Archives de juin 2007

Fête-Dieu à Toulouse en 1700

Samedi, juin 9th, 2007
Fete-Dieu a Toulouse 1700

Un grand merci à Xavier de Rochebrune qui m’a envoyé ce soir ce tableau représentant la procession de la Fête-Dieu à Toulouse en 1700.

Remarquons :

  • le clocher de Saint-Sernin en arrière plan,
  • les huit capitouls de Toulouse (premiers magistrats de la ville, charge qui conférait la noblesse héréditaire) portent le dais, assistés par des petits pages,
  • le Saint-Sacrement est porté par l’archevêque de Toulouse, le dais étant précédé de sa crosse,
  • les membres du Parlement de Toulouse suivent le dais, cierge en main pour beaucoup,
  • la couleur liturgique est le rouge, comme à Paris (usage usuel en France jusqu’au XIXème siècle), comme en témoignent les dalmatiques des clercs qui précèdent la croix de procession,
  • le clergé porte des cierges (prescription liturgique pour la procession de la Fête-Dieu), des surplis longs & le rabat blanc (le rabat devient noir sous le règne de Louis XV).
  • C’est un témoignage ancien & très intéressant de l’usage de faire porter le dais à des personnages distingués, contraire à la règle de le faire par des clercs.

    C’est surtout un beau témoignage de la France chrétienne, dans laquelle les premiers personnages de la Cité ne répugnaient pas à rendre un témoignage public & éclatant de leur foi.

    En ce dimanche d’élections, aurons-nous des hommes politiques en nos processions ??? Pfffff… :-(

    Merci encore à Xavier. Continuez à m’envoyer vos images de procession de la Fête-Dieu !

    Petit rappel

    Vendredi, juin 8th, 2007

    Comme le veut maintenant notre petite tradition interne, il y aura dimanche déjeuner de la Schola entre la messe & les vêpres de la Fête-Dieu.
    Il est bon que chacun apporte de quoi partager (ou plutôt: de quoi festoyer !) avec autrui.

    En raison du programme assez chargé, il n’y aura pas chant de l’antienne de communion dans le graduel de Nivers par les femmes ce dimanche.

    A demain samedi pour la répétition de 18h (présence nécessaire) ! :-)

    Fête-Dieu à Paris en 1830 - Sortie de procession par Turpin de Crissé

    Vendredi, juin 8th, 2007
    Fete-Dieu a Paris 1830

    Un grand merci à M. l’Abbé Meissonnier, fssp, qui m’a envoyé hier soir ce magnifique tableau dû au talent du comte Lancelot Théodore Turpin de Crissé (1782 † 1859). Sauf erreur de ma part, il s’agirait de la sortie de la procession de la Fête-Dieu de l’église royale de Saint-Germain l’Auxerrois en 1830.

    Remarquons :

  • l’admirablement ordonnancement général de la procession,
  • les ornements liturgiques rouges & non blancs (depuis l’origine de la Fête-Dieu à Paris, la couleur liturgique employée a été constamment le rouge),
  • les 40 (!) enfants de chÅ“ur portent la ceinture rouge sur le surplis & la calotte rouge ; deux sont acolytes, tous les autres portent un cierge, comme le demandent les règles liturgiques de la procession de la Fête-Dieu (tous les fidèles d’ailleurs devraient porter un cierge ; on voit une petite fille avec un cierge, quelques autres au loin derrière le dais),
  • le dais est porté par des clercs (& non d’éminents laïcs) ce qui est plus conforme aux règles ; ces clercs ne sont pas toutefois induts de chapes ou de dalmatiques,
  • outre le célébrant, tous les autres prêtres présents portent également la chasuble rouge (cela est très fidèle aux rubriques de la procession du Très-Saint Sacrement),
  • le porte-croix est en chape,
  • derrière le porte-croix marchent 6 chantres-chapiers, portant le turlututu, l’ancien chapeau pointu des chantres (le second à gauche le tien en ses mains),
  • derrière les chantres marchent des ecclésiastiques & chantres, puis un second groupe de chantres avec les surplis sans manches (usuels pour les chantres),
  • tous les ecclésiastiques portent la calotte noire (les deux premiers chapiers semblent porter le col oratorien),
  • la longueur des surplis des petits comme des grands clercs,
  • les bannières sont tenues par les rubans,
  • des jeunes filles jettent des pétales de roses sur deux rangs de part & d’autre du passage de la procession,
  • la troupe présente les armes,
  • le suisse avec sa masse & sa hallebarde, arbore un baudrier magnifique,
  • les deux thuriféraires semblent curieusement manquer.
  • Voici une vue générale du tableau de Turpin de Crissé :

