Archives de la catégorie ‘‘Actualités’’

Le Patriarche Alexis II à Notre-Dame de Paris - reportage photos

Mercredi, octobre 3rd, 2007

Cet après-midi, après avoir été reçu à l’Elysée par le président de la République, & après avoir rencontré Mme Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur en charge des cultes, Sa Sainteté le Patriarche Alexis II de Moscou & de toutes les Russies s’est rendu à Notre-Dame de Paris afin d’y vénérer la Sainte Couronne d’Epines.

Clin d’œil de la Providence, alors que je sortais de cours, j’ai eu la joie d’escorter en Vélib sur plusieurs centaines de mètres la voiture officielle du patriarche - m’inclinant pour sa bénédiction -, l’intense circulation sur les quais empêchant le cortège officiel d’avancer !!! ;-)

La visite du Patriarche (qui rappelons-le est à la tête de la plus grande église orthodoxe au monde) a été particulièrement émouvante, & a donné lieu à un grand concours de peuples (catholiques comme orthodoxes) & de clergés (3 cardinaux, de nombreux évêques catholiques & orthodoxes).

En voici quelques photos parmi la centaine que je pris.

Alexis II, patriarche de Moscou & de toutes les Russies, en visite à Notre-Dame de Paris

Discours de Sa Sainteté le Patriarche Alexis II.

Alexis II, patriarche de Moscou & de toutes les Russies, en visite à Notre-Dame de Paris

Avec S.E. Mgr Vingt-Trois, archevêque de Paris.

Alexis II, patriarche de Moscou & de toutes les Russies, en visite à Notre-Dame de Paris

Sa Sainteté Alexis II offre à Mgr Vingt-Trois une copie de l’icône miraculeuse de Notre-Dame de Vladimir, qui délivra la Russie au XIVème siècle de l’invasion de Tamerlan.

Alexis II, patriarche de Moscou & de toutes les Russies, en visite à Notre-Dame de Paris

Dans les stalles de Notre-Dame.

Alexis II, patriarche de Moscou & de toutes les Russies, en visite à Notre-Dame de Paris

Idem ac supra.

Alexis II, patriarche de Moscou & de toutes les Russies, en visite à Notre-Dame de Paris

Encensement de la Sainte Couronne d’Epine du Christ.

Alexis II, patriarche de Moscou & de toutes les Russies, en visite à Notre-Dame de Paris

Chant d’un petit office d’action de grâces byzantin. Les officiants russes ont des voix extraordinaires, celle du diacre en particulier est magnifique. Ils savent proclamer la liturgie, voilà tout.

Alexis II, patriarche de Moscou & de toutes les Russies, en visite à Notre-Dame de Paris

Vénération de la Sainte Couronne par le Patriarche de Moscou.

Alexis II, patriarche de Moscou & de toutes les Russies, en visite à Notre-Dame de Paris

Fin de l’office.

Alexis II, patriarche de Moscou & de toutes les Russies, en visite à Notre-Dame de Paris

Retour de la Sainte Couronne au trésor de Notre-Dame.

Alexis II, patriarche de Moscou & de toutes les Russies, en visite à Notre-Dame de Paris

Prélats & évêques latins dans la procession de sortie.

Alexis II, patriarche de Moscou & de toutes les Russies, en visite à Notre-Dame de Paris

Idem ac supra.

Alexis II, patriarche de Moscou & de toutes les Russies, en visite à Notre-Dame de Paris

Evêques orientaux dans la procession de sortie.

Le chœur russe qui a chanté était proprement extraordinaire, leur chant particulièrement soignée : articulations parfaites du texte, nuances, puissance vocale, plénitude des harmoniques. Je n’ai pas jusqu’alors ouï de chant ecclésiastique slavon aussi techniquement parfait & à la spiritualité véritablement immédiate. J’ignore si c’était le chœur patriarcal, le site du diocèse de Chersonèse parle simplement d’une “chorale d’hommes venue de Moscou”.

