Archives de décembre 2008

Programme de la messe du dimanche dans l’octave de la Nativité

Samedi, décembre 27th, 2008
La Nativité - Ecole française XVIIIème siècle

Saint-Eugène, le dimanche 28 décembre 2007, grand’messe de 11h.

  • Procession d’entrée : Adeste fideles – cantique du XVIIIème siècle, harmonisation de Théodore Dubois
  • Kyriale VIII – De Angelis
  • Séquence de Noël : Votis Pater annuis – prose du propre de Paris – selon la tradition, l’orgue chante les versets impairs – traduction du XVIIIème siècle
  • Credo III
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Noël d’orgue de Claude Bénigne Balbastre (1727 † 1799), organiste de Notre-Dame de Paris et de Saint-Roch
  • Après la Consécration : O salutaris sur « A la venue de Noël » – Henri Adam de Villiers
  • Pendant la communion : Salve puerule, chœur final de l’oratorio de Noël « In Nativitatem Domini nostri Iesu Christi Canticum » (H. 414) de Marc Antoine Charpentier
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est VIII
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Te Deum d’actions de grâces pour l’année civile écoulée – avec alternance d’orgue
  • Télécharger le livret de la messe au format PDF.

    Télécharger le livret de la messe au format WORD.

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    Mystère de Noël et mystère de l’Eucharistie, par le R.P. Le Brun, de l’Oratoire

    Samedi, décembre 27th, 2008
    La Nativité - Ecole française XVIIème siècle

    Le R.P. Le Brun s’adresse aux protestants qui ne croient pas en la présence réelle du Christ sous les espèces du pain & du vin :

    Serait-il plus difficile de changer des substances que de les avoir créées, disait saint Cyrille de Jérusalem en instruisant les nouveaux baptisés ? Celui qui changea l’eau en vin, ne pourra-t-il pas changer le pain en son corps, disait saint Ambroise ? (…)

    Vous confessez que Jésus-Christ qui n’a paru aux yeux que comme un homme, est véritablement Dieu : et c’est ainsi que l’ont cru ceux qui en ont jugé par la foi : transportez-vous un moment, en esprit, au temps de la naissance de Jésus-Christ. Les anges disent aux bergers : Il vous est né un sauveur qui est le Christ le Seigneur. Quelle marque de ce Seigneur de toutes choses ? On leur dit seulement : Vous trouverez un enfant emmailloté couché dans une crèche. Consultez vos sens, votre imagination, votre raison même. Toutes les lumières que vous en tirerez, vous diront-elles que cet enfant est véritablement un Dieu revêtu d’une chair ? Dieu est tout-puissant, et cet enfant paraît la faiblesse même : Dieu est le maître de tous les biens, et cet enfant manque de tout : Dieu est impassible, et cet enfant est exposé aux douleurs et à toutes les incommodités de l’enfance. Parcourez toutes les oppositions que la raison humaine présente entre les attributs de Dieu et l’état où Jésus-Christ s’est mis ; et malgré toutes ces oppositions que les sens, l’imagination et votre faible raison vous suggéreront, la foi vous fera confesser que celui qui est dans un état si abject, est véritablement le Fils de Dieu. Si vous le confessez, comme tout Chrétien doit le faire, quelle plus grande difficulté y a-t-il de croire, comme le croient toutes les communions chrétiennes (à la vôtre près), que ce qui ne paraît aux yeux que du pain est le corps de Jésus-Christ après que cet homme-Dieu nous a dit, ceci est mon corps ?

    in R.P. Pierre Le Brun, prêtre de l’Oratoire, Explication littérale, historique et dogmatique, des prières et des cérémonies de la messe, suivant les anciens auteurs, et les monuments de toutes les Eglises du monde chrétien. Avec des dissertations et des notes sur les endroits difficiles, et sur l’origine des rites.
    Tome quatrième.
    Dissertation N°. 13. Uniformité abandonnée par les sectaires du XVIe siècle. Liturgies Luthérienne, Zwinglienne, Calviniste, Anglicane, Ecossaise, Suédoise, etc.
    Article VI. Réflexions sur les liturgies des novateurs, depuis le XVIe siècle, lesquels à force de vouloir s’éloigner de l’Eglise romaine, ont abandonné l’essentiel des liturgies de toutes les églises chrétiennes ; et ont encouru par là l’anathème de toutes les églises du monde chrétien.

