Messe extraordinaire à La Défense ?

26 octobre 2007 - 11:18 par Archiparaphoniste

Nous transmettons volontier sur ce blog le courriel suivant reçu ce matin:

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Madame, Monsieur,

Avec le motu proprio Summorum Pontificum, le Saint-Père a reconnu que la
légitime aspiration des fidèles à participer à la Sainte messe selon le rite
ancien pouvait dorénavant être satisfaite dans toutes les paroisses et lieux
de culte.

Sur l’esplanade de La Défense (où travaillent 180.000 personnes), la
célébration selon la forme dite extraordinaire du rite latin permettra à un
nombre élargi de fidèles de bénéficier d’une messe en semaine et de
“favoriser l’unité de toute l’Église” (art. 5, § 1. du motu proprio).

Nous cherchons d’abord à identifier un groupe stable d’une taille suffisante
pour justifier la demande auprès de N.D. de Pentecôte et assurer une
assistance régulière à une messe de semaine.

Dans ce but, nous vous prions de faire circuler largement ce message, de
l’adresser à vos connaissances et amis (qu’ils travaillent ou non à La
Défense) afin qu’ils fassent à leur tour jouer leur réseau.

Si vous travaillez à La Défense et si vous souhaitez vous associer à cette
démarche, nous vous demandons aussi de :

1. vous faire connaître auprès de Cyrille d’Aubigny (cyrille.daubigny arobase libertysurf.fr) ;
2. préciser quels jours et quelles heures de la semaine vous conviennent le
mieux pour venir à la messe ?

N.B. Si vous avez des compétences pour assurer des services (notamment
chant, musique ou service de l’autel), merci aussi de le faire savoir.

En union de prière.

Cyrille d’Aubigny

One Response à “Messe extraordinaire à La Défense ?”

  1. Sir Simon, fantôme officiel des Canterville Dit:

    Tolkien ravi: courage hommes de l’Ouest! Un église en forme de radiateur ne peut que contribuer à briser la glace au profit d’une charité plus ardente.

    A propos d’incendie, et en ma qualité particulière de fantôme, j’apprécie qu’Yves Congar* puisse éclairer l’actualité liturgique: aussi souhaité-je soumettre à la discussion cet extrait du journal de M. Gérard LECLERC (publié le 07.09.07 sur le site de France Catholique): nous avons mis entre crochets ce qui nous semblait moins directement propre à susciter d’utiles réflexions.

    [ ” L’attente exprimée ici-même d’un recours à l’expérience Å“cuménique d’Yves Congar se trouve comblée par une somme substantielle d’études en hommage à sa mémoire (sous la direction de Gabriel Flynn, Yves Congar théologien de l’Église, 448 pages, 44 e, Le Cerf). Je m’y suis plongé avec bonheur car j’ai eu le sentiment d’une bonne distance avec les difficultés, les épreuves, les événements vécus par l’homme.

    Certains jugements critiques, sans aucune acrimonie, aident à y voir plus clair, en rompant trop de connivences avec ce lutteur qui eut trop souvent raison pour ne pas avoir eu quelques fois tort. Ainsi, pour Congar, la menace semble forcément venir de l’intégrisme, jamais de ce qu’on pourrait appeler, trop symétriquement, le progressisme. Certes, les coups dont il souffrit presque toute sa vie lui vinrent de cette bordure ecclésiale toujours prompte à désigner le modernisme renaissant et à démasquer l’hérésie ou la déviance derrière toute recherche théologique.