    Fete-Dieu a Paris 1830

    Remarquons les tapisseries qui bordent le chemin de la procession, les armes pleines de France au portail & les deux bannières fleudelysées, qui firent scandale dans la France louis-philipparde. L’actuelle mairie du Ier arrondissement avec son beffroi n’est pas encore contruite.

    Je trouve ce tableau très touchant : beaucoup de grâce ainsi chez les enfants de Marie groupés autour de la bannière de la sainte Vierge. C’est un beau témoignage des fastes de la vie liturgique parisienne quelques années avant l’abandon du rit propre au diocèse.

    Si vous avez d’autres images de Fête-Dieu, n’hésitez pas à me les faire parvenir ! ;-)

    Pange lingua de Michel-Richard de Lalande

    Vendredi, juin 8th, 2007
    Motets de Michel-Richard de Lalande

    Chers choristes,

    Le Pange Lingua de Michel-Richard de Lalande est (enfin ! :-) ) en ligne.

    Nous chanterons les strophes Tantum ergo & Genitori, Genitoque lors de la communion de la Fête-Dieu (solennité dimanche prochain 10 juin) mais aussi lors de celle du Sacré-Cœur (dimanche 17 juin).

    Bon travail de révisions de vos parties grâce aux fichiers MIDI en ligne sur la page “Ressources de travail” ! ;-)

    Cette Å“uvre est vraiment magnifique, elle vaut la peine d’un travail soigné.

    Pange lingua de Lalande

    Fête-Dieu - Introït - Graduale Romanum 1905

    Vendredi, juin 8th, 2007

    Introït de la Fete-Dieu

    Fête-Dieu - Graduel - Graduale Romanum 1905

    Vendredi, juin 8th, 2007

    Graduel de la Fete-Dieu

    Fête-Dieu - Alleluia - Graduale Romanum 1905

    Vendredi, juin 8th, 2007

    Alleluia de la Fete-Dieu

    Fête-Dieu - Séquence Lauda Sion - Graduale Romanum 1905

    Vendredi, juin 8th, 2007

    Séquence de la Fete-Dieu - Lauda Sion

    Fête-Dieu - Offertoire - Graduale Romanum 1905

    Vendredi, juin 8th, 2007

    Offertoire de la Fete-Dieu

    Fête-Dieu - Communion - Graduale Romanum 1905

    Vendredi, juin 8th, 2007

    Communion de la Fete-Dieu

    Catéchisme sur la Fête-Dieu

    Jeudi, juin 7th, 2007
    Procession Fete-Dieu

    D. Quelle fête l’Eglise célèbre-t-elle le jeudi après la fête de la Sainte Trinité ?
    R. L’Eglise célèbre la fête du Très Saint Sacrement, autrement dit la Fête du Corps & du Sang de Jésus-Christ dans l’Eucharistie, vulgairement appelée la Fête-Dieu.

    D. Quand Jésus-Christ a-t-il institué cet admirable Sacrement ?
    R. Jésus-Christ l’a institué le Jeudi Saint, la veille de sa mort.

    D. Pourquoi l’Eglise ne fait-elle pas la Fête du Saint Sacrement le Jeudi Saint ?
    R. Parce qu’elle est alors occupée de la Passion & de la mort de Jésus-Christ.
    Explication. L’Eglise fait néanmoins cette Fête le Jeudi Saint, autant que les circonstances peuvent le lui permettre mais elle est alors trop occupée pour la célébrer comme elle le désirerait ; c’est ce qui l’a engagée à transférer la fête de l’institution du Saint Sacrement, afin qu’elle fût célébrée avec toute la pompe & l’éclat qui lui conviennent. Cette fête est, à proprement parler, le supplément de celle du Jeudi Saint.

