Programme de la solennité de la Fête-Dieu

Saint-Eugène, le dimanche 7 juin 2015, grand’messe de 11h.
Vêpres, procession & salut solennels du Très-Saint Sacrement à 16h.

> Catéchisme sur la Fête-Dieu

Dans l’année liturgique, la fête de l’Eucharistie est célébrée le Jeudi Saint. Toutefois, en raison de l’entrée à la suite du Christ dans les souffrances de la Passion, les fastes liturgiques ne peuvent être complètement déployés ce jour-là. Aussi l’Eglise a-t-elle reporté la célébration glorieuse du sacrement de l’Eucharistie au jeudi qui suit la Trinité. Le mérite de l’institution de la fête de l’Eucharistie (c’est son nom dans les missels médiévaux) à cette date revient à sainte Julienne de Cornillon. A partir de 1209, cette religieuse & mystique liégeoise reçut la vision fréquente de la lune en laquelle une partie restait sombre et ne rayonnait pas. « Le Seigneur lui fit comprendre la signification de ce qui lui était apparu. La lune symbolisait la vie de l’Eglise sur terre, la ligne opaque représentait en revanche l’absence d’une fête liturgique, pour l’institution de laquelle il était demandé à Julienne de se prodiguer de façon efficace : c’est-à-dire une fête dans laquelle les croyants pouvaient adorer l’Eucharistie pour faire croître leur foi, avancer dans la pratique des vertus et réparer les offenses au Très Saint Sacrement » (Benoît XVI). Répondant aux demandes de sainte Julienne, l’évêque de Liège fit célébrer la première Fête-Dieu en sa ville en 1246. La providence appela ensuite l’archidiacre de Liège à siéger sur le trône de saint Pierre sous le nom d’Urbain IV, lequel institua la Fête du Corps du Christ pour l’Église d’Occident par la bulle Transiturus de hoc mundo le 11 août 1264. A la demande du pape, saint Thomas d’Aquin fut chargé de la composition de l’office et de la messe de la nouvelle fête (pour la messe, il centonisa des textes nouveaux sur les airs liturgiques les plus en faveurs de son temps, et pour l’office, il remania celui qui était déjà en cours dans certains monastères cisterciens des Flandres). La procession avec le Saint-Sacrement, pratiquée ici & là dès le XIème siècles aux Rameaux et au petit matin de Pâques, se fit ensuite volontiers à la Fête-Dieu, et elle était généralisée partout en Occident au XVème siècle. En général la procession se faisait après la messe le jour même de la fête, et après les vêpres chaque jour de l’octave.

La Fête-Dieu n’étant plus fériée en France, la solennité en est transférée dans notre pays au dimanche qui suit, dans son octave.

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VEPRES & PROCESSION – 16h

  • Motet d’exposition : O salutaris de l’abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 – 1790) – les fidèles sont invités à chanter avec la schola
  • Première partie de la procession :
    Pange lingua
    Benedictus qui venit – cantique du Chanoine Darros – versets du Benedictus (Luc, I-vv. 68 – 79), psalmodie du VIème ton
  • Au premier reposoir : Tantum ergo
  • Seconde partie de la procession :
    Antienne Lauda Jerusalem du Chanoine Noël Darros († 1954), maître de chapelle de Lourdes – versets du psaume 147, psalmodie du Vème ton de l’Oratoire
  • Au second reposoir : Tantum ergo
  • Troisième partie de la procession :
    Lauda Sion – Texte de saint Thomas d’Aquin composé sur le modèle de la séquence Laudes Crucis d’Adam de Saint-Victor – mélodie d’Ernest Mazingue, organiste de Saint-Etienne de Lille (XIXème siècle)
  • Au Salut du Très-Saint Sacrement :
    Adoro te supplex – hymne au T. S. Sacrement de saint Thomas d’Aquin
    Panis angelicus – plain-chant de Langres
    Tantum ergo
    Louanges divines en réparation des blasphèmes
    Motet final au très Saint Sacrement : Adoremus in æternum en plain-chant musical
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    Plain-chant de la Solennité du Corps du Christ dans le graduel de Nivers (1679)

    Programme du dimanche de la Samaritaine – ton 4

    Le Christ rencontre la SamaritaineParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 29 mai 2016 du calendrier grégorien – 16 mai 2016 du calendrier julien, divine liturgie de saint Jean Chrysostome de 9h15.

    L’origine de la célébration de la Samaritaine au IVème dimanche de Pâques est constantinopolitaine ; l’hymnographie de ce dimanche est donc essentiellement d’origine constantinopolitaine, comme du reste l’essentiel du Pentecostaire, et plus spécialement d’origine Studite (Joseph le Studite, archevêque de Thessalonique, est l’auteur du canon de la Samaritaine, lequel, à vrai dire, ne chante celle-ci que dans le 4ème tropaire de chaque ode).

    Selon la tradition byzantine, la Samaritaine, reçut ultérieument le baptême, portant le nom de Photine. Ses sept enfants et elle furent martyrisés sous l’empereur Néron.

    Au VIème siècle, l’empereur Justinien fit transporter avec grand honneur depuis Sichar jusqu’à Constantinople la margelle du puits et la pierre où le Christ s’était assis pour parler à la Samaritaine, et les fit placer devant le narthex de Sainte-Sophie qu’il avait faite construire.

    Par les prières de ta sainte martyre Photine, Christ notre Dieu, aie pitié de nous. Amen.

    Ce dimanche marque aussi la moitié du temps pascal : la mi-Pentecôte est l’écho glorieux de la mi-Carême.

    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche, ton 4. Gloire au Père. Tropaire de la mi-Pentecôte. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de la Samaritaine.
    A sexte : Tropaire du dimanche, ton 4. Gloire au Père. Tropaire de la mi-Pentecôte. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de la Mi-Pentecôte.

    Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 4, & 4 tropaires de la 3ème ode du 2 canon de la Samaritaine (œuvre de saint Joseph Studite, archevêque de Thessalonique) & 4 tropaires de la 6ème ode du 2nd canon du Triode fleuri (de la mi-Pentecôte) :

    1. A cause de l’arbre défendu * Adam fut exilé du Paradis, mais par l’arbre de la croix le Larron y entra ; * car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, * l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité : ** Souviens-toi de moi dans ton royaume.
    2. Seigneur exalté sur la Croix, * tu as brisé la puissance de la mort, * effaçant la cédule écrite contre nous ; * accorde-nous la repentance du Larron * et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, * de te crier comme lui : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
    3. D’un coup de lance, sur la croix * tu as déchiré la cédule écrite contre nous ; * et, compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, * délivrant tous les hommes des liens de la mort * par ta Résurrection, dont la lumière a brillé sur nous ; * Seigneur ami des hommes, nous te crions : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
    4. Crucifié & ressuscité du tombeau, * Dieu tout-puissant, le troisième jour, * avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam ; * donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir * afin que, de tout mon cœur * & dans l’ardeur de ma foi, je te crie : ** Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton royaume.
    5. Verbe, tu fus mis en croix selon ton bon vouloir, * et les rochers se fendirent en te voyant, * l’entière création trembla d’effroi, ** comme d’un songe les morts s’éveillèrent des tombeaux.
    6. Les âmes des justes, ô Verbe, te voyant * descendre avec ton âme aux Enfers, * échappèrent aux liens qui depuis les siècles les retenaient ** et chantèrent ta puissance qui dépasse tout esprit.
    7. Pourquoi ce trouble, pourquoi, ô Femmes, cherchez-vous * avec la myrrhe le Seigneur dans le tombeau ? * Il est debout, et le monde avec lui s’est réveillé, ** disait aux Myrrhophores un Ange resplendissant.
    8. Prince de vie & source d’immortalité, * près de la source tu t’es assis, * comblant la Samaritaine, en ta bonté, ** des ondes de sagesse qu’elle implorait de toi.
    9. Ne jugez pas selon l’apparence, * disait le Seigneur aux Juifs qu’il enseignait, * lorsqu’il vint dans le Temple, ainsi qu’il est écrit, ** au milieu de la fête prescrite par la Loi.
    10. Ne jugez pas selon l’apparence : * le Christ est venu en vérité, * celui que les Prophètes ont annoncé ** comme venant de Sion pour rassembler l’univers.
    11. Si vous ne croyez pas à ses paroles, * croyez du moins aux œuvres du Seigneur : * vous erreriez en rejetant le Saint ** dont Moïse a parlé dans sa Loi.
    12. Sans changement le Seigneur s’est fait homme, * bien qu’il fût l’Un de la sainte Trinité, * et le feu brûlant de sa divinité * n’a pas consumé le sein très-pur de la Mère de Dieu.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Les saintes femmes, disciples du Seigneur, * apprirent de l’ange la joyeuse annonce de la Résurrection. * Repoussant les arguties des autres Juifs, * elle dirent, pleine de fierté, aux apôtres : * « La mort est abattue, Christ Dieu est ressuscité, ** faisant au monde grande miséricorde »

    2. Tropaire de la Mi-Pentecôte, ton 8 : Au milieu de la fête désaltère mon âme assoiffée, * car à tous les hommes, Sauveur, tu déclaras : * Qu’il vienne à moi et qu’il boive, celui qui a soif ! ** Source de vie, ô Christ notre Dieu, gloire à toi.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion de la Samaritaine, ton 8 : Venue près du puits, la Samaritaine te contempla * Source de sagesse, avec les yeux de la foi ; * en abondance elle y puisa le royaume d’en-haut ; ** et sa mémoire est glorifiée pour l’éternité.
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion de la Mi-Pentecôte, ton 4 : Au milieu de la fête prescrite par la Loi, * Créateur & Seigneur de l’univers, Christ notre Dieu, tu dis à ceux qui t’entouraient : * Venez puiser aux flots de l’immortalité ! C’est pourquoi nous nous prosternons devant toi * et fidèlement te crions : accorde-nous ta compassion, ** car tu es la source de notre vie.

