Programme de la fête de la Purification de la Sainte Vierge au Temple

Saint-Eugène, le samedi 2 février 2013, messe de 9h30 (répétition pour les choristes à 9h).

> Catéchisme sur la fête de la Purification

Mais celui qui veut partir ainsi doit venir au temple, venir à Jérusalem, attendre l’Oint du Seigneur, recevoir dans ses mains le Verbe de Dieu, l’embrasser par ses bonnes œuvres qui sont comme les bras de la foi. Alors il s’en ira paisiblement, et ne verra point la mort éternelle, puisqu’il aura vu la Vie. Tu vois que la naissance du Seigneur répand la grâce avec abondance sur toute sorte de personnes, et que le don de prophétie est refusé aux incrédules, mais non aux justes. Voici donc Siméon prophétisant que le Seigneur Jésus-Christ est venu pour la ruine et pour la résurrection d’un grand nombre, pour discerner ce que méritent les bons et les méchants, et pour décerner, juge infaillible, juge équitable, des supplices ou des récompenses, selon la qualité de nos actes.

Homélie de saint Ambroise, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

  • Procession d’entrée : Fumant Sabæis – hymne pour la Fête de la Purification – texte de Jean-Baptiste de Santeul, chanoine de Saint-Victor de Paris (Hymni sacri et novi, 1689) – plain-chant composé par l’abbé Pierre Robert (1618 † 1699), maître de chapelle des cathédrales de Senlis, Reims et Paris, et de la Chapelle royale
  • Bénédiction des cierges
  • Distribution des cierges bénis :
    Cantique de Siméon : Nunc dimittis (Luc 2, 29-31) – Faux-bourdon du 8ème ton par Maxime Kovalevski (1903 † 1988)
    Ave gratia plena, antienne de l’ancien rit parisien, tropaire de cette même fête au rit byzantin, anciennement traduit en latin
    Antienne Exsurge, Domine
  • Procession de la Chandeleur : antiennes Adorna thalamum & Responsum accepit – répons Obtulerunt pro eo. L’antienne Adorna thalamum est un des apostiches idiomèles des grandes vêpres de cette fête au rit byzantin, composition de saint Cosmas de Maïouma († vers 787), introduite par la suite comme antienne processionnelle dans le rit romain.
  • Kyrie IV – Cunctipotens Genitor Deus
  • Gloria IV
  • Trait : Cantique de Siméon : Nunc dimittis (Luc 2, 29-31) – Faux-bourdon du 8ème ton par Maxime Kovalevski (1903 † 1988)
  • Credo III
  • Et incarnatus est de la Messe de Minuit pour Noël de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV et de la Sainte Chapelle
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Stupete gentes – hymne pour la Fête de la Purification – texte de Jean-Baptiste de Santeul – plain-chant de Nicolas-Antoine Lebègue (1631 † 1701), organiste de Saint-Merry et du roi à Versailles – traduction extraite du Missel de Paris latin-français de 1764.
  • Sanctus de la Messe de Minuit de Marc-Antoine Charpentier, sur le vieux noël « O Dieu que n’estois-je ne vie »
  • A l’élévation : O salutaris d’après Alexander Kastorsky (1901) – adaptation Henri de Villiers
  • Agnus Dei de la Messe de Minuit de Marc-Antoine Charpentier, sur le vieux noël « A Minuit fut fait un réveil »
  • Pendant la communion : In festo Purificationis – motet pour la Chandeleur (H. 318) – Marc-Antoine Charpentier
  • Ite missa est IV
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Sion orne ta chambre nuptiale – Antienne Adorna thalamum de saint Cosmas de Maïouma – adaptation de Maxime Kovalevsky (1903 † 1988), maître de chapelle à Paris
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    Programme du XXXIVème dimanche après la Pentecôte – clôture de la Théophanie – ton 8

    Théophanie de Notre SeigneurParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 27 janvier 2013 du calendrier grégorien – 14 janvier 2013 du calendrier julien, divine liturgie de saint Jean Chrysostome de 9h15.

