton 3

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 26 octobre 2014 du calendrier grégorien, 13 octobre 2014 du calendrier julien, divine liturgie de saint Jean Chrysostome de 9h15.

    Dimanche du ton III de l’Octoèque. Nous fêtons en ce jour les saints Pères du septième concile œcuménique, second de Nicée, tenu en 787, réuni par l’impératrice Irène en présence des légats du pape Adrien pour régler la crise iconoclaste. Les Pères de Nicée demandent la restauration des images du Christ, de la Vierge et des saints qui aident la prière et permettent de communiquer avec le divin. L’image n’est pas le modèle qui y est figuré, mais la vénération rendue à l’image renvoie au modèle.

    Icône originale de Notre Dame des Ibères, conservée à l'entrée du monastère d'Iviron au Mont-AthosNous fêtons aussi en ce jour la translation en Russie d’une copie de l’icône miraculeuse de Notre Dame des Ibères (Marie Porte du Ciel), l’an 1648.

    La Providence veut que cette année la fête du concile de Nicée II qui rétablit la vénération des icônes soit concomitante à celle de l’icône de la Mère de Dieu des Ibères, qui subit les attaques des iconoclastes, et qui était vénérée justement dans la ville de Nicée, d’où elle est originaire.

    Précisons tout d’abord que les Ibères dont il s’agit ne sont pas Espagnols, mais les Géorgiens établis dans le monastère d’Iviron au Mont-Athos, lequel occupe le troisième rang selon l’ordre de préséance qui prévaut sur la Sainte Montagne.

    L’icône de Notre-Dame des Ibères remonte au moins au IXème siècle. Celle-ci, selon la tradition, fut cachée par une pieuse veuve habitant la ville de Nicée, durant la persécution iconoclaste qui eut lieu sous le règne de l’empereur Théophile (829-842). L’un des iconoclastes, ayant découvert la sainte icône, la transperça de sa lance. L’icône se mit à saigner (depuis lors, on représente toujours cette icône avec une petite marque noire sur la joue de la Vierge). La veuve soudoya les soldats et obtint que l’image sainte ne fût pas détruite avant le lendemain. Durant la nuit, elle mit l’icône à la mer et celle-ci navigua, dressée sur les flots, jusqu’au Mont-Athos. Les moines, ayant aperçu, pendant plusieurs jours, une colonne de feu allant de la mer jusqu’au ciel, descendirent sur la plage et trouvèrent l’icône, dressée sur l’eau. Les moines la placèrent immédiatement dans l’église, mais l’icône, chaque matin, se retrouvait à la porte du monastère. La Mère de Dieu révéla au frère Gabriel l’Ibère qui l’avait recueillie qu’elle entendait elle-même assurer la garde du monastère et son icône est, depuis, placée à l’entrée du monastère des Ibères et surnommée « portaitissa », ce qui signifie « portière » ou « tourière ».

    Icône russe de Notre-Dame des Ibères sortie du Musée historique pour être vénérée au monastère NovodiévitchiUne copie de cette icône miraculeuse, écrite par le moine Jamblique, fut transportée à Moscou, le 13 octobre 1648, à la demande de celui qui devait devenir le patriarche Nikon et qui était alors l’higoumène du monastère Novodiévitchi de Moscou. Cette copie, elle-même miraculeuse (de nombreux miracles se manifestèrent lors de son arrivée au monastère Novodiévitchi de Moscou), est l’une des icônes les plus vénérées de Russie. La fête liturgique de sa translation est depuis fixée, dans le calendrier de l’Eglise russe, au 13 octobre. L’icône est conservée de nos jours au Musée historique de Moscou, mais est régulièrement proposée à la vénération des fidèles au monastère Novodiévitchi pour les jours de fête.

    En pèlerinage à Moscou, les grands clercs de Saint-Eugène passent les portes de la Résurrection qui donnent accès à la Place Rouge - A gauche, la chapelle de Notre-Dame des IbèresUne copie de l’icône fut réalisée à Moscou pour la chapelle qui lui fut dédiée en 1680 à l’entrée de la Place Rouge, devant les Portes de la Résurrection (appelées aussi depuis Portes d’Ibérie). Notre-Dame d’Ibérie gardait ainsi l’entrée de la Place Rouge et du Kremlin et fut considérée comme la protectrice de Moscou. Tout voyageur arrivant dans la ville avait coutume de se recueillir devant elle. Cette chapelle fut détruite par Staline en 1931 avec les Portes de le Résurrection (afin de permettre le passage des chars pour les parades militaires sur la Place Rouge). La chapelle est maintenant heureusement reconstruite, avec les Portes de la Résurrection, et est ornée d’une nouvelle copie écrite au Mont-Athos en 1995 ; des office s’y déroulent en permanence, devant un flot incessant de pèlerins (et de touristes !).