    Prokimen
    Du dimanche de la Samaritaine, ton 3 :
    R/. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
    V/. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).

    Epître :
    Du dimanche de la Samaritaine : Actes des Apôtres (§ 28) XI, 19-26 & 29-30.
    Mais Saul se fortifiait de plus en plus, et confondait les Juifs qui demeuraient à Damas, leur prouvant que Jésus était le Christ.

    Alleluia
    Du dimanche de la Samaritaine, ton 4 :
    V/. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
    V/. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).

    Evangile :
    Du dimanche de la Samaritaine : Jean (§ 12) IV, 5-42.
    Jésus lui répondit : Quiconque boit de cette eau, aura encore soif : au lieu que celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, n’aura jamais soif.

    A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
    L’ange chanta à la Pleine de grâce : Réjouis-toi, Vierge très pure, je répète, réjouis-toi  ! Ton Fils en vérité est ressuscité après trois passés dans le tombeau ; et Il a redressé les morts : fidèles, soyez dans l’allégresse !
    Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée. Réjouis-toi et exulte, Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité ! Alléluia !

    Verset de communion
    De Pâques : Recevez le corps du Christ, goûtez à la source immortelle.
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

    Lauda Sion en plain-chant d’Amiens

    Lauda Sion en plain-chant d'Amiens

    Ce beau plain-chant était chanté dans l’usage d’Amiens pour la Fête-Dieu où il figure comme dernière pièce à chanter pour la procession du Saint Sacrement, lorsque celle-ci retourne à l’église après avoir fait 12 stations, comme à Paris. Le reste des chants de la procession dans l’usage d’Amiens comprend un programme plutôt classique en France, combinant les hymnes du Saint Sacrement prévues par les livres romains et les antiennes & répons venant de l’usage proprement français : l’invitatoire Adoramus & procidamus ante Dominum, l’antienne Surge, Domine, & dissipentur inimici tui, le répons Mémoriam fecit mirabilium suorum, les hymnes Pange lingua, Sacris solemnis, le répons Accipiens Jesus calicem, les hymnes Verbum supernum et Adoro te supplex).

    La strophe initiale est reprise en guise de refrain entre les différentes strophes et se chante à deux voix (la seconde mélodie étant de fait la basse de la première). Les 16 autres strophes ternaires de la séquence composée par saint Thomas d’Aquin sont chantées en alternances sur deux mélodies gracieuses. Le chant est mesuré et lent, battu à la carré. Notons la présence dans la notation musicale des livres d’Amiens de la rhomboïde (ou semi-brève : note losangée transversale).

    Voici un enregistrement de cette pièce effectué il y a une vingtaine d’année, alors qu’il était chanté après l’élévation en l’église paroissiale de Creuse à proximité d’Amiens :

    Source : Paroissien noté en plain-chant à l’usage du clergé et des fidèles du diocèse d’Amiens suivi de notions élémentaires de plain-chant, rédigé par les soins de l’Abbé Leboulanger, chanoine-honoraire et vicaire de Notre-Dame, à Amiens. Amiens, Duval et Herment, 1847, p. 353-354.
    Merci à Firminus – qui fait un remarquable travail de sauvegarde du plain-chant picard depuis de nombreuses années – de l’avoir signalé sur le Forum catholique.

    Le même chant (répétition à Saint-Eugène le 28 mai 2016) :

    La Fête-Dieu à Besançon au XVème siècle (et à Rome au XXIème siècle)

    La Fête-Dieu - Bréviaire de Besançon circa 1481Cette miniature de la Fête-Dieu est tirée d’un bréviaire dans le rit de Besançon daté de la seconde partie du XVème siècle, probablement autour de l’année 1481 (Breviarium secundum usum Bisuntinae dioecesis, Bibliothèque de Besançon, Ms. 69, p. 485).

    Cette miniature est intéressante car elle présente plusieurs aspects remarquables.

    1. On notera que le Corps du Seigneur y est encore porté sur un brancard. De fait, lorsque la procession de la Fête-Dieu fut instituée en 1246 à Liège par l’évêque Robert de Thourotte sur les instances de sainte Julienne de Montcornillon, on prit modèle sur les processions des reliques des saints, qui existaient depuis des lustres, et au cours desquelles on portait les corps des saints dans des châsses, sur des brancards.

    2. On remarquera que le Corps du Seigneur est porté sur un calice. Les premières monstrances eucharistiques n’avaient pas en effet la forme de soleil mais de vases ressemblant à des calices ou des pyxides, lesquels servirent également à présenter les reliques de saints à partir du XIIIème à la vénération des fidèles. Les premiers ostensoirs soleils sont attestés néanmoins depuis le XVème siècle, la forme devient commune au XVIIème siècle.

    Monstrance eucharistique du Dôme de Milan

    Monstrance eucharistique ambro-sienne, du trésor du Dôme de Milan, entre 1435 & la fin du XVème siècle.

    Reliquaire-monstrance de Sienne datée de 1331

    Reliquaire-monstrance de Sienne datée de 1331 (collection du Musée de Cluny)

    3. Ici, sur cette miniature du bréviaire de Besançon, nous voyons aussi une construction au dessus du calice/pyxide, en forme de petit ciborium. De telles constructions se rencontraient fréquemment au Moyen-Age pour les tabernacles qui étaient alors suspendus au dessus des autels, forme jadis commune pour conserver la réserve eucharistique, bien avant l’invention des tabernacles fixes. Lors de la procession eucharistique, on entend rendre au Très-Saint Sacrement les honneurs qui lui sont dû d’ordinaire, aussi le ciborium-tabernacle est-il lui aussi porté.

    Par la suite, le ciborium fut réuni à la pyxide en une seule pièce d’orfèvrerie. Voici la monstrance eucharistique de Belém, commandée par le roi du Portugal, datant de 1506 et due à l’orfèvre Gil Vicente et qui illustre parfaitement cette mutation :

    Monstrance de Belém - Gil Vicente - 1506

    4. Le Corps du Seigneur, surmonté du ciborium est ici sur cette miniature franc-comtoise lui-même surmonté d’un dais porté par quatre personnages, dais sur lequel sont tissées les paroles du début d’une prose bien connue au Très-Saint Sacrement : Ave verum Corpus natum de Maria Virgine (Salut, Corps véritable né de la Vierge Marie). Originairement, le dais n’était employé que pour les rois et princes de grande puissance (mais pas pour les reliques des saints lors de processions). Son emploi à la procession de la Fête-Dieu marque donc bien qu’on y accompagne le Roi des rois & le Seigneur des seigneurs.

    5. Le Corps du Seigneur est porté sur le brancard par deux prêtres en chasubles. Notons que la rubrique existe toujours que tout prêtre prenant part (sans fonction particulière) à la procession de la Fête-Dieu soit en chasuble. Cette fête est en effet également une fête du sacerdoce. Les couleurs liturgiques ne sont pas encore fixées définitivement au XVème siècle, on ne s’étonnera pas de voir deux chasubles de couleurs différentes, bleu et or. Le tapis posé sur le brancard est lui rouge, ancienne couleur employée pour la Fête-Dieu dans beaucoup d’usages diocésains français. Notons aussi les amicts parés (celui de gauche – or – se détache bien visiblement de la chasuble bleue).

    6. Remarquons le petit clerc tonsuré qui sonne deux clochettes pour annoncer la venue du Corps du Seigneur.

    7. Notons enfin que tous les fidèles accompagnent le Très-Saint Sacrement en portant des torches (ou cierges). La rubrique existe toujours mais elle n’est hélas plus vraiment observée de nos jours.

    Curieusement, cet usage ancien de porter le Très-Saint Sacrement par des prêtres en chasubles s’observe toujours traditionnellement à Rome, en la paroisse de la Très-Sainte-Trinité-des-Pèlerins à Rome desservie par les prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, probablement un cas très rare dans la Chrétienté actuelle. Le Très-Saint Sacrement y est porté par quatre prêtres en chasubles, le dais y est tenu par huit clercs en chapes. En voici une photo :

    01-Fête-Dieu à Rome

    2 pièces de l’ancien office primitif liégeois de la Fête-Dieu

    En 1246, lorsque le prince-évêque de Liège, Robert de Torote, établi en son diocèse la célébration de la Fête-Dieu à la suite des visions de sainte Julienne de Cornillon, il fallut établir un office & une messe pour la nouvelle fête. La composition des nouveaux textes et de leurs mélodies fut confiée à Jean de Cornillon, prêtre, lequel travailla en collaboration avec sainte Julienne.

    A la suite du miracle eucharistique de Bolsena en 1263, le pape Urbain IV, ancien confesseur de sainte Julienne, étendit à toute l’Eglise la Fête-Dieu par la bulle « Transiturus de hoc mundo » du 8 septembre 1264. Il confia alors à saint Thomas d’Aquin la rédaction d’un nouvel office et d’une nouvelle messe, et c’est l’admirable travail de saint Thomas que nous chantons toujours aujourd’hui, avec des pièces universellement célèbres comme l’hymne Pange lingua, l’antienne de Magnificat O quam suavis est ou la séquence Lauda Sion.