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    Christus natus est nobis ! Joyeux Noël !

    Jeudi, décembre 25th, 2008
    Henri Adam de Villiers & la Schola Sainte Cécile vous souhaitent un très joyeux Noël
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    Programme de la messe du jour de Noël

    Mercredi, décembre 24th, 2008
    La Nativité - Ecole française XVIIème siècle

    Saint-Eugène, le jeudi 25 décembre 2008, grand’messe de 11h.

  • Procession d’entrée : Adeste fideles – cantique du XVIIIème siècle, harmonisation de Théodore Dubois
  • Kyrie & Gloria VIII – De Angelis
  • Séquence de Noël : Votis Pater annuis – prose du propre de Paris – selon la tradition, l’orgue chante les versets impairs – traduction du XVIIIème siècle
  • Credo III
  • Et incarnatus est de la Messe de Minuit pour Noël de Marc-Antoine Charpentier
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Tollite hostias, chœur final de l’Oratorio de Noël de Camille Saint-Saëns (1835 † 1921), organiste de La Madeleine
  • Sanctus VIII – De Angelis
  • Après la Consécration : O salutaris sur le vieux noël « A la venue de Noël » – Henri Adam de Villiers
  • Agnus Dei de la Messe de Minuit de Marc-Antoine Charpentier, sur le vieux noël « A Minuit fut fait un réveil »
  • Pendant la communion : Salve puerule, chœur final de l’oratorio de Noël « In Nativitatem Domini nostri Iesu Christi Canticum » (H. 414) de Marc Antoine Charpentier
  • Ite missa est VIII
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Il est né le divin enfant – Noël du XIXème siècle, sur une sonnerie du XVIIIème siècle – harmonisation de Maxime Kovalevsky (1903 † 1988), maître de chapelle à Paris
  • Télécharger le livret de la messe au format PDF.

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    Programme de la messe de minuit

    Mercredi, décembre 24th, 2008
    La Nativité - Philippe de Champaigne

    Saint-Eugène, le mercredi 24 décembre 2008, veillée de 23h, grand’messe de 23h30.

    Veillée

  • Noël d’orgue – Joseph est bien marié – Claude Bénigne Balbastre (1727 † 1799), organiste de Notre-Dame de Paris et de Saint-Roch
  • Biber – Sonate du Rosaire – L’Annonciation – Première des quinze sonates du Rosaire pour violon et basse continue d’Heinrich Ignaz Franz Biber (1644 † 1704). Ces sonates ont été écrites dans les années 1670-74 et sont dédiées au prince arche-vêque de Salzburg Max Gandolph Graf von Kuenburg. – Præludium, Aria & variatio, Adagio, Finale
  • Dans une étable obscure – adaptation française par A. Mahot du motet Flos de radice Jesse de Michael Prætorius
  • Christe Redemptor omnium – hymne des matines de Noël – Texte du VIème siècle – Musique d’après Michel Richard de Lalande (1657 † 1726), sous-maître de la chapelle des rois Louis XIV & Louis XV
  • Joseph est bien marié – noël de Champagne et de Bourgogne, du XVIème siècle
  • Silence, ciel ! silence, terre ! – noël de Normandie du XVIIIème siècle
  • Entrée du clergé – Les anges dans nos campagnes – noël du Lanquedoc du XIXème siècle
  • Généalogie de Notre Seigneur Jésus-Christ selon Matthieu
  • Messe de minuit

  • Kyrie VIII – De Angelis
  • Gloria VIII – De Angelis
  • Procession à la crèche après l’évangile : Adeste fideles – cantique du XVIIIème siècle, harmonisation de Théodore Dubois
  • Credo III
  • Et incarnatus est de la Messe de Minuit pour Noël de Marc-Antoine Charpentier
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Tollite hostias, chœur final de l’Oratorio de Noël de Camille Saint-Saëns (1835 † 1921), organiste de La Madeleine
  • Sanctus VIII – De Angelis
  • Après la Consécration : O salutaris sur « A la venue de Noël » – Henri Adam de Villiers
  • Agnus Dei de la Messe de Minuit de Marc-Antoine Charpentier, sur « A Minuit fut fait un réveil »
  • Pendant la communion : Salve puerule, chœur final de l’oratorio de Noël « In Nativitatem Domini nostri Iesu Christi Canticum » (H. 414) de Marc Antoine Charpentier
  • Ite missa est VIII
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Il est né le divin enfant – Noël du XIXème siècle, sur une sonnerie du XVIIIème siècle – harmonisation de Maxime Kovalevsky (1903 † 1988), maître de chapelle à Paris
  • Télécharger le livret de la messe au format PDF.