    D. Dans quel temps a-t-on célébré cette fête au jour où elle est maintenant ?
    R. Elle a été célébrée d’abord à Liège en 1246 puis ordonnée pour tout l’Occident par le pape Urbain IV en 1264.

    D. Pourquoi l’Eglise a institué cette fête particulière ?
    R. Pour quatre raisons principales.

    D. Quelle est la première raison de l’institution de la Fête du Saint Sacrement ?
    R. C’est pour remercier Jésus-Christ de l’institution de ce sacrement adorable.

    D. Quelle est la seconde raison ?
    R. C’est pour rendre à Jésus-Christ dans ce sacrement adorable les honneurs qui lui sont dus.

    D. Quelle est la troisième raison ?
    R. C’est pour s’opposer aux hérétiques qui ont osé attaquer Jésus-Christ dans le Saint Sacrement.
    Explication. Cette raison est une des causes principales de l’institution de cette auguste solennité. C’est la coutume de l’Eglise de défendre le dogme par quelque rit ou cérémonie, par des fêtes, des usages, des pratiques ; en un mot par quelque chose d’extérieur qui prémunisse les chrétiens & les avertisse de prendre garde aux séductions des hérétiques, & c’est ce qu’elle fait dans cette occasion.

    D. Quelle est la quatrième raison ?
    R. C’est pour réparer les outrages que Jésus-Christ reçoit dans le Sacrement de son amour.
    Explication. Combien d’outrages ce divin Sauveur ne reçoit-il pas dans ce Sacrement ineffable de la part des hérétiques qui le blasphèment, de la part de tant de chrétiens qui communient indignement & profanent ainsi le plus redoutable de nos Mystères ? Combien d’horribles sacrilèges n’ont pas commis les sectaires contre le Saint Sacrement de l’Autel, surtout durant les guerres que l’hérésie excita pendant le seizième siècle ? On ne peut penser qu’avec horreur à ce que firent les Zwingliens, les Calvinistes et les autres sectateurs. L’histoire de ces temps n’est remplie que des impiétés qu’ils commirent de toutes parts, surtout en Allemagne & en France.

    D. Pourquoi l’Eglise a-t-elle établi la procession de la Fête du Très Saint Sacrement ?
    R. Pour trois raisons.

    D. Quelle est la première raison pour laquelle on fait la procession du Saint Sacrement ?
    R. C’est pour marquer la victoire & le triomphe que Jésus-Christ remporte sur les ennemis de ce Sacrement adorable.
    Explication. C’est la raison que donne le saint Concile de Trente. Il était en effet bien juste de dédommager en quelque sorte le Sauveur des outrages des hérétiques ; de là vient la pompe & la magnificence avec lesquelles tout l’univers catholique s’empresse de faire ces augustes processions. Elles se font surtout à Angers avec toute la solemnité possible, parce que c’est dans cette ville que Béranger attaqua le premier le dogme de l’Eucharistie, le plus grand des bienfaits de Dieu, ce bien par excellence que les premiers chrétiens appelaient le bien parfait, bonum perfectum.

    D. Quelle est la seconde raison ?
    R. C’est pour sanctifier nos places publiques, nos rues & nos maisons par la présence adorable de Jésus-Christ.
    Explication. Si les anciens patriarches regardaient comme sacrés les lieux où les anges leur avaient apparu, s’ils y dressaient des autels, s’ils y offraient des victimes, si Moïse même ne devait approcher que pieds nus du buisson ardent par respect pour la présence de Dieu, que devraient faire des chrétiens pénétrés de la réalité de la présence de Jésus-Christ ? Avec quelle religieuse frayeur ne devraient-ils pas regarder les lieux que sa présence auguste a sanctifié ?

    D. Quelle est la troisième raison ?
    R. C’est pour exciter par cet auguste spectacle la foi & la piété des chrétiens.

    D. Avec quels sentiments faut-il assister aux processions du Très Saint Sacrement ?
    R. Il faut y assister avec les sentiments d’une foi vive & d’une adoration profonde.

    D. Quelle pratique de piété peut-on faire le jour de la Fête-Dieu ?
    R. Il faut faire une visite à Jésus-Christ par manière d’amende honorable pour lui demander pardon de tous les outrages qu’il reçoit dans le Saint Sacrement.