    Pourtant, dans la principauté de Liège elle-même, l’ancien office composé par Jean de Cornillon subsista avant d’être finalement supplanté par celui de saint Thomas d’Aquin et de disparaître complètement au XVIème siècle. Certes l’œuvre de saint Thomas est inégalable de par sa densité théologique, mais celle de Jean de Cornillon n’était pas sans mérites ; en particulier, on pourra apprécier la réelle beauté musicale, la composition du plain-chant étant originale, là où saint Thomas « centonise » le plus souvent, c’est-à-dire reprend tous les grands « tubes » du répertoire en leur donnant des textes nouveaux.

    Nous avons la grâce de chanter cette année la messe et la procession de la Fête-Dieu à Liège, en la cité même où cette belle fête fut instituée la première fois sous le vocable de Festum Eucharistiæ, la Fête de l’Eucharistie. Nous utiliserons bien sûr les livres romains toutefois nous chanterons au Salut du Très-Saint Sacrement des pièces tirées de l’ancien office de Jean de Cornillon.

    Antienne du Magnificat des IIndes vêpres

    Jésus, plein de bonté & de bénignité, salut véritable & notre sanctification, suave satiété des anges, hostie glorieuse, céleste, douce comme le miel, faites-nous parvenir dans votre gloire. Là nous ne verrons plus en figure, comme ici-bas, mais directement & sans voiles, lorsque vous apparaîtrez tout en tous Dieu béni à jamais.

    Séquence de la messe de la Fête-Dieu

    Sequentia

    Séquence
    Laureata plebe fidelis
    Sacramento Christi carnis,
    Laude regem gloriae.
    Peuple fidèle, le sacrement du corps du Christ est ton diadème : loue le Roi de gloire.
    Nam cum regnans sit in caelis,
    Cum effectu suae mortis
    Se praebet cotidie.
    Il règne dans le ciel, mais il se donne chaque jour avec le fruit de sa mort.
    Ut pretium pro peccatis
    Fiat virtus passionis
    Et augmentum gratiae,
    La vertu de sa passion devient le prix de notre rachat et une augmentation de grâce.

    Missa confert ista nobis ;
    Ergo digne sit solemnis
    Missae cultus hodie.
    C’est le sacrifice de la messe qui nous assure ces bienfaits : entourons-le aujourd’hui d’un éclat spécialement solennel.

    Hoc signavit vitae lignum,
    Melchisedech panem vinum,
    Ut placaret trinum-unum,
    Offerens altissimo  ;
    Ce mystère a été annoncé en figure : l’arbre de vie  ; l’offrande de pain et de vin, présentée au Très-Haut par Melchisédech, pour apaiser le Dieu un et trine  ;

    Aser quoque pinguis cibus
    Delicias dans regibus,
    Nam regalis est hic cibus
    Pane sacratissimo.
    Aser qui reçut en héritage de son père Jacob le pain nourrissant, délices des rois, car véritablement notre pain très-saint est nourriture royale.

    Et hoc quidem designavit
    Agnus sine macula,
    Quem edendum immolavit
    Quondam lex mosaica.
    Une autre figure est 1’Agneau sans tache qu’autrefois la Loi mosaïque immolait et faisait manger par le peuple.
    Agnus legis iam cessavit,
    Supervenit gratia,
    Christi sanguis dum manavit
    Mundi tollens crimina.
    Cet Agneau a disparu. La Grâce a succédé à la Loi, lorsque le sang du Christ fut versé pour effacer les péchés du monde.

    Caro cuius tam serena
    Nobis esca sit amoena
    Fidei mysterio.
    Que sa chair sans défaut soit notre douce nourriture dans le mystère de la foi.

    Quam provide mana caeli
    Figuravit Israeli
    Nobili praesagio.
    Symbole célèbre, la manne tombée du ciel préfigure cette nourriture devant le peuple d’Israël.

    Esca fuit temporalis
    In deserto datum manna,
    Christus panis est perennis
    Dans aeterna gaudia.
    Dans le désert, la manne ne fut donnée en nourriture que pour un temps  ; le Christ est le pain permanent, qui procure les joies éternelles.

    Hic est panis salutaris,
    Per quem datur nobis vita,
    Hic est calix specialis
    Cuius potus gratia.
    C’est le pain salutaire qui nous infuse la vie ; c’est le calice choisi d’où découle la grâce.
    Hic est esus pauperum,
    Nullum quaerens pretium
    Sed mentes fidelium,
    Pacis praebens copiam.
    Il est l’aliment des pauvres  ; il ne demande en prix aux fidèles que leur âme, et leur assure en retour une abondance de paix.
    O dulce convivium
    Supernorum civium,
    In terris viaticum
    Nos ducens ad patriam.
    O doux banquet des habitants du ciel, vous êtes sur la terre notre viatique, et vous nous conduisez vers la patrie.
    Vitae via, lux perennis,
    Satians refectio,
    Christe, confer vitam nobis
    Hoc sacro convivio.
    Chemin de la vie, lumière éternelle, ô Christ, vous qui rassasiez pleinement, donnez-nous la vie en ce saint banquet.
    Ut aeterno cum supernis
    Perfruamur gaudio,
    Quod ostendet deitatis
    Manifesta visio.
    Faites-nous jouir, avec les bienheureux, de la joie éternelle, qui résultera de la vision parfaite de la
    divinité.
    Vive panis, vivax unda,
    Vera vitis et fecunda,
    Vitae da subsidia.
    Pain vivant, breuvage vivifiant, seule vraie vigne et féconde, ranimez notre vie.
    Sic nos pasce, sic nos munda,
    Ut a morte nos secunda
    Tua salvet gratia.
    Nourrissez-nous, purifiez-nous, et que votre grâce nous préserve de la mort éternelle.
    Nam effectus tuae mortis
    Nos emundat a peccatis
    Per missae mysteria..
    Votre mort a pour effet de nous purifier de nos péchés par le mystère de l’autel.
    Summæ templum Trinitatis
    Sempitemam confer nobis
    Gloriam in patria.
    Temple de la souveraine Trinité, procurez-nous la gloire éternelle dans la patrie.
    Iesu, decus angelorum,
    Spoliator infernorum
    Humili victoria,
    Jésus, gloire des anges, vainqueur de l’enfer à qui, par votre humilité, vous avez arraché sa proie,
    Honor caeli, lux sanctorum,
    Salus mundi, fons bonorum,
    Tibi laus et gloria. Amen.
    A vous, lumière des saints, salut du monde, source de tout bien, à vous louange et gloire. Amen.

    Livret PDF avec ces deux pièces.

    Source : Dom C. Lambot, Dom I. Fransen, L’Office de la Fête-Dieu primitive – Textes & mélodies retrouvées. Editions de Maredsous, 1946. 104 pages.
    Ouvrage imprimé pour les festivités du VIIème centenaire de l’institution de la Fête-Dieu à Liège en 1946.

    Marc-Antoine Charpentier – Ecce panis voce sola (H. 242)

    Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV, des Jésuites & de la Sainte Chapelle.
    Ecce panis voce sola.
    1 voix (S) & basse continue.
    2 pages.

    Charpentier a laissé de nombreux petits motets pour la messe basse en musique. Voici un Ecce panis pour dessus & basse continue, qui pourra être chanté aussi par une taille.

    Le compositeur a retenu le ton de la majeur (« joyeux & champêtre » selon son tableau des énergie des modes) pour développer une mélodie gracieuse sur ce texte eucharistique, l’une des strophes tirée de la séquence de la Fête-Dieu , le Lauda Sion composé par saint Thomas d’Aquin :

    Ecce, ecce panis Angelórum,

    Factus cibus viatórum.

    Vere panis, filiórum,

    Non mitténdus cánibus.

      Voici le pain des Anges,

    Devenu nourriture des voyageurs,

    C’est le pain véritable des enfants,

    Qu’il ne faut pas jeter aux chiens.

    Les premières mesures de cette partition :
    Charpentier - Ecce panis (H. 242)

    [pwal id= »40945849″ description= » »]Charpentier – Ecce panis voce sola (H. 242) – ton original
    Charpentier – Ecce panis voce sola (H. 242) – un ton plus bas
    Charpentier – Ecce panis voce sola (H. 242) – deux tons plus bas[/pwal]

    La procession de la Fête-Dieu en France au XVIIIème siècle

    La procession de la Fête-Dieu

    Cette gravure est l’œuvre du célèbre graveur Bernard Picard. Elle figure hors texte dans les Cérémonies & coutumes religieuses de tous les Peuples du monde, volume II Cérémonies & coutumes des Catholiques romains, éditées à Amsterdam par J.-F. Bernard (1723-1743).

    La gravure représente l’arrivée de la procession du Très-Saint Sacrement au reposoir.