En face d’une perfection liturgique russe, les Occidentaux ont fait bien pâle figure. Pour moi, c’est symptomatique du naufrage de nos traditions liturgiques occidentales & de la décadence liturgique & musicale qui afflige notre Eglise. A l’entrée, une schtroumphette tentait de faire chanter à la foule cet épouvantable Laudate Dominum composé par quelqu’un qui n’a jamais su ce qu’était le latin & qui ne peut même pas imaginer que cette langue possède une accentuation. L’orgue, privé de tout rôle véritablement liturgique, s’est cantonné à quelques conduits sans grandeurs durant les processions. La maîtrise s’est bornée à chanter à l’arrivée de la Sainte Couronne un motet qui pouvait bien être un Adoramus te, tant l’intelligence du texte en est demeurée mystérieuse. Le chant du Pater noster était musicalement totalement raté, surtout au regard du sublime Otche Nach pris immédiatement après par les Orthodoxes. (Ne parlons pas du grotesque nouvel encensoir de Notre-Dame). Comment pouvons-nous donner envie aux Orthodoxes de nous fréquenter ?

Alexis II prend la défense des Serbes du Kosovo

Mercredi, octobre 3rd, 2007
Alexis II, patriarche de Moscou & de toutes les Russies

Le Patriarche de Moscou et de toutes les Russies Alexis II sera cet après-midi à 17h30 à Notre Dame de Paris pour une cérémonie. II a invité à tenir compte des intérêts des Serbes en définissant le statut du Kosovo. Il a notamment déclaré :

“La Russie ne peut pas se taire, lorsque des églises datant du 13e, du 14e et du 15e siècles sous la protection de l’UNESCO sont dévastées au Kosovo.”

Peuplé majoritairement d’Albanais, le Kosovo exige son indépendance vis-à-vis de la Serbie. Depuis 1999, cette province se trouve sous protectorat de l’ONU conformément à la résolution 1244 du Conseil de sécurité. La Serbie envisage le statut du Kosovo comme une large autonomie, alors que les dirigeants du de la province insistent sur un Etat indépendant.

Chrétiens en Turquie

Mercredi, octobre 3rd, 2007


Discours du patriarche Alexis à la cathédrale catholique de Strasbourg

Mardi, octobre 2nd, 2007

Excellence, Messeigneurs, chers pères, frères et sœurs,

Avant tout, je souhaiterais rendre grâce à Notre Seigneur Jésus-Christ de m’avoir permis de visiter la terre de France. Cette visite en France a lieu sur invitation en particulier de l’Église catholique et avec le concours direct de la Conférence des évêques de France.

Je profite de la présente occasion pour remercier cordialement l’archevêque de Strasbourg, Monseigneur Jean-Pierre Grallet, de son chaleureux accueil et de son hospitalité.

Dans le monde d’aujourd’hui, tout croyant est porteur d’une responsabilité énorme et d’une mission difficile – celle de témoigner de sa foi. Il est heureux que les catholiques et les orthodoxes puissent unir leurs efforts et travailler ensemble. Nous pouvons et devons affirmer ensemble les valeurs chrétiennes, face à un rejet et à une indifférence.

C’est ce qui fait de nous les disciples de Notre Seigneur Jésus-Christ. N’oublions pas qu’avec l’aide de Dieu nous pouvons atteindre beaucoup de choses, car c’est dans la faiblesse que se manifeste la puissance de Dieu (2 Co 12, 9).

J’espère sincèrement que mon séjour dans ce pays, la rencontre avec les évêques et les fidèles de l’Église catholique de France portera des fruits et contribuera à l’avancement du dialogue entre orthodoxes et catholiques en Europe et dans le monde.

Alexis II semble vouloir rencontrer Benoît XVI

Mardi, octobre 2nd, 2007
Alexis II, patriarche de Moscou & de toutes les Russies

Dans un entretien accordé au Figaro hier, Sa Béatitude le patriarche Alexis II de Moscou & de toutes les Russies a déclaré :

« Je suis persuadé que l’Église catholique et l’Église orthodoxe doivent agir ensemble pour défendre les valeurs chrétiennes contre un matérialisme agressif. La vision personnelle du Pape contribue à ce rapprochement. Concernant la possibilité d’une rencontre avec Benoît XVI, je ne l’exclus pas du tout. Peut-être pas dans un mois, mais dans un an ou deux. Cependant, il faut se préparer soigneusement, lever toutes les difficultés. »

Nos articles des mois précédents