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    Non au travail dominical – oui à la sanctification du Dimanche

    Mercredi, décembre 17th, 2008


    Soutenons le repos du dimanche !

    Avec le succès que l’on sait, l’association Les Amis du Lundi (qui a défendu vigoureusement le caractère férié du lundi de Pentecôte), réitère son action mais cette fois-ci pour le Dimanche.

    Soyez nombreux à soutenir leur action, et signez dès à présent la pétition en ligne pour la préservation du Dimanche :

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    Gagnons ce nouveau combat par notre mobilisation !


    Le dimanche, j'y tiens !


    Recommandé par des
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    Programme du second dimanche de l’Avent

    Samedi, décembre 6th, 2008
    Le Christ & saint Jean Baptiste - école flamande

    Catéchisme de l’Avent

    Saint-Eugène, le dimanche 7 décembre 2008, grand’messe de 11h.

  • Kyriale : selon les anciens usages parisiens
  • Procession d’entrée : Conditor alme siderum – hymne de l’Avent, à vêpres – texte du IXème siècle, polyphonie de Virgile Le Blanc (1592) extraite de « La Doctrine chrestienne » du R.P. Coyssard, s.j.
  • Kyrie XV
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Veni, veni Emmanuel, Hymne de l’Avent des anciens livres liturgiques français – texte et mélodie du XVIIIème siècle, polyphonie adaptée d’après Zoltan Kodaly (1882 + 1967) – cet hymne énumère les 7 noms divins chantés par les grandes antiennes d’O, antiennes qui se chantent aux Magnificat des vêpres des 7 derniers jours avant Noël
  • Préface de l’Avent au propre de l’archidiocèse de Paris
  • Sanctus XV
  • Après la Consécration : O salutaris sur le ton de Conditor alme siderum – d’après Virgile Le Blanc (1592)
  • Agnus Dei XV
  • Pendant la communion : Rorate cœli, plain-chant de l’Oratoire de France – 1615 – harmonisations du refrain : traditions de Langres et d’Avignon – chant des versets : tradition de Rouen
  • Antienne de communion chantée avec son psaume 147
  • Prière pour la France, faux-bourdon du 2nd ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
  • Ite missa est XV
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Venez, divin Messie – texte (1701) de l’abbé Simon-Joseph Pellegrin (1663 + 1745), sur le vieux noël « Laissez paistre vos bestes » ; harmonisation de M. l’abbé Lambert (Versailles, 1845)
  • Télécharger le livret de la messe au format PDF.

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    Incarnatio Verbi – Chants de l’Eglise de Rome (VIème – XIIIème siècles)

    Samedi, décembre 6th, 2008
    Incarnatio Verbi - Chants de l

    Nous vous signalons la sortie de ce dernier disque de Marcel Pérès consacré aux propres des quatre messes de Noël (vigile, minuit, aurore et jour) dans les manuscrits de chant vieux romains.

    L’audition de ce disque est particulièrement émouvante et passionnante pour les participants du stage avec Marcel Pérès de septembre dernier, puisque ce sont les mêmes pièces que nous avons étudiées et travaillées d’arrache-pied durant ce stage.

    Voici une bonne idée de cadeau pour Noël. :-)
    Vous pouvez écouter des très larges extraits de ce CD sur le site de l’éditeur, Zig-Zag Territoires (liste complète des pistes ici).

    Le chant vieux romain n’est connu que par cinq manuscrits (trois graduels et deux antiphonaires provenant des grandes basiliques romaines) ayant survécu à sa suppression au XIIIème siècle et son remplacement par le chant grégorien (en usage dans le reste de l’Europe par suite des réformes carolingiennes), par conséquence du transfert de la papauté en Avignon. La notation neumatique du vieux romain parait extrêmement précise dans la notation de l’ornementation au regard des autres systèmes de notation en usage en Europe à la même époque. C’est cette précision que rend parfaitement Marcel Pérès et l’Ensemble Organum dans cette enregistrement.