    Quelques notes & remarques :

    • Notons le dais rigide à la française, à six hampes surmontées de plumes d’autruche. Une tablette recouverte d’un corporal permet de poser l’ostensoir et de reposer le célébrant. Les processions étaient en effet fort longues ; à Paris par exemple, elles comportaient douze reposoirs & se faisaient chaque jour de l’octave de la Fête-Dieu.
    • Le dais est porté par six magistrats de ville en robes & rabats et semble accompagnés de notables portant des cierges, conformément aux rubriques qui demandent que le Saint-Sacrement soit ainsi accompagné ; notez la présence de cartouches sur ceux-ci (ils doivent recevoir des blasons).
    • Les cierges sont du reste très nombreux. Conformément à l’Instruction Clémentine, l’autel du reposoir est garni d’un grand nombre de cierges (j’en compte 24) et est encore surmonté de cinq lustres en cristaux portant au moins huit bras de lumière chaque. Tout le clergé porte des cierges. Le Saint-Sacrement est en outre précédé de 8 hautes torchères en deux groupes de 4 et encore suivi de 4 hautes torchères. Des entonnoirs recueillent la cire des 8 premiers.
    • Deux thuriféraires encensent simultanément le Saint-Sacrement. Deux thuriféraires seulement, serait-on tenté de dire (deux est bien la rubrique romaine, sept était plus fréquent en France). Notons aussi qu’ils encensent à pleines chaînes en lançant l’encensoir en haut, ce qui est d’ancienne coutume en France (on voit encore ces encensements pratiqués de nos jours par les 7 thuriféraires de Saint-Etienne de Caen).
    • Le nombre de chapiers est impressionnant (j’en compte au moins 15) ; comme on ne voit pas de prêtres en chasuble, la rubrique romaine qui veut que les prêtres en revêtent pour cette procession ne semble pas observée, on peut imaginer que les prêtres sont donc revêtus de chapes ; quelques dalmatiques aussi de diacres & sous-diacres ; les deux acolytes sont positionnés de part & d’autre de l’autel du reposoir, ils ne sont vêtus que de surplis à larges manches ; notez que selon l’ancienne coutume parisienne, tous les membres du clergé portent une couronne de roses sur la tête !
    • Deux enfants de chœur jettent des fleurs devant le Saint-Sacrement, le pavé est jonché du reste de branchages ; deux autres enfants les précèdent et semblent porter une réserve de pétales dans un drap ; notons leurs ceintures sur le surplis (vieil usage français) et aussi qu’ils portent des ailes d’ange. Promis à un bel avenir, ce détail donnera lieu par la suite à d’amples développements au XIXème siècle & à la première moitié du XXème siècle : autour du reposoir s’organisèrent de grandes représentations scéniques d’enfants déguisés en anges. A droite, la bannière d’un saint patron évêque a été portée en tête de procession.
    • Revenons au reposoir ; c’est une véritable construction provisoire. L’autel est vêtu d’un antependium à trois compartiments principaux, surmonté d’un gradin, de la croix & d’un retable ; on y accède par trois marches. De magnifiques tapisseries l’entourent et masquent la construction.
    • A gauche de l’autel du reposoir a été édifié une tribune de musique ; y prennent placent instruments & chanteurs qui exécutent un motet pour le reposoir. On distingue au moins deux violons, une flûte d’Allemagne & un hautbois, le maître de musique au centre bat la mesure. Marc-Antoine Charpentier nous a laissé plusieurs œuvres pour les reposoirs de la Fête-Dieu, e.g. ses Symphonies pour un reposoir [H.515] ou Pour un reposoir [H.523] exigent la présence d’un véritable orchestre de bonne taille ; son motet In Festo Corporis Christi Canticum [H.344] fut exécuté au reposoir de la Fête-Dieu de Versailles devant le Roi. Nous avons par ailleurs déjà évoqué sur ce blog les 300 exécutants du motet de la Fête-Dieu de Langres écrit par le chanoine Couturier.
    • Notons pour finir les deux femmes qui lancent des pétales de fleur depuis leur fenêtre (de nos jours nous recevons usuellement bien autre chose…). C’était la Chrétienté.

    Fête-Dieu à Venise en 1873-1874

    Procession Fete-Dieu à Venise en 1873-1874

    Merci à Monsieur l’Abbé Meissonnier, fssp, de nous avoir fait parvenir cette procession de Fête-Dieu de la Sérénissime, ville dans laquelle il est actuellement en poste.

    C’est un tableau du peintre Luigi Passini (Vienne, 1832 † Venise, 1903), signé & daté de 1873-74.

    Remarquons :

    • les deux chantres marchant en tête, derrière la croix et les acolytes,
    • les nombreux représentants de confréries, portant des cierges au bout de magnifiques porte-cierges de confréries,
    • les fidèles accompagnant le Saint-Sacrement avec des cierges, conformément aux rubriques de cette procession.

    Comme l’an passé, nous mettrons en ligne chaque jour de l’octave de la Fête-Dieu une image représentant une belle procession.

    Rappel de quelques images de Fête-Dieu postées sur ce blog l’an passé :

  • Fête-Dieu à Québec en 1919,
  • Fête-Dieu à Paris en 1830 (sortie de la Procession de Saint-Germain L’Auxerrois par Turpin de Crissé,
  • Fête-Dieu à Toulouse en 1700 (procession suivie par les capitouls de Toulouse),
  • Fête-Dieu à Saint-Eugène, Paris, en 2007,
  • et enfin les mythiquissimes Fête-Dieu à Langres, à la fin du XIXème et au début XXème siècle.
  • Fête-Dieu à Langres – Fin XIXème / début XXème siècle

    Merci à Monsieur l’Abbé Meissonnier, fssp, pour les mythiques photos qu’il m’a faites parvenir ce matin de la Fête-Dieu à Langres du temps du fameux chanoine Couturier (cette ville & ce compositeur m’étant tous les deux particulièrement chers !).

    Fete-Dieu Langres

    Les petits & grands séminaristes avec les élèves de la maîtrise précèdent le dais qu’on entrevoit en haut de la rue à gauche de la photo.
    Les petits séminaristes sont en habit de chœur mais sans rabat français.
    Les maîtrisiens sont en uniforme. Leur présence indique que ces photos sont antérieures à 1905 (la Loi de la séparation des églises & de l’état entraîna la suppression de l’école maîtrisienne de Langres, pourtant si féconde & prospère).
    Notez les 4 chantres en chapes (l’ancien usage langrois avait sagement été conservé par Mgr Parisis au milieu du XIXème siècle quand cet évêque de Langres pris le rit romain pour son diocèse).
    On aperçoit précédant le dais plusieurs diacres ou indus & une bonne dizaine de chapiers.
    Notez les douze ( ! ! !) thuriféraires tournés vers le Saint-Sacrement (quatre rangs sur trois lignes), avec des enfants jetant des pétales de fleurs.
    Les maisons paraissent avoir été ornées de branchages.

    Fete-Dieu Langres

    Deux évêques en cappa ( !) suivent le dais.
    Des portes insignes portent leurs mitres derrière eux.
    Je ne connais hélas pas les évêques de Langres de cette époque pour déterminer qui est ici sur la photo (un vieil évêque & son coadjuteur ?).

    Fete-Dieu Langres

    Ecce panis angelorum !
    Arrivée au reposoir (il me semble sur la place de l’Hôtel de Ville) : notez l’importance de la construction de celui-ci, avec ciborium.
    Les douze thuriféraires encensent à pleines chaines (avec un peu d’attention, on distingue la plupart des encensoirs en l’air).
    Il est piquant de constater que Langres, qui s’est voulu le fer de lance de la romanité liturgique en France au XIXème siècle, laissait subsister de tels usages purement français !

    Fete-Dieu Langres

    Il me semble reconnaître le chanoine Nicolas Mammès Couturier au clavier.
    Sans doute se prépare-t-on à exécuter l’un de ses grands motets pour le reposoir de la Fête-Dieu.
    Le plus fameux de ceux-ci est Alleluia, paratur nobis (Populus n° 78), grand motet en Mib M à 4 & 5 voix, pour deux chœurs & 2 musiques militaires, sur le thème de l’Adoro te. D’une durée d’une vingtaine de minutes, ce motet du reposoir nécessitait 300 exécutants : les deux séminaires, la maîtrise & les musiques du 21ème & du 109ème régiments d’infanterie stationnés à Langres.
    La photo n’embrasse pas l’ensemble des exécutants, mais néanmoins, on voit bien la disposition à deux chœurs qui se font face, les séminaristes à gauche, les petits séminaristes & les maîtrisiens à droite.
    On ne voit pas les deux fanfares militaires. Notons toutefois la présence de militaires en arrière-plan.
    Il semble que la photo soit prise pendant un passage solo (le soliste est à la gauche de l’organiste).

    Fete-Dieu Langres

    Après l’éxécution du motet, le célébrant donne la bénédiction avec le Saint-Sacrement.
    Notez que le clergé langrois arbore encore fièrement la tonsure cléricale. 😉

    Fete-Dieu Langres

    Le dais passe devant l’Hôtel de Ville de Langres.
    On distingue les portes insignes derrière les évêques.
    Notez les deux énormes cierges des deux céroféraires.

    Pour le grand admirateur de l’œuvre musicale du chanoine Couturier que je suis, ces photos sont mythiques.
    Quels fastes liturgiques Langres déployait alors !
    Je les avais vues il y a fort longtemps & suis extrêmement ravi de les retrouver enfin après des années de recherche.
    Encore merci, Monsieur l’Abbé !

    Il faudra que je fasse un jour ou l’autre un article sur le chanoine Couturier & l’extraordinaire vie musicale qu’il a su insuffler à la petite ville de Langres pendant un demi-siècle (je publierai alors peut-être en ligne le catalogue de ses 590 œuvres dressé en son temps par Bernard Populus). C’est un auteur que nous aimons beaucoup chanter à Saint-Eugène.
    Vous pouvez écouter sur Radio Cécile son De profundis (enregistré par la Schola Sainte Cécile) qui est partie de sa grande messe de Requiem écrite pour les funérailles de Mgr Guerrin en 1877. Cette composition est l’un des très rare Requiem à avoir mis en musique les cinq absoutes.

    PS. Tant que dure l’octave de la Fête-Dieu, je publierai très volontiers toute image de procession du Saint-Sacrement. Avis à tous mes amis !
    Au XVIIIème siècle à Paris, il y avait procession tous les jours durant l’octave. 🙂

    Fête-Dieu à Toulouse en 1700

    Fete-Dieu a Toulouse 1700

    Un grand merci à Xavier de Rochebrune qui m’a envoyé ce soir ce tableau représentant la procession de la Fête-Dieu à Toulouse en 1700.

