Marc-Antoine Charpentier : tableau des énergies des modes

14 février 2008 - 19:48 par Archiparaphoniste
Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704)

Pour répondre ici à une demande impérée de l’une de nos plus fidèles lectrices (laquelle nous fait l’honneur d’émailler ce blog de commentaires spirituels), nous donnons ci-dessous le tableau des énergies des modes selon Marc-Antoine Charpentier, tiré d’un opuscule manuscrit de cet auteur (Les Règles de Composition), rédigé à l’attention de son élève, le Duc de Chartres :

  • Ut majeur - Gai & guerrier
  • Ut mineur - Obscur & triste
  • Ré majeur - Joyeux & très guerrier
  • Ré mineur - Grave & dévot
  • Mi bémol majeur - Cruel & dur
  • Mi bémol mineur - Horrible & affreux
  • Mi majeur - Querelleux & criard
  • Mi mineur - Efféminé, amoureux & plaintif
  • Fa majeur - Furieux & emporté
  • Fa mineur - Obscur & plaintif
  • Sol majeur - Doucement joyeux
  • Sol mineur - Sérieux & magnifique
  • La majeur - Joyeux & champêtre
  • La mineur - Tendre & plaintif
  • Si bémol majeur - Magnifique & joyeux
  • Si bémol mineur - Obscur & terrible
  • Si majeur - Dur & plaintif
  • Si mineur - Solitaire & mélancolique
  • Pour mieux percevoir les synesthésies charpentieriennes, on peut même écouter de brefs extraits, mode par mode, sur le site dédié à Marc-Antoine Charpentier par Catherine Cessac.

    2 Responses à “Marc-Antoine Charpentier : tableau des énergies des modes”

    1. Sébastien Dit:

      Il ne faut pas confondre les claves et les voces. Charpentier écrit bien dans ses règles de composition “C 3 majeure Guai et guerrier ” etc.

      Au XVIIe siècle le terme ut majeur n’a de pas sens. Ainsi lorsque Marc-Antoine frappe la touche C (claves) de son clavecin, le petit chanteur qui veut chanter cette même note (voces) peut la chanter sur le mot “sol” ou “fa” ou “ut” en fonction de sa position dans la mélodie et de sa fonction dans le mode en question. Il nom qu’il va donner à cette note dépendra également de la position qu’elle aura dans au creux de sa main (on apprend à chanter avec la main depuis Guido d’Arezzo)

      Ce système est assez troublant pour nos esprits forgées par le solfège français moderne mais c’était celui de Marc-Antoine et de ses contemporains. Un système qui montre justement l’importance des modes et la sensibilité des musiciens appréhender ceux-ci, un système fait pour une époque où les oreilles étaient formée aux modes ecclésiastiques, modes dont nous avons peut-être perdu la saveur aujourd’hui.

      Voir l’article de Wikipedia sur la solmisation : http://fr.wikipedia.org/wiki/Solmisation

    2. Rowenta Quiapulvisès Dit:

      Mille mercis, Archie dear! Tout ceci me plaît fort (y compris l’érudit commentaire).

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