    Icône de Notre-Dame des Ibères (Marie Porte du Ciel) de MontréalEn 1981 un des moines du Mont-Athos avait écrit une copie de l’ancienne icône d’Iviron. Cette copie fut donnée à José Munoz, un moine qui habitait à Montréal. Une nuit de novembre 1982, cette icône a commencé à suinter abondamment – de façon miraculeuse – une huile parfumée en 1981 (icône myrrhoblyte de Montréal). L’icône fut placée dans la petite cathédrale orthodoxe de Montréal, proposée à la vénération des fidèles. Cette icône miraculeuse de « Marie Porte du Ciel » devint extrêmement célèbre et voyagea avec son dépositaire un peu partout dans le monde. L’icône suintait de la myrrhe en permanence, plus ou moins abondemment selon les circonstances, mais le miracle cessait tous les ans durant la Semaine Sainte, à partir du Grand et Saint Lundi pour reprendre au cours des matines de la Résurrection dans la nuit de Pâques. Le moine José fut cependant assassiné à Athènes dans sa chambre d’hôtel le 31 octobre 1997 et l’icône fut volée & disparut.

    L'icône myrroblite de Notre-Dame des Ibères d'HawaiiUne copie de l’icône de Montréal commença toutefois à nouveau à exsuder miraculeusement de la myrrhe à Honolulu, Hawaii, de façon régulière depuis 2007. En Juin 2008, cette copie de l’icône des Ibères a été reconnue comme miraculeuse & digne de vénération par l’Eglise orthodoxe russe hors frontières, et a reçu la bénédiction de voyager dans différentes églises et monastères. Son « propriétaire » d’origine, le lecteur Nectaire, a été chargé par l’Eglise orthodoxe russe d’être son tuteur, et d’assurer la sécurité et l’entretien de cette icône miraculeuse.

    Depuis Juin 2008, cette icône a visité plus de 1000 églises de toutes les juridictions canoniques en Amérique du Nord, et a été vénérée par un million de personnes à travers les États-Unis. De nombreux miracles et guérisons ont été rapportés, comme pour l’icône de Montréal.

    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Kondakion : de la Mère de Dieu.
    A sexte: Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des saints Pères. Kondakion : des saints Pères.

    Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche ton 3, 4 tropaires de la 3ème ode du canon de la Mère de Dieu & 4 tropaires de la 6ème du canon des saints Pères :
    1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
    2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    5. Jean criait en gémissant avec sa mère, * et versait une fontaine de larmes : * « Réjouis-toi, porte spirituelle ! * Maintenant tu enlèves mes portes ; ** sans toi, comment pouvons-nous vivre ici-bas ? »
    6. Vomissant du venin contre toi, * l’empereur avec le sénat a déchaîné le châtiment contre les Saints. * Réjouis-toi, porte spirituelle & ouvre celles du Paradis, ** car sans toi nous ne pouvons pas les franchir.
    7. Etant allée au bord de la mer, * la veuve mêlait son chant à ses larmes : « Réjouis-toi, porte spirituelle et calme les tempêtes, ** car sans toi nous ne pouvons leur échapper. »
    8. La sage veuve inondait ses joues d’un fleuve de larmes * et déchirait sans pitié sa poitrine ; * « Réjouis-toi, porte spirituelle, crie-t-elle, ** souviens-toi de nous, car nous n’avons pas d’autre refuge que toi. »
    9. Sauveur, accorde-moi ton pardon, * malgré le nombre de mes péchés ; * de l’abîme du mal retire-moi, je t’en supplie ; * c’est vers toi que je crie ; ** Dieu de mon salut, Seigneur, exauce-moi.
    10. Que les montagnes distillent * la douceur et la joie, * car la multitude des hérétiques est rejetée, * elle qui répandait cet âpre venin, ** le rejet des images sacrées.
    11. Que le ciel et la terre, d’un même chœur, * célèbrent comme une fête * la magnificence de la fille de Dieu, * car elle s’est grandie en renversant ** ceux qui cherchaient à l’amoindrir.
    12. Le Fils que sans mère le Père engendre tout d’abord * sans père est né d’une Mère divinement * et m’a fait naître de nouveau ; * c’est pourquoi je vénère l’image ** de celle qui enfante et du fruit de son sein.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les cieux se réjouissent, * que la terre exulte d’allégresse, * car le Seigneur a fait merveille * par la force de son bras, * terrassant la mort par sa propre mort * et devenant d’entre les morts le premier-né : * du sein de l’Enfer il nous a tous sauvés, ** accordant au monde la grâce du salut.
    2. Tropaire des saints Pères de Nicée, ton 8 : Sois glorifié par-dessus tout, ô Christ notre Dieu * qui sur terre as établi nos Pères saints comme des flambeaux * et grâce à eux nous as tous conduits vers la vraie foi : ** Plein de miséricorde, gloire à toi.
    3. Tropaire de la Mère de Dieu, ton 1 : L’audace de ceux qui haïssaient l’image du Seigneur * et la puissance des ennemis de Dieu parvinrent jusqu’à Nicée ; * leurs envoyés questionnèrent sans pitié * la veuve qui honorait l’icône de la Mère de Dieu ; * mais, de nuit, avec l’aide de son fils * elle confia l’icône à la mer en disant : * « Gloire à toi, Vierge pure, car l’infranchissable flot a renversé son cours * & tu as pris la bonne direction, seule Mère inépousée ».
    4. Kondakion du dimanche, ton 3 : Du tombeau tu es ressuscité * en ce jour, ô Dieu de miséricorde, * nous arrachant aux portes de la mort ; * en ce jour Adam tressaille d’allégresse et Eve danse de joie, * et tous ensemble les Patriarches & les Prophètes chantent inlassablement ** la force & la puissance de ta divinité.
    5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    6. Kondakion des saints Pères, ton 6 : Le Fils qui s’est levé du Père comme un soleil * en deux natures est né d’une femme ineffablement ; * l’ayant connu, nous ne pouvons renier l’empreinte de ses traits, * mais la reproduisons pour la vénérer fidèlement; * c’est pourquoi l’Eglise, conservant la vraie foi, ** baise l’icône du Christ incarné.
    7. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    8. Kondakion de la Mère de Dieu, ton 8 : Même si ta sainte icône a été jeté à la mer par la veuve qui ne pouvait la sauver de l’ennemi, ô Mère de Dieu, * elle est devenue la gardienne du Mont-Athos * et la portière du monastère d’Iveron, mettant en fuite l’ennemi, * et dans la Russie orthodoxe, ** elle garde de tous malheurs et de tous dangers ceux qui t’honorent.

    Prokimen
    Des saints Pères, ton 4 :
    R/. Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères, & vénérable, & que ton Nom soit glorifié éternellement (Daniel 3, 26).
    V/. Car tu es juste en toutes tes œuvres (Daniel 3, 27).
    De la Mère de Dieu, ton 3 :
    R/. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).

    Epîtres
    Du dimanche : Galates (§ 200) I, 11-19.
    Des saints Pères : Hébreux (§ 334) XIII, 7-16.
    [De la Mère de Dieu : Philippiens (§ 240) II, 5-11.]

    Alleluia
    Des saints Pères, ton 1 :
    V/. Le Seigneur, le Dieu des dieux, a parlé, et il a appelé la terre depuis le lever du soleil jusqu’à son couchant. (Psaume 49, 1).
    V/. Assemblez devant lui tous ses saints, qui font alliance avec lui pour lui offrir des sacrifices. (Psaume 49, 5).
    De la Mère de Dieu :
    V/. Ecoute, ma fille, regarde & tends l’oreille (Psaume 44, 11).

    Evangile
    Du dimanche : Luc (§ 35) VIII, 5-15.
    Des saints Pères : Jean (§ 56) XVII, 1-13.
    [De la Mère de Dieu : Luc (§ 54) X, 38-42; XI, 27-28.]

    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
    De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.

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    Programme du XIXème dimanche après la Pentecôte

    19ème dimanche après la Pentecôte - Facit Rex nuptias Filio - Un roi fit les noces de son Fils (Matthieu 22, 1-14)Saint-Eugène, le dimanche 19 octobre 2014, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h.