    Remarquons :

  • le clocher de Saint-Sernin en arrière plan,
  • les huit capitouls de Toulouse (premiers magistrats de la ville, charge qui conférait la noblesse héréditaire) portent le dais, assistés par des petits pages,
  • le Saint-Sacrement est porté par l’archevêque de Toulouse, le dais étant précédé de sa crosse,
  • les membres du Parlement de Toulouse suivent le dais, cierge en main pour beaucoup,
  • la couleur liturgique est le rouge, comme à Paris (usage usuel en France jusqu’au XIXème siècle), comme en témoignent les dalmatiques des clercs qui précèdent la croix de procession,
  • le clergé porte des cierges (prescription liturgique pour la procession de la Fête-Dieu), des surplis longs & le rabat blanc (le rabat devient noir sous le règne de Louis XV).
  • C’est un témoignage ancien & très intéressant de l’usage de faire porter le dais à des personnages distingués, contraire à la règle de le faire par des clercs.

    C’est surtout un beau témoignage de la France chrétienne, dans laquelle les premiers personnages de la Cité ne répugnaient pas à rendre un témoignage public & éclatant de leur foi.

    En ce dimanche d’élections, aurons-nous des hommes politiques en nos processions  ? ? ? Pfffff… 🙁

    Merci encore à Xavier. Continuez à m’envoyer vos images de procession de la Fête-Dieu !

    Fête-Dieu à Paris en 1830 – Sortie de procession par Turpin de Crissé

    Fete-Dieu a Paris 1830

    Un grand merci à M. l’Abbé Meissonnier, fssp, qui m’a envoyé hier soir ce magnifique tableau dû au talent du comte Lancelot Théodore Turpin de Crissé (1782 † 1859). Sauf erreur de ma part, il s’agirait de la sortie de la procession de la Fête-Dieu de l’église royale de Saint-Germain l’Auxerrois en 1830.

    Remarquons :

  • l’admirablement ordonnancement général de la procession,
  • les ornements liturgiques rouges & non blancs (depuis l’origine de la Fête-Dieu à Paris, la couleur liturgique employée a été constamment le rouge),
  • les 40 ( !) enfants de chœur portent la ceinture rouge sur le surplis & la calotte rouge  ; deux sont acolytes, tous les autres portent un cierge, comme le demandent les règles liturgiques de la procession de la Fête-Dieu (tous les fidèles d’ailleurs devraient porter un cierge ; on voit une petite fille avec un cierge, quelques autres au loin derrière le dais),
  • le dais est porté par des clercs (& non d’éminents laïcs) ce qui est plus conforme aux règles ; ces clercs ne sont pas toutefois induts de chapes ou de dalmatiques,
  • outre le célébrant, tous les autres prêtres présents portent également la chasuble rouge (cela est très fidèle aux rubriques de la procession du Très-Saint Sacrement),
  • le porte-croix est en chape,
  • derrière le porte-croix marchent 6 chantres-chapiers, portant le turlututu, l’ancien chapeau pointu des chantres (le second à gauche le tien en ses mains),
  • derrière les chantres marchent des ecclésiastiques & chantres, puis un second groupe de chantres avec les surplis sans manches (usuels pour les chantres),
  • tous les ecclésiastiques portent la calotte noire (les deux premiers chapiers semblent porter le col oratorien),
  • la longueur des surplis des petits comme des grands clercs,
  • les bannières sont tenues par les rubans,
  • des jeunes filles jettent des pétales de roses sur deux rangs de part & d’autre du passage de la procession,
  • la troupe présente les armes,
  • le suisse avec sa masse & sa hallebarde, arbore un baudrier magnifique,
  • les deux thuriféraires semblent curieusement manquer.
  • Voici une vue générale du tableau de Turpin de Crissé :

    Fete-Dieu a Paris 1830

    Remarquons les tapisseries qui bordent le chemin de la procession, les armes pleines de France au portail & les deux bannières fleudelysées, qui firent scandale dans la France louis-philipparde. L’actuelle mairie du Ier arrondissement avec son beffroi n’est pas encore contruite.

    Je trouve ce tableau très touchant : beaucoup de grâce ainsi chez les enfants de Marie groupés autour de la bannière de la sainte Vierge. C’est un beau témoignage des fastes de la vie liturgique parisienne quelques années avant l’abandon du rit propre au diocèse.

    Si vous avez d’autres images de Fête-Dieu, n’hésitez pas à me les faire parvenir ! 😉

    Fête-Dieu – Séquence Lauda Sion – Graduale Romanum 1905

     

    Lavda, Sion, Salvatórem,
    Lauda ducem et pastórem
    In hymnis et cánticis.
    Loue, Sion, ton Sauveur,
    Loue ton chef et ton pasteur
    Par des hymnes et des cantiques.
    Quantum potes, tantum aude :
    Quia major omni laude,
    Nec laudáre súfficis.
    Ose autant que tu peux :
    Il est au-dessus de toute louange,
    Tu ne peux le louer assez.
    Laudis thema speciális,
    Panis vivus et vitális
    Hódie propónitur.
    Le motif spécial de louange
    Qui t’es proposé aujourd’hui,
    C’est le Pain vivant et vivifiant,
    Quem in sacræ mensa cœnæ,
    Turbæ fratrum duodénæ
    Datum non ambígitur.
    Qui au banquet sacré de la Cène,
    Au groupe des douze frères,
    Fut donné sans ambiguïté.
    Sit laus plena sit sonóra,
    Sit jucúnda, sit decóra
    Mentis jubilátio.
    Que ta louange soit pleine et sonore,
    Qu’elle soit belle et délicieuse,
    Une jubilation pour nos âmes.
    Dies enim solémnis ágitur,
    In qua mensæ prima recólitur
    Hujus institútio.
    Voici en effet le jour solennel
    En lequel on fait mémoire
    De l’institution du premier banquet.
    In hac mensa novi Regis,
    Novum Pascha novælegis,
    Phase vetus términat.
    A cette table du nouveau Roi,
    La Pâque nouvelle de la nouvelle loi
    Met un terme à la Pâque antique.
    Vetustátem nóvitas,
    Umbram fugat véritas,
    Noctem lux elíminat.
    La nouvelle institution supprime l’ancienne,
    La vérité chasse l’ombre,
    La lumière élimine la nuit.
    Quod in cena Christus gessit,
    Faciéndum hoc expréssit
    In sui memóriam.
    Ce que le Christ fit à la Cène,
    Il ordonna de le faire
    En sa mémoire.
    Docti sacris institútis,
    Panem, vinum in salútis
    Consecrámus hóstiam.
    Instruits par ces institution sacrées,
    Nous consacrons le pain et le vin
    Pour notre salut.
    Dogma datur Christiánis,
    Quod in carnem transit panis,
    Et vinum in sánguinem.
    C’est un dogme donné aux Chrétiens
    Que le pain se change en chair
    Et le vin en sang.
    Quod non capis, quod non vides,
    Animósa firmat fides,
    Præter rerum órdinem.
    Ce que tu ne comprends ni ne vois
    Une foi vive l’affirme,
    Dépassant l’ordre des choses.
    Sub divérsis speciébus,
    Signis tantum, et non rebus,
    Latent res exímiæ.
    Ces deux espèces deviennent
    Seulement des formes, non des substances
    Sous lesquelles subsistent des réalités sublimes.
    Caro cibus, sanguis potus :
    Manet tamen Christus totus,
    Sub utráque spécie.
    Sa chair est nourriture, son sang est boisson,
    Mais le Christ tout entier demeure
    Sous chacune des deux espèces.
    A suménte non concísus,
    Non confráctus, non divísus :
    Integer accípitur.
    Celui qui le reçoit ne le rompt point,
    Ne le brise point, ne le divise point :
    Il le reçoit tout entier.
    Sumit unus, sumunt mille :
    Quantum isti, tantum ille :
    Nec sumptus consúmitur.
    Qu’un seul le reçoivent, que mille le reçoivent :
    Celui-là reçoit autant que ceux-ci ;
    On le consomme sans l’épuiser.
    Sumunt boni, sumunt mali :
    Sorte tamen inæquáli,
    Vitæ, vel intéritus.
    Bons ou mauvais le reçoivent
    Mais pour un sort différent :
    Pour la vie ou pour la mort.
    Mors est malis, vita bonis :
    Vide paris sumptiónis
    Quam sit dispar éxitus.
    Il est mort des méchants et vie des bons ;
    Vois quels sont les effets différents
    De la même nourriture.
    Fracto demum sacraménto.
    Ne vacílles, sed meménto,
    Tantum esse sub fragménto,
    Quantum toto tégitur.
    Quand le sacrement est rompu,
    Que ta foi ne vacilles, mais souviens-toi
    Qu’il est tout entier sous un fragment
    Que dans le tout.
    Nulla rei fit scissúra :
    Signi tantum fit fractúra :
    Qua nec status, nec statúra
    Signáti minúitur.
    La substance n’en est point atteinte :
    La forme seule est rompue,
    Sans diminution de l’état ni de l’étendue
    De Celui qui y est présent.
    Ecce panis Angelórum,
    Factus cibus viatórum,
    Vere panis filiórum,
    Non mitténdus cánibus.
    Voici le pain des Anges,
    Rendu pain des voyageurs de ce monde,
    Il est le pain véritable des fils
    Qu’on ne doit pas jeter aux chiens.
    In figúris præsignátur,
    Cum Isaac immolátur :
    Agnus paschæ deputátur :
    Datur manna pátribus.
    D’avance il fut préfiguré
    Par l’immolation d’Isaac,
    Par le sacrifice de l’agneau pascal,
    Par la manne donnée à nos pères.
    Bone pastor, panis vere,
    Jesu, nostri miserére :
    Tu nos pasce, nos tuére :
    Tu nos bona fac vidére
    In terra vivéntium.
    Bon pasteur, pain véritable,
    Jésus, aie pitié de nous,
    Nourris-nous, défends-nous,
    Fais-nous voir les biens véritables
    Dans la terre des vivants.
     