    D. Pourquoi visite-t-on le Saint Sacrement le soir du Jeudi Saint ou même pendant la nuit ?
    R. Pour faire amende honorable à Jésus-Christ de tout ce qu’il a souffert pour nous dans sa passion, & qu’il souffre encore tous les jours dans le Sacrement adorable de son amour.
    Explication. Une coutume bien louable & bien salutaire que plusieurs chrétiens observent, est de dire souvent ces paroles remarquables : Loué & adoré soit Jésus-Christ dans le Très Saint Sacrement de l’Autel. C’est une pratique sainte qui ne peut trop se répandre, parce que quelques louanges que nous donnions à Jésus-Christ sur les prodiges de puissance & d’amour qu’il opère dans la divine Eucharistie, nous n’en dirons jamais assez, & il sera toujours infiniment au-dessus de toutes nos louanges.

    D. Que faut-il faire pendant l’octave du Très Saint Sacrement ?
    R. Il faut, autant qu’on le peut, assister tous les jours à la sainte Messe & aux offices où l’on donne la bénédiction du Très Saint Sacrement.
    Explication. Les bénédictions du Très Saint Sacrement n’ont été en usage que depuis que les sectaires se sont déchaînés contre ce Sacrement auguste : elles ont été principalement établies pour marquer de plus en plus la foi de la présence réelle, & rien n’est plus propre à attirer sur nous les grâces du ciel que cette sainte cérémonie ; car si les bénédictions des anciens patriarches étaient désirées avec tant d’ardeur, comme nous le voyons par les plaintes d’Esaü, & par l’empressement de Sara à procurer celle d’Isaac à son cher Jacob, combien ne devons-nous pas souhaiter davantage les bénédictions de Jésus-Christ, le principe & la source de toutes les grâces ? avec quel respect ne devons-nous pas les recevoir ?

    Abbé Meusy, Cathéchisme des Fêtes, Besançon, 1774

    Fête-Dieu à Québec en 1919

    Jeudi, juin 7th, 2007
    Fete-Dieu a Quebec 1919

    Remarquons :

  • le bataillon de zouaves pontificaux escortant le Saint Sacrement,
  • les drapeaux pavoisant les maisons (on sort de la Grande Guerre),
  • les six lanternes de procession,
  • l’arche de triomphe en branchages avec la banderole “Seigneur augmentez notre foi,
  • les ceintures sur les surplis des clercs,
  • on ne distingue pas très bien, mais les porte-étendards qui précèdent le dais paraissent être en aubes & dalmatiques.
  • Merci au frère Maximilien-Marie pour l’envoi de cette belle photographie.

    Programme de la Fête du Très-Saint Sacrement (Fête-Dieu) - vêpres, procession & salut

    Mardi, juin 5th, 2007
    Procession Fete-Dieu


    Saint-Eugène, le dimanche 10 juin 2007, vêpres à 15h30, suivies de la procession & du salut du Très-Saint Sacrement.

    Secondes vêpres du Très-Saint Sacrement (chantées en vieux plain-chant parisien) :

  • Procession d’entrée: Improvisation à l’orgue sur l’hymne Pange lingua
  • Deus in adjutorium en faux-bourdon langrois
  • Dixit Dominus (H. 197) de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de chapelle de Mademoiselle de Guise, du Dauphin, des Jésuites et de la Sainte Chapelle
  • faux-bourdons parisiens pour les autres psaumes et le Magnificat (édition de 1739)
  • A la procession :

  • Au premier reposoir : O salutaris d’après A. Kastorsky (1901) - adaptation Henri de Villiers
  • Au second reposoir : Anima Christi - prière des livres d’Heures du XIVème siècle, dite prière de saint Ignace car celui-ci l’a placée au début de ses « Exercices spirituels » - polyphonie de l’abbé Auguste Chérion (1854 † 1904), maître de chapelle de La Madeleine
  • Au salut :

