Archives de la catégorie ‘‘Le Saint Siège’’

Nominations à la Commission Ecclesia Dei

Jeudi, mars 13th, 2008

CITE DU VATICAN, 13 MARS 2008.

Le Saint-Père a nommé:

  • Mgr Camille Perl, Vice-président de la Commission pontificale Ecclesia Dei.
  • Mgr Mario Marini, Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei.
  • In Vatican Information Service ce jeudi soir 13 mars.

    Lettre du cardinal Hoyos au président des Scouts d’Europe

    Mardi, janvier 29th, 2008

    Monsieur le Président,

    Dernièrement sont arrivés à la Commission Pontificale “Ecclesia Dei” de nombreuses lettres au sujet de la Déclaration que vous avez fait au nom des Guides et Scouts d’Europe, qui porte le titre « Place au Scoutisme » et la date du 17 novembre 2007.

    Dans cette Déclaration vous vous exprimez sur la possibilité de faire usage de la forme extraordinaire du Rite Romain pendant des activités de votre mouvement, comme par exemple des camps.

    Comme vous le savez, cette matière a été réglée par le Motu proprio « Summorum Pontificum » du Souverain Pontife Benoit XVI entré en vigueur le 14.9.2007, lequel a donné à la Commission la charge de veiller sur l’application de ce Motu proprio.

    Les lettres, qui nous sont arrivées, proviennent de la part de nombreux prêtres, - dont 61 ont signé une pétition explicite adressée à cette Commission Pontificale, - et aussi de la part des laïcs membres de votre mouvement : toutes expriment la même préoccupation que cette interdiction de l’usage de l’usage extraordinaire ne soit pas conforme au Motu proprio et devrait causer de grands problèmes dans plusieurs sections des Scouts d’Europe.

    Après avoir fait une profonde réflexion sur la matière, je me vois dans l’obligation de vous inviter à reconsidérer cette normative ; une nouvelle réglementation de votre part devrait prendre acte de ce qui suit :

    Les prêtres membres d’un Mouvement de l’Eglise ont le droit de célébrer selon la forme extraordinaire, comme tous les autres prêtres ; ils ne peuvent, certes, imposer cette forme à tout leur mouvement ; d’autre part, les Dirigeants de telles Associations et Mouvements ne peuvent, ni imposer ni empêcher cette forme de la célébration dans leur Mouvement.

    Je vous saurais donc gré, Monsieur le président, si vous pouviez en informer le comité des Scouts d’Europe lors de la réunion annuelle des Conseillers religieux prévue pour le 14 janvier.

    Signé : Dario Card. Castrillon Hoyos

    —–

    La direction du mouvement des Scouts d’Europe avait interdit la célébration de la messe selon les anciens livres liturgiques dans le cadre de ses activités. Ce rappel à l’ordre ferme de Rome était connu par ouï-dire, mais le texte vient d’en être publié sur le web. L’assemblée générale du mouvement le 15 mars prochain risque fort d’être agitée…

    Crise liturgique chez les scouts d

    Sources : Le Forum catholique & Le Salon Beige - Voir aussi le Réseau Nemrod.

    Avec le Pape : Tournés vers le Seigneur

    Lundi, janvier 14th, 2008
    Le Pape célèbre Ad Orientem à la chapelle Sixtine

    Dimanche dernier, pour la fête du Baptême du Seigneur, le Saint Père a célébré la messe (nouveau rit concélébré, & en italien), à l’ancien autel de la Chapelle Sixtine, face à Dieu, tourné vers l’Orient (& donc dos au peuple), selon la manière antique attestée universellement dans tout l’univers chrétien (jusqu’aux prétendues réformes de Martin Luther qui a voulu célébrer sa cène face au peuple). Pour l’occasion, l’autel “nouveau rit” a été désinstallé du chœur de la Chapelle Sixtine.

    L’événement est important puisque c’est sans doute la première fois (en dehors de sa messe privée) que le Pape actuel célèbre publiquement vers l’Orient depuis la réforme liturgique. Rien dans le missel de Paul VI (jusqu’à sa dernière édition par Jean-Paul II) ne supposait du reste la célébration de la messe face au peuple. Les médias en ont fait tout un plat, alors que Jean-Paul II avait fait de même au début de son pontificat.

    Messe devant Sixte IV

    Messe devant Sixte IV (XIVème siècle).

    Pie VII à la Chapelle Sixtine

    Pie VII à la Chapelle Sixtine (XVIIIème siècle)

    Messe devant Pie XI à la Chapelle Sixtine

    Messe devant Pie XI à la Chapelle Sixtine (XXème siècle)

    Jean-Paul II célèbre Ad Orientem à la chapelle Sixtine

    Au début de son pontificat, manifestement, Jean-Paul II célébrait aussi à l’autel de la chapelle Sixtine versus ad Orientem (XXème siècle). Cela devait dater d’avant la prise de fonction de Mgr Piero Marini comme cérémoniaire.

    Le Pape célèbre Ad Orientem à la chapelle Sixtine

    Messe de Benoît XVI à la Chapelle Sixtine (XXIème siècle)

    Entretien de Mgr Ranjith

    Mardi, novembre 6th, 2007

    Entretien exclusif accordé par Son Excellence Monseigneur Albert Malcolm Ranjith Patabendige, secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, accordé au site italien “Petrus” qui l’a publié ce lundi 5 novembre.

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    Question : Excellence, quel accueil a reçu le motu proprio de Benoît XVI qui a libéralisé la Sainte Messe selon le rite tridentin? Quelques uns, dans le sein même de l’Eglise, ont un peu “tordu le nez”… (note du traducteur: expression italienne que nous reportons littéralement en français en raison de l’image éloquente).

    Réponse : “Il y a eu des réactions positives et, inutile de le nier, des critiques et des prises de positions contraires, même de la part de théologiens, liturgistes, prêtres, évêques et aussi des cardinaux. Franchement, je ne comprends pas ces formes d’éloignement et – pourquoi pas? - de rébellion contre le Pape. J’invite tout le monde, mais par dessus tout les pasteurs, à obéir au Pape, qui est le successeur de Pierre. Les évêques, en particulier, ont juré fidélité au Pontife: qu’ils soient cohérents et fidèles à leur engagement.”

    Question: A votre avis, à quoi sont dues ces manifestations contraires au motu proprio ?

    Réponse : “Vous savez qu’il y a eu, de la part de quelques diocèses, aussi des documents d’interprétation qui visent inexplicablement à limiter le motu proprio du Pape. Derrière ces actions se cachent d’une part
    Des préjugés de type idéologique et d’autre part l’orgueil, un des péchés les plus graves. Je répète: j’invite tout le monde à obéir au Pape. Si le Saint Père a retenu de devoir publier le motu proprio, il a eu ses raisons que pour ma part je partage pleinement.”

    Question : La libéralisation du rite tridentin décidée par Benoît XVI est perçue comme le juste remède à tant d’abus liturgiques tristement enregistrés après le concile Vatican II avec le “novus ordo”…

    Réponse : “Faites attention, je ne veux pas critiquer le “novus ordo”. Cependant je me prends à rire quand j’entends dire, même par des amis, que dans une paroisse un prêtre est saint en raison de l’homélie ou de la manière dont il parle. La Sainte Messe est un sacrifice, un don, un mystère, indépendamment du prêtre qui la célèbre. Il est important, voire fondamental, que le prêtre se mette de côté : le protagoniste de la Messe, c’est le Christ. Je ne comprends pas, donc, les célébrations eucharistiques transformées en spectacle avec des ballets, des chants ou des applaudissements, comme malheureusement cela arrive souvent avec le “novus ordo”.

    Question : Monseigneur Patabendige, votre Congrégation a plusieurs fois dénoncé ces abus liturgiques…

    Réponse : “C’est vrai. Il existe tellement de documents que cependant ils sont de façon déplaisante restés lettre morte, oubliés dans des rayons poussiéreux ou, pis encore, à la corbeille à papiers.”

    Question : Un autre point: de nombreuses fois on assiste à des homélies très longues…

    Réponse : “Ceci aussi est un abus. Je suis opposé aux ballets et aux applaudissements dans le cours des Messes, qui ne sont pas un cirque ni un stade. En ce qui concerne les homélies, elles doivent regarder exclusivement l’aspect catéchétique, comme l’a souligné le Pape, en évitant la sociologie et les bavardages inutiles. Comme exemple, souvent les prêtres la font porter sur la politique parce qu’ils n’ont pas bien préparé l’homélie, qui au contraire doit être étudiée scrupuleusement. Une homélie excessivement longue est synonyme de peu de préparation: le temps juste pour une prédication doit être de 10 minutes, au maximum 15. Nous devons bien nous rendre compte que le moment culminant de la célébration est le mystère eucharistique, je ne le dis pas diminuer la liturgie de la Parole mais pour clarifier de quelle manière une liturgie correcte est mise en œuvre.”

    Question : Revenant au motu proprio, quelques uns critiquent l’emploi du latin durant la Messe…

    Réponse : “Le rite tridentin fait partie de la tradition de l’Eglise. Le Pape a convenablement expliqué les raisons de sa mesure, un acte de liberté et de justice envers les traditionalistes. Pour ce qui est du latin, je voudrais souligner qu’il n’a jamais été aboli, et qu’en plus il garantit l’universalité de l’Eglise. Mais je le répète: j’invite les prêtres, les évêques, les cardinaux à l’obéissance, laissant de côté tout type d’orgueil et de préjugés.”

    Source & traduction : motuproprio.fr

    Interview du nouveau cérémoniaire du Pape

    Lundi, octobre 29th, 2007

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    Il est arrivé il y a peu de temps au Vatican : accent génois très marqué, 42 ans, a grandi à l’école du Cardinal Giuseppe des Siri et des collaborateur de confiance des Archevêques Dionigi Tettamanzi, Tarcisio Bertone et Angelo Bagnasco, le nouveau maître des célébrations liturgique du Pape Benoît XVI, Mgr Guido Marini, successeur de l’homonyme Piero Marini, parle pour la première fois après l’attribution de cette prestigieuse prestigieux.

    Source : Eucharistie Miséricorde

    Monseigneur, avant tout bienvenue et bon travail…

    « Merci de ce vœu, j’en ai vraiment besoin. Je sais, je suis à Rome depuis très peu de temps, et je dois observer, étudier, me faire aux habitudes locales… : il y a beaucoup à faire, je crois ».