    Tu, qui cuncta scis et vales :
    Qui nos pascis hic mortáles :
    Tuos ibi commensáles,
    Coherédes et sodáles
    Fac sanctórum cívium.
    Amen. Alleluia.
    Toi qui sais tout et qui peux tout,
    Qui nous nourris, nous, mortels,
    Fais de nous les commensaux,
    Les cohéritiers et les compagnons
    De la cité des saints.
    Amen. Alléluia.

    Catéchisme sur la Fête-Dieu

    Procession Fete-Dieu

    D. Quelle fête l’Eglise célèbre-t-elle le jeudi après la fête de la Sainte Trinité ?
    R. L’Eglise célèbre la fête du Très Saint Sacrement, autrement dit la Fête du Corps & du Sang de Jésus-Christ dans l’Eucharistie, vulgairement appelée la Fête-Dieu.

    D. Quand Jésus-Christ a-t-il institué cet admirable Sacrement ?
    R. Jésus-Christ l’a institué le Jeudi Saint, la veille de sa mort.

    D. Pourquoi l’Eglise ne fait-elle pas la Fête du Saint Sacrement le Jeudi Saint ?
    R. Parce qu’elle est alors occupée de la Passion & de la mort de Jésus-Christ.
    Explication. L’Eglise fait néanmoins cette Fête le Jeudi Saint, autant que les circonstances peuvent le lui permettre mais elle est alors trop occupée pour la célébrer comme elle le désirerait ; c’est ce qui l’a engagée à transférer la fête de l’institution du Saint Sacrement, afin qu’elle fût célébrée avec toute la pompe & l’éclat qui lui conviennent. Cette fête est, à proprement parler, le supplément de celle du Jeudi Saint.

    D. Dans quel temps a-t-on célébré cette fête au jour où elle est maintenant ?
    R. Elle a été célébrée d’abord à Liège en 1246 puis ordonnée pour tout l’Occident par le pape Urbain IV en 1264.

    D. Pourquoi l’Eglise a institué cette fête particulière ?
    R. Pour quatre raisons principales.

    D. Quelle est la première raison de l’institution de la Fête du Saint Sacrement ?
    R. C’est pour remercier Jésus-Christ de l’institution de ce sacrement adorable.

    D. Quelle est la seconde raison ?
    R. C’est pour rendre à Jésus-Christ dans ce sacrement adorable les honneurs qui lui sont dus.

    D. Quelle est la troisième raison ?
    R. C’est pour s’opposer aux hérétiques qui ont osé attaquer Jésus-Christ dans le Saint Sacrement.
    Explication. Cette raison est une des causes principales de l’institution de cette auguste solennité. C’est la coutume de l’Eglise de défendre le dogme par quelque rit ou cérémonie, par des fêtes, des usages, des pratiques ; en un mot par quelque chose d’extérieur qui prémunisse les chrétiens & les avertisse de prendre garde aux séductions des hérétiques, & c’est ce qu’elle fait dans cette occasion.

    D. Quelle est la quatrième raison ?
    R. C’est pour réparer les outrages que Jésus-Christ reçoit dans le Sacrement de son amour.
    Explication. Combien d’outrages ce divin Sauveur ne reçoit-il pas dans ce Sacrement ineffable de la part des hérétiques qui le blasphèment, de la part de tant de chrétiens qui communient indignement & profanent ainsi le plus redoutable de nos Mystères ? Combien d’horribles sacrilèges n’ont pas commis les sectaires contre le Saint Sacrement de l’Autel, surtout durant les guerres que l’hérésie excita pendant le seizième siècle ? On ne peut penser qu’avec horreur à ce que firent les Zwingliens, les Calvinistes et les autres sectateurs. L’histoire de ces temps n’est remplie que des impiétés qu’ils commirent de toutes parts, surtout en Allemagne & en France.

    D. Pourquoi l’Eglise a-t-elle établi la procession de la Fête du Très Saint Sacrement ?
    R. Pour trois raisons.

    D. Quelle est la première raison pour laquelle on fait la procession du Saint Sacrement ?
    R. C’est pour marquer la victoire & le triomphe que Jésus-Christ remporte sur les ennemis de ce Sacrement adorable.
    Explication. C’est la raison que donne le saint Concile de Trente. Il était en effet bien juste de dédommager en quelque sorte le Sauveur des outrages des hérétiques ; de là vient la pompe & la magnificence avec lesquelles tout l’univers catholique s’empresse de faire ces augustes processions. Elles se font surtout à Angers avec toute la solemnité possible, parce que c’est dans cette ville que Béranger attaqua le premier le dogme de l’Eucharistie, le plus grand des bienfaits de Dieu, ce bien par excellence que les premiers chrétiens appelaient le bien parfait, bonum perfectum.

    D. Quelle est la seconde raison ?
    R. C’est pour sanctifier nos places publiques, nos rues & nos maisons par la présence adorable de Jésus-Christ.
    Explication. Si les anciens patriarches regardaient comme sacrés les lieux où les anges leur avaient apparu, s’ils y dressaient des autels, s’ils y offraient des victimes, si Moïse même ne devait approcher que pieds nus du buisson ardent par respect pour la présence de Dieu, que devraient faire des chrétiens pénétrés de la réalité de la présence de Jésus-Christ ? Avec quelle religieuse frayeur ne devraient-ils pas regarder les lieux que sa présence auguste a sanctifié ?

    D. Quelle est la troisième raison ?
    R. C’est pour exciter par cet auguste spectacle la foi & la piété des chrétiens.

    D. Avec quels sentiments faut-il assister aux processions du Très Saint Sacrement ?
    R. Il faut y assister avec les sentiments d’une foi vive & d’une adoration profonde.

    D. Quelle pratique de piété peut-on faire le jour de la Fête-Dieu ?
    R. Il faut faire une visite à Jésus-Christ par manière d’amende honorable pour lui demander pardon de tous les outrages qu’il reçoit dans le Saint Sacrement.

    D. Pourquoi visite-t-on le Saint Sacrement le soir du Jeudi Saint ou même pendant la nuit ?
    R. Pour faire amende honorable à Jésus-Christ de tout ce qu’il a souffert pour nous dans sa passion, & qu’il souffre encore tous les jours dans le Sacrement adorable de son amour.
    Explication. Une coutume bien louable & bien salutaire que plusieurs chrétiens observent, est de dire souvent ces paroles remarquables : Loué & adoré soit Jésus-Christ dans le Très Saint Sacrement de l’Autel. C’est une pratique sainte qui ne peut trop se répandre, parce que quelques louanges que nous donnions à Jésus-Christ sur les prodiges de puissance & d’amour qu’il opère dans la divine Eucharistie, nous n’en dirons jamais assez, & il sera toujours infiniment au-dessus de toutes nos louanges.

    D. Que faut-il faire pendant l’octave du Très Saint Sacrement ?
    R. Il faut, autant qu’on le peut, assister tous les jours à la sainte Messe & aux offices où l’on donne la bénédiction du Très Saint Sacrement.
    Explication. Les bénédictions du Très Saint Sacrement n’ont été en usage que depuis que les sectaires se sont déchaînés contre ce Sacrement auguste : elles ont été principalement établies pour marquer de plus en plus la foi de la présence réelle, & rien n’est plus propre à attirer sur nous les grâces du ciel que cette sainte cérémonie ; car si les bénédictions des anciens patriarches étaient désirées avec tant d’ardeur, comme nous le voyons par les plaintes d’Esaü, & par l’empressement de Sara à procurer celle d’Isaac à son cher Jacob, combien ne devons-nous pas souhaiter davantage les bénédictions de Jésus-Christ, le principe & la source de toutes les grâces ? avec quel respect ne devons-nous pas les recevoir ?

    Abbé Meusy, Cathéchisme des Fêtes, Besançon, 1774

    Programme de la Fête du Très-Saint Sacrement (Fête-Dieu)

    Procession Fete-Dieu


    Saint-Eugène, le dimanche 10 juin 2007, grand’messe de 11h.

  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa secunda de Hans Leo Hassler (1564 † 1612)
  • Procession d’entrée : Lauda Sion – Harmonisation d’Olivier Willemin, organiste de Sainte-Rosalie
  • Séquence Lauda Sion – Texte de saint Thomas d’Aquin composé sur la séquence Laudes Crucis d’Adam de Saint-Victor – conformément à la tradition l’orgue chante les strophes impaires
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Orgue
  • Après la Consécration : Benedictus de la Missa secunda de Hassler
  • Pendant la communion : Tantum ergo sacramentum – texte de Saint Thomas d’Aquin – musique de Michel-Richard de Lalande (1657 † 1726), maître de la chapelle des rois Louis XIV & Louis XV – traduction versifiée du XVIIIème siècle
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est IV
  • Après le dernier Evangile : Inviolata
  • Procession de sortie : Orgue
  • Programme de la fête de la Très-Sainte Trinité

    La Tres-Sainte TriniteSaint-Eugène, le dimanche 22 mai 2016, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h30.