  • O salutaris de l’abbé du Gué, maître de chapelle de Saint-Germain-L’Auxerrois (1768 -1780) puis de Notre-Dame de Paris (1780 - 1790)
  • Adoro te supplex – hymne au T. S. Sacrement de saint Thomas d’Aquin, alternances polyphoniques de la tradition de Langres
  • O memoriale, motet d’après Palestrina (c. 1526 † 1594), maître de la chapelle pontificale – texte de Saint Thomas d’Aquin (1225 † 1274)
  • Tantum ergo
  • Bénédiction
  • Motet final au très Saint Sacrement : Adoremus in æternum - plain-chant musical d’après la tradition de l’Eglise de Langres
  • Programme de la Fête du Très-Saint Sacrement (Fête-Dieu)

    Lundi, juin 4th, 2007
    Procession Fete-Dieu


    Saint-Eugène, le dimanche 10 juin 2007, grand’messe de 11h.

  • Propre grégorien du jour - Kyriale : Missa secunda de Hans Leo Hassler (1564 † 1612)
  • Procession d’entrée: Lauda Sion - Harmonisation d’Olivier Willemin, organiste de Sainte-Rosalie
  • Séquence Lauda Sion - Texte de saint Thomas d’Aquin composé sur la séquence Laudes Crucis d’Adam de Saint-Victor - conformément à la tradition l’orgue chante les strophes impaires
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Orgue
  • Après la Consécration : Benedictus de la Missa secunda de Hassler
  • Pendant la communion : Tantum ergo sacramentum - texte de Saint Thomas d’Aquin – musique de Michel-Richard de Lalande (1657 † 1726), maître de la chapelle des rois Louis XIV & Louis XV - traduction versifiée du XVIIIème siècle
  • Prière pour la France, sur le ton royal - harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est IV
  • Après le dernier Evangile : Inviolata
  • Procession de sortie : Orgue
  • Catéchisme sur la très-sainte Trinité

    Dimanche, juin 3rd, 2007
    Trinite

    Demande. Quelle fête célébrons-nous le dimanche qui suit la Pentecôte ?
    Réponse. Nous célébrons la fête de la très-sainte Trinité.

    D. Qu’est-ce que la très-sainte Trinité ?
    R. C’est un seul Dieu en trois personnes, le Père, le Fils & le Saint-Esprit.

    D. Y a-t-il plusieurs natures dans les trois personnes de la très-sainte Trinité ?
    R. Non : les trois personnes de la très-sainte Trinité n’ont qu’une seule & même nature.

    D. Les trois personnes de la très-sainte Trinité sont-elles distinguées entr’elles ?
    R. Oui : les trois personnes de la très-sainte Trinité sont réellement distinguées l’une de l’autre.
    Explication. Voilà le mystère auguste & incompréhensible qu’il a plu à Dieu de nous révéler : un seul Dieu en trois personnes distinctes, même substance, même divinité, même nature ; chacune de ces trois personnes est Dieu, & ces trois personnes ne sont qu’un Dieu. Le Fils n’est pas le Père, quoiqu’il soit une même substance avec lui ; le Saint-Esprit n’est ni le Père ni le Fils, quoique ces trois adorables Personnes ne soient qu’une même nature. Le Fils est aussi puissant que le Père ; le Saint-Esprit est aussi sage, aussi parfait, aussi puissant que le Père & le Fils : les trois Personnes ensemble n’ont ni plus de puissance, ni plus de sagesse qu’une seule ; toutes trois ont la même immensité, la même puissance, la même éternité, les mêmes perfections.

    D. Qu’est-ce que la foi nous apprend de la première Personne ou du Père ?
    R. La foi nous apprend que le Père n’est point engendré, qu’il ne procède d’aucune autre Personne, & qu’il engendre son Fils de toute éternité.

    D. Qu’est-ce que la foi nous apprend de la seconde Personne ou du Fils ?
    R. La foi nous apprend que le Fils est engendré de son Père.

    D. Qu’est-ce que la foi nous apprend de la troisième Personne ou du Saint-Esprit ?
    R. La foi nous apprend que le Saint-Esprit procède du Père & du Fils.

    D. Peut-on expliquer & comprendre le Mystère de la sainte Trinité ?
    R. Non, c’est un mystère incompréhensible qu’il faut croire simplement.
    Explication. Ce mystère est indubitable puisque Dieu l’a révélé de la manière la plus claire. Il ne révolte point notre raison, mais il surpasse notre intelligence. Dieu veut que nous soumettions notre esprit sous le joug de la foi : il nous commande, dit saint Augustin, de croire le mystère, mais il ne nous permet pas de l’approfondir.