    Entre temps on passe d’un Marini … à l’autre : que dit Piero, votre prédécesseur ?

    « Je le remercie de tout cœur. Il a donné beaucoup à l’Église, il a servi deux Papes, et je me trouve seulement au début de mon chemin ».

    Il a été appelé à une tâche ardue…

    « C’est évident. La vie de chaque maître de cérémonies liturgiques du Saint Père est parsemée de problèmes. Nous sommes sous les feux de la rampe, nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de commettre des erreurs ».

    Beaucoup ont soutenu que vous aviez été appelé parce que sur le plan liturgique vous étiez plus sobre et plus traditionnel que Mgr Piero Marini. Quelle est votre conception de la liturgie ?

    « Comme le veut et l’enseigne l’Église, ni plus ni moins. Je ne suis pas quelqu’un qui cherche des inventions et des fantaisies. Je peux même sembler banal, mais la liturgie est le respect des règles dictées par l’Église, et je ne vois pas la raison pour laquelle je dois ne pas l’accepter ».

    On dit justement qu’à Gênes, où vous avez œuvré jusqu’à maintenant, la liturgie était bien soignée, sobre et élégante, sans fioritures fantaisistes…

    « Mais la liturgie est par nature-même ainsi. Je le répète : personne ne peut déroger aux règles liturgique de l’Église. La Messe est un don, une grâce, non un spectacle. Donc aucune invention, mais le respect absolu des règles liturgique ».

    Le pape Benoît XVI, au-delà du très grand théologien, est également un fin liturgiste. Il accorde une grande importance à la liturgie correctement exécutée …

    « Collaborer avec le Saint Père sera pour moi une grâce. La popularité du Pontife, son souci de prêcher la vérité et son courage sautent aux yeux de tous. Et pour ce qui est de la liturgie, je suis en total accord avec la thèse du pape : la Messe est un sacrifice ».

    À votre avis, y a-t-il eu des abus liturgiques dernièrement ?

    « Vous savez, l’Église est grande. Mais, comme l’a reconnu le Pape lui-même dans la Lettre explicative au Motu Proprio Summorum Pontificum, il y a eu des abus et les interprétations extravagants. Ce que je peux dire est que sûrement je ne serai auteur d’aucune invention, je me limiterai à appliquer scrupuleusement les règles aujourd’hui existantes ».

    À propos : que pensez du Motu Proprio de Benoît XVI qui a libéralisé la Messe sous sa forme tridentine ?

    « Je suis à 100% avec le Motu proprio, c’est un acte de bon sens, de justice, de liberté et de clairvoyance ».

    Document sur l’interprétation de Summorum Pontificum à paraître

    Mercredi, octobre 24th, 2007

    “Dans un entretien accordé au site italien d’informations religieuses Petrus, Mgr Camille Perl affirme que la Commission Ecclesia Dei dont il est le secrétaire « rédige actuellement un document-instruction sur l’interprétation correcte du Motu Proprio Summorum Pontificum » sur la libéralisation de l’usage du missel de Saint Pie V. Ce texte est rendu nécessaire par la perte « du sens de l’obéissance et du respect de l’autorité », selon le prélat romain qui vise ainsi l’opposition manifestée par des évêques et des prêtres aux dispositions romaines. Le document devrait préciser, entre autres, la notion exacte de « groupe stable » susceptible de demander la célébration de la messe selon l’ancien rite.

    Dans le magazine 30 Jours de juin-juillet, le cardinal Castrillón Hoyos avait pourtant tenté de prévenir les oppositions. A la question : Le motu proprio n’établit pas de nombre minimum de fidèles nécessaire pour demander de pouvoir célébrer la messe de saint Pie V. Et pourtant, le bruit avait couru qu’il était question d’un seuil minimum de trente fidèles…, il répondait : « On a là la démonstration éclatante des innombrables pseudo-nouvelles qui ont été racontées sur ce motu proprio par des gens qui n’avaient pas lu les projets ou qui, de manière intéressée, voulaient peser sur son élaboration. J’ai suivi tout le parcours qui a mené à la rédaction finale et, autant que je me souvienne, aucun seuil minimum de fidèles, ni de trente, ni de vingt, ni de cent, n’est jamais apparu dans aucun projet ».

    A la demande du journaliste de 30 Jours, Gianni Cardinale : Et la messe de saint Pie V a-t-elle jamais été abolie par le Novus ordo ?, le cardinal Castrillón Hoyos déclarait : « Le Concile Vatican II ne l’a jamais fait, et il n’y a jamais eu par la suite aucun acte positif qui l’ait établi. La messe de saint Pie V n’a donc jamais été formellement abolie. Il est de toute façon étonnant que ceux qui s’érigent en interprètes authentiques de Vatican II en donnent, dans le domaine liturgique, une interprétation aussi restrictive et aussi peu respectueuse de la liberté des fidèles, en finissant par faire sembler ce Concile encore plus coercitif que le Concile de Trente ».

    Un peu plus haut dans le même entretien, le président de la Commission Ecclesia Dei reconnaissait : « Curieusement, il semble même que fleurissent, dans les nouvelles générations, parmi les laïcs comme parmi les clercs, un intérêt et une estime envers l’ancien rite. Et il s’agit de prêtres et de simples fidèles qui n’ont parfois rien à voir avec les disciples de Mgr Lefebvre. Il y a là des faits, des faits de l’Église, auxquels les pasteurs ne peuvent faire la sourde oreille » et de préciser : « Ceux qui affirment ces choses (le pape fait un affront à ses prédécesseurs, ndlr) devraient lire les milliers de lettres qui sont arrivées à Rome pour demander la liberté de pouvoir assister à la messe à laquelle ils se sentent tellement liés ».

    Le cardinal repousse ici les arguments opposés au Motu Proprio au nom des faits : des clercs et des laïcs appartenant à la nouvelle génération manifestent leur intérêt pour la messe tridentine et des milliers de lettres sont adressées en ce sens à Rome… Autrement dit, contra factum non fit argumentum, contre les faits il n’y a pas d’argument qui tienne… C’est le même constat que faisait Benoît XVI dans la lettre d’accompagnement au Motu Proprio : « Aussitôt après le Concile Vatican II, on pouvait supposer que la demande de l’usage du Missel de 1962 aurait été limitée à la génération la plus âgée, celle qui avait grandi avec lui, mais entre temps il est apparu clairement que des personnes jeunes découvraient également cette forme liturgique, se sentaient attirées par elle et y trouvaient une forme de rencontre avec le mystère de la Très Sainte Eucharistie qui leur convenait particulièrement ». (Sources : Apic/30 Jours)”

    Source : DICI du 20/10/2007

    Déjà en 1985…

    Samedi, octobre 13th, 2007
    Le cardinal Ratzinger célèbre la messe traditionnelle

    Dans la dernière livraison de la revue le Baptistère :

    “Avant le Concile de Trente, l’Eglise admettait en son sein une diversité de rites & de liturgies. Les Pères tridentins prescrivirent à toute l’Eglise la liturgie de la ville de Rome en sauvegardant, parmi les litrugies occidentales, uniquement celles qui avaient plus de deux siècles d’existence. C’était le cas, par exemple, du rit ambrosien du diocèse de Milan. Si cela pouvait servir à nourrir la religiosité de certains croyants, à respecter la pietas de certains secteurs catholiques, je serais personnellement favorable à un retour à la situation ancienne, c’est-à-dire à un certain pluralisme liturgique.”

    Joseph, Cardinal Razinger,
    aujourd’hui S.S. le Pape Benoît XVI,
    Entretien sur la Foi - 1985.

    Interview du cardinal Darío Castrillón Hoyos à 30 jours

    Lundi, septembre 24th, 2007

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    Éminence, quel est le sens de ce motu proprio qui libéralise l’usage du Missel dit de saint Pie V ?

    DARÍO CASTRILLÓN HOYOS : Quand ont eu lieu, après le Concile Vatican II, les changements dans la liturgie, des groupes importants de fidèles et aussi d’ecclésiastiques se sont sentis mal à l’aise parce qu’ils étaient fortement liés à la liturgie en vigueur depuis des siècles. Je pense aux prêtres qui avaient célébré pendant cinquante ans cette messe suivant le rite de saint Pie V et qui, à l’improviste, se sont trouvés dans l’obligation d’en célébrer une autre, je pense aux fidèles habitués depuis des générations à l’ancien rite, je pense aussi aux petits, comme les enfants de chœur, qui se sont trouvés tout d’un coup dépaysés car ils devaient servir la messe selon le Novus ordo. Il y a donc eu un malaise à différents niveaux. Pour certains, celui-ci était même de nature théologique, car ils estimaient que l’ancien rite exprimait mieux que celui qui avait été introduit le sens du sacrifice. D’autres, pour des raisons culturelles aussi, avaient la nostalgie du chant grégorien et des grandes polyphonies qui étaient une richesse de l’Église latine. Et ce qui aggravait le tout, c’est que ceux qui éprouvaient ce malaise attribuaient ces changements au Concile, alors qu’en réalité le Concile en soi n’avait ni demandé ni prévu les détails de ces changements. La messe que célébraient les pères conciliaires était la messe de saint Pie V. Le Concile n’avait pas demandé la création d’un nouveau rite, mais un usage plus large de la langue vernaculaire et une plus grande participation des fidèles.

    D’accord, c’était le climat qu’on respirait il y a quarante ans. Mais aujourd’hui, la génération qui avait manifesté ce malaise n’existe plus. Et il y a plus : le clergé et le peuple se sont habitués au Novus ordo, et dans leur immense majorité, ils s’en trouvent très bien.

    CASTRILLÓN HOYOS : C’est exactement cela : dans leur immense majorité, même si un grand nombre ignore ce qui a été laissé de côté avec l’abandon de l’ancien rite. Mais tout le monde ne s’est pas habitué au nouveau rite. Curieusement, il semble même que fleurisse, dans les nouvelles générations, parmi les laïcs comme parmi les clercs, un intérêt et une estime envers l’ancien rite. Et il s’agit de prêtres et de simples fidèles qui n’ont parfois rien à voir avec les disciples de Mgr Lefebvre. Il y a là des faits, des faits de l’Église, auxquels les pasteurs ne peuvent faire la sourde oreille. C’est pour cela que Benoît XVI, qui est un grand théologien à la profonde sensibilité liturgique, a décidé de promulguer le motu proprio.