    Dimanche du ton VIII de l’Octoèque. Ce dimanche est aussi le jour de la clôture de l’Epiphanie. Dans le rit byzantin, la grande fête de la Théophanie est précédée de 4 jours d’avant-fête, du 2 au 5 janvier et suivie de 8 jours d’après-fête, du 7 au 14 janvier, pendant lesquels l’office du jour se combine avec celui de la fête. Le dernier jour est celui de la clôture de la fête, le 14 janvier donc.

    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : du dimanche.
    A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Et maintenant. Theotokion de sexte. Kondakion : de la fête.

    Tropaires des Béatitudes : Six tropaires du ton occurrent auxquels on ajoute 4 tropaires de la 9ème ode des deux canons :
    1. David, viens en esprit auprès des baptisés, * et dis-leur ce chant : * De Dieu en votre foi * approchez-vous, et vous serez illuminés ; * un pauvre a crié – en sa chute c’est Adam -, * le Seigneur l’écoute, il est venu * dans les flots du Jourdain vers l’homme corrompu ** lui apporter le renouveau.
    2. Isaïe proclame : Lavez-vous, purifiez-vous, * ôtez votre perversité * de devant la face du Seigneur ;* venez à l’eau vive, ceux qui avez soif ; * car pour les fidèles s’approchant de lui * le Christ fait sourdre l’eau du renouveau * et pour la vie éternelle ** les baptise dans l’Esprit.
    3. C’est la faute des mortels * que le Seigneur en ce jour * engloutit dans les ondes. Il est mon Fils bien-aimé : * tel est le témoignage * que le Maître en ce jour reçoit d’en haut. Voici que le Seigneur * est venu lui-même en ce jour * sanctifier la nature des eaux. Aujourd’hui le Seigneur * des mains du Précurseur * reçoit le Baptême.
    4. Ce qu’à Moïse le buisson a révélé, * nous le savons accompli selon le merveilleux dessein ; * comme demeura sauve la Vierge portant le Feu, * lorsqu’elle enfanta le lumineux Bienfaiteur, * ainsi les flots du Jourdain l’accueillant.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 1 : La pierre scellée par les Juifs, * et ton corps très pur gardé par les soldats, * Tu ressuscites le troisième jour, ô Sauveur, * donnant la vie au monde. * C’est pourquoi les vertus célestes te crient, ô Donateur de vie : * « Gloire à ta résurrection, Christ, * Gloire à ton royaume ! ** Gloire à ton économie, seul Ami de l’Homme ! »
    2. Tropaire de la fête, ton 1 : Dans le Jourdain, lorsque tu fus baptisé, Seigneur, * à l’univers fut révélé l’adoration de la sainte Trinité ; * en ta faveur se fit entendre la voix du Père * te désignant comme son Fils bien-aimé ; * et l’Esprit sous forme de colombe * confirma la vérité du témoignage. * Christ notre Dieu qui t’es manifesté, ** illuminateur du monde, gloire à toi.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion du dimanche, ton 1 : Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, * tu as ressuscité le monde avec toi ; * la nature humaine te chante comme Dieu, * la mort s’évanouit, * Adam jubile, Seigneur, * & Eve, désormais libérée de ses liens, * proclame dans l’allégresse : ** O Christ, c’est toi qui accordes à tous la résurrection.
    6. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    7. Kondakion de la fête, ton 4 : En ce jour de l’Epiphanie * l’univers a vu ta gloire * car, Seigneur, tu t’es manifesté * et sur nous resplendit ta lumière ; * c’est pourquoi en pleine connaissance nous te chantons : * Tu es venu et t’es manifesté, * Lumière inaccessible.

    Prokimen
    Du dimanche, ton 1 :
    R/. Sur nous, Seigneur, soit ton amour, ainsi qu’en toi fut notre espoir ! (Psaume 32, 22).
    V/. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).
    De la fête, ton 4 :
    R/. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Le Seigneur est Dieu & il nous est apparu. (Psaume 117, 26-27).

    Epître
    Du dimanche : Colossiens (§ 258) III, 12-16.

    Alleluia
    De la fête, ton 4 :
    V/. Apportez au Seigneur, enfants de Dieu ; apportez au Seigneur les petits des béliers : rendez au Seigneur la gloire et l’honneur qui lui sont dus (Psaume 28, 1).
    V/ La voix du Seigneur a retenti sur les eaux ; le Dieu de majesté a tonné ; le Seigneur sur une grande abondance d’eaux (Psaume 28, 3).
    Du dimanche, ton 1 :
    V/. C’est Dieu qui me donne les vengeances & prosterne les peuples sous moi (Psaume 17, 48).

