Programme du premier dimanche de Carême

Les trois tentations de N.S. - Le Miroir de l'humaine condition, Ecole française du XVe siècleSaint-Eugène, le dimanche 17 février 2013, grand’messe de 11h.
(Répétition samedi 16 février à 18h, précédée du chant – selon l’ancien usage de Paris – des 1ères vêpres du dimanche à 17h30)

> Catéchisme sur le Carême

Quoique les fidèles jeûnent depuis mercredi, la liturgie n’ouvre néanmoins qu’aujourd’hui le commencement du Carême. Autrefois, il s’agissait en effet du véritable début du Carême, le premier jour de jeûne commençant le lendemain lundi. C’est saint Grégoire le Grand qui rajouta les 4 premiers jours au VIème siècle afin d’arriver au compte rond de 40 jours de jeûne. L’office divin conserve la disposition antique antérieure à saint Grégoire : les hymnes propres au Carême ne sont chantées qu’à partir des premières vêpres de ce dimanche ; au second nocturne de l’office de la nuit, une leçon de saint Léon le Grand annonce aux fidèles le début du Carême.

Ce premier dimanche de Carême est un jour solennel et ne le cède à aucune fête, pas même celle du saint patron du lieu. L’Eglise nous donne en ce jour l’évangile des trois tentations du Christ au désert. Il est remarquable que toutes les pièces du propre de la messe sont empruntées au psaume 90, celui-là même qui fut cité au Christ par le Satan tentateur.

Très chers fils, leur dit-elle, ayant à vous annoncer le jeûne sacré et solennel du Carême, puis-je mieux commencer mon discours qu’en empruntant les paroles de l’Apôtre en qui Jésus-Christ parlait, et en répétant ce qu’on vient de vous lire : Voici maintenant le temps favorable ; voici maintenant les jours du salut ? Car encore qu’il n’y ait point de temps dans l’année qui ne soient signalés par les bienfaits de Dieu, et que, par sa grâce, nous ayons toujours accès auprès de sa miséricorde ; néanmoins nous devons en ce saint temps travailler avec plus de zèle à notre avancement spirituel et nous animer d’une nouvelle confiance. En effet, le Carême, nous ramenant le jour sacré dans lequel nous fûmes rachetés, nous invite à pratiquer tous les devoirs de la piété, afin de nous disposer, par la purification de nos corps et de nos âmes, à célébrer les mystères sublimes de la Passion du Seigneur.
Sermon de saint Léon, pape, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

  • Procession d’entrée : Audi benigne Conditor, hymne du Carême, à vêpres – alternances polyphoniques de Jean de Bournonville (1585 † 1632), maître de chapelle des cathédrales d’Abbeville et d’Amiens, et de la Sainte Chapelle de Paris
  • Kyrie XVII – Kyrie Salve
  • Graduel : Conformément au propre du diocèse, le graduel Angelis suis est aujourd’hui chanté sur une mélodie propre du 3ème ton, constamment en usage à Paris depuis au moins le IXème siècle
  • Trait : Faux-bourdon du 2nd ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
  • Credo I
  • Offertoire : Scapulis suis, offertoire polyphonique (1581) de Roland de Lassus (1532 † 1594), maître de chapelle de Saint-Jean-de-Latran puis de l’Electeur de Bavière – anciens versets d’offertoire en plain-chant
  • Sanctus XV
  • Après la Consécration : O salutaris sur le ton de l’hymne du Carême Audi benigne Conditor, d’après Jean de Bournonville
  • Agnus Dei XV
  • Pendant la communion : Répons Emendemus in melius – polyphonie anonyme française de 1529
  • Prière pour la France, faux-bourdon parisien du IIIème ton (édition de 1739)
  • Ite missa est XV
  • Au dernier Evangile : Ave Regina cœlorum
  • Procession de sortie : Attende, Domine – plain-chant musical, harmonisation de M. le chanoine Gaston Roussel, curé du Port-Marly, maître de chapelle de la cathédrale de Versailles. Versets modernes, repris d’une ancienne litanie du rit mozarabe
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    Programme du XXXVIIème dimanche après la Pentecôte – Après-fête de la Rencontre du Seigneur – ton 4

    Fête de la Rencontre du SeigneurParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 17 février 2013 du calendrier grégorien – 4 février 2013 du calendrier julien, divine liturgie de saint Jean Chrysostome de 9h15.

    Dimanche du ton IV de l’Octoèque. Ce dimanche se combine cette année avec l’après-fête de la Rencontre du Seigneur, appelée en Occident Purification de la Sainte Vierge ou « Chandeleur ». Du reste, deux pièces de la liturgie byzantine – le tropaire et le premier des apostiches idiomèles – ont été transcrites en latin au VIIIème siècle pour servir à la procession latine de la Chandeleur.