    Mais n’y avait-il pas déjà un indult ?

    CASTRILLÓN HOYOS : Si, il y avait déjà un indult, mais Jean Paul II avait déjà compris que l’indult n’avait pas été suffisant, ne serait-ce que parce que certains prêtres et certains évêques rechignaient à l’appliquer, mais surtout parce que les fidèles qui désirent célébrer avec l’ancien rite ne doivent pas être considérés comme des fidèles de deuxième catégorie. Il s’agit de fidèles auxquels doit être reconnu le droit d’assister à une messe qui a nourri le peuple chrétien pendant des siècles, qui a nourri la sensibilité de saints tels que saint Philippe Neri, don Bosco, sainte Thérèse de Lisieux, le bienheureux Jean XXIII et le serviteur de Dieu, Jean Paul II lui-même. Ce dernier, comme je viens de le dire, avait compris le problème de l’indult et il avait donc déjà l’intention d’étendre l’usage du Missel de 1962. Je dois dire que dans les rencontres avec les cardinaux et avec les chefs de dicastères au cours desquelles on avait parlé de ces mesures, les résistances étaient vraiment très limitées. Benoît XVI, qui a suivi ce processus depuis le début, a franchi ce pas important déjà imaginé par son grand prédécesseur. Il s’agit d’une mesure pétrinienne émise par amour du grand trésor liturgique qu’est la messe de saint Pie V, et aussi par amour de pasteur envers un groupe considérable de fidèles.

    Et pourtant, les résistances n’ont manqué de la part d’une partie des représentants de l’épiscopat eux-mêmes…

    CASTRILLÓN HOYOS : Des résistances qui dépendent, selon moi, de deux erreurs. La première erreur d’interprétation est de dire qu’il s’agit d’un retour au passé. Il n’en est pas ainsi. Ne serait-ce que parce qu’on ne retire rien au Novus ordo, qui reste le mode ordinaire de célébrer l’unique rite romain ; tandis que la liberté de célébrer la messe de saint Pie V est donnée à ceux qui le veulent comme forme extraordinaire.

    Il s’agit de la première erreur de ceux qui se sont opposés au motu proprio. Et la seconde ?

    CASTRILLÓN HOYOS : Qu’il s’agisse de diminuer le pouvoir épiscopal. Mais il n’en est pas ainsi. Le Pape n’a pas changé le Code de droit canonique. L’évêque est toujours le modérateur de la liturgie dans son propre diocèse. Mais le Siège apostolique a la compétence d’ordonner la sainte liturgie de l’Église universelle. Or un évêque doit agir en harmonie avec le Siège apostolique et il doit garantir à chaque fidèle ses propres droits, y compris celui de pouvoir participer à la messe de saint Pie V, comme forme extraordinaire du rite.

    Et pourtant, il a été affirmé qu’avec ce motu proprio, Ratzinger « bafoue le Concile » et « fait un affront » à ses prédécesseurs Paul VI et Jean Paul II…

    CASTRILLÓN HOYOS : Benoît XVI suit le Concile, qui n’a pas aboli la messe de saint Pie V ni n’a demandé de le faire. Et il suit le Concile qui a recommandé d’écouter la voix et les désirs légitimes des fidèles laïcs. Ceux qui affirment ces choses devraient lire les milliers de lettres qui sont arrivées à Rome pour demander la liberté de pouvoir assister à la messe à laquelle ils se sentent tellement liés. Et le Pape ne s’oppose pas à ses prédécesseurs qui sont abondamment cités dans le motu proprio comme dans la Lettre autographe du Pape qui en accompagne la publication. Dans certains cas, Paul VI a immédiatement concédé la possibilité de célébrer la messe de saint Pie V. Comme je l’ai dit, Jean Paul II voulait préparer un motu proprio semblable à celui qui a été publié aujourd’hui.

    On a aussi évoqué le risque qu’une petite minorité de fidèles puisse imposer la messe de saint Pie V à la paroisse…

    CASTRILLÓN HOYOS : Ceux qui ont dit cela n’ont évidemment pas lu le motu proprio. Il est clair qu’aucun curé ne sera obligé à célébrer la messe de saint Pie V. Mais si un groupe de fidèles, ayant un prêtre disposé à le faire, demande à célébrer cette messe, le curé ou le recteur de l’église ne pourront pas s’y opposer. Évidemment, s’il y a des difficultés, il reviendra à l’évêque de faire en sorte que tout se passe sous le signe du respect et, dirais-je, du bon sens, en harmonie avec le Pasteur universel.

    Mais ne court-on pas le risque qu’avec l’introduction de deux formes, l’une ordinaire, l’autre extraordinaire, puisse naître une confusion liturgique dans le rite latin, dans les paroisses et dans les diocèses ?

    CASTRILLÓN HOYOS : Si les choses sont faites conformément au simple bon sens, on ne court pas ce risque. D’autre part, il y a déjà des diocèses dans lesquels on célèbre des messes dans différents rites, car il s’y trouve des communautés de fidèles latins, gréco-catholiques ukrainiens ou ruthènes, maronites, melchites, syro-catholiques, chaldéens, etc. Je pense par exemple à certains diocèses aux États-Unis, comme Pittsburgh, qui vivent cette variété liturgique légitime comme une richesse, et non pas comme une tragédie. Et puis il existe aussi de simples paroisses qui accueillent des rites différents du latin, même de communautés orthodoxes ou préchalcédoniennes, sans que cela crée de scandale. Je ne vois donc pas de danger de confusion. À condition, je le répète, que tout se déroule dans l’ordre et dans le respect réciproque.

    Il y a aussi des gens qui pensent que ce motu proprio porte atteinte à l’unicité du rite qui aurait été voulu par les Pères conciliaires…

    CASTRILLÓN HOYOS : Étant admis que le rite latin reste unique, quoiqu’on puisse le célébrer sous deux formes, je me permets de rappeler qu’il n’y a jamais eu, dans l’Église latine, un seul rite pour tous. Aujourd’hui, par exemple, il y a tous les rites des Églises orientales en communion avec Rome. Et même dans le rite latin, il y a d’autres rites que le rite romain, comme le rite ambrosien ou le rite mozarabique. La messe de saint Pie V elle-même, lorsqu’elle a été approuvée, n’a pas annulé tous les rites précédents, mais seulement ceux qui ne pouvaient pas se prévaloir d’au moins deux siècles d’ancienneté…

    Et la messe de saint Pie V a-t-elle jamais été abolie par le Novus ordo ?

    CASTRILLÓN HOYOS : Le Concile Vatican II ne l’a jamais fait, et il n’y a jamais eu par la suite aucun acte positif qui l’ait établi. La messe de saint Pie V n’a donc jamais été formellement abolie. Il est de toute façon étonnant que ceux qui s’érigent en interprètes authentiques de Vatican II en donnent, dans le domaine liturgique, une interprétation aussi restrictive et aussi peu respectueuse de la liberté des fidèles, en finissant par faire sembler ce Concile encore plus coercitif que le Concile de Trente.

    Le motu proprio n’établit pas de nombre minimum de fidèles nécessaire pour demander de pouvoir célébrer la messe de saint Pie V. Et pourtant, le bruit avait couru qu’il était question d’un seuil minimum de trente fidèles…

    (more…)

    Exaltation de la Sainte Croix - Entrée en vigueur de Summorum Pontificum

    Vendredi, septembre 14th, 2007

    Première messe de l'abbé Giard

    En cette belle fête de l’Exaltation de la Sainte Croix entre en vigueur le motu proprio Summorum Pontificum donné par le Saint Père le jour du quadruple sept (07/07/07, un samedi, le septième jour de la semaine).

    Lors de sa découverte par sainte Hélène en 326, la vraie Croix avait été découpée en trois morceau: l’un pour Jérusalem, le second pour Rome, le troisième pour Constantinople. Lors de son pillage de Jérusalem en 614, le roi des Perses Chosroès II s’empare de la Sainte Croix de Jérusalem. Vainqueur des Perses en 627, l’empereur Héraclius force ceux-ci à restituer la sainte relique. Héraclius rapporte la vraie Croix pieds nus au Saint Sépulcre, où une ostension solennelle est faite le 14 septembre. La fête de l’Exaltation de la Sainte Croix commémore cet évènement. Elle intervient au second jour des Encénies : en effet le Saint-Sépulcre avait été dédié un 13 septembre, & la fête de sa dédicace, si importante dans l’Eglise de Jérusalem, se poursuivait sur plusieurs jours.

    Cette fête, autrefois très célèbre dans tout l’univers chrétien, a un peu perdu de sa solennité en Occident, tandis que les différents rits orientaux continuent de l’entourer de grandes splendeurs liturgiques. Ainsi, en souvenir de l’exaltation d’Héraclius, les cathédrales (& par usage certaines paroisses) de rit byzantin font aujourd’hui un rite particulier : le pontife élève la croix & bénit solennellement les différents points cardinaux, tandis que le choeur répond à une litanie spéciale par cinq fois 100 Kyrie eleison. Le chant de ces 500 Kyrie eleison a reçu un traitement polyphonique magnifique & très original dans la tradition musicale russe.

    Cette année, l’Exaltation de la Sainte Croix coïncide en quelque sorte, pourrait-on dire, avec l’”exaltation de la Sainte Messe”, par la mise en pratique des nouvelles dispositions devant favoriser la liturgie traditionnelle de rit romain.

    Après avoir souffert depuis 20 ans que je suis attaché à ce rit maints persécutions & ostracismes, il est bien consolant de constater à la lecture du document pontifical que ce rit n’avait jamais été aboli, contrairement à ce qui nous été tant de fois affirmé à l’époque. Partant, cela confirme le caractère injuste (voire inique ?) de ce que nous avons dû endurer durant toutes ces années.

    TE DEVM LAVDAMVS

    PS. Et bien sûr, n’oubliez pas de relire en ce jour Alexandre de Chypre !!! ;-) (private joke).

    PS2. En vertu de l’entrée en vigueur du motu proprio, le curé de Saint-Georges de La Villette (Paris XIX) offrira ce soir à 19h le saint sacrifice de la messe selon le rit traditionnel. N’hésitez pas à vous y rendre pour encourager cette première initiative sur Paris.