    La parabole du festin des noces

    Le Royaume des Cieux est donc l’Église des justes : car déjà le Seigneur règne en eux comme dans les cieux : du fait qu’ils soupirent après les choses d’en haut, leur cœur ne recherche rien sur la terre. On peut donc dire : « Le Royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils. » Votre charité comprend déjà qui est ce Roi, père du Fils Roi. N’est-il pas celui à qui le psalmiste dit : « Dieu, donne au Roi ton jugement, et ta justice au fils du Roi ». « Il célébra les noces de son fils. » Dieu le Père célébra les noces de Dieu son Fils, quand il l’unit à la nature humaine dans le sein de la Vierge ; quand celui qui est Dieu dès avant les siècles, il a voulu le faire devenir homme à la fin des temps. Mais, bien que, normalement, cette union nuptiale se fasse entre deux personnes, qu’il soit banni de nos esprits de croire que la personne du Dieu-homme notre Rédempteur Jésus Christ, soit l’union de deux personnes.
    Homélie de saint Grégoire, pape, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

     

  • Procession d’entrée : orgue
  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa XI Orbis factor
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : chant du Dirigatur du VIIIème ton – faux-bourdon parisien (d’après l’édition de 1739)
  • A l’élévation : O salutaris hostia d’après A. Fateiev – adaptation Henri de Villiers
  • Pendant la communion : Panis angelicus, motet d’Henry du Mont (1610 † 1684), maître de chapelle du roi Louis XIV, organiste de Saint Paul
  • Prière pour la France, faux-bourdon parisien du Vème ton (d’après l’édition de 1739)
  • Ite missa est XI
  • Après le dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : En ce jour, ô Marie, daigne écouter nos chants
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    Programme du XIXème dimanche après la Pentecôte – Saint Thomas – ton 2

    Saint Thomas apôtre - école russe du XIVème siècle - Musée russe de Saint-PétersbourgParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 19 octobre 2014 du calendrier grégorien, 6 octobre 2014 du calendrier julien, divine liturgie de saint Jean Chrysostome de 9h15.

    Dimanche du ton II de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour l’illustre & saint apôtre Thomas.

    Les quatre évangiles citent Thomas parmi la liste des Douze Apôtres, mais seul celui de Jean nous fournis quelques renseignements qui peuvent aider à dessiner sa personnalité. Saint Thomas (ce nom araméen signifie « Jumeau ») était sans doute courageux (ne déclare-t-il pas : « Allons nous aussi & mourrons avec lui », lorsque le Christ annonce son passage en Judée alors que les Juifs de cette province ont résolu de le mettre à mort – Jean 11, 16) & surtout il fait preuve d’un pragmatisme certain (à la dernière Cène, lorsque Jésus annonce : « Quant au lieu où je vais, vous en connaissez le chemin », Thomas l’interrompt : « Seigneur, nous ne savons où tu vas, comment en connaitrions-nous le chemin ? » – Jean 14, 5).

    La foi de Thomas - reconnaissance du Christ ressuscité par saint ThomasC’est sans doute en raison de ce pragmatisme que Thomas refuse de croire en la réalité physique de la résurrection s’il ne peut toucher les plaies de Jésus. Le Christ ressuscité lui apparait en lui montrant ses plaies glorifiées et lui disant : « Cesse d’être incrédule mais croyant ». Même si la foi de Thomas fut tardive, sa réponse est une profession de foi d’une vigueur théologique impressionnante : « Mon Seigneur & mon Dieu ». Thomas confesse ainsi solidement la réalité du mystère de l’Incarnation du Verbe, la réalité de l’union hypostatique des deux natures, humaine & divine, dans le Christ.

    Après la Pentecôte, rempli de l’Esprit Saint et avec le courage qui le caractérisait déjà, Thomas partit prêcher l’Evangile aux extrémités de la terre.

    En compagnie des saints Apôtres Jude Thaddée et Barthélémy, il établit l’Eglise dans la Mésopotamie (où l’on parlait alors l’araméen comme en Palestine). Thaddée & Thomas concentrent leur prédication sur l’Assyrie, assistés par Addaï, l’un des 72 disciples, lequel continue leur travail une fois qu’ils partiront pour l’Arménie & l’Inde, tandis que Thaddée évangélise la Chaldée plus au Sud, assisté par un autre des 72 disciples, Aggaï puis par leur disciple Mari. L’Eglise ainsi fondée dans la Mésopotamie sous domination perse s’intitula l’Eglise de l’Orient (toutes les chrétientés de l’Empire romain étaient en effet pour eux l’Eglise d’Occident, y compris les Byzantins, les Syriaques, les Coptes). Les héritiers de cette Eglise de l’Orient sont les chrétiens appelés de nos jours Assyriens & Chaldéens (sans que ces appellations actuelles ne recoupent des identités ethniques réelles mais une simple distinction entre chrétiens séparés (nestoriens) & catholiques).