    Evangile
    Du dimanche : Luc (§ 91) XVIII, 18-27.

    Mégalinaire à la Mère de Dieu pendant l’anaphore
    Magnifie, mon âme, * la Toute-vénérable reine de l’armée des cieux, * la très sainte Vierge Mère de Dieu.
    O merveille qui dépasse tout esprit, * ton enfantement, Epouse immaculée ; * par toi, Mère bénie, ayant trouvé le salut, * nous t’offrons un chant d’action de grâces mérité ** & comme bienfaitrice t’acclamons.

    Versets de communion
    De la fête : La grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, s’est manifestée (Tite, 2, 11).
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. Alleluia, alleluia, alleluia.

    Photos de la messe solennelle de Requiem pour Louis XVI – 21 janvier 2013

    Requiem solennel pour Louis XVI du 21 janvier 2013 : pendant l'absoute
    Ce 21 janvier voyait le 220ème anniversaire de la décapitation du roi Louis XVI et le 20ème anniversaire de la célébration du requiem pour le Roi à Saint-Eugène – Sainte-Cécile (Paris IX). La Schola Sainte Cécile a interprété à cette occasion la messe de Requiem de Cherubini commandée en 1816 par Louis XVIII en la mémoire du Roi-Martyr.

    Requiem solennel pour Louis XVI du 21 janvier 2013 :  les prières au bas de l'autel

    Les prières au bas de l’autel.
    Júdica me, Deus, et discérne causam meam de gente non sancta.
    Juge-moi, ô Dieu et séparez ma cause de celle d’une race impie : tirez-moi des mains de l’homme méchant et trompeur.

    Requiem solennel pour Louis XVI du 21 janvier 2013 : le clergé pendant le chant du Kyrie de la messe de Cherubini

    Pendant le chant du Kyrie de la messe de Cherubini.
    Le très bel ornement noir des messes solennelles des défunts a été offert à notre paroisse par la famille de Bourbon-Parme.

    Requiem solennel pour Louis XVI du 21 janvier 2013 : chant de l'évangile

    Chant de l’évangile de saint Jean par le diacre.
    Hæc est autem volúntas Patris mei, qui misit me : ut omnis, qui videt Fílium et credit in eum, hábeat vitam ætérnam, et ego resuscitábo eum in novíssimo die.
    Car c’est la volonté de mon Père, qui m’a envoyé, que tout homme qui voit le Fils et croit en lui possède la vie éternelle ; et moi je le ressusciterai au dernier jour.

    Requiem solennel pour Louis XVI du 21 janvier 2013 : aux encensements de l'offertoire

    Les encensements de l’offertoire.
    Dómine Jesu Christe, Rex glóriæ, líbera ánimas ómnium fidélium defunctórum de pœnis inférni, & de profúndo lacu.
    Seigneur Jésus-Christ, Roi de gloire, délivre les âmes de tous les fidèles défunts des peines de l’enfer et du gouffre sans fond.

    Requiem solennel pour Louis XVI du 21 janvier 2013 : à l'élévation du Corps du Seigneur

    L’élévation du Corps du Seigneur.
    Qui manducat meam carnem, et bibit meum sanguinem, habet vitam aeternam, et ego resuscitabo eum in novissimo die.
    Qui mange ma chair & boit mon sang aura la vie éternelle, et moi je le ressusciterai au dernier jour.

    Requiem solennel pour Louis XVI du 21 janvier 2013 : l'adoration du Corps du Seigneur, après la consécration

    L’adoration du Corps & du Sang du Seigneur, après la consécration des saintes espèces.
    Pie Iesu Dómine, dona eis requiem sempitérnam. Amen.
    Bon Jésus, donnez-leur le repos éternel. Amen.

    Requiem solennel pour Louis XVI du 21 janvier 2013 : le cordon de l'Ordre du Saint-Esprit, sur le catafalque

    Le cordon de l’Ordre du Saint-Esprit, sur le catafalque représentant le Roi.
    Emitte lucem tuam et veritatem tuam : ipsa me deduxerunt, et adduxerunt in montem sanctum tuum et in tabernacula tua.
    Envoie ta lumière & ta vérité : ce sont elles qui me conduiront, et me mèneront vers ta sainte montagne, dans ton tabernacle.

