Document sur l’interprétation de Summorum Pontificum à paraître

« Dans un entretien accordé au site italien d’informations religieuses Petrus, Mgr Camille Perl affirme que la Commission Ecclesia Dei dont il est le secrétaire « rédige actuellement un document-instruction sur l’interprétation correcte du Motu Proprio Summorum Pontificum » sur la libéralisation de l’usage du missel de Saint Pie V. Ce texte est rendu nécessaire par la perte « du sens de l’obéissance et du respect de l’autorité », selon le prélat romain qui vise ainsi l’opposition manifestée par des évêques et des prêtres aux dispositions romaines. Le document devrait préciser, entre autres, la notion exacte de « groupe stable » susceptible de demander la célébration de la messe selon l’ancien rite.

Dans le magazine 30 Jours de juin-juillet, le cardinal Castrillón Hoyos avait pourtant tenté de prévenir les oppositions. A la question : Le motu proprio n’établit pas de nombre minimum de fidèles nécessaire pour demander de pouvoir célébrer la messe de saint Pie V. Et pourtant, le bruit avait couru qu’il était question d’un seuil minimum de trente fidèles…, il répondait : « On a là la démonstration éclatante des innombrables pseudo-nouvelles qui ont été racontées sur ce motu proprio par des gens qui n’avaient pas lu les projets ou qui, de manière intéressée, voulaient peser sur son élaboration. J’ai suivi tout le parcours qui a mené à la rédaction finale et, autant que je me souvienne, aucun seuil minimum de fidèles, ni de trente, ni de vingt, ni de cent, n’est jamais apparu dans aucun projet ».

A la demande du journaliste de 30 Jours, Gianni Cardinale : Et la messe de saint Pie V a-t-elle jamais été abolie par le Novus ordo ?, le cardinal Castrillón Hoyos déclarait : « Le Concile Vatican II ne l’a jamais fait, et il n’y a jamais eu par la suite aucun acte positif qui l’ait établi. La messe de saint Pie V n’a donc jamais été formellement abolie. Il est de toute façon étonnant que ceux qui s’érigent en interprètes authentiques de Vatican II en donnent, dans le domaine liturgique, une interprétation aussi restrictive et aussi peu respectueuse de la liberté des fidèles, en finissant par faire sembler ce Concile encore plus coercitif que le Concile de Trente ».

Un peu plus haut dans le même entretien, le président de la Commission Ecclesia Dei reconnaissait : « Curieusement, il semble même que fleurissent, dans les nouvelles générations, parmi les laïcs comme parmi les clercs, un intérêt et une estime envers l’ancien rite. Et il s’agit de prêtres et de simples fidèles qui n’ont parfois rien à voir avec les disciples de Mgr Lefebvre. Il y a là des faits, des faits de l’Eglise, auxquels les pasteurs ne peuvent faire la sourde oreille » et de préciser : « Ceux qui affirment ces choses (le pape fait un affront à ses prédécesseurs, ndlr) devraient lire les milliers de lettres qui sont arrivées à Rome pour demander la liberté de pouvoir assister à la messe à laquelle ils se sentent tellement liés ».

Le cardinal repousse ici les arguments opposés au Motu Proprio au nom des faits : des clercs et des laïcs appartenant à la nouvelle génération manifestent leur intérêt pour la messe tridentine et des milliers de lettres sont adressées en ce sens à Rome… Autrement dit, contra factum non fit argumentum, contre les faits il n’y a pas d’argument qui tienne… C’est le même constat que faisait Benoît XVI dans la lettre d’accompagnement au Motu Proprio : « Aussitôt après le Concile Vatican II, on pouvait supposer que la demande de l’usage du Missel de 1962 aurait été limitée à la génération la plus âgée, celle qui avait grandi avec lui, mais entre temps il est apparu clairement que des personnes jeunes découvraient également cette forme liturgique, se sentaient attirées par elle et y trouvaient une forme de rencontre avec le mystère de la Très Sainte Eucharistie qui leur convenait particulièrement ». (Sources : Apic/30 Jours) »

Source : DICI du 20/10/2007.

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