    La musique a le pouvoir de conduire au Créateur

    Jeudi, septembre 6th, 2007

    CITE DU VATICAN, 5 SEP 2007 (VIS). Hier après-midi dans la cour du palais pontifical de Castelgandolfo, Benoît XVI a assisté au concert que lui a offert l’Orchestre symphonique de Bamberg, dans le cadre du millénaire de la cathédrale de ce diocèse allemand.

    Après le concert, le Papa a déclaré que, “au delà d’elle-même, la musique a le pouvoir de conduire au créateur de toute harmonie, suscitant en nous un accord avec la beauté et la vérité de Dieu, et ce avec une capacité qu’aucun savoir humain ni aucune philosophie ne saurait exprimer”.

    Et après avoir félicité le chef d’orchestre, les musiciens et les organisateurs, le Saint-Père a dit qu’il concevait ce concert comme un lien d’affection particulière entre le diocèse de Bamberg et le Successeur de Pierre.

    “Puisse votre pèlerinage jubilaire aux tombes des Apôtres -a-t-il conclu- renforcer votre foi et votre joie en Dieu, afin de toujours être ses témoins”.

    Interview du cardinal Darío Castrillón Hoyos

    Mardi, août 7th, 2007

    LITURGIE. Le motu proprio Summorum pontificum
    Nova et vetera

    Benoît XVI a signé et publié le document qui libéralise l’usage du Missel Romain édité par le pape Jean XXIII en 1962. Interview du cardinal Darío Castrillón Hoyos, président de la commission Pontificale « Ecclesia Dei » : « La première erreur d’interprétation est de dire qu’il s’agit d’un retour au passé. Il n’en est pas ainsi. »

    S. E. le cardinal Hoyos célèbre la sainte messe
    dans le rit romain traditionnel
    à l’autel papal de Sainte-Marie-Majeure le 24 mai 2003.
    La Schola Sainte Cécile chanta cette messe historique.
    Photo prise depuis la tribune du chœur par un choriste.

    Interview du cardinal Darío Castrillón Hoyos par Gianni Cardinale (30 jours)

    Éminence, quel est le sens de ce motu proprio qui libéralise l’usage du Missel dit de saint Pie V ?

    DARÍO CASTRILLÓN HOYOS : Quand ont eu lieu, après le Concile Vatican II, les changements dans la liturgie, des groupes importants de fidèles et aussi d’ecclésiastiques se sont sentis mal à l’aise parce qu’ils étaient fortement liés à la liturgie en vigueur depuis des siècles. Je pense aux prêtres qui avaient célébré pendant cinquante ans cette messe suivant le rite de saint Pie V et qui, à l’improviste, se sont trouvés dans l’obligation d’en célébrer une autre, je pense aux fidèles habitués depuis des générations à l’ancien rite, je pense aussi aux petits, comme les enfants de chœur, qui se sont trouvés tout d’un coup dépaysés car ils devaient servir la messe selon le Novus ordo. Il y a donc eu un malaise à différents niveaux. Pour certains, celui-ci était même de nature théologique, car ils estimaient que l’ancien rite exprimait mieux que celui qui avait été introduit le sens du sacrifice. D’autres, pour des raisons culturelles aussi, avaient la nostalgie du chant grégorien et des grandes polyphonies qui étaient une richesse de l’Église latine. Et ce qui aggravait le tout, c’est que ceux qui éprouvaient ce malaise attribuaient ces changements au Concile, alors qu’en réalité le Concile en soi n’avait ni demandé ni prévu les détails de ces changements. La messe que célébraient les pères conciliaires était la messe de saint Pie V. Le Concile n’avait pas demandé la création d’un nouveau rite, mais un usage plus large de la langue vernaculaire et une plus grande participation des fidèles.

    D’accord, c’était le climat qu’on respirait il y a quarante ans. Mais aujourd’hui, la génération qui avait manifesté ce malaise n’existe plus. Et il y a plus: le clergé et le peuple se sont habitués au Novus ordo, et dans leur immense majorité, ils s’en trouvent très bien.

    CASTRILLÓN HOYOS : C’est exactement cela : dans leur immense majorité, même si un grand nombre ignore ce qui a été laissé de côté avec l’abandon de l’ancien rite. Mais tout le monde ne s’est pas habitué au nouveau rite. Curieusement, il semble même que fleurisse, dans les nouvelles générations, parmi les laïcs comme parmi les clercs, un intérêt et une estime envers l’ancien rite. Et il s’agit de prêtres et de simples fidèles qui n’ont parfois rien à voir avec les disciples de Mgr Lefebvre. Il y a là des faits, des faits de l’Église, auxquels les pasteurs ne peuvent faire la sourde oreille. C’est pour cela que Benoît XVI, qui est un grand théologien à la profonde sensibilité liturgique, a décidé de promulguer le motu proprio.

    Mais n’y avait-il pas déjà un indult ?

    CASTRILLÓN HOYOS : Si, il y avait déjà un indult, mais Jean Paul II avait déjà compris que l’indult n’avait pas été suffisant, ne serait-ce que parce que certains prêtres et certains évêques rechignaient à l’appliquer, mais surtout parce que les fidèles qui désirent célébrer avec l’ancien rite ne doivent pas être considérés comme des fidèles de deuxième catégorie. Il s’agit de fidèles auxquels doit être reconnu le droit d’assister à une messe qui a nourri le peuple chrétien pendant des siècles, qui a nourri la sensibilité de saints tels que saint Philippe Neri, don Bosco, sainte Thérèse de Lisieux, le bienheureux Jean XXIII et le serviteur de Dieu, Jean Paul II lui-même. Ce dernier, comme je viens de le dire, avait compris le problème de l’indult et il avait donc déjà l’intention d’étendre l’usage du Missel de 1962. Je dois dire que dans les rencontres avec les cardinaux et avec les chefs de dicastères au cours desquelles on avait parlé de ces mesures, les résistances étaient vraiment très limitées. Benoît XVI, qui a suivi ce processus depuis le début, a franchi ce pas important déjà imaginé par son grand prédécesseur. Il s’agit d’une mesure pétrinienne émise par amour du grand trésor liturgique qu’est la messe de saint Pie V, et aussi par amour de pasteur envers un groupe considérable de fidèles.

    Et pourtant, les résistances n’ont manqué de la part d’une partie des représentants de l’épiscopat eux-mêmes…

    (more…)

    Le Saint Siège & l’avenir écologique de la création

    Lundi, juillet 23rd, 2007
    Plan du Vatican

    21-07-2007
    LE CO2 ET LES VISÉES ÉCOLOGIQUES DU VATICAN

    Le Vatican va devenir le premier Etat “neutre” en matière d’émissions de gaz carbonique grâce à la plantation en son nom d’une forêt en Hongrie par une entreprise américano-hongroise.

    Une convention entre le Vatican et la société Planktos-Klimafa a été signée le 5 juillet au Vatican. Planktos-Klimafa, engagée dans la reforestation à grande échelle, a offert au Vatican de planter en son nom 7.000 hectares d’arbres dans un parc national en Hongrie, a indiqué sur Radio Vatican Mgr José Sanchez de Toca y Alameda, sous-secrétaire du Conseil pontifical pour la culture.

    Grâce à ce don, “on peut dire en exagérant un peu que le Vatican devient ainsi le premier Etat à équilibrer au niveau zéro ses émissions polluantes”, a-t-il dit. Il a cependant relevé que les émissions de CO2 du Vatican “sont très faibles, car il n’a pas de grosses entreprises polluantes”.

    Selon le protocole de Kyoto, il est possible pour un Etat d’obtenir des crédits d’émission de gaz à effet de serre en investissant dans l’écologie dans d’autres pays. “Le Vatican veut apporter sa petite pierre à la lutte contre la pollution sur Terre et contribuer à améliorer la planète que Dieu a donnée aux hommes afin qu’ils soient les serviteurs de la Création et non ses maîtres”, a déclaré Mgr Sanchez de Toca y Alameda.

    Une autre initiative à visée écologique a été annoncée récemment par l’administration du Vatican: l’installation en 2008 de panneaux solaires sur le toit de l’immense salle Paul VI, où ont lieu les audiences générales du pape, pour en assurer l’éclairage et la climatisation.
    (Source : Infocatho)

    Savoir qui on est favorise le dialogue

    Lundi, juillet 23rd, 2007

    Savoir qui on est favorise le dialogue.
    Interview de S.E. Mgr Angelo Amato, archevêque, secrétaire de la congrégation pour la doctrine de la foi.

    Mgr Angelo Amato

    Interview parue dans “Avvenire” le 11 juillet 2007 réalisée par Gianni Cardinale.

    *

    Q. – Excellence, la première des “responsa” publiées par la congrégation pour la doctrine de la foi réaffirme que le Concile Vatican II n’a pas modifié la précédente doctrine sur l’Eglise. Cela ne devrait-il pas être une évidence ?

    R. – En effet. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Des interprétations venant de parties opposées voudraient qu’avec le dernier Concile, il y ait eu une rupture avec la tradition de l’Eglise catholique. Les uns considèrent cette prétendue rupture comme une gloire du Concile lui-même, les autres comme une catastrophe. Ce n’est pas vrai. Il était opportun de le réaffirmer de manière claire et sans équivoque. En rappelant notamment ce que le bienheureux Jean XXIII avait affirmé avec netteté dans son allocution du 11 septembre 1962, au début du Concile : “le Concile (…) veut transmettre la doctrine catholique pure et intacte, sans atténuations ou déformations”. Il faut que cette doctrine sûre et immuable, qui mérite un respect fidèle, soit étudiée et présentée de manière adaptée à notre époque. Le contenu du “depositum fidei”, c’est-à-dire les vérités qui sont contenues dans notre vénérable doctrine, est une chose ; la manière de les présenter, sans jamais en changer le sens et la signification, en est une autre.

    Q. – La deuxième réponse – elle est centrale – aborde de front la question du “subsistit in”. Comment doit-on interpréter l’affirmation du Concile selon laquelle l’Eglise du Christ subsiste dans l’Eglise catholique ?