    Ce dimanche nous faisons aussi mémoire de notre vénérable Père Isidore de Péluse.

    Né à Alexandrie dans la seconde moitié du IVème siècle, saint Isidore mourut au Vème siècle, au plus tard vers 449-50. Laissant famille & biens, Isidore se retira dans une montagne près de la ville de Péluse, et embrassa la vie monastique dans le monastère de Lychnos, où il est rapidement devenu remarquable pour son exactitude dans l’observation de la règle et pour ses austérités.

    On conserve de saint Isidore 2182 lettres, mais Nicéphore parle de 10000 lettres et elles furent sans doute plus nombreuses. Ces lettres ont été classées et éditées en trois catégories, selon les sujets traités : celles traitant de dogme et de l’Ecriture, celles traitant de discipline ecclésiastique et monastique, et celles traitant de la pratique de la vertu à l’intention des laïcs de toutes classes et conditions.

    Un passage dans sa volumineuse correspondance laisse à croire qu’il occupait le poste d’abbé dans son monastère. Cette abondante correspondance nous donne surtout une idée de son intense activité. Elle montre sa lutte contre l’élévation au sacerdoce ou au diaconat de clercs indignes, se plaignant que de nombreux laïcs avaient cessé d’approcher les sacrements de manière à éviter tout contact avec ces hommes sans honneur. Sa vénération pour saint Jean Chrysostome l’a amené à se présenter auprès de saint Cyrille d’Alexandrie, afin de rendre pleine justice à la mémoire du grand docteur. Il s’est opposé aux Nestoriens, et pendant le conflit qui a surgi à la fin du concile d’Ephèse entre Saint Cyrille et Jean d’Antioche, il jugea que saint Cyrille était inutilement obstiné. Il a donc écrit à ce dernier, l’implorant de mettre un terme à cette division et de ne pas faire d’un grief privé le prétexte d’une rupture définitive. Saint Isidore était encore en vie lorsque l’hérésie d’Eutychès a commencé à se répandre en Egypte ; beaucoup de ses lettres le montrent s’opposant à l’affirmation d’une seule nature en Jésus-Christ. Il semble que sa vie ne se soit pas prolongée au-delà de l’année 449, car il n’est pas fait mention dans les lettres du brigandage d’Ephèse (août, 449), ni du concile de Chalcédoine (451).

    Aux heures
    A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du vénérable père. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : du dimanche.
    A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Et maintenant. Theotokion de sexte. Kondakion : de la fête.

