Naissance d’un nouveau rit catholique : le rit anglican
7 août 2007 - 9:35 par ArchiparaphonisteDepuis les années 70, un nombre grandissant de ministres de la Communion Anglicane ont rejoint l’Eglise Catholique, demandant usuellement à devenir prêtres catholiques. Comme la Communion Anglicane ne dispose pas de la succession apostolique, ces ministres ont reçu une ordination sacerdotale catholique. Ceux d’entre eux qui étaient mariés ont pu être le plus souvent ordonnés prêtres, à l’instar des prêtres des rits orientaux. En Angleterre, on estime ainsi que 600 ministres anglicans ont été ordonnés prêtres catholiques depuis 1990. 150 d’entre eux étaient mariés (75 autres prêtres mariés ont été ordonnés aux Etats-Unis depuis 1983). Depuis 1980, une commission spéciale (The Pastoral Provision) s’occupe de ces questions auprès de la Congrégation pour la doctrine de la foi. A sa tête, l’archevêque John Myers de Newark, assisté par l’abbé William Stetson.
La crise moderniste s’accentuant dans la Communion Anglicane (avec l’épineuse question de l’ordination des femmes), ce ne sont plus seulement de simples pasteurs mais des paroisses entières qui choisissent d’entrer en bloc dans l’Eglise Catholique.
Certaines de ces paroisses ont demandé à conserver leurs traditions liturgiques anglicanes, ce qui a été autorisé. Ont été ainsi érigées aux Etats-Unis sept paroisses personnelles, catholiques certes mais célébrant la liturgie selon l’Anglican use. Un Book of Common Worship a été édité, basé sur le Book of Common Prayer (hélas une version assez récente de celui-ci, celle de 1979).
Or, surprise ! Ce rit anglican s’est mis à attirer beaucoup de catholiques bon teint, lassés de tant d’abus liturgiques dans leurs propres paroisses. Par exemple, 60% des paroissiens de Our Lady of the Atonement de San Antonio sont ainsi des catholiques de tradition, 40% d’anciens épiscopaliens convertis.
Il est vrai que l’Anglican use, très High Church, a de quoi séduire : célébration face à Dieu, ornements liturgiques traditionnels, musique sacrée & service d’autel de grande qualité, etc…
On les comprend aisément. ![]()
Voyez par exemple cette photo de la messe célébrée à Our Lady of the Atonement de San Antonio :
Ou encore une procession eucharistique le jour du Christ-Roi à la toute récente mais néanmoins très belle église Our Lady of Walsingham de Houston :
Références :








7 août 2007 à 23:19
L’Anglican Use est une horreur, une sorte de rite de synthèse qui mélange tout, le nouveau rite, le traditionnel, une forme déjà abatardie du Book of Common Prayer. Pour faire joli on peut lui mettre une sauce Elizabéthaine et de jolis ornements. Les vrais anglicans high church qui ont rejoint l’Eglise Catholique ont rejoint soit le nouveau rite, hélas, soit le rite traditionnel. Fuir absolument l’anglican use. Du reste ça ne marche pas, personne n’est vraiment intéressé.
10 août 2007 à 9:05
Je suis d’accord : l’ordo missæ est un véritable monstre liturgique de Frankenstein : on y trouve un syncrétisme très étrange de traditions diverses (même byzantines ou gallicanes par exemple). Seul le reste de vieux fond “smell & bells” anglican doit j’imagine attirer les fidèles de tradition catholique privés de leur patrimoine liturgique véritable.
Mon article pointait principalement la naissance juridique de fait d’un nouveau rit au sein de l’Eglise catholique, à côté des rits ambrosien, mozarabe, byzantin, copte, syriaque, maronite, arménien, chaldéen & éthiopien.
6 novembre 2007 à 1:19
[…] le modèles des Eglises de rits orientaux, soit simplement par absorption dans la Pastoral Provison dont nous avions parlé ici-même). Si cette union se réalise, ce sera une grande première depuis la rupture initiée en 1534 par […]