    L’épineuse question des rapports entre les deux répertoires vieux romain et grégorien a fait déjà couler beaucoup d’encre. La lecture ornementale faite par Marcel Pérès pourrait parfaitement illustrer ce texte de Paul Diacre au XIème siècle :

    « Les Germains et les Francs, entre autres nations européennes, eurent l’occasion, tant et tant, d’apprendre à la perfection (insigniter) ce beau chant. Ils ne réussirent pas toutefois à en conserver la pureté originelle, tant à cause de leur légèreté – ils mêlèrent des chants de leur propre crû à ceux de saint Grégoire – que de leur rusticité naturelle. Les races transalpines, en effet, avec leurs voix rauques et tonitruantes, sont incapables de rendre correctement la beauté du chant qu’ils ont reçu : à cause de la grossièreté de leurs gosiers ivrognes, lorsqu’ils s’efforcent d’exécuter l’admirable cantilène romaine avec les inflexions et les répercussions, c’est comme si leurs voix rustres faisaient vibrer l’air du vacarme confus de chariots grinçant en déboulant des marches ! » (cf. notre article de la semaine dernière).

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    Retour à Dieu d’Alexis II, patriarche de Moscou et de toutes les Russies

    Vendredi, décembre 5th, 2008
    Alexis II, patriarche de Moscou & de toutes les Russies, en visite à Notre-Dame de Paris
    Alexis II
    patriarche de Moscou & de toutes les Russies
    en visite à Notre-Dame de Paris

    Le patriarche Alexis II de Moscou et de toute la Russie est décédé ce vendredi 5 décembre 2008 dans la matinée dans sa résidence aux environs de Moscou.

    Alexis II (Ridiger) était le quinzième patriarche de Moscou. Né le 23 février 1929 à Tallinn (en Estonie), il avait été élu au siège de Moscou le 7 juin 1990.

    Le Saint-Synode de l’Eglise orthodoxe russe se réunira très prochainement pour fixer la date des obsèques du patriarche Alexis.

    Les cardinaux Roger Etchegaray, vice-doyen du Sacré-Collège, et Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, devraient participer aux obsèques du patriarche Alexis II, décédé le 5 novembre. Le pape Benoît XVI attend la nomination du locum-tenens du siège patriarcal, qui devrait être désigné le samedi 6 novembre par le Saint-Synode, pour lui adresser un message de condoléances. Le cardinal Roger Etchegaray fut un ami de longue date du patriarche Alexis. Il l’avait accompagné lors de son voyage en France du 1er au 4 octobre 2007. Le cardinal Walter Kasper s’est rendu en Russie il y a quelques mois et y fut accueilli par le patriarche Alexis.

    MEMOIRE ETERNELLE !

    Articles sur Alexis II sur ce blog :

  • Annonce de la visite en France du patriarche de Moscou
  • Le patriarche orthodoxe russe Alexis II salue le retour de la messe en latin
  • Le patriarche Alexis II honore le représentant du Pape en Russie
  • Discours du patriarche de Moscou au Conseil de l’Europe à Strasbourg
  • Alexis II semble vouloir rencontrer Benoît XVI
  • Discours du patriarche Alexis à la cathédrale catholique de Strasbourg
  • Alexis II prend la défense des Serbes du Kosovo
  • Le Patriarche Alexis II à Notre-Dame de Paris – reportage photos
  • Le dégel des relations entre Rome & Moscou continue : entrevue du Cardinal Kasper
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    Sacre de Mgr Batut le samedi 10 janvier à Lyon

    Jeudi, décembre 4th, 2008

    La paroisse Saint-Eugène – Sainte-Cécile constitue un groupe disposant de 40 billets AR pour se rendre à Lyon au prix de 67,10 €.
    Ces billets seront mis en vente dès dimanche prochain après les messes.

    Aller
    Départ à 9h54 de Paris Gare de Lyon
    Arrivée 12h09 Lyon Perrache

    Retour
    Départ 19h46 Lyon Perrache
    Arrivée à 22h03 à Paris.

    Ceux qui veulent prendre leurs billets par leurs propres moyens peuvent bien sûr s’agréger à ce groupe pour l’aller ou le retour.

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    Première entrevue de notre curé Mgr Batut, nouvel évêque auxiliaire de Lyon

    Mercredi, décembre 3rd, 2008

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    Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le rit de Nidaros

    Mercredi, décembre 3rd, 2008

    … sans jamais oser le demander.