    R. – Cette affirmation a en effet connu diverses interprétations et toutes ne sont pas en cohérence avec la doctrine conciliaire sur l’Eglise. La réponse de la congrégation – fondée sur les textes du Concile ainsi que sur les actes des travaux du Concile lui-même, qui sont cités en note – réaffirme que le fait de subsister indique la continuité historique sans interruption et la permanence de tous les éléments institués par le Christ dans l’Eglise catholique, où se trouve concrètement l’Eglise du Christ sur cette terre. Il est donc erroné de penser que l’Eglise du Christ n’existerait plus aujourd’hui nulle part ou qu’elle existerait seulement de manière idéale ou “in fieri”, en devenir, dans une future convergence ou réunification des différentes Eglises sœurs, souhaitée ou favorisée par le dialogue œcuménique. Non. L’Eglise du Christ, une, sainte, catholique et apostolique, existe dans l’histoire dans l’Eglise catholique.

    Q. – Mais alors pourquoi – et c’est l’objet de la troisième réponse – le Concile n’a-t-il pas justement affirmé que l’Eglise catholique “est” l’Eglise du Christ et pourquoi a-t-il en revanche utilisé le terme “subsiste” ?

    R. – Ce changement de terme n’est pas et ne peut pas être interprété comme une rupture avec le passé. En latin, “subsistit in” renforce “est”. Le fait de subsister de manière continue implique une substantielle identité d’essence entre Eglise du Christ et Eglise catholique. Avec l’expression “subsistit in”, le Concile a voulu indiquer que la l’Eglise du Christ était unique et non multipliable. L’Eglise existe en tant qu’objet unique dans la réalité historique. Mais en même temps, le “subsistit in” exprime aussi le fait que, hors de l’ensemble formé par l’Eglise catholique, il n’y a pas un vide ecclésial absolu, mais que l’on peut trouver “de nombreux éléments de sanctification et de vérité… qui en tant que dons propres à l’Eglise du Christ favorisent l’unité catholique”.

    Q. – La quatrième réponse concerne les implications œcuméniques de ce qui a été dit jusqu’à présent. Et elle fait comprendre pourquoi le Concile Vatican II a attribué le nom d’”Eglise” aux Eglises orientales, orthodoxes et préchalcédoniennes, séparées de la pleine communion avec Rome.

    R. – La réponse est claire. Ces Eglises, bien qu’elles soient séparées de Rome, ont de vrais sacrements et surtout, sur la base de la succession apostolique, le sacerdoce et l’Eucharistie. C’est pour cela qu’elles méritent le titre d’Eglises particulières ou locales et qu’elles sont appelées sœurs des Eglises particulières catholiques. Il faut cependant ajouter à cela que ces Eglises sœurs souffrent d’une carence, d’un “vulnus”, dans la mesure où elles ne sont pas en communion avec le chef visible de l’unique Eglise catholique qui est le pape, successeur de Pierre. Et ce n’est pas un fait accessoire, mais un des principes constitutifs internes à chaque Eglise particulière.

    Q. – La dernière réponse réaffirme que l’on ne peut pas attribuer le titre d’”Eglise” aux communautés chrétiennes issues de la Réforme du XVIe siècle.

    R. – C’est douloureux, je le comprends mais, comme l’affirme le Concile, ces communautés n’ont pas conservé la succession apostolique dans le sacrement de l’Ordre, se privant ainsi de l’un des éléments essentiels qui constituent une Eglise. En raison de l’absence du sacerdoce ministériel, ces communautés n’ont donc pas conservé la substance authentique et entière du mystère eucharistique. Pour cette raison, selon la doctrine catholique, elles ne peuvent pas être appelées “Eglises” au sens propre.

    Q. – Cela vaut aussi pour la communion anglicane ?

    R. – Oui.

    Q. – Excellence, quelle est la valeur de ces “responsa” ?

    R. – Elles ont un caractère théologique digne de foi et faisant autorité. Elles sont une explication, formulée par notre Congrégation et approuvée expressément par le Pape, des données du concile.

    Q. – Ces textes sont publiés quelques jours après le “motu proprio” qui libéralise l’usage de la messe dite de saint Pie V. On pourrait penser qu’il ne s’agit pas d’une coïncidence mais d’une stratégie précise…

    R. – Il ne s’agit pas de stratégie ecclésiastique ou médiatique. Nos documents sont publiés quand ils sont prêts, un point c’est tout. Sinon, si nous devions être attentifs à ce genre de problèmes qui ne nous appartiennent pas, nous risquerions, pour une raison ou une autre, de ne jamais parvenir à publier ces textes qu’attendent les évêques et de nombreux fidèles.

    Q. – En tout cas, ces deux faits ont été interprétés – par certains – comme une offensive menée contre le Concile Vatican II.

    R. – Ce n’est pas le cas. Dans les deux cas, il s’agit d’un développement faisant autorité et orthodoxe, dans le sens catholique bien sûr, du Concile. Le Saint Père, et notre congrégation avec lui, n’utilise pas l’herméneutique de la rupture, de l’opposition entre ce qui est pré-conciliaire et ce qui est post-conciliaire. Pour le pape comme pour nous, ce qui a de la valeur, c’est l’herméneutique de la continuité et du développement dans la tradition. Il faudrait arrêter de considérer le second millénaire de la vie de l’Eglise catholique comme une parenthèse malheureuse que le Concile Vatican II, ou mieux son esprit, a annulé d’un seul coup…

    Q. – Il reste pourtant la crainte que ces actes portent préjudice au dialogue œcuménique.

    R. – Ce qui est affirmé dans ces “responsa” a déjà été dit par le Concile lui-même et a été repris par plusieurs documents post-conciliaires, en particulier par la déclaration “Dominus Iesus”. On ne fait pratiquement que redire ce qu’est l’identité catholique pour pouvoir ensuite travailler sereinement et plus efficacement au dialogue œcuménique. Quand votre interlocuteur connaît votre identité, il a tendance à dialoguer de manière plus sincère et sans créer de confusions supplémentaires.

    Q. – Excellence, le motu proprio “Summorum Pontificum” a été accusé par certains d’être anticonciliaire parce qu’il donne pleinement droit de cité à un missel dans lequel on prie pour la conversion des juifs. Est-il vraiment contraire à la lettre et à l’esprit du Concile de dire cette prière ?

    R. – Sûrement pas. A la messe, nous catholiques prions toujours, et en premier, pour notre conversion. Et nous nous frappons la poitrine à cause de nos péchés. Ensuite, nous prions pour la conversion de tous les chrétiens et de tous les non-chrétiens. L’Evangile est pour tous.

    Q. – Mais on objecte que la prière pour la conversion des juifs a été rendue définitivement dépassée par celle dans laquelle on invoque le Seigneur afin qu’il les aide à progresser dans la fidélité à son alliance.

    R. – C’est Jésus lui-même qui affirme, dans l’Evangile selon saint Marc : “Convertissez-vous et croyez à l’Evangile” et ses premiers interlocuteurs étaient ses concitoyens juifs. Nous chrétiens ne pouvons pas faire autre chose que proposer à notre tour ce que Jésus nous a enseigné. Dans la liberté et sans rien imposer, évidemment, mais également sans autocensure.

    Q. – Il y a quelque temps, vous aviez annoncé la publication d’une instruction mise à jour, une seconde “Donum Vitae”, sur les sujets les plus brûlants liés à la bioéthique et aux biotechnologies. A quel point en est-elle ?

    R. – Il s’agit d’un document très délicat, qui demande beaucoup de soin. Je crois qu’il faudra encore beaucoup de travail avant qu’il puisse être publié.

    Q. – Et l’autre document annoncé, celui qui porte sur la loi naturelle ?

    R. – Nous sommes encore en train de rassembler les matériaux provenant de différents colloques internationaux sur ce sujet, qui se sont tenus, sur notre proposition, dans différentes universités pontificales et institutions catholiques dans le monde.

    Q. – Alors nous allons rester un bon moment sans nouveaux documents émanant de votre congrégation ?

    R. – Non, car deux textes vont bientôt être publiés, le premier sur une question spécifique ayant trait à la bioéthique, l’autre concernant un problème à caractère missionnaire. Mais il serait prématuré d’en dire plus.

    Source : Chiesa

    Images du Pape en vacances

    Jeudi, juillet 19th, 2007

    Images du Pape en vacances sur le site italien Skylife :
    - le Pape & les enfants dans la montagne de Vénitie,
    - visite d’une chapelle dédiée à la Vierge.

    Le Pape en France

    Mardi, juillet 17th, 2007

    benoitxvisuperpape.jpg

    La salle de presse du Vatican a confirmé que le Saint Père se rendra au sanctuaire marial de Lourdes l’an prochain, à l’occasion des 150 ans des apparitions de la Vierge.

    La date précise du voyage du pape à Lourdes n’a pas encore été annoncée.

    L’année jubilaire des apparitions s’ouvrira le 8 décembre 2007 en la fête de l’Immaculée conception et se conclura le 8 décembre 2008. Elle aura pour thème : « Venez boire à la fontaine et vous y laver ! ».

    Sanctuaire de Lourdes

    Chaque jour les pèlerins pourront accomplir le « Chemin du jubilé » qui commence dans l’église paroissiale, dans le haut de la ville qui conserve les fonts baptismaux sur lesquels Bernadette Soubirous a été baptisée le 9 janvier 1844, passe par l’humble demeure de la famille de Bernadette, la Grotte des apparitions, pour se terminer dans l’ancien hospice où la sainte fit sa première communion.

    Le Pape dirait sa messe privée selon le rit traditionnel

    Mardi, juillet 17th, 2007

    Fanny m’avait fait part de cette information il y a plus d’un an déjà, me disant que c’est pour cette raison que très peu de gens pouvaient désormais assister à la messe quotidienne du Pape.

    Puis les spéculations dans Tradiland s’étaient enflammées lorsque le Pape avait accidentellement usé d’une rubrique de la messe traditionnelle lors d’une messe du nouveau rit (à savoir la double génuflexion avant & après chaque consécration).

    J’avais trouvé à l’époque cette information vraiment incroyable, mais elle est confirmée depuis hier par cette dépêche de CWN.

    Peu de temps après son élection en avril 2005, Benoît XVI a ordonné des travaux de rénovation de la chapelle Redemptoris Mater du Palais Apostolique. Parmi ces travaux, l’autel novus ordo a été remplacé par un autre plus proche du mur, avec un tabernacle en son centre, qui ne pouvait convenir que pour une célébration ad Orientem, tournée vers le Seigneur.

    On voit donc que bien avant le prochain 14 septembre le Pape a mis en pratique son motu proprio Summorum Pontificum.