    Requiem solennel pour Louis XVI du 21 janvier 2013 : le catafalque représentant le Roi

    Le catafalque représentant le Roi.
    Lux ætérna lúceat eis, Dómine : * Cum sanctis tuis in ætérnum : quia pius es.
    Que la lumière éternelle brille sur eux, Seigneur, avec tes Saints, dans l’éternité, car tu es bon.

    Requiem solennel pour Louis XVI du 21 janvier 2013 : pendant l'absoute

    L’absoute finale.
    Líbera me, Dómine, de morte ætérna, in die illa treménda : * Quando cæli movéndi sunt & terra : † Dum véneris judicáre sæculum per ignem.
    Délivre-moi, Seigneur, de la mort éternelle, en ce jour terrible quand les cieux et la terre seront ébranlés, lorsque tu viendras juger l’univers par le feu.

    Crédits photographiques : Gonzague B., que nous remercions chaleureusement pour ce magnifique reportage photo.
    Plus de photos en ligne sur Picasa.
    Voyez aussi l’homélie prononcée par M. l’Abbé Iborra.

    R.P. Marcel Jousse, s.j. – Cours inaugural à l’Ecole d’anthropologie de Paris

    Le R.P. Marcel Jousse, s.j. (1886 † 1961), a développé une vision anthropologique profondément originale. Son étude anthropologie du geste humain débouche sur une anthropologie du langage comme rejeu mimé du réel. Marcel Jousse, par ses études sur le langage, s’est plus particulièrement intéressé aux systèmes de transmission par l’oral, et tout particulièrement à l’enseignement évangélique du Christ.

    L’étude de l’œuvre immense de Marcel Jousse intéressera quiconque veut comprendre ce qu’est véritablement une tradition : Jousse en effet nous permets de découvrir les enjeux profonds et les moyens d’une transmission traditionnelle d’un savoir. Partant, j’encourage toute personne qui désire étudier en profondeur les traditions liturgiques anciennes dans l’Eglise à découvrir les visions véritablement bouleversantes du R.P Jousse, visions qui renouvellent nos perceptions sur le langage et l’écriture, sur la tradition orale, finalement sur la constitution même de l’homme et de son langage, mais aussi sur la Trinité du Père, du Verbe & du Saint-Esprit, dont l’homme est créé à l’image et à la ressemblance : le Parlant, la Parole & le Souffle.

    Dans cette vidéo, l’acteur Gérard Rouzier rejoue l’un des cours les plus fameux de Marcel Jousse, son premier cours à l’Ecole d’anthropologie de Paris. Jousse a peu écrit, mais son assistante Gabrielle Baron transcrivait fidèlement ses cours. Elle a mis en forme cet enseignement en trois ouvrages publiés après la mort de Marcel Jousse : L’Anthropologie du Geste, La Manducation de la Parole, et Le Parlant, la Parole & le Souffle.

    Page Wikipedia sur Marcel Jousse.

    Sermon pour le requiem à l’occasion du 220ème anniversaire de la mort du roi Louis XVI

    Catafalque pour le Requiem solennel pour le roi Louis-XVI

    REQUIEM POUR LOUIS XVI, 21 JANVIER 2013

    J’imagine que vous étiez nombreux, il y a huit jours, à piétiner les pelouses du Champ-de-Mars. Nombreux aussi peut-être, il y a vingt ans, en un autre lieu emblématique de l’ancienne France, sur la place de la Concorde. Pour commémorer, avec émotion et recueillement, le bicentenaire de la mort du Roi, cette montée à l’échafaud que Jean Raspail nous avait rappelée, pas à pas, avec tout son talent de conteur, dans un article du Figaro-Magazine qui m’avait arraché des larmes. Et je me souviens, tandis que je déposai une fleur blanche – les lis étant devenus introuvables ce jour-là – du regard narquois de certains passants. Ce qui m’avait marqué à l’époque, c’était la division des Français. Les uns vivaient un deuil, un deuil qu’ils ressentaient comme national. Les autres s’en moquaient, et parfois avec la dernière des vulgarités.