    D. Peut-on représenter la très-sainte Trinité ?
    R. Non, c’est un mystère dont nous ne pouvons former aucune image.
    Explication. On représente souvent le Père sous la figure d’un vieillard respectable, pour désigner son éternité ; le Fils sous une figure humaine, parce qu’il s’est fait homme ; le Saint-Esprit sous la figure d’une colombe, parce qu’il choisit cette image comme un symbole de sa présence lorsqu’il descendit sur Jésus-Christ ; mais ces faibles & impuissants symboles ne nous donnent aucune idée réelle de l’auguste Trinité ; aucune image ne peut la représenter ni la faire comprendre.

    D. Qu’attribue-t-on ordinairement au Père ?
    R. On attribue au Père l’Å“uvre de la création.

    D. Qu’attribue-t-on ordinairement au Fils ?
    R. On attribue au Fils l’Å“uvre de la rédemption.

    D. Qu’attribue-t-on ordinairement au Saint-Esprit ?
    R. On attribue au Saint-Esprit l’Å“uvre de la sanctification.
    Explication. La rédemption, en tant qu’elle est l’ouvrage d’un Dieu fait homme, qui a satisfait pour nos péchés, n’appartient qu’au Fils ; les autres Å“uvres, comme de création, de sanctification, &c. quoique attribuées spécialement à une Personne divine, sont néanmoins communes à toutes.

    D. Avons-nous quelques rapports avec la très-sainte Trinité ?
    R. Oui, nous en avons trois principaux.

    D. Quel est le premier rapport que nous avons avec la très-sainte Trinité ?
    R. Notre premier rapport avec la très-sainte Trinité est d’être créés à son image.
    Explication. Faisons l’homme, dit Dieu lui-même, à notre image & à notre ressemblance. Si l’homme comprenait bien toute la grandeur de ce glorieux rapport avec Dieu, pourrait-il se résoudre à souiller par le péché l’image même de la divinité gravée dans son âme & dans tout son être ?

    D. Quel est le second rapport ?
    R. Notre second rapport avec la sainte Trinité est de lui être consacrés par le baptême.
    Explication. C’est au nom de l’adorable Trinité que nous avons été baptisés, que nous avons reçu le sceau de la régénération spirituelle ; nous lui appartenons donc spécialement par l’onction sainte qui nous a été donnée, par la consécration de tout ce que nous sommes à son culte & à son adoration.

    D. Quel est le troisième rapport que nous avons avec la Très-Sainte Trinité ?
    R. Notre troisième rapport avec la Sainte Trinité est d’être son temple par la grâce qui est en nous.
    Explication. Vous êtes les temples du Dieu vivant, disait l’Apôtre aux fidèles de son temps, parce que Dieu habite en vous par sa grâce ; mais saint Paul ajoute que Dieu perdra ceux qui profanent ce Temple auguste, & on le profane quand on offense Dieu.

    D. Pourquoi l’Eglise a-t-elle établi la fête de la Très-Sainte Trinité ?
    R. Pour nous rappeler l’obligation de rendre à la Très-Sainte Trinité les hommages continuels que nous lui devons.

    D. Que faut-il faire pour rendre ces hommages à la Très-Sainte Trinité ?
    R. Il faut croire fermement cet auguste mystère, parce que Dieu l’a révélé.

    D. Quels autres hommages devons-nous à l’adorable Trinité ?
    R. Nous devons l’adorer profondément & la glorifier sans cesse.
    Explication. L’Eglise termine toutes ses prières par la glorification des trois adorables Personnes : cet usage est du premier siècle. Les païens, les hérétiques ayant attaqué le dogme de la Trinité, l’Eglise, pour le mettre continuellement sous les yeux des fidèles, leur faisait répéter sans cesse ces paroles admirables : Gloire au Père, au Fils & au Saint-Esprit. Par cette pratique générale l’Eglise confondait toutes les hérésies, préservait les chrétiens de la séduction, & glorifiait la très-sainte Trinité en lui rapportant toutes choses.