    Une fois l’Evangile prêché en Mésopotamie & les premières Eglises affermies, Thomas, suivant la route de la soie s’arrête au royaume indo-grec du Ghandara (Pakistan actuel) à la cour du roi Gondopharès Ier, qu’il quitte en 51 pour revenir à Jérusalem. En 52 Thomas s’embarque pour l’Inde du Sud en suivant cette fois la route maritime de la soie. Il séjourne dans l’île de Socotora (Golfe d’Aden), où il établit l’Eglise. Cette antique chrétienté, dépendant du catholicos de l’Eglise de l’Orient dura jusqu’au XIVème siècle avant d’être éradiquée par l’Islam.

    Thomas débarque aux Indes à Muziris (l’actuelle Cangranore) sur la côte de Malabar, où vivait une importante communauté juive araménophone, mais sa prédication obtient plus de succès auprès des indiens, et Thomas baptise de nombreux membres de la haute caste et de la famille royale, qui forment alors le noyau de la première communauté chrétienne en Inde. De 52 à 63, Thomas fonde des Églises sur les côtes du Malabar & de Coromandel, ainsi qu’à Ceylan. Ces communautés ont été dénommées depuis « Chrétiens de saint Thomas », leurs Eglises – de tradition araméenne – sont toujours florissantes aujourd’hui dans l’actuel état du Kérala, où la population est devenue de nos jours majoritairement chrétienne. La chrétienté indienne fondée par Thomas (comme les premières chrétienté de Socotora et de Chine) resta longtemps la fille de celle de Mésopotamie, partageant avec elle la même liturgie (l’anaphore d’Addaï et Mari).

    Croix du tombeau de saint Thomas à Méliapour (Madras), datée du VIème ou VIIème siècleEn 64, Thomas s’embarque pour la Chine qu’il évangélise jusqu’en 68 avant de revenir aux Indes. Il reçoit la palme du martyre l’an 72 (probablement un 21 décembre selon la tradition malabare locale) dans le petit royaume tamoul de Méliapour (Mylapore, cité actuellement intégrée dans la ville de Madras) sur la côte de Coromandel. Pour avoir converti la femme et le fils du roi, Thomas fut percé de plusieurs lances. Les restes de l’une d’elles furent retrouvés par les Portugais lors de l’ouverture de son tombeau et de la reconnaissance de ses reliques (des os et une fiole de sang) qu’ils firent en 1523. Une croix datée du VIème ou VIIème siècle retrouvée sur son tombeau et comportant une inscription en langue parthe est devenue le symbole des Chrétiens de saint Thomas (des croix de forme similaire et de même époque ont été aussi retrouvées au Kérala).

    Frise de Kong Wang Shan - l'Apôtre Thomas portant la croix et un acolyteLa prédication de Thomas au Ghandara et en Chine avait été abondemment contestée par les critiques rationalistes occidentaux à partir de l’époque moderne, celle des Indes paraissait plus certaine en raison de la manifeste ancienneté des chrétientés qui y sont toujours établies. Pourtant, les études archéologiques récentes tendant à confirmer les éléments reçus de la tradition. Le roi Gondopharès Ier du Ghandara avait été prétendu légendaire jusqu’à ce qu’on retrouve des pièces à son effigie en 1834 à Calcutta, puis de nombreuses inscriptions qui ont pu confirmer les dates de règne de ce souverain, compatibles avec le séjour de Thomas. De même, les études récentes d’un groupe sculpté en Chine (la frise de Kong Wang Shan, dans le port de Lianyungang où Thomas aurait pu débarquer) tendent à montrer qu’elles pourraient décrire l’arrivée de Thomas en Chine. D’autres sculptures funéraires de style mésopotamien et manifestement d’inspiration bibliques datées de l’an 86 ont été retrouvées en Chine.

    Le corps de saint Thomas repose toujours aux Indes dans son tombeau à Méliapour (Madras, Etat du Tamil Nadu, Inde). En 232 cependant, une translation d’une partie importante de ses reliques avait été faite depuis Méliapour jusqu’à Edesse en Osroène (Mésapotamie), ville qu’il avait évangélisée. Ces reliques furent apportées des Indes par les soins d’un marchant syriaque du nom de Khabin. La pèlerine Egérie qui visita Edesse du 19 au 21 avril 384 note dans son journal de voyage :

    Dès notre arrivée, nous nous sommes rendus aussitôt à l’église et au martyrium de saint Thomas. Selon notre habitude, nous avons fait des prières et tout ce que nous avions coutume de faire dans les lieux saints ; nous avons lu aussi quelques textes de saint Thomas. L’église qui est là est immense et très belle, agencée de neuf, de sorte qu’elle est vraiment digne d’être la maison de Dieu.
    Itinéraire 19, 2-3.