    Ce sentiment de division que j’ai alors éprouvé, n’est pas, je crois, quelque chose d’accessoire, lié à un fait divers de l’histoire. C’est l’expression d’un événement fondateur. La mort du Roi fut le principe durable de la division des Français. D’une France qui ne s’en est, à vrai dire, jamais complètement remise comme en témoigne l’instabilité institutionnelle, sociale et politique qui depuis la caractérise. Une division, donc, qui marque non seulement ceux qui en déplorent la cause, mais aussi, volens nolens, tous ceux qui s’en réjouissent ou qui lui sont devenus indifférents. Une division qui nous touche tous parce que la mort du Roi fut un parricide, un parricide qui alimente la mauvaise conscience comme on le voit par l’acharnement des oligarchies au pouvoir à nier les valeurs de l’ancienne France en cherchant à leur substituer, par mode d’incantation, les prétendues « valeurs républicaines » et leur douteuse esthétique.

    Cette division opère à deux niveaux. D’abord au niveau politique, où elle a été pérennisée par les institutions. Vous le savez, depuis deux cents ans, les révolutionnaires n’ont eu de cesse d’abattre toute résurgence du principe monarchique sous quelque forme qu’il pût se présenter. Pour imposer un régime incapable, structurellement, de réconcilier les Français puisque fondé sur le principe majoritaire qui ostracise nécessairement la minorité. Comment un chef de parti peut-il soudain se déclarer président de tous les Français ? Par quelle magie peut-il incarner, lui, sorti du nombre, c’est-à-dire du même, quelque chose qui est au-dessus du nombre, qui relève de l’autre, de la transcendance ? Si d’aventure il s’essaie à vouloir tout embrasser, il mécontente les uns sans satisfaire les autres. Ce fut le sort pitoyable du précédent hôte de l’Elysée. Non, la division des Français ne peut se résorber en rendant un culte au Nombre, divinité capricieuse et funeste car, en évinçant la vérité, elle réduit tout l’ordre politique à ce qui est instantané, sans épaisseur, bref à ce qui est périssable et matériel, donc indigne de l’humanité de l’homme.

    Cette division opère ensuite au niveau anthropologique, où elle est sans cesse élargie par les coups répétés portés contre le socle de la loi naturelle que la civilisation chrétienne avait heureusement remise à l’honneur. Les auteurs de ce bouleversement ? Le cardinal Ratzinger les identifiait en 1985 dans son Entretien sur la foi : « une classe moyenne supérieure, la nouvelle bourgeoisie du tertiaire, avec son idéologie libéralo-radicale, de type individualiste, rationaliste, hédoniste ». Les causes de ce mouvement, où la France s’est malheureusement illustrée, sont à chercher, là aussi, sur la place de la Concorde. Car en frappant le Roi, on frappait avec lui la famille. La famille et le roi sont en effet indissolublement liés : le roi – à la différence de la république, pure abstraction – est un être de chair, sexué, situé dans une filiation, fruit d’un passé, ouvert sur une descendance. Il n’y a pas de roi s’il n’y a pas de famille royale. Et parce que le roi est à chercher au sein d’une famille, il est aussi le garant de ce dont toutes les familles témoignent : la continuité dans l’histoire et la relation tant horizontale au niveau conjugal que verticale au niveau filial, relation qui porte le beau nom d’amour. Mise un jour à la tête d’un peuple par les circonstances, la famille royale représente à chaque moment du temps la nation, avec cette hauteur de vue propre à l’institution qui par essence transcende l’instant. Elle représente le peuple, qui se comprend alors comme famille de familles, partageant le même enracinement – souvent par le sang versé – et tourné vers le même destin. La transcendance symbolique de la famille royale fait ressortir la transcendance de la nation, sa profonde unité, dans la diversité des individus et des communautés qui la constituent, dont la plus importante, la plus fondamentale, est la société familiale, matrice de tout l’ordre social par les valeurs propres qu’elles véhiculent et dont la première est la charité, société antérieure même à l’Etat qui se doit d’être au service de la communauté que forment toutes les familles d’une nation.