    Tropaires des Béatitudes : Six tropaires du ton dominical occurrent & quatre tropaires de la 4ème ode du canon de la fête :
    1. A cause de l’arbre défendu * Adam fut exilé du Paradis, * mais par l’arbre de la croix le Larron y entra ; * car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, * l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité : ** Souviens-toi de moi dans ton royaume.
    2. Seigneur exalté sur la Croix, * tu as brisé la puissance de la mort, * effaçant la cédule écrite contre nous ; * accorde-nous la repentance du Larron * et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, * de te crier comme lui : Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
    3. D’un coup de lance, sur la croix * tu as déchiré la cédule écrite contre nous ; * et, compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, * délivrant tous les hommes des liens de la mort * par ta Résurrection, dont la lumière a brillé sur nous ; * Seigneur, ami des hommes, nous te crions : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
    4. Crucifié et ressuscité du tombeau, * Dieu tout-puissant, le troisième jour, * avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam ; * donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir * afin que, de tout mon cœur * et dans l’ardeur de ma foi, je te crie : ** Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton royaume.
    5. Pour nous l’Impassible devient homme de douleur * et sur la croix se laisse clouer, * afin de nous ressusciter avec lui ; * aussi nous glorifions avec la Croix * les Souffrances et la sainte Résurrection * par lesquelles nous fûmes rénovés, * obtenant le salut en criant : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
    6. Ressuscité d’entre les morts * et dépouillant l’empire de la Mort, * il apparut aux Myrophores, leur annonçant la joie ; * et nous fidèles, prions-le * d’épargner à nos âmes la corruption, * lui répétant sans cesse la parole du bon Larron : ** Souviens-toi de nous aussi dans ton royaume.
    7. Ô Christ, tu as couvert les cieux de ton renom, * de ta louange fut rempli l’univers, * car tu sortis de la Mère immaculée * comme de l’arche de ta sainteté, * et comme un enfant que l’on porte sur le bras ** tu as paru dans le Temple de ta gloire.
    8. Initié des ineffables mystères, Siméon, * s’écria la divine Mère, prends dans tes bras * celui que t’a révélé l’Esprit saint, * le Verbe devenu petit enfant sans parole, le Christ, * et dans l’allégresse chante-lui : ** De ta louange s’est rempli l’univers.
    9. Accueille avec joie, Siméon, * en ce tendre nourrisson l’objet de ton espoir, * le Christ, la consolation d’Israël, * l’Auteur et le Maître de la loi * qui vient en accomplir les préceptes, et chante-lui : ** De ta louange s’est rempli l’univers.
    10. Siméon, voyant le Verbe incorporel * revêtu de notre chair et porté * par la Vierge, ce nouveau trône des Chérubins, * comme un enfant, lui qui donne à toute chose d’exister, * au comble de l’étonnement, lui déclara : ** De ta louange s’est rempli l’univers.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 4 : Les femmes disciples du Seigneur, * ayant appris des anges la prédication lumineuse de la Résurrection, * et le terme de l’ancestrale condamnation, * louent Dieu, disant aux apôtres : « Renversée est la mort ! * Le Christ est ressuscité, ** donnant au monde sa grande miséricorde ! »
    2. Tropaire de la fête, ton 1 : Réjouis-toi, pleine de grâce, Vierge Mère de Dieu : * de toi, en effet, s’est levé le soleil de justice, le Christ notre Dieu, * illuminant ceux qui sont dans les ténèbres ; * et toi, juste vieillard, * sois dans la joie, * car tu as reçu dans tes bras le libérateur de nos âmes, ** celui qui nous donne la résurrection.
    3. Tropaire du vénérable Père, ton 8 : En toi, vénérable Père, la divine Image se reflète exactement : * afin de lui ressembler, tu as pris ta croix et tu as suivi le Christ ; * et par ta vie tu nous apprends à mépriser la chair, qui passe et disparaît, * pour s’occuper plutôt de l’âme qui vit jusqu’en la mort et par-delà ; * c’est ainsi que ton esprit se réjouit, ** saint Isidore, avec les Anges dans le ciel.
    4. Kondakion du dimanche, ton 4 : Mon Sauveur & mon libérateur * a ressuscité tous les mortels, * les arrachant par sa force divine aux chaînes du tombeau ; * il a brisé les portes de l’Enfer ** et en maître souverain il est ressuscité le troisième jour.
    5. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    6. Kondakion du vénérable Père, ton 4 : Tu es comparable à une autre étoile du matin, ô glorieux, * l’Eglise est illuminée par l’éclat de tes paroles. ** Elle te crie : « Réjouis-toi, Isidore, tout béni et divinement sage ».
    5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    6. Kondakion de la fête, ton 1 : Toi qui as sanctifié par Ta naissance le sein virginal * et qui as béni, comme il le fallait, les bras de Siméon, * Tu es venu nous sauver en ce jour, Christ Dieu, * Dans ses guerres, donne la paix à Ta cité * et affermis les chrétiens orthodoxes ** que Tu as aimés, Toi seul Ami des hommes.

    Prokimen
    Du dimanche, ton 4 :
    R/. Que tes œuvres sont grandes, Seigneur ! Toutes, avec sagesse tu les fis (Psaume 103, 24).
    V/. Bénis le Seigneur, mon âme ! Seigneur, mon Dieu, tu es si grand ! (Psaume 103, 1).
    De la fête, ton 3 :
    R/. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).

    Epîtres
    Du dimanche : 1 Timothée (§ 285) IV, 9-15.
    [De la fête : Hébreux (§ 316), VII, 7-17.]

    Alleluia
    Du dimanche, ton 4 :
    V/. Va, chevauche pour la cause de la vérité, de la piété & de la justice (Psaume 44, 5).
    V/. Tu aimes la justice, tu hais l’impiété (Psaume 44, 8).
    De la fête :
    V/. Maintenant laisses ton serviteur, Maître, selon ta parole, s’en aller en paix (Luc 2, 29).

    Evangiles
    Du dimanche : Luc (§ 94) XIX, 1-10 (Zachée).
    [De la fête : Luc (§7) II, 22-40.]

    Mégalinaire à la Mère de Dieu pendant l’anaphore eucharistique
    Verset : Mère de Dieu Vierge, * espérance de tous les chrétiens, * garde sous ta constante protection ** ceux qui placent en toi leur espérance.
    Hirmos : Dans l’ombre et l’écriture de la Loi, * fidèles, nous voyons le mystère préfiguré : * Tout enfant mâle qui ouvre le sein * doit être consacré au Seigneur ! * Fils premier-né, Verbe du Père éternel * et premier-né d’une Mère vierge, ** nous te magnifions.

    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
    De la fête : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13). Alleluia, alleluia, alleluia.