    Saint Olaf
    Le roi saint Olaf, patron de la Norvège

    - Nota : cet article, publié originellement sur Facebook, est une réponse à un pari avec une amie -

    La province ecclésiastique de Nidaros fut l’une des plus étendues de la Chrétienté : outre la Norvège, sa juridiction comprenait d’anciennes colonies norvégiennes, savoir les Orcades, l’Ile de Man, l’Islande, le Groënland et les îles Feroe.

    Nidaros est le nom ancien de l’actuelle ville de Trondheim en Norvège.

    Alors que le Danemark et la Suède, déjà chrétiens, n’avaient étrangement pas cherché à évangéliser la Norvège, celle-ci reçut la foi par son roi Olaf Tryggvason († 1002), qui était revenu d’Angleterre pour prendre possession de son royaume en 994, amenant avec lui l’évêque Sigurd et plusieurs prêtres. Le succès de leur apostolat fut tel qu’en 4 ans tout le pays fut converti. Le roi établi sa résidence à Nidaros, où il érigea la première église (dédiée à saint Clément), devenue cathédrale, et qui devait abriter les fameuses reliques de saint Olaf Haraldsson (1015†1030), l’un des successeurs d’Olaf Tryggvason , qui devint patron du pays (fête principale le 29 juillet).

    La province ecclésiastique de Nidaros fut érigée en 1152 par le Pape Eugène III et comporta onze évéchés :
    Norvège : Nidaros, Bergen, Stavanger, Oslo, Hamar
    Islande : Skalholt, Holar
    Groenland : Gardar
    Iles Feroe : Kirkebo en Straumo
    Orades : Kirkwall
    Sodors & Man : Saint-Germans.

    Ayant reçu la foi de l’Angleterre, les liens ecclésiastiques entre ce pays et la Norvège furent très forts : les premiers évêques de Norvège furent sacrés en Angleterre, de nombreux prêtres & moines avaient été formés dans ce pays, même le vin de messe venait d’Albion ! A partir de l’épiscopat de l’archevêque Eric Ivarsson (1188 † 1205), qui avait fait ses études à l’abbaye de Saint-Victor de Paris, les liens avec la France et les Flandres devinrent aussi importants.

    On comprend dès lors que le rit de Nidaros dépend étroitement des rits en usage dans les Iles britanniques (principalement Sarum et York, également les usages celtiques d’Irlande (points de contacts avec le Missel de Stowe)) mais aussi des rits français (Normandie et Paris), et dans une moindre mesure, de certains usages allemand (la métropole de Brême englobait toute la Scandinavie initialement). Les anciens rits de Suède et de Danemark suivent d’avantage l’usage germanique.

    Comme dans tout le territoire de l’ancien empire de Charlemagne, il s’agit donc à la base du rit romain dans sa structure essentielle (c’est-à-dire l’ordonnance générale de la messe et le texte du canon), avec les variantes locales dues principalement à l’enrichissement eucologique qui s’est pratiqué dans l’Occident au IXème-Xème siècles pour certaines parties de la messe, soit les prières avant l’introït, les prières de l’offertoire, celle avant et après la communion. Ces prières, pour l’essentiel, sont dites à voix basses par le célébrant, et changent considérablement d’un rit à un autre.

    La connaissance de ce rit norvégien est difficile, car la réforme protestante lui a été fatale : on ne possède plus que 4 manuscrits médiévaux, et pour l’édition imprimée en 1519 tant du Missel de Nidaros que du Bréviaire (édités le premier à Copenhague, l’autre à Paris), qu’un unique exemplaire chacun. Par chance, le Missel a été imprimé avec la musique du graduel. A noter que le Missel imprimé ne comporte que très peu de rubriques.

    Globalement, on peut estimer que le rit de Nidaros avant sa suppression était resté assez pur et proche de son premier établissement. On notera en particulier qu’il est resté fermé aux excroissances de la dévotion liturgique qui ont surchargé certains rits ailleurs en Europe au XVème siècle.

    Le rit de Nidaros ne survécut cependant pas à la réforme protestante. En 1536, après une horrible guerre civile qui avait démarré en 1528, l’archevêque Olaf fut contraint de fuir vers les Pays-Bas & tout l’épiscopat fut emprisonné, sauf l’évêque renégat d’Oslo qui avait apostasié (mais il n’y eut pas de succession apostolique ultérieure). En 1537, le roi de Danemark imposa autoritairement le luthéranisme. Comme en Allemagne ou en Angleterre, la noblesse embrassa vite le protestantisme, trop heureuse de confisquer les biens de l’Eglise au passage. Dans les campagnes, on laissa le plus souvent les vieux prêtres dire la messe, mais à leur décès, ils étaient remplacés par des pasteurs.