    En frappant le Roi, on a frappé la famille à sa tête, et depuis on s’acharne sur ses membres. L’indifférenciation sexuelle véhiculée par la théorie du genre en est le dernier avatar, avec ses conséquences monstrueuses que sont déjà la PMA et bientôt la GPA. Ce nouveau projet s’inscrit en effet dans un ensemble qui dure depuis des décennies, voire depuis le début pour certains de ses éléments : fragilisation de la famille par le divorce, par la diffusion de la contraception, par un féminisme idéologique ; agression contre ses membres par le culte de la drogue, par l’avortement, par l’eugénisme et par l’euthanasie. Chaque jour davantage – et nous constatons l’accélération du processus au cours de ce quinquennat – la dignité et l’indisponibilité de la personne se voient bafouées. La destruction de la famille et le renvoi de l’individu à ses instincts constituent-t-ils un progrès ? On peut en douter en voyant monter le mal-être de tant de nos concitoyens, profondément perturbés dans leur identité d’homme ou de femme, renvoyés à leur solitude et bientôt à leur précarité, tandis que les liens du corps social ne cessent de se distendre et de perdre en gratuité. Car en frappant la famille, on a frappé le principe de l’inconditionnalité de l’amour, du pardon, de la réconciliation, de la solidarité, du sacrifice. De tout ce qui, rayonnant du foyer qu’est la famille, fortifie la société et la rend prospère.

    Cette destruction programmée et progressive des institutions du droit naturel suscite des résistances. Bien vite chloroformées par l’intelligentsia au pouvoir qui pratique la manipulation des esprits et ce bientôt dès le berceau. Mainmise de l’Etat sur l’école par un ministère de l’Education nationale qui ressemble de plus en plus à celui de la Propagande et de la Formation du Peuple dirigé naguère chez nos voisins par le Dr Goebbels. Mais à la différence des régimes totalitaires d’autrefois, le nôtre ajoute sa note sournoise et hypocrite. En promouvant les instincts les plus élémentaires, en niant qu’ils puissent être normés pour être humanisés, il les rend vulgaires et destructeurs. Il en fait surtout le meilleur camp d’internement possible : celui où l’on ne s’aperçoit plus qu’on est surveillé d’un mirador et entouré de barbelés. « Flatter l’égocentrisme et laisser libre cours aux passions donne cette illusion de liberté sans responsabilité que l’Etat accorde d’autant plus volontiers qu’il acquiert un pouvoir illimité, tout en gratifiant chacun du sentiment de mener sa vie comme il l’entend et d’être le seul maître de lui-même » ai-je lu récemment (La Nef, janv. 2013, p. 14). Parfaite image du bobo dénoncée tout à l’heure par Benoît XVI, artisan en même temps que victime de ce qu’il faut bien appeler, avec Jean-Paul II, un nouveau totalitarisme. Dans son encyclique Veritatis splendor, le Pape qui avait béatifié l’Empereur Charles d’Autriche disait en effet : « Quand il n’existe aucune vérité ultime qui guide et oriente l’action politique, alors les idées et les convictions peuvent être facilement exploitées au profit du pouvoir. Une démocratie sans valeurs, sans vérité, se transforme facilement en un totalitarisme déclaré ou sournois, comme le montre l’histoire ». Je parlais de division toujours accrue. C’est bien ce que nous constatons aujourd’hui : les vérités anthropologiques hier encore incontestées deviennent le lieu d’affrontements toujours plus violents, où la haine provient le plus souvent de ceux qui font profession de tolérance. Comme l’écrivait il y a peu le clergé anglais dans le Daily Telegraph, les catholiques, en s’opposant à ces multiples dénaturations, connaissent déjà aujourd’hui l’ostracisme et connaîtront demain peut-être la persécution. Et ils ne font ici que défendre des vérités universelles, accessibles de soi à la conscience de tout homme !