    Catéchisme sur la Trinité

    A l’origine dans le rit romain, comme avait eut lieu la veille la longue messe du Samedi des Quatre-Temps, laquelle commençait à none pour s’achever très tard dans la nuit en raison de toutes les ordinations à faire, il n’y avait pas de messe en ce dimanche (de mêmes qu’aux autres dimanches suivant les samedi des Quatre-Temps) : Dominica vacat. Vers le VIIIème siècle cependant, on commença à y célébrer une octave de la Pentecôte (premier dimanche après la Pentecôte). L’institution relativement récente et non universellement reçue de celle-ci fit que la place laissée vide fut aussi utilisée pour y célébrer la messe votive de la Sainte Trinité composée au VIIIème siècle par Alcuin. En 920, Etienne, évêque de Liège, consacra cette pratique en instituant en ce dimanche pour son diocèse la fête de la Trinité et en faisant composer un office complet en l’honneur de ce mystère. La célébration de cette fête se répandit rapidement dans tout l’Occident, en particulier sous l’action des moines clunisiens.

    Rome refusa dans un premier temps cet usage, estimant bien moderne l’idée de célébrer liturgiquement un mystère plutôt qu’un évènement historique. Alexandre II, pape de 1061 à 1073, tout en constatant que la fête est déjà répandue en beaucoup de lieux, déclare dans une de ses Décrétales que « ce n’est pas l’usage de Rome de consacrer un jour particulier à honorer la très sainte Trinité, puisqu’à proprement parler elle est honorée chaque jour » par la répétition de la petite doxologie : Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, et dans un grand nombre d’autres formules de louange. C’est le pape français Jean XXII qui finalement accepta la fête dans un décret daté de 1334 et l’étendit à toutes les Eglises d’Occident. La fête de Trinité se substitua dès lors au premier dimanche après la Pentecôte (qui fut commémoré à l’office jusqu’en 1960 et dont la messe devait être célébrée un des trois premiers jours de la semaine non empêché par une fête du rite double. Cette messe peut continuer à se dire dans les féries de la semaine qui suit ce dimanche).

    La Très-Sainte Trinité par Artus Wolffort MuehlbauerLa fête de la Trinité fut, comme nous le disions, d’une grande popularité un peu partout en Occident dès le XIème – XIIème siècle. Les Anglais & les Dominicains comptent d’ailleurs les dimanches non « après la Pentecôte » mais « après la Trinité ». Dans beaucoup d’usages diocésains, l’hymne des vêpres « O lux beata Trinitas » fut chantée aux premières & secondes vêpres des dimanches après l’Epiphanie & la Pentecôte, faisant disparaître deux des sept hymnes d’un cycle qui initialement chantait les sept jours de la création sur les sept vêpres de la semaine (le rit romain ne le fit que pour les premières vêpres du dimanche). Dans le même ordre d’idée, un décret au XVIIIème siècle de la Sacrée Congrégation des Rites étendit pour le rit romain la préface de la Trinité à tous les dimanches après l’Epiphanie & la Pentecôte (on disait auparavant la préface commune ces dimanches-là).

    Le choix de faire la célébration du mystère de la Trinité au jour octave de la Pentecôte était toutefois d’une grande cohérence théologique : c’est en effet l’effusion du Saint-Esprit à la Pentecôte qui nous révèle l’amour du Père et du Fils et nous manifeste glorieusement le mystère de la Trinité. Du reste, le rit byzantin a suivi la même intuition, puisqu’il a fini par ajouter à la fête de la Pentecôte la célébration de la Trinité, combinant les deux fêtes en une seule : dans l’office de ce rit, à une couche hymnographique ancienne chantant la Pentecôte on a ajouté une seconde chantant la Trinité. Dans la mentalité des orientaux byzantins, la Pentecôte est bien la fête de la Trinité, et on a fini par consacrer le lundi de Pentecôte plus particulièrement au Saint-Esprit.

    Nous avons célébré la venue de l’Esprit sanctificateur, annoncé comme devant venir perfectionner l’œuvre du Fils de Dieu. Nous l’avons adoré et reconnu distinct du Père et du Fils, qui nous l’envoyaient avec la mission de demeurer avec nous. Il s’est manifesté dans des opérations toutes divines qui lui sont propres ; car elles sont l’objet de sa venue. Il est l’âme de la sainte Église, il la maintient dans la vérité que le Fils lui a enseignée. Il est le principe de la sanctification dans nos âmes, où il veut faire sa demeure. En un mot, le mystère de la sainte Trinité est devenu pour nous, non seulement un dogme intimé à notre pensée par la révélation, mais une vérité pratiquement connue de nous par la munificence inouïe des trois divines personnes, adoptés que nous sommes par le Père, frères et cohéritiers du Fils, mus et habités par l’Esprit-Saint.
    Dom Guéranger.

    Quel Catholique ignore que le Père est vraiment Père, le Fils vraiment Fils, et l’Esprit-Saint vraiment Esprit-Saint ? Ainsi que le Seigneur lui-même l’a dit à ses Apôtres : « Allez, baptisez toutes les nations au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. » C’est là cette Trinité parfaite dans l’unité d’une unique substance, à laquelle nous faisons profession de croire. Car nous n’admettons point en Dieu de division à la manière des substances corporelles ; mais à cause de la puissance de la nature divine qui est immatérielle, nous faisons profession de croire, et à la distinction réelle des personnes que nous nommons, et à l’unité de la nature divine.
    Homélie de saint Grégoire de Nazianze, évêque, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne..

    • Propre grégorien du jour – Kyriale : Messe VIII – De Angelis
    • Procession d’entrée : Je crois en un seul Dieu – paraphrase du symbole des Apôtres – Recueil des Jésuites de 1623 : « Airs sur les Hymnes sacrez, Odes et Noëls pour chanter au catéchisme » – musique attribuée au R.P. Charles d’Ambleville, s.j. († 1637)
    • Introït – Benedicta sit sancta Trinitas (ton viii.)
    • Kyrie II Fons bonitatis, chanté avec ses tropes médiévaux
    • Graduale – Benedictus es, Domine (ton v.)
    • Alleluia – Benedictus es, Domine Deus (ton viii.)
    • Credo III
    • Et incarnatus de la Missa syllabica de Jean de Bournonville (1585 † 1632), maître de chapelle de la Sainte Chapelle de Paris
    • Offertoire – Benedictus sit Deus Pater (ton iii.)
    • Pendant les encensements de l’offertoire : Hymne de la fête : O lux beata Trinitas – texte VIIème siècle, avec alternances d’orgue de Guillaume-Gabriel Nivers (1632 † 1714), organiste de Saint Sulpice et des damoiselles de Saint-Cyr – l’orgue figure les versets impairs
    • Après la Consécration : Michel Imbert, maître de musique de l’Eglise de Sens (Méthode de serpent de 1780)
    • Pendant la communion : Symbole Quicumque, de Saint Athanase (symbole de foi remontant au IVème siècle) – psalmodie du IInd ton, avec faux-bourdon parisien (édition de 1739)
    • Communion – Benedicimus Patrem cœli (ton iv.)
    • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
    • Ite missa est VIII
    • Après le dernier Evangile : Salve Regina

    Télécharger le livret de cette messe au format PDF.

    *

    Cf. aussi : Plain-chant de la Trinité dans le graduel de Nivers (1679)

    Programme du dimanche du Paralytique – Translation des reliques de saint Nicolas à Bari – ton 3

    La guérison du paralytique - Musée byzantin d'Athènes - Grèce - XIXème siècleParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 22 mai 2016 du calendrier grégorien – 9 mai 2016 du calendrier julien, divine liturgie de saint Jean Chrysostome de 9h15.

    Après avoir fêté l’Apôtre Thomas le IInd dimanche de Pâques, les femmes Myrophores avec Nicodème et Joseph d’Arimathie le IIIème dimanche de Pâques, la liturgie byzantine propose à l’édification des fidèles les trois dimanches qui suivent des épisodes de la vie du Christ s’étant déroulés au cours des Cinquante Jours, la Pentecôte hébraïque :

  • la guérison du Paralytique à la piscine de Bethesda,
  • la conversion de la Samaritaine,
  • la guérison de l’Aveugle-né.
  • L’origine de la célébration de la guérison du Paralytique au IVème dimanche de Pâques est constantinopolitaine ; dans la tradition de Jérusalem, l’évangile de ce jour était lu le dimanche suivant.

    L’hymnographie de ce dimanche est donc essentiellement d’origine constantinopolitaine, comme du reste l’essentiel du Pentecostaire.

    *

    Cette année, le dimanche du Paralytique voit l’occurrence de la fête de la translation des reliques de Sa Sainteté Nicolas, thaumaturge & évêque de Myre en Lycie en la ville de Bari en Italie, translation ayant eu lieu l’an 1087 du temps de l’empereur Alexis Comnène Ier. La ville de Myre en Lycie étant tombée aux mains des Turcs Seldjoukides dans les premières années du règne de cette empereur, plusieurs expéditions italiennes s’organisèrent pour sauver ses reliques des mains des Turcs. Après une apparition de saint Nicolas à un prêtre de la ville de Bari, des marins de cette ville affrétèrent trois vaisseaux déguisés en navires marchands transportant du grain, parvinrent à Myre sous domination turque, enlevèrent le corps de saint Nicolas et ramenèrent la relique à Bari. Un récit très précis de cet enlèvement fut rédigé en 1088 par le moine Nicéphore de Bari. En deux ans, on construisit à Bari en l’honneur de saint Nicolas une vaste basilique, sous l’autel de laquelle on déposa dans une crypte la précieuse relique qui y repose toujours aujourd’hui.

    Notons que si cette fête se célèbre à la même date du 9 mai dans les calendriers russes et occidentaux, en Grèce toutefois, la date de cette fête varie d’une façon bizarre, puisqu’elle est célébrée, selon les régions le 2, le 8, le 9, le 16, le 20 ou le 21 mai. Certains ont voulu expliquer cette variété en arguant que la précieuse relique du corps de saint Nicolas avait fait escale à différentes dates dans des ports de Grèce au cours de son périple vers Bari.