    Hors de la Norvège, l’Eglise de Nidaros subit également de durs coups à cette époque. Au Groenland toutefois, qui était coupé de toutes communications avec la Scandinavie depuis environ 1410, le clergé avait déjà disparu vers 1392. Comme seul souvenir de la religion chrétienne, les habitants avaient conservé le corporal sur lequel le dernier prêtre avait consacré le Corps du Seigneur à la dernière messe et en faisaient une ostension annuelle. Le Protestantisme fut introduit dans les autres diocèses de la province par diverses voies au cours du XVIème siècle. Le rit de Nidaros avait cessé d’être.

    * LA MESSE DANS LE RIT DE NIDAROS

    1. Prières préparatoires :
    - Oraison pour obtenir le don des larmes
    - Veni Creator
    - Plusieurs psaumes
    - Ave Maria
    - Kyrie eleison
    - Pater
    - Versets & oraisons
    - Prières pour chaque vêtement sacerdotal (assez différentes du romain actuel)

    2. Prières en allant à l’autel :
    - Judica me
    - Kyrie eleison
    - Pater
    - Introibo ad altare Dei
    - Oraison Educ me, Domine, in via tua
    - Verset Confitemini Domino (cf. rit Dominicain)
    - Confiteor (plusieurs formules, toutes différentes du Romain)
    - Misereatur (texte différent)
    - Indulgentiam et remissionem omnium peccatorum nostrorum…
    - Versets pour l’encensement de l’autel
    - Aufer a nobis
    - Versets Adjutorium nostrum & Sit nomen Domini
    - Benedicite Deus
    - In nomine Patris, …

    3. Messe des catéchumènes
    - Introït
    - Kyrie
    - Gloria (avec des tropes pour la Sainte Vierge, le dimanche et le Saint-Esprit)
    - Epitre
    - Graduel (chanté par 4 ou 2 chantres dit Gradalarii)
    - Alleluia (chanté par 6 ou 4 chantres Gradalarii)
    - Proses fréquentes mais qui devaient présenter un caractère facultatif, car elles sont toujours dans un supplément en fin de missel
    - Dominus sit in corde tuo et réponse du diacre : Da mihi, Domine, sermonem rectum & benesonantes in os meum…
    - Evangile
    - Per istos sermones sancti evangelii pacis…
    - Pour le baiser du livre des évangiles par le chœur : Pax Christi, quam nobis per evangelium suum…
    - sermon

    4. Messe des fidèles – offertoire
    - Credo
    (les oblats ont préparés au préalable entre l’épître & l’évangile)
    - Offertoire
    - Sanctifica, quæsumus, Domine, hanc oblationem…
    - Suscipe sancta Trinitas (différent du Romain)
    - Acceptum sit omnipotenti Deo sacrificium nostrum…
    - Veni sanctificator (presque identique au Romain)
    - Bénédiction de l’encens (différente du Romain) puis encensement
    - Lavabo
    - In spiritu humilitatis
    - Orate pro me fratres et sorores… (sans réponse)

    5. Messe des fidèles – canon
    - Deux préfaces pour les Apôtres
    - Canon quasiment identique au canon romain, idem pour la suite jusqu’à la formule de commixition légèrement différente.
    - Baiser de paix très développé : Pax Christi et Sancte matris ecclesiæ abundet semper in cordibus vestris, per Spiritum Sanctum qui datus est nobis. Puis : V/. Pax tecum. R/. Et cum spiritu tuo. Puis : Habete vinculum pacis et caritatis ut apti sitis misteriis sacrosanctis…

    6. Messe des fidèles – communion
    - Domine sancte Pater omnipotens… (cf. Rit de Sarum)
    - Domine Jesu Christi Fili Dei vivi…
    - Communion du prêtre assez identique au Romain
    - Prières de l’ablution identiques mais dans l’ordre inverse du Romain
    - Lavement des mains avec Nunc dimittis
    - Communion
    - La Postcommunion s’appelle Complenda
    - Ite missa est
    - Benediction : Benedicat vos divina majestas, Pa + ter, et Fi + lius, et Spiritus + Sanctus. Amen.
    - Dernier évangile & trois collectes :
    - Deus qui humanæ substantiæ…
    - Protector noster in te sperantium…
    - Ecclesiam tuam, quæsumus Domine…