    D. Par quelle autre pratique pouvons-nous glorifier la très-sainte Trinité ?
    R. En faisant souvent & avec respect le signe de la croix.
    Explication. Autre usage des premiers chrétiens établi par la même raison : on ne faisait rien qu’en invoquant, suivant l’avis de l’Apôtre, le Nom admirable du Seigneur. Cette sainte pratique est venue jusqu’à nous ; mais la foi, la confiance, la pureté de cÅ“ur qui l’accompagnaient dans ces heureux temps y sont-elles aussi parvenues ?

    D. Quel autre hommage devons-nous encore à la très-sainte Trinité ?
    R. Nous devons la remercier des grâces qu’elle nous accorde.
    Explication. Rien que nous n’ayons reçu de Dieu, bienfaits temporels, grâces spirituelles, tout vient de lui, soit dans l’ordre de la nature, soit dans l’ordre de la grâce : nous en attendons tout dans l’ordre de la gloire : nos actions de grâces devraient être continuelles comme ses dons le sont à notre égard.

    D. Quelle autre pratique de piété pouvons-nous faire le jour de la sainte Trinité ?
    R. Nous devons célébrer notre baptême & notre profession de foi, en récitant le symbole des Apôtres.
    Explication. Les premiers chrétiens appelaient Pâques annotine la célébration de leur baptême, parce qu’ils la faisaient au jour anniversaire auquel ils l’avaient reçu. Saint Grégoire de Naziance, au rapport de saint Charles Borromée, assurait que c’était l’ancien usage de célébrer tous les ans le jour de son baptême ; le Micrologue, auteur du onzième siècle, assurait qu’alors cet usage était universel. Saint Charles, si zélé pour faire revivre l’ancienne discipline, ne manqua pas de renouveller cette sainte pratique ; il le fit dans son sixième concile. Il exhorte les pères à écrire avec soin le jour du baptême de leurs enfants, afin que chaque année, à pareil jour, ils puissent en célébrer la mémoire ; il les conjure de donner l’exemple à leurs enfants. Le jour de la très-sainte Trinité est très-propre pour mettre cette sainte pratique en usage, puisqu’il nous rappelle que nous avons été baptisés en son nom. On doit encore prendre la résolution de le faire chaque année le jour anniversaire de son baptême.

    Abbé Meusy, Cathéchisme des Fêtes, Besançon, 1774

    Symbole de foi dit de saint Athanase - Quicumque vult salvus esse

    Dimanche, juin 3rd, 2007
    Trinite

    QUICUMQUE vult salvus esse, * ante omnia opus est ut téneat cathólicam fidem :
    Quiconque veut être sauvé, doit avant tout tenir la foi catholique.

    Quam nisi quisque íntegram inviolatámque serváverit, * absque dúbio in ætérnum períbit.
    Celui qui ne la garde pas entière et inviolée, périra sans aucun doute pour l’éternité.

    Fides autem cathólica hæc est : † ut unum Deum in Trinitáte, * et Trinitátem in unitáte venerémur :
    Or la foi catholique la voici : nous adorons un seul Dieu en trois personnes et la Trinité dans l’unité.

    Neque confundéntes persónas, * neque substántiam separántes.
    Sans confondre les personnes ni diviser la substance.

    (more…)

    Fête de la Très-Sainte Trinité - Introït - Graduale Romanum 1905

    Samedi, juin 2nd, 2007

    Fête de la Très-Sainte Trinité - Graduel - Graduale Romanum 1905

    Samedi, juin 2nd, 2007

    Fête de la Très-Sainte Trinité - Alleluia - Graduale Romanum 1905

    Samedi, juin 2nd, 2007

    Fête de la Très-Sainte Trinité - Offertoire - Graduale Romanum 1905

    Samedi, juin 2nd, 2007

    Fête de la Très-Sainte Trinité - Communion - Graduale Romanum 1905

    Samedi, juin 2nd, 2007

    Fête de la Très-Sainte Trinité - Graduel de Nivers 1679

    Vendredi, juin 1st, 2007

    Trinité

    Vendredi des Quatre-Temps - Graduel de Nivers 1679

    Vendredi, juin 1st, 2007

    Vendredi des Quatre-Temps