    Mais ne nous y trompons pas : le combat que nous avons à mener est spirituel avant tout. Car la cause de cette dénaturation est profonde. Fondamentalement, elle est diabolique. Derrière Sanson, derrière Robespierre, se tenait Satan, comme il se tient aujourd’hui derrière les associations qui ont pris en otage des politiciens décervelés, avides de pouvoir, indifférents à la vérité et au bien. Satan l’Accusateur, qui à travers les Fouquier-Tinville, les Vychinski, les Freisner de l’histoire, s’acharne sur les justes. Satan le Diviseur, qui promeut l’amour de soi jusqu’au mépris des autres. Satan le Mensonger, qui fait de la liberté, de l’égalité et de la fraternité des sophismes dissimulant une entreprise d’asservissement, de discrimination et de haine. Satan l’Homicide, qui non content de tuer les corps cherche aussi à tuer les âmes en les recourbant sur elles-mêmes. Le 21 janvier 1793 ses séides ont décapité le Roi : ils ont séparé la tête du corps. Acte doublement symbolique : la tête de la nation du corps de son peuple, mais plus profondément : la tête (le Christ) de son corps mystique (l’Église). En découronnant le Roi, ils cherchaient à découronner le Christ. En tuant Louis, celui qui les manipulait visait Jésus. Jésus qui vivait en Louis, comme nous l’a rappelé si admirablement son Testament. Ces nains – et ceux qui prétendent nous gouverner après eux – n’étaient pas à la hauteur de ce géant. Avec Jésus, Louis pouvait leur dire : « Mon royaume n’est pas de ce monde ». Comme Jésus face à Pilate, Louis ne faisait pas nombre avec eux, il était au-dessus. C’est pourquoi nous sommes ici, ce soir, à honorer sa mémoire.

    Programme de la messe de Requiem pour Louis XVI

    LouisXVI

    Saint-Eugène, le lundi 21 janvier 2013, Requiem solennel de 19h.

    « Je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort, et je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France » (Louis XVI).

  • Messe de Requiem en ut mineur de Luigi Cherubini (1760 † 1842), surintendant de la Chapelle royale du roi Louis XVIII – Requiem composé en 1816 à la mémoire du roi Louis XVI, à la demande du roi Louis XVIII.
  • Dies iræ de la Missa pro defunctis de l’Abbé Homet, maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et de Saint-Germain L’Auxerrois (XVIIIème siècle)
  • De profundis de la Messe de Requiem des évêques de Langres, de Nicolas-Mammès Couturier (1840 † 1911), maître de chapelle de la cathédrale de Langres
  • Libera me de l’abbé Auguste Chérion (1854 † 1904), maître de chapelle de La Madeleine
  • Procession de sortie : Prière pour le roi, de la Messe « Gaudete in Domino semper » du Sacre de Louis XVI (célébré en la Cathédrale de Reims, le dimanche de la Trinité, 11 juin 1775), par François Giroust (1738 † 1799), son maître de chapelle
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    Messe de Requiem pour Louis XVI en 2011 à Saint-Eugène

    Programme du IInd dimanche après l’Epiphanie

    Saint-Eugène, le dimanche 20 janvier 2013, grand’messe de 11h.

    Le troisième mystère de l’Epiphanie : les noces de Cana.

    « Le troisième Mystère de l’Épiphanie nous montre la consommation des plans de la divine miséricorde sur le monde, en même temps qu’il nous manifeste une troisième fois la gloire de l’Emmanuel. L’Etoile a conduit l’âme à la foi, l’Eau sanctifiée du Jourdain lui a conféré la pureté, le Festin Nuptial l’unit à son Dieu. Nous avons chanté l’Époux sortant radieux au-devant de l’Épouse ; nous l’avons entendu l’appeler des sommets du Liban ; maintenant qu’il l’a éclairée et purifiée, il veut l’enivrer du vin de son amour. »
    Dom Guéranger.

  • Procession d’entrée : Orgue
  • Kyriale XI – Orbis factor
  • Credo III
  • Et incarnatus est de la Messe de Minuit pour Noël (H . 9) de Marc-Antoine Charpentier
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Hostis Herodes impie – Hymne de l’Epiphanie, à vêpres, texte du poëte Sedulius (Vème siècle) – musique de Charles de Courbes (1622).
  • Après la Consécration : O salutaris sur le vieux noël « A la venue de Noël » – Henri de Villiers
  • Pendant la communion : Panis angelicus, motet sur le noël « Or nous dites Marie » – Henri de Villiers
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est XI
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Adressons nos hommages – cantique pour le temps de l’Epiphanie, sur le vieux noël « Or nous dites Marie » – Chanoine Nicolas-Mammès Couturier (1840 † 1911), maître de chapelle de la cathédrale de Langres
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