    A quand une messe publique du Pape dans le rit extraordinaire ? Pour l’entrée en vigueur du motu proprio à la prochaine fête de l’Exaltation de la Sainte Croix ?

    Le cardinal Ratzinger a plusieurs fois célébré pontificalement dans le rit traditionnel, par exemple au Séminaire de la Fraternité Saint-Pierre de Wigratzbad :

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    Pourtant la messe papale est sensiblement plus difficile à mettre en œuvre qu’une simple messe pontificale, les rubriques en sont si particulières que l’on parle même d’un “rit papal”. La pénurie de cérémoniaires versés dans ces connaissances liturgiques très pointues (feu l’abbé Quoëx en était un) ferait craindre une réalisation pratique assez bancale.

    Papalhighmass

    Il serait plus aisé & plus conforme aux usages (le Pape ne célébrait qu’une ou deux messes hautes par an au XXème siècle) que le Pape assiste au trône à une messe pontificale célébrée devant lui par un évêque (cette cérémonie est parfaitement décrite par les livres liturgiques tridentins).

    Motu Proprio SUMMORUM PONTIFICUM - 7 juillet 2007 (Français)

    Samedi, juillet 7th, 2007

    LETTRE APOSTOLIQUE
    EN FORME DE MOTU PROPRIO
    Du Souverain Pontife
    BENOÎT XVI

    Les Souverains Pontifes ont toujours veillé jusqu’à nos jours à ce que l’Église du Christ offre à la divine Majesté un culte digne, « à la louange et à la gloire de son nom » et « pour le bien de toute sa sainte Église ».

    Depuis des temps immémoriaux et aussi à l’avenir, le principe à observer est que « chaque Église particulière doit être en accord avec l’Église universelle, non seulement quant à la doctrine de la foi et aux signes sacramentels, mais aussi quant aux usages reçus universellement de la tradition apostolique ininterrompue, qui sont à observer non seulement pour éviter des erreurs, mais pour transmettre l’intégrité de la foi, parce que la lex orandi de l’Église correspond à sa lex credendi » [1].

    Parmi les Pontifes qui ont eu ce soin se distingue le nom de saint Grégoire le Grand qui fut attentif à transmettre aux nouveaux peuples de l’Europe tant la foi catholique que les trésors du culte et de la culture accumulés par les Romains au cours des siècles précédents. Il ordonna de déterminer et de conserver la forme de la liturgie sacrée, aussi bien du Sacrifice de la Messe que de l’Office divin, telle qu’elle était célébrée à Rome. Il encouragea vivement les moines et les moniales qui, vivant sous la Règle de saint Benoît, firent partout resplendir par leur vie, en même temps que l’annonce de l’Évangile, cette très salutaire manière de vivre de la Règle, « à ne rien mettre au-dessus de l’oeuvre de Dieu» (chap. 43). Ainsi, la liturgie selon les coutumes de Rome féconda non seulement la foi et la piété mais aussi la culture de nombreux peuples. C’est un fait en tout cas que la liturgie latine de l’Église sous ses diverses formes, au cours des siècles de l’ère chrétienne, a été un stimulant pour la vie spirituelle d’innombrables saints et qu’elle a affermi beaucoup de peuples par la religion et fécondé leur piété.

    Au cours des siècles, beaucoup d’autres Pontifes romains se sont particulièrement employés à ce que la liturgie accomplisse plus efficacement cette tâche ; parmi eux se distingue saint Pie V, qui, avec un grand zèle pastoral, suivant l’exhortation du Concile de Trente, renouvela tout le culte de l’Église, fit éditer des livres liturgiques corrigés et « réformés selon la volonté des Pères », et les donna à l’Église latine pour son usage.

    Parmi les livres liturgiques du Rite romain, la première place revient évidemment au Missel romain, qui se répandit dans la ville de Rome puis, les siècles suivants, prit peu à peu des formes qui ont des similitudes avec la forme en vigueur dans les générations récentes.

    C’est le même objectif qu’ont poursuivi les Pontifes romains au cours des siècles suivants en assurant la mise à jour des rites et des livres liturgiques ou en les précisant, et ensuite, depuis le début de ce siècle, en entreprenant une réforme plus générale » [2]. Ainsi firent mes prédécesseurs Clément VIII, Urbain VIII, saint Pie X [3], Benoît XV et le bienheureux Jean XXIII.

    Plus récemment, le Concile Vatican II exprima le désir que l’observance et le respect dus au culte divin soient de nouveau réformés et adaptés aux nécessités de notre temps. Poussé par ce désir, mon prédécesseur le Souverain Pontife Paul VI approuva en 1970 des livres liturgiques restaurés et partiellement rénovés de l’Église latine ; ceux-ci, traduits partout dans le monde en de nombreuses langues modernes, ont été accueillis avec plaisir par les évêques comme par les prêtres et les fidèles. Jean-Paul II reconnut la troisième édition type du Missel romain. Ainsi, les Pontifes romains se sont employés à ce que « cet édifice liturgique, pour ainsi dire, […] apparaisse de nouveau dans la splendeur de sa dignité et de son harmonie » [4].

    Dans certaines régions, toutefois, de nombreux fidèles se sont attachés et continuent à être attachés avec un tel amour et une telle passion aux formes liturgiques précédentes, qui avaient profondément imprégné leur culture et leur esprit, que le Souverain Pontife Jean-Paul II, poussé par la sollicitude pastorale pour ces fidèles, accorda en 1984, par un indult spécial Quattuor abhinc annos de la Congrégation pour le Culte divin, la faculté d’utiliser le Missel romain publié en 1962 par Jean XXIII ; puis de nouveau en 1988, par la lettre apostolique Ecclesia Dei en forme de motu proprio, Jean-Paul II exhorta les Évêques à utiliser largement et généreusement cette faculté en faveur de tous les fidèles qui en feraient la demande.

    Les prières instantes de ces fidèles ayant déjà été longuement pesées par mon prédécesseur Jean-Paul II, ayant moi-même entendu les Pères Cardinaux au consistoire qui s’est tenu le 23 mars 2006, tout bien considéré, après avoir invoqué l’Esprit Saint et l’aide de Dieu, par la présente Lettre apostolique je décide ce qui suit :

    Art. 1. Le Missel romain promulgué par Paul VI est l’expression ordinaire de la « lex orandi » de l’Église catholique de rite latin. Le Missel romain promulgué par S. Pie V et réédité par le B. Jean XXIII doit être considéré comme l’expression extraordinaire de la même « lex orandi » de l’Église et être honoré en raison de son usage vénérable et antique. Ces deux expressions de la « lex orandi » de l’Église n’induisent aucune division de la « lex credendi » de l’Église ; ce sont en effet deux mises en oeuvre de l’unique rite romain.

    Il est donc permis de célébrer le Sacrifice de la Messe suivant l’édition type du Missel romain promulgué par le B. Jean XXIII en 1962 et jamais abrogé, en tant que forme extraordinaire de la Liturgie de l’Église. Mais les conditions établies par les documents précédents Quattuor abhinc annos et Ecclesia Dei pour l’usage de ce Missel sont remplacées par ce qui suit :

    Art. 2. Aux Messes célébrées sans peuple, tout prêtre catholique de rite latin, qu’il soit séculier ou religieux, peut utiliser le Missel romain publié en 1962 par le bienheureux Pape Jean XXIII ou le Missel romain promulgué en 1970 par le Souverain Pontife Paul VI, et cela quel que soit le jour, sauf le Triduum sacré. Pour célébrer ainsi selon l’un ou l’autre Missel, le prêtre n’a besoin d’aucune autorisation, ni du Siège apostolique ni de son Ordinaire.

    Art. 3. Si des communautés d’Instituts de vie consacrée et de Sociétés de vie apostolique de droit pontifical ou de droit diocésain désirent, pour la célébration conventuelle ou « communautaire », célébrer dans leurs oratoires propres la Messe selon l’édition du Missel romain promulgué en 1962, cela leur est permis. Si une communauté particulière ou tout l’Institut ou Société veut avoir de telles célébrations souvent ou habituellement ou de façon permanente, cette façon de faire doit être déterminée par les Supérieurs majeurs selon les règles du droit et les lois et statuts particuliers.

    Art. 4. Aux célébrations de la Messe dont il est question ci-dessus à l’art. 2 peuvent être admis, en observant les règles du droit, des fidèles qui le demandent spontanément.

    Art. 5, § 1. Dans les paroisses où il existe un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure, le curé accueillera volontiers leur demande de célébrer la Messe selon le rite du Missel romain édité en 1962. Il appréciera lui-même ce qui convient pour le bien de ces fidèles en harmonie avec la sollicitude pastorale de la paroisse, sous le gouvernement de l’Évêque selon les normes du canon 392, en évitant la discorde et en favorisant l’unité de toute l’Église.

    § 2. La célébration selon le Missel du bienheureux Jean XXIII peut avoir lieu les jours ordinaires ; mais les dimanches et les jours de fêtes, une Messe sous cette forme peut aussi être célébrée.

    § 3. Le curé peut aussi autoriser aux fidèles ou au prêtre qui le demandent, la célébration sous cette forme extraordinaire dans des cas particuliers comme des mariages, des obsèques ou des célébrations occasionnelles, par exemple des pèlerinages.

    § 4. Les prêtres utilisant le Missel du bienheureux Jean XXIII doivent être idoines et non empêchés par le droit.

    § 5. Dans les églises qui ne sont ni paroissiales ni conventuelles, il appartient au Recteur de l’église d’autoriser ce qui est indiqué ci-dessus.

    Art. 6. Dans les Messes selon le Missel du B. Jean XXIII célébrées avec le peuple, les lectures peuvent aussi être proclamées en langue vernaculaire, utilisant des éditions reconnues par le Siège apostolique.

    Art. 7. Si un groupe de fidèles laïcs dont il est question à l’article 5 § 1 n’obtient pas du curé ce qu’ils lui ont demandé, ils en informeront l’Évêque diocésain. L’Évêque est instamment prié d’exaucer leur désir. S’il ne peut pas pourvoir à cette forme de célébration, il en sera référé à la Commission pontificale Ecclesia Dei.

    Art. 8. L’Évêque qui souhaite pourvoir à une telle demande de fidèles laïcs, mais qui, pour différentes raisons, en est empêché, peut en référer à la Commission pontificale Ecclesia Dei, qui lui fournira conseil et aide.