    7. Action de grâce après la messe
    - Hymne des 3 enfants
    - Psaume 150
    - Nunc Dimittis
    - Ave Maria
    - Kyrie eleison
    - Pater
    - Versets & deux collectes
    - Dominus vobiscum
    - Benedicamus Domino R/. Deo gratias
    - Gratias ago immense majestatis

    * QUELQUES MOTS SUR L’ANNEE LITURGIQUE

    - On compte les dimanches en parlant de dimanches après l’octave de l’Epiphanie et de dimanche après la Trinité (comme en Angleterre)
    - Les vêpres du jeudi saint sont chantées après la messe (idem le Vendredi Saint après les Présanctifiés)
    - La vigile pascale comporte 4 leçons et non 12 (structure du sacramentaire grégorien) mais curieusement avec un seul trait (Attende cœlum), pas de litanies, Sicut cervus après la bénédiction des fonts
    - La vigile de la Pentecôte est assez semblable à celle de Pâques, mais l’unique trait après les 4 prophéties est Sicut cervus
    - La préface de la Trinité est prescrite pour la fête de la Transfiguration le 6 août
    - Le sanctoral comporte, outre bien sûr les saints norvégiens, un grand nombre de saints anglais (et pas mal de normands aussi).

    * QUELQUES MOTS SUR LES CHANTRES ET LE CHANT

    Après le XIIIème siècle, les chantres du chapitre de Nidaros furent nommés prélats, on pense qu’ils portaient une mitre en toile en certaines occasions. Cela était du reste assez fréquent dans toute la Scandinavie. Pour la messe et l’office, il y avait deux, quatre ou six chantres, qui chantaient au lutrin placé au milieu du chœur. Pour les fêtes de troisième classe, ils étaient remplacés par deux enfants d’aube.

    On trouve des traces de polyphonies primitives (organum à deux voix à la quinte ou à l’octave) dès le XIème siècle, et des compositions à 3 voix dans le siècle suivant. Une hymne à deux voix à saint Magnus, qui a dû être composée au XIIIème siècle aux Orcades, est une merveille remarquable de composition.

    En 1434, le roi Eric instaura la laus perennis à la cathédrale de Nidaros : dans l’intervalle entre chaque office et messe, on devait chanter des psaumes, afin d’offrir à Dieu une louange ininterrompue. Il ne semble pas que cette institution ait duré longtemps cependant.

    Curieusement, l’orgue paraît d’usage ancien à Nidaros. On en parle incidemment en 1327-1329 lorsque Arngrim Brandsson, prêtre islandais, ramena de Nidaros le premier orgue d’Islande.

    * ET FINISSONS PAR QUELQUES DROLERIES

    En 1205, l’Archevêque de Nidaros fit une étrange requête au pape Innocent III : il lui demandait s’il pouvait remplacer l’eau par de la bière pour administrer le baptême ! Le pape refusa bien sûr catégoriquement. L’archevêque ne semble pas avoir accepté la réponse, puisqu’il réitère sa question à Grégoire IX, lequel réédita le refus de son prédécesseur dans une lettre à l’archevêque Sigurd en 1241.

    Si l’eau ne devait certes pas manquer en Norvège, le vin en revanche fut sans doute plus difficile à trouver (et ce fut pire, comme on peut l’imaginer, au Groenland ou en Islande). En 1203, Jean, evêque de Gardar, explique à Paul, évêque de Skalholt comment faire du vin avec des sortes de baies appelées kraekiberjum. Cette curieuse décoction fut interdite par le pape Grégoire IX en 1237.

    L’archevêque de Nidaros demanda au même Grégoire IX, décidément bien sollicité, si l’on pouvait communier le peuple avec de la bière, ce qui fut bien évidemment refusé. Le manque de vin demeura un problème : le concile provincial de Bergen de 1320 prescrivit par soucis d’économie de mettre plus d’eau que de vin dans le calice à l’offertoire. Le versement de l’eau dans le calice incombait du reste au célébrant et non à l’acolyte.

    SOURCE PRINCIPALE : Archdale A. King, Liturgies of the Past. Londres, Longmans, Green and C° Ltd, 1959.

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