    Voici la messe de cette fête pour le diocèse de Toul et Nancy, qui possède depuis 1090 l’un des doigts de saint Nicolas, qui est conservé en la basilique Saint-Nicolas-de-Port. Le 9 mai est marqué bien sûr par de grandes festivités à Bari même, qui conserve toujours le corps du saint thaumaturge.

    Le tombeau du saint continue d’exsuder un liquide miraculeux appelé par les Orientaux myron et manne par les Occidentaux. Les textes anciens et les récits de la translation indiquent que le corps de saint Nicolas exsudait déjà un semblable liquide à Myre en Lycie. Lorsque les marins de Bari découvrent le tombeau du saint, ils le décrivent rempli de ce liquide. Voici une vidéo montrant l’extraction annuelle de la manne de saint Nicolas, laquelle à lieu tous les ans le 9 mai à Bari par le recteur de la cathédrale, en présence de l’archevêque de Bari et de plusieurs évêques catholiques & orthodoxes, après la célébration de la messe de la Translation :

    Le précieux liquide est mélangé ensuite à de l’eau bénite et distribué aux pèlerins.
    Prions le saint pontife Nicolas, devenu, par la translation de ses reliques, pont entre l’Orient et l’Occident, pour l’unité des deux poumons de l’Eglise !

    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Tropaire de Sa Sainteté. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de Sa Sainteté.
    A sexte : Tropaire du dimanche, ton 3. Gloire au Père. Tropaire de Sa Sainteté. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion de la fête (du Paralytique).

    Tropaires des Béatitudes : 4 tropaires du dimanche, ton 3, 4 tropaires de la 3ème ode du canon du Triode fleuri & 4 tropaires de la 6ème ode de Sa Sainteté :
    1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
    2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
    5. Jadis, te voyant suspendu sur la croix, * ô Verbe, le soleil suspendit ses rayons, * la terre trembla de toutes parts, * les morts se levèrent du tombeau, Dieu tout-puissant, lorsque toi-même tu mourus.
    6. Lorsqu’avec ton âme tu entras * dans le sein de la terre, Sauveur, l’Enfer s’empressa de relâcher * les âmes qu’il avait prises & qui chantaient * une hymne d’action de grâce à ta puissance, Seigneur.
    7. Depuis de nombreuses années * cruellement mon âme souffre, Dieu de bonté ; * comme tu fis au Paralytique jadis, * guéris-la pour que je puisse cheminer * sur les voies où tu invites les amants de ton nom.
    8. Avec les puissances d’en-haut * intercède, saint Archange de Dieu, * pour ceux qui te chantent avec foi : * sauve-nous, garde-nous, protège-nous * qui sommes assaillis par les passions de cette vie.
    9. La santé du corps & la purification de l’âme, * nous les recevons en abondance de ta divine Eglise, * comme d’une piscine, ô saint hiérarque Nicolas, * à travers elle se déverse la grâce de tes miracles, ** sur ceux qui se confient en toi avec une foi sincère.
    10. Comme tu es le favori le plus glorieux du Christ, ô Père, * délivre tes serviteurs, * qui honorent la translation de tes saintes reliques, * de toutes formes de danger, * de graves malheurs ** et des chagrins qui nous assaillent.
    11. Sauve-nous par ta guidance, ô Nicolas, * prédicateur et docteur des nations, * toi qui as conduit au salut le peuple du Dieu qui est apparu dans la chair ** pour le bien de beaucoup.
    12. Tu es le portail du Roi des Cieux * et le temple de sa gloire, * O Vierge toute louée, * ouvre-nous les portes de la miséricorde, * & conduis-nous dans la demeure de la gloire céleste, ** par tes supplications.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
    2. Tropaire de Sa Sainteté, ton 4 : Voici venue la brillante festivité * et la cité baroise se réjouit ; * avec elle exulte le monde entier * par des hymnes & des cantiques spirituels ; * sainte fête que ce jour, * en la translation des vénérables reliques porteuses-de-guérison * du pontife & thaumaturge Nicolas, car elle brille comme un soleil sans déclin * dont le splendide rayonnement * chasse les ténèbres des épreuves et du malheur * loin de ceux qui chantent avec foi : * Procure-nous le salut, ** toi qui nous protèges, sublime Nicolas.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion de Sa Sainteté, ton 3 : Comme un astre se sont levées * du levant vers le couchant * tes reliques, pontife Nicolas, * sanctifiant par ton passage, la mer ; * la cité baroise reçoit la grâce avec toi * & tu te manifestes pour nous tous ** par excellence comme thaumaturge plein de miséricorde & suscitant l’admiration.
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion du Paralytique, ton 3 : Relève, Seigneur, par ta divine Présence, mon âme misérable,
paralysée par mes péchés de toutes sortes et mes actes déréglés,
toi qui jadis relevas le paralytique, afin que, sauvé, je te crie :
Ô Christ miséricordieux, gloire à ta Puissance !

    Prokimen
    Du Paralytique, ton 1 :
    R/. Sur nous, Seigneur, soit ton amour, ainsi qu’en toi fut notre espoir ! (Psaume 32, 22).
    V/. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).
    De Sa Sainteté, ton 7 :
    R/. Le juste a sa joie dans le Seigneur, en lui il se réfugie (Psaume 63, 11).

    Epîtres :
    Du Paralytique : Actes des Apôtres (§ 23) IX, 32-42.
    Alors Pierre ayant fait sortir tout le monde, se mit à genoux et en prière : et se tournant vers le corps, il dit : Tabitha, levez-vous. Elle ouvrit les yeux ; et ayant vu Pierre, elle se mit sur son séant.
    De Sa Sainteté : Hébreux (§335) XIII, 17-21.

    Alleluia
    Du Paralytique, ton 5 :
    V/. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
    R/. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
    De Sa Sainteté, ton 2 :
    V/. Que tes prêtres soient revêtus de justice, et que tes saints tressaillent de joie (Psaume 131, 9).

    Evangile :
    Du Paralytique : Jean (§ 14) V, 1-15
    Depuis, Jésus trouva cet homme dans le temple, et lui dit : Vous voyez que vous êtes guéri ; ne péchez plus à l’avenir, de peur qu’il ne vous arrive quelque chose de pis.
    De Sa Sainteté : Luc (§24) VI, 17-23.

    A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique
    L’ange chanta à la Pleine de grâce : Réjouis-toi, Vierge très pure, je répète, réjouis-toi  ! Ton Fils en vérité est ressuscité après trois passés dans le tombeau ; et Il a redressé les morts : fidèles, soyez dans l’allégresse !
    Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem, car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée. Réjouis-toi et exulte, Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité ! Alléluia !

    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux (Psaume 148, 1).
    De Sa Sainteté : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

    Télécharger le livret des choristes pour ce dimanche.
    Télécharger le livret commun des choristes pour le Temps pascal.

    Enregistrement : témoignage de Mgr Daoud, archevêque syriaque de Mossoul – « Nous avons subi un génocide »

    Mgr Nicodemus Daoud Sharaf, archevêque syriaque de Mossoul, témoigne à Saint-Eugène

    Devant une assistance nombreuse, Son Excellence Mor Nicodemus Daoud Matti Sharaf, archevêque syriaque de Mossoul en exil à Arbèles (Erbil) au Kurdistan irakien, témoignait des souffrances de son peuple hier 19 mai à Saint-Eugène. Commençant par prier le Notre Père en araméen – la langue même de Notre Seigneur Jésus-Christ, dont la survie est en question en raison du génocide en cours -, l’archevêque de Mossoul termina son témoignage en chantant une hymne à la Très-Sainte Vierge Marie et donna sa bénédictions aux fidèles assemblés dans Saint-Eugène.

    https://twitter.com/scholastececile/status/733379909075271680

    Témoignage exceptionnel de l’archevêque syriaque de Mossoul à Saint-Eugène jeudi 19 mai 2016

    Mgr Nicodemus Daoud Sharaf, archevêque syriaque de Mossoul à Saint-Eugene - Paris IX

    Tournée de l’archevêque de Mossoul en France

    Monseigneur Daoud, archevêque de Mossoul exilé à Erbil (Kurdistan irakien), viendra en France du 18 au 27 mai. Dernier archevêque à quitter Mossoul en juin 2014, alors que la ville tombait aux mains de l’organisation terroriste Etat islamique, l’archevêque syriaque orthodoxe témoignera du martyre des chrétiens d’Irak. Outre un cycle de conférences dans différentes villes de France, il rencontrera plusieurs personnalités religieuses et politiques afin de les sensibiliser sur le drame des chrétiens d’Orient.

    Cette visite tout à fait exceptionnelle nous permettra de bénéficier d’un témoignage inédit, vécu au plus proche du terrain.

    Monseigneur Daoud donnera son témoignage à Paris en l’église Saint-Eugène le jeudi 19 mai à 20h30. Soyons nombreux afin de lui manifester que nous, chrétiens d’Occident, nous tenons compte des souffrances de nos frères d’Orient.

    La conférence de Mgr Daoud sera précédée du chant de la messe du jeudi dans l’octave de la Pentecôte à 19h (rit romain traditionnel).

    L’évènement sur Facebook.

    Les autres dates de Mgr Daoud en France & en Belgique :

    1. Nancy le 20 mai
    2. Strasbourg le 21 mai
    3. Montfermeil le 22 mai
    4. Lille le 23 mai
    5. Bruxelles le 24 mai