    Art. 9, § 1. De même, le curé, tout bien considéré, peut concéder l’utilisation du rituel ancien pour l’administration des sacrements du Baptême, du Mariage, de la Pénitence et de l’Onction des Malades, s’il juge que le bien des âmes le réclame.

    § 2. Aux Ordinaires est accordée la faculté de célébrer le sacrement de la Confirmation en utilisant le Pontifical romain ancien, s’il juge que le bien des âmes le réclame.

    § 3. Tout clerc dans les ordres sacrés a le droit d’utiliser aussi le Bréviaire romain promulgué par le bienheureux Pape Jean XXIII en 1962.

    Art. 10. S’il le juge opportun, l’Ordinaire du lieu a le droit d’ériger une paroisse personnelle au titre du canon 518, pour les célébrations selon la forme ancienne du rite romain, ou de nommer soit un recteur soit un chapelain, en observant les règles du droit.

    Art. 11. La Commission pontificale Ecclesia Dei, érigée par le Pape Jean-Paul II en 1988 [5], continue à exercer sa mission.
    Cette commission aura la forme, la charge et les normes que le Pontife romain lui-même voudra lui attribuer.

    Art. 12. Cette commission, outre les facultés dont elle jouit déjà, exercera l’autorité du Saint-Siège, veillant à l’observance et à l’application de ces dispositions.

    Tout ce que j’ai établi par la présente Lettre apostolique en forme de Motu proprio, j’ordonne que cela ait une valeur pleine et stable, et soit observé à compter du 14 septembre de cette année, nonobstant toutes choses contraires.

    Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 7 juillet de l’an du Seigneur 2007, en la troisième année de mon pontificat.

    Benoit XVI

    ———–

    [1] Présentation générale du Missel romain, troisième édition, 2002, n. 397. [Retour]
    [2] Jean-Paul II, Lettre ap. Vicesimus quintus annus (4 décembre 1988), n. 3 : AAS 81 (1989), p. 899 ; La Documentation catholique 86 (1989), pp. 518-519. [Retour]
    [3] Ibidem. [Retour]
    [4] Motu proprio Abhinc duos annos (23 octobre 1913) : AAS 5 (1913), pp. 449-450 ; cf. Jean-Paul II, Lettre ap. Vicesimus quintus annus, n. 3 : AAS 81 (1989), p. 899; La Documentation 86 (1989), p. 519. [Retour]
    [5] Cf. Jean-Paul II, Motu proprio Ecclesia Dei adflicta (2 juillet 1988), n. 6 : AAS 80 (1988), p. 1498: La Documentation catholique 85 (1988), pp. 788-789. [Retour]

    [01041-03.01] [Texte original: Latin]

    Lettre du pape Benoit XVI aux évêques

    Samedi, juillet 7th, 2007

    Chers frères dans l’Episcopat,

    C’est avec beaucoup de confiance et d’espérance que je remets entre vos mains de Pasteurs le texte d’une nouvelle Lettre Apostolique « Motu Proprio data », sur l’usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970. Ce document est le fruit de longues réflexions, de multiples consultations, et de la prière.

    Des nouvelles et des jugements formulés sans information suffisante, ont suscité beaucoup de confusion. On trouve des réactions très diverses les unes des autres, qui vont de l’acceptation joyeuse à une dure opposition, à propos d’un projet dont le contenu n’était, en réalité, pas connu.

    Deux craintes s’opposaient plus directement à ce document, et je voudrais les examiner d’un peu plus près dans cette lettre.

    En premier lieu il y a la crainte d’amenuiser ainsi l’Autorité du Concile Vatican II, et de voir mettre en doute une de ses décisions essentielles – la réforme liturgique.

    Cette crainte n’est pas fondée. A ce propos, il faut dire avant tout que le Missel, publié par Paul VI et réédité ensuite à deux reprises par Jean-Paul II, est et demeure évidemment la Forme normale – la Forma ordinaria – de la liturgie Eucharistique. La dernière version du Missale Romanum, antérieure au Concile, qui a été publiée sous l’autorité du Pape Jean XXIII en 1962 et qui a été utilisée durant le Concile, pourra en revanche être utilisée comme Forma extraordinaria de la Célébration liturgique. Il n’est pas convenable de parler de ces deux versions du Missel Romain comme s’il s’agissait de « deux Rites ». Il s’agit plutôt d’un double usage de l’unique et même Rite.

    Quant à l’usage du Missel de 1962, comme Forma extraordinaria de la Liturgie de la Messe, je voudrais attirer l’attention sur le fait que ce Missel n’a jamais été juridiquement abrogé, et que par conséquent, en principe, il est toujours resté autorisé. Lors de l’introduction du nouveau Missel, il n’a pas semblé nécessaire de publier des normes propres concernant la possibilité d’utiliser le Missel antérieur. On a probablement supposé que cela ne concernerait que quelques cas particuliers, que l’on résoudrait localement, au cas par cas. Mais, par la suite, il s’est vite avéré que beaucoup de personnes restaient fortement attachées à cet usage du Rite romain, qui leur était devenu familier depuis l’enfance. Ceci s’est produit avant tout dans les pays où le mouvement liturgique avait donné à de nombreuses de personnes une remarquable formation liturgique, ainsi qu’une familiarité profonde et intime avec la Forme antérieure de la Célébration liturgique. Nous savons tous qu’au sein du mouvement conduit par l’Archevêque Mgr Lefebvre, la fidélité au Missel ancien est devenue un signe distinctif extérieur ; mais les raisons de la fracture qui naissait sur ce point étaient à rechercher plus en profondeur. Beaucoup de personnes qui acceptaient clairement le caractère contraignant du Concile Vatican II, et qui étaient fidèles au Pape et aux Evêques, désiraient cependant retrouver également la forme de la sainte Liturgie qui leur était chère ; cela s’est produit avant tout parce qu’en de nombreux endroits on ne célébrait pas fidèlement selon les prescriptions du nouveau Missel ; au contraire, celui-ci finissait par être interprété comme une autorisation, voire même une obligation de créativité ; cette créativité a souvent porté à des déformations de la Liturgie à la limite du supportable. Je parle d’expérience, parce que j’ai vécu moi aussi cette période, avec toutes ses attentes et ses confusions. Et j’ai constaté combien les déformations arbitraires de la Liturgie ont profondément blessé des personnes qui étaient totalement enracinées dans la foi de l’Eglise.

    C’est pour ce motif que le Pape Jean-Paul II s’est vu dans l’obligation de donner, avec le Motu Proprio « Ecclesia Dei » du 2 juillet 1988, un cadre normatif pour l’usage du Missel de 1962; ce cadre ne contenait cependant pas de prescriptions détaillées, mais faisait appel de manière plus générale à la générosité des Evêques envers les « justes aspirations » des fidèles qui réclamaient cet usage du Rite romain. A cette époque, le Pape voulait ainsi aider surtout la Fraternité Saint Pie X à retrouver la pleine unité avec le successeur de Pierre, en cherchant à guérir une blessure perçue de façon toujours plus douloureuse. Cette réconciliation n’a malheureusement pas encore réussi; cependant, une série de communautés a profité avec gratitude des possibilités offertes par ce Motu Proprio. Par contre, en dehors de ces groupes, pour lesquels manquaient des normes juridiques précises, la question de l’usage du Missel de 1962 est restée difficile, avant tout parce que les Evêques craignaient, dans ces situations, que l’on mette en doute l’autorité du Concile. Aussitôt après le Concile Vatican II, on pouvait supposer que la demande de l’usage du Missel de 1962 aurait été limitée à la génération plus âgée, celle qui avait grandi avec lui, mais entretemps il est apparu clairement que des personnes jeunes découvraient également cette forme liturgique, se sentaient attirées par elle et y trouvaient une forme de rencontre avec le mystère de la Très Sainte Eucharistie qui leur convenait particulièrement. C’est ainsi qu’est né le besoin d’un règlement juridique plus clair, que l’on ne pouvait pas prévoir à l’époque du Motu Proprio de 1988; ces Normes entendent également délivrer les Evêques de la nécessité de réévaluer sans cesse la façon de répondre aux diverses situations.

    En second lieu, au cours des discussions sur ce Motu Proprio attendu, a été exprimée la crainte qu’une plus large possibilité d’utiliser le Missel de 1962 puisse porter à des désordres, voire à des fractures dans les communautés paroissiales. Cette crainte ne me paraît pas non plus réellement fondée. L’usage de l’ancien Missel présuppose un minimum de formation liturgique et un accès à la langue latine; ni l’un ni l’autre ne sont tellement fréquents. De ces éléments préalables concrets découle clairement le fait que le nouveau Missel restera certainement la Forme ordinaire du Rite Romain, non seulement en raison des normes juridiques, mais aussi à cause de la situation réelle dans lesquelles se trouvent les communautés de fidèles.

    Il est vrai que les exagérations ne manquent pas, ni parfois des aspects sociaux indûment liés à l’attitude de certains fidèles liés à l’ancienne tradition liturgique latine. Votre charité et votre prudence pastorale serviront de stimulant et de guide pour perfectionner les choses. D’ailleurs, les deux Formes d’usage du Rite Romain peuvent s’enrichir réciproquement: dans l’ancien Missel pourront être et devront être insérés les nouveaux saints, et quelques-unes des nouvelles préfaces. La Commission « Ecclesia Dei », en lien avec les diverses entités dédiées à l’usus antiquior, étudiera quelles sont les possibilités pratiques. Dans la célébration de la Messe selon le Missel de Paul VI, pourra être manifestée de façon plus forte que cela ne l’a été souvent fait jusqu’à présent, cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers le rite ancien. La meilleure garantie pour que le Missel de Paul VI puisse unir les communautés paroissiales et être aimé de leur part est de célébrer avec beaucoup de révérence et en conformité avec les prescriptions; c’est ce qui rend visible la richesse spirituelle et la profondeur théologique de ce Missel.