    Congar n’aurait-il pas dû cependant percevoir des périls considérables sur un autre bord  ? Oui, mais, d’une certaine manière, il les percevait et n’était pas prêt à se laisser entraîner dans certaines aven­tures. Très vite, il a perçu qu’il n’était pas du tout sur la ligne d’un Hans Küng, au Concile par exemple. Il y a chez lui une santé théologale qui s’oppose à bien des dérives - il était opposé à un dialogue direct et sans discernement avec les religions non-chrétiennes comme le bouddhisme et l’hindouisme, avec parfois une véhémence qui en surprendrait plus d’un aujourd’hui. Mais, en même temps, il ne discerne pas les causes de l’ébranlement qui, dans les années 60-70, vont provoquer une indéniable catastrophe ecclésiale. Son appréciation optimiste du dialogue Å“cuménique semble lui en cacher certaines ambiguïtés et certaines impossibilités. Je me réfère là-dessus à la contribution d’un historien, John J. Scarisbrick, Anglais spécialiste du dialogue avec l’anglicanisme, mais aussi ferme défenseur de “la culture de vie”. Sans jamais manquer à la justice, il n’en fait pas moins des remarques très pertinentes qui déstabilisent un peu le système Congar. Sans le délégitimer.]

    Autres remarques critiques, celles de Jonathan Robinson, un oratorien canadien, à propos de la Tradition. On sait que le théologien a beaucoup publié sur cette notion capitale et on lui fait généralement crédit de l’éclairage qu’il lui a donné et qui était nécessaire, ne serait-ce que pour mieux apprécier à partir de quoi et selon quels principes l’institution ecclésiale doit être réformée. En contestant cette conception de la Tradition, Robinson déstabilise aussi Congar d’une manière à mon sens positive. Il souligne, en effet, le danger de faire de la transmission un en-soi, une dynamique propre certes référée à l’Esprit Saint, mais supérieure aux monuments témoins de la Tradition. Parmi ces monuments, la liturgie, dont le frère Yves Congar reconnaissait volontiers qu’elle était un instrument de communication et de “victoire sur le temps qui dégrade tout.”. Mais alors que penser de ce mot du Père Joseph Gélineau qui déclare, en 1976  : “Il faut le dire sans ambiguïté  : le rite romain que nous avons connu n’existe plus. Il a été détruit.” Le récent Motu Proprio de Benoît XVI contredit heureusement cette affirmation et nous permet de com­prendre pourquoi il ne saurait y avoir de telle destruction en liturgie, comme en Tradition.

    [ Or, tel n’était pas l’avis de Congar, qui rejoignait Gélineau, du moins en partie.
    Robinson y voit le défaut de la cuirasse. Certes il affirme que celui qui allait devenir le cardinal Congar était un “chrétien pieux et convaincu”. Mais la façon dont il conçoit la transmission paraît à son critique inadéquate à cette orthodoxie foncière. Il y a d’autres arguments impressionnants dans la démonstration, notamment un qui relève de la morale - on sait que Congar était en désaccord avec Paul VI à propos d’Humanae Vitae. Qu’est-ce à dire  ? Souligner certains défauts, certaines imperfections n’équivaut pas à condamnation ou dépréciation d’une Å“uvre, d’autant que celle-ci est riche et peut à certains égards compenser ses propres faiblesses par ses points forts. Parmi ces derniers, il y a l’esprit Å“cuménique tel qu’il s’exprime dans d’autres contributions du volume.] Ainsi, le pasteur Bruno Bürki, qui fut l’élève de Congar à Strasbourg, se sent stimulé en liturgie par l’appel à “la réalisation de l’œuvre rédemptrice des hommes et de glorification de Dieu greffée sur le mystère pascal du Christ”.

    Certaines déficiences de la Réforme sont reconnues et la confrontation fraternelle permet d’envisager les choses vers l’en-avant, plutôt que de se crisper sur des oppositions. Cet en-avant n’est pas de l’ordre d’une utopie, mais de l’ordre quasiment sacramentel qui oblige à réenvisager la liturgie dans son déploiement christologique. Il y aurait, dans la même ligne, une étude à entreprendre sur l’ecclésiologie qui est la pièce maîtresse de notre maître en théologie. La façon dont il envisageait, à travers l’histoire, l’essence de l’Église était exemplaire d’une démarche qui entraînait ses interlocuteurs des autres confessions chrétiennes à choisir le point de vue le plus profond et le plus décisif.”

    *dont les contributions ecclésiologiques ont le mérite d’être moins tapageuses, et moins confinées au martyrologe, que celles de l’empereur Néron.

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