    En 394 (vraisemblablement un 3 juillet), les reliques d’Edesse furent tirée du martyrium primitif décrit par Egérie (manifestement un petit édicule distinct de la cathédrale de la ville dont parle surtout notre pèlerine) pour être solennellement déposées dans une nouvelle et grande église spécialement édifiée pour les recevoir (Chronique d’Edesse 38).

    Pierre tombale de saint Thomas, de facture mésopotamienne, conservée à Ortona avec les reliques du crâne de saint ThomasCes reliques d’Edesse quittèrent la ville au cours du Moyen-Age en raison des vicissitudes dues aux invasions perses puis arabes, et furent elles-mêmes divisées : une partie serait conservée dans une église de Mossoul, une autre part (des os du crâne) avait été mise à l’abri des invasions musulmanes dans l’île grecque de Chios, d’où le 6 septembre 1258 des Italiens la transférèrent à Ortona dans les Abruzzes ; la cathédrale Saint-Thomas de cette ville les conserve ainsi qu’une pierre tombale de facture mésopotamienne. Une reconnaissance scientifique de ces reliques a déterminé qu’elles appartenaient à un homme d’environ 1m60, âgé entre 50 et 70 ans, qui avait reçut des coups correspondant à ceux d’une lance.

    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de l’Apôtre. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
    A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du vénérable Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de l’Apôtre.

    Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 2, et 4 tropaires de la 3ème ode du canon de l’Apôtre :
    1. Reprenant la prière du bon Larron, * ô Christ, nous te disons : * Souviens-toi de nous, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
    2. Ta croix, nous te l’offrons * pour la rémission de nos péchés : * Seigneur, tu l’as supportée ** par amour pour les hommes.
    3. Devant ta Sépulture & ta sainte Résurrection, * Maître, nous nous prosternons : * par elles tu rachetas de la corruption, ** Ami des hommes, le monde entier.
    4. Seigneur, l’empire de la Mort * par ta mort fut englouti, * & par ta sainte Résurrection, ** Dieu sauveur, tu as sauvé l’univers.
    5. Au plus profond de l’Enfer, * lorsqu’ils virent ta clarté, * ceux qui dormaient dans les ténèbres de la mort, * ô Christ, se levèrent, ressuscités.
    6. Ressuscité du tombeau, * tu vins au-devant des Myrophores, * et les Disciples reçurent la mission ** de proclamer ta Résurrection.
    7. Toi qui excellais par ta vertu * et par tes miracles, Apôtre ayant vu Dieu, * de lumière divine tu éclairas les Indiens ** et dans leurs ténèbres tu fis luire la foi.
    8. Devenu incandescent par œuvre de l’Esprit, * comme un jet de lumière tu fus envoyé, * Thomas, divinement inspiré, ** et de tes miracles tu illuminas le monde entier.
    9. Initié aux enseignements * de la divine sagesse, apôtre Thomas, * avec la rapidité de l’éclair ** tu as illuminé le monde et ses confins.
    10. Vierge pure ayant porté le Dieu fait chair, * rends-moi ferme, car je ploie * sous les attaques des passions : ** il n’est d’autre auxiliatrice que toi.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu es descendu vers la mort, immortelle Vie, * l’Enfer fut renversé par la splendeur de ta divinité * et, lorsque tu ressuscitas les morts * qui gisaient au fond du tombeau, * tous les Anges dans les cieux se mirent à chanter : ** Gloire à toi, Source de vie, ô Christ notre Dieu.
    2. Tropaire de l’Apôtre, ton 2 : Tu as été un disciple du Christ * et membre du divin collège des Apôtres. * Faible dans la foi, t’as douté de la Résurrection du Christ, * mais après avoir touché Ses blessures tu as cru à sa très-pure Passion : ** prie-Le à présent, glorieux Thomas, pour qu’Il nous donne sa paix et sa grande miséricorde.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion de l’Apôtre, ton 4 : Celui que la grâce divine a comblé, * l’Apôtre du Christ et son fidèle serviteur, * plein de repentir, s’est écrié: * Tu es en vérité ** mon Seigneur et mon Dieu.
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion du dimanche, ton 2 : Lorsque tu es ressuscité du tombeau, Sauveur tout-puissant, * l’Enfer à la vue de ce miracle fut saisi de frayeur ; * les morts se sont levés et, te voyant, la création partage ta joie, * Adam s’unit à l’allégresse ; ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.

    Prokimen
    Du dimanche, ton 2 :
    R/. Ma force & mon chant, c’est le Seigneur ; il fut pour moi le salut (Psaume 117, 14).
    V/. Il m’a châtié et châtié, le Seigneur, mais à la mort il ne m’a point livré (Psaume 117, 18).
    De l’Apôtre, ton 8 :
    R/. Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5).

    Epîtres
    Du dimanche : 2 Corinthiens (§ 194) XI, 31 – XII, 9.
    Ma grâce te suffit : car ma puissance éclate davantage dans la faiblesse. Je prendrai donc plaisir à me glorifier dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi.
    De l’Apôtre : 1 Corinthiens (§ 131) IV, 9-16.

    Alleluia
    Du dimanche, ton 2 :
    V/. Qu’il te réponde, le Seigneur, au jour d’angoisse, qu’il te protège, le nom du Dieu de Jacob ! (Psaume 19, 1).
    V/. Seigneur, sauve le roi, & exauce-nous au jour où nous t’invoquons (Psaume 19, 10).
    De l’Apôtre :
    V/. Les cieux rendent grâce pour tes merveilles, Seigneur, pour ta fidélité, dans l’assemblée des saints (Psaume 88, 6).

    Evangile
    Du dimanche : Luc (§ 30) VII, 11-16.
    En même temps le mort se leva en son séant, et commença à parler ; et Jésus le rendit à sa mère.
    De l’Apôtre : Jean (§ 65) XX, 19-31.

    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
    De l’Apôtre : Par toute la terre a retenti leur message, & leur parole jusqu’aux limites du monde (Psaume 18, 5). Alleluia, alleluia, alleluia.

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    Programme de la messe de la fête de sainte Thérèse d’Avila célébrée à Saint-Joseph-des-Carmes

    La Transverbération du cœur de sainte Thérèse d'Avila par Francesco FontebassoSaint-Joseph-des-Carmes, le mercredi 15 octobre 2015, grand’messe en rit romain traditionnel de 20h15.

    En prélude au Vème centenaire de la naissance de sainte Thérèse d’Avila (1515 / 2015), la paroisse Saint-Eugène – Sainte-Cécile poursuit ses pèlerinages parisiens par la célébration d’une messe dans la forme extraordinaire à Saint-Joseph des Carmes le 15 octobre prochain.

    Programme :
    * 19h : rendez-vous dans les jardins de l’Observatoire puis marche vers Saint-Joseph des Carmes.
    * 19h45 : visite de l’église Saint-Joseph des Carmes et vénération des reliques des bienheureux martyrs de septembre ainsi que du bienheureux Frédéric Ozanam dans la crypte de l’église
    * 20h15 : grand’messe chantée (forme traditionnelle).

    Eglise Saint-Joseph des Carmes
    70, rue de Vaugirard
    75006 Paris.

    Quatrième leçon. La vierge Thérèse naquit à Avila, en Espagne, de parents illustres par leur naissance et leur piété. Nourrie par eux du lait de la crainte de Dieu, elle donna, dans un âge bien tendre, un merveilleux présage de sa sainteté future. Car en lisant les actes des saints Martyrs et en les méditant, elle fut tellement embrasée du feu de l’Esprit-Saint que, s’enfuyant de la maison paternelle, elle voulut passer en Afrique, afin d’y donner sa vie pour la gloire de Jésus-Christ et le salut des âmes. Son oncle paternel l’ayant ramenée, elle compensa par des aumônes et d’autres œuvres de piété le souhait ardent, [mais irréalisé,] du martyre, se plaignant avec des larmes continuelles d’avoir été privée d’un si heureux sort. Sa mère étant morte, elle pria la très sainte Vierge de lui montrer qu’elle était mère aussi, et son vœu fut exaucé, car la Mère de Dieu la protégea toujours comme sa fille. En sa vingtième année, elle entra chez les religieuses de Notre Dame du Mont-Carmel, où, pendant dix-huit ans, elle fut affligée de très grandes maladies et agitée de diverses tentations ; mais elle demeura ferme sous les armes de la pénitence chrétienne, sans être soutenue par l’aliment de ces consolations célestes dont la sainteté est ordinairement comblée même sur la terre.

    Cinquième leçon. Enrichie de vertus angéliques, Thérèse ne se contenta pas de travailler à son propre salut, mais elle se dépensa pour celui de tous, avec une charité pleine de sollicitude. C’est dans le but de le procurer que, d’après l’inspiration de Dieu et avec l’approbation de Pie IV, elle proposa d’abord aux femmes et ensuite aux hommes, l’observation de la règle plus austère des anciens Carmes. Le Seigneur tout-puissant et miséricordieux daigna bénir cette entreprise, car cette vierge, sans ressources, privée de toute assistance humaine, ayant même le plus souvent contre elle les princes du siècle, réussit à bâtir trente-deux monastères. Elle déplorait par des larmes continuelles l’aveuglement des infidèles et des hérétiques ; et afin d’apaiser la colère et de détourner la vengeance divine, elle offrait à Dieu, pour leur salut, les tourments volontaires qu’elle infligeait à son corps. Son âme était si embrasée du feu de l’amour divin, qu’elle mérita de voir un Ange lui percer le cœur avec un dard à la pointe enflammée, et d’entendre Jésus-Christ lui dire, en lui tendant sa main droite : Désormais, comme une véritable épouse, tu brûleras de zèle pour mon honneur. Ce fut par son inspiration qu’elle prononça le vœu si difficile de faire toujours ce qu’elle comprendrait être le plus parfait. Elle a écrit plusieurs ouvrages remplis d’une sagesse céleste, extrêmement propres à exciter les âmes des fidèles au désir de la patrie d’en haut.

    Sixième leçon. Or, tandis qu’elle donnait de constants exemples de vertus, elle brûlait d’un si anxieux désir de châtier son corps, que, quoique les maladies dont elle était affligée lui persuadassent le contraire, elle tourmentait souvent ses membres par des cilices, des chaînes, des poignées d’orties et par d’autres pénitences très rigoureuses ; parfois même elle se roulait sur des épines, et elle avait coutume de dire à Dieu : « Seigneur, ou souffrir ou mourir ; » estimant toujours qu’elle périssait d’une très déplorable mort, aussi longtemps qu’elle vivait éloignée de la fontaine céleste de la vie éternelle. Elle eut à un très haut degré le don de prophétie, et le Seigneur l’enrichissait de faveurs spéciales avec tant de largesse, qu’elle le priait souvent avec d’ardentes exclamations de mettre des bornes à ses divins bienfaits, et de ne pas effacer par un si prompt oubli le souvenir de ses fautes. Réduite à s’aliter lors de son arrivée à Albe, moins par la violence de la maladie que par l’effet de l’amour divin dont elle ne pouvait plus supporter l’incendie, ayant prédit le jour de sa mort, reçu les sacrements de l’Église, et exhorté ses filles à la paix, à la charité ainsi qu’à l’observance régulière, Thérèse rendit à Dieu son âme très pure, [qu’on vit s’élever vers le ciel] sous l’aspect d’une colombe ; elle avait vécu soixante-sept ans, et c’était l’an mil cinq cent quatre-vingt-deux, le quinze octobre, selon la réformation du calendrier romain. A ses derniers moments, Jésus-Christ lui apparut au milieu des troupes d’anges, et un arbre desséché, proche de sa cellule, refleurit tout à coup. Le corps de Thérèse, demeuré jusqu’à ce jour exempt de corruption, répand une liqueur odoriférante et est l’objet d’une pieuse vénération. D’éclatants miracles l’ont glorifiée avant comme après sa mort, aussi Grégoire XV l’a-t-il mise au nombre des Saints.
    Vie de sainte Thérèse, IVème, Vème & VIème leçon des vigiles nocturnes de sa fête, au second nocturne.

     

  • Procession d’entrée : orgue
  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa VIII De Angelis
  • Pendant l’offertoire : orgue
  • Préface des saints, au propre de l’archidiocèse de Paris
  • Après la Consécration : O salutaris de l’Abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790) – Harmonisation d’Amédée Gastoué (1873 † 1943), maître de chapelle de Saint-Jean-Baptiste-de-Belleville, commandeur de Saint Grégoire le Grand
  • Pendant la communion : Jesu corona virginum (H. 16) – Hymne du commun des vierges pour deux voix de femmes – polyphonie de Marc-Antoine Charpentier alternant avec le plain-chant – texte de saint Ambroise de Milan (IVème siècle)
  • Ite missa est VIII
  • Pendant le dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : orgue
  • Au grand orgue de Saint-Joseph-des-Carmes : Nicolas Pichon.

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