    J’en arrive ainsi à la raison positive qui est le motif qui me fait actualiser par ce Motu Proprio celui de 1988. Il s’agit de parvenir à une réconciliation interne au sein de l’Eglise. En regardant le passé, les divisions qui ont lacéré le corps du Christ au cours des siècles, on a continuellement l’impression qu’aux moments critiques où la division commençait à naître, les responsables de l’Eglise n’ont pas fait suffisamment pour conserver ou conquérir la réconciliation et l’unité ; on a l’impression que les omissions dans l’Eglise ont eu leur part de culpabilité dans le fait que ces divisions aient réussi à se consolider. Ce regard vers le passé nous impose aujourd’hui une obligation : faire tous les efforts afin que tous ceux qui désirent réellement l’unité aient la possibilité de rester dans cette unité ou de la retrouver à nouveau. Il me vient à l’esprit une phrase de la seconde épître aux Corinthiens, où Saint Paul écrit: « Nous vous avons parlé en toute liberté, Corinthiens; notre cœur s’est grand ouvert. Vous n’êtes pas à l’étroit chez nous; c’est dans vos cœurs que vous êtes à l’étroit. Payez-nous donc de retour ; … ouvrez tout grand votre cœur, vous aussi ! » (2Co 6,11-13). Paul le dit évidemment dans un autre contexte, mais son invitation peut et doit aussi nous toucher, précisément sur ce thème. Ouvrons généreusement notre cœur et laissons entrer tout ce à quoi la foi elle-même fait place.

    Il n’y a aucune contradiction entre l’une et l’autre édition du Missale Romanum. L’histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste. Il est bon pour nous tous, de conserver les richesses qui ont grandi dans la foi et dans la prière de l’Eglise, et de leur donner leur juste place. Evidemment, pour vivre la pleine communion, les prêtres des communautés qui adhèrent à l’usage ancien ne peuvent pas non plus, par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres. L’exclusion totale du nouveau rite ne serait pas cohérente avec la reconnaissance de sa valeur et de sa sainteté.

    Pour conclure, chers Confrères, il me tient à cœur de souligner que ces nouvelles normes ne diminuent aucunement votre autorité et votre responsabilité, ni sur la liturgie, ni sur la pastorale de vos fidèles. Chaque Evêque est en effet le « modérateur » de la liturgie dans son propre diocèse (cf. Sacrosanctum Concilium, n. 22 : « Sacrae liturgiae moderatio ab Ecclesiae auctoritate unice pendet : quae quidem est apud Apostolicam Sedem et, ad normam iuris, apud Episcopum »).

    Rien n’est donc retiré à l’autorité de l’Evêque dont le rôle demeurera de toute façon celui de veiller à ce que tout se passe dans la paix et la sérénité. Si quelque problème devait surgir et que le curé ne puisse pas le résoudre, l’Ordinaire local pourra toujours intervenir, en pleine harmonie cependant avec ce qu’établissent les nouvelles normes du Motu Proprio.

    Je vous invite en outre, chers Confrères, à bien vouloir écrire au Saint-Siège un compte-rendu de vos expériences, trois ans après l’entrée en vigueur de ce Motu Proprio. Si de sérieuses difficultés étaient vraiment apparues, on pourrait alors chercher des voies pour y porter remède.

    Chers Frères, c’est en esprit de reconnaissance et de confiance que je confie à votre cœur de Pasteurs ces pages et les normes du Motu Proprio. Souvenons-nous toujours des paroles de l’Apôtre Paul, adressées aux prêtres d’Ephèse : « Soyez attentifs à vous-mêmes, et à tout le troupeau dont l’Esprit-Saint vous a établis gardiens, pour paître l’Eglise de Dieu, qu’il s’est acquise par le sang de son propre Fils » (Ac 20,28).

    Je confie à la puissante intercession de Marie, Mère de l’Eglise, ces nouvelles normes, et j’accorde de tout mon cœur ma Bénédiction Apostolique à vous, chers Confrères, aux curés de vos diocèses, et à tous les prêtres vos collaborateurs ainsi qu’à tous vos fidèles.

    Fait auprès de Saint-Pierre, le 7 juillet 2007.

    Le motu proprio sur le missel de saint Pie V est imminent

    Jeudi, juin 28th, 2007

    Le motu proprio sur le missel de saint Pie V dévoilé en avant première à Rome à des évêques.

    cardinal Bertone

    Hier mercredi dans le Palais Apostolique, le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’État, a donné - en avant-première -communication du fameux motu proprio à 30 évêques venus des quatre coins du monde. Ces évêques, spécialement invités pour l’occasion, représentaient diverses conférences épiscopales. Le Pape est venu ensuite à leur rencontre. Le document en lui-même ferait trois pages. Une longue introduction du Pape le présenterait.

    La publication du motu proprio parait imminente & certaines rumeurs laissent entendre qu’il paraîtrait dans l’Osservatore Romano le 7 juillet 2007 (le jour du triple 7 !!! :-) ).

    Oremus !

    Le Motu Proprio libéralisant le rite tridentin a été signé par Benoît XVI.

    Vendredi, juin 15th, 2007

    Le Motu Proprio en vue de libéraliser la messe tridentine a été signé par Benoît XVI et sera très prochainement publié. Une lettre d’explication adressée à tous les évêques du monde accompagnera le texte, ont confirmé des sources vaticanes proches du dossier.

    Benoit XVI

    Le Motu Proprio permettant la libéralisation de la messe selon le rite de saint Pie V sera « prochainement publié, comme l’a annoncé le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, ont ainsi confirmé des sources vaticanes. Benoit XVI a signé le document « il y a un certain temps », ont-elles confié. Le texte sera naturellement, en même temps, accompagné d’une lettre d’explication adressée à tous les évêques ».

    Si « une date précise a été choisie » pour sa publication, a-t-on expliqué à I.MEDIA, elle est encore tenue secrète au Vatican. Si elle est très proche, il semblerait plus judicieux « de parler en termes de semaines plutôt que de jours ».

    Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, a pour sa part confirmé l’information à I.MEDIA, sans pour autant donner de précision quant à la date de publication. Il n’a pas voulu non plus confirmer le fait que le document pourrait être présenté lors d’une conférence de presse au Vatican. « Je ne peux dire les choses que lorsqu’elles sont confirmées et communicables, ce que je fais habituellement par l’intermédiaire du bulletin du Bureau de presse”.

    Le site Internet d’information religieuses www.papanews.it a annoncé, le 14 juin 2007, que le Motu Proprio serait présenté à la presse par les cardinaux Francis Arinze, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, Dario Castrillon Hoyos, président de la Commission Ecclesia Dei, et Julian Herranz, président du Conseil pontifical pour les textes léglatifs, qui ont tous travaillé sur le document.

    « Vous pouvez tranquillement écrire que le pape aime la concertation et la collaboration et ne veut pas décider de tout tout seul, et pour cela il a écouté de façon renouvelée différents avis », a confié Mgr Nicola Bux, consulteur à la Congrégation pour la doctrine de la foi, à www.papanews.it. « Mais le Motu Proprio pour la libéralisation de la messe en latin a été signé et sa publication est imminente, je dirais que c’est une question de jours ».

    Selon certaines rumeurs au Vatican, le document pourrait étre publié lorsque Benoît XVI commencera ses vacances à Castel Gandolfo, soit à la fin du mois de juillet prochain. Il est déjà arrivé que le Saint-Siège publie des documents importants et délicats durant l’été et les vacances. Tel a été le cas de la Lettre aux évêques sur la collaboration de l’homme et de la femme dans l’Eglise et dans le monde de la Congrégation pour la doctrine de la foi, publiée fin juillet 2004.

    Depuis octobre 2006, le pape a beaucoup consulté au sujet de la libéralisation de la messe préconciliaire. En effet, ses projets ont suscité de fortes controverses dans le monde ecclésiastique, notamment en Framce, et, plus récemment, chez les théologiens juifs.

    Un premier texte a ainsi pu être retouché afin de favoriser la “réception sereine” du document, comme l”‘a récemment formulé le cardinal Bertone. Dans une interview accordée au quotidien italien Avvenire, le 3 juin dernier, le secrétaire d’Etat du Saint-Siège a aussi confié qu’il “‘ne faudrait pas attendre beaucoup de temps pour le voir publié”, car le pape était “personnellement intéress锑 par sa publication.

    AR

    Source: Agence I.MEDIA - 15 juin 2007

    Le cardinal Bertone confie que la publication du Motu Proprio serait proche

    Samedi, juin 9th, 2007

    ROME, le 4 Juin 2007 - (E.S.M.) - Le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’État, a annoncé que la publication du document par lequel le pape Benoît XVI libéralisera la célébration de la messe en latin selon le missel préconciliaire, ne tardera plus.

    Le cardinal Bertone annonce la publication du Motu Proprio du pape Benoît XVI

    cardinal Bertone

    Nous écrivions, hier, “certaines personnes se demandent si le pape Benoît XVI publiera un jour le fameux Motu Proprio !” C’est maintenant officiel, le cardinal secrétaire d’État a confirmé l’imminence du document. Que chacun se rassure et se prépare à le recevoir dans la sérénité. (La participation authentique à la liturgie voulue par Benoît XVI - 03.06.07)

    La lettre adressée par Benoît XVI aux catholiques chinois devrait être publiée prochainement, tout comme son Motu Proprio en vue de la libéralisation de la messe tridentine. C’est ce qu’a déclaré le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’État du Saint-Siège, dans le quotidien de la Conférence des évêques italiens, Avvenire - INTERVISTA, daté du 3 juin.

    Interrogé sur le Motu Proprio pour la libéralisation de la messe tridentine, le secrétaire d’État du Saint-Siège a confié qu’il “ne faudrait pas attendre beaucoup de temps pour le voir publier”, car le pape Benoît XVI était “personnellement intéressé“ par sa publication.

    Le cardinal a encore précisé que Benoît XVI en expliquerait le sens “dans une lettre d’accompagnement, en espérant une réception sereine” du texte. La publication du Motu Proprio précisant l’autorisation de célébrer la messe en rite préconciliaire “aura lieu”, avait déjà confié le secrétaire d’État du Saint-Siège, le 1er avril, soulignant que ce serait le pape lui-même qui expliquerait alors “ses motivations et le cadre de sa décision“.

    Jusqu’à présent, sur indication de Jean Paul II, les prêtres et les fidèles qui voulaient la célébration la messe selon l’ancien missel en vigueur dans l’Église latine jusqu’à 1962 doivent demander une autorisation à leur évêque.

    Le cardinal Bertone révèle également, dans son interview, que le Pape Benoît XVI a déjà approuvé la lettre qu’il a écrite aux Catholiques chinois. “On procède maintenant aux diverses traductions et aux aspects techniques de sa publication”, conclut-il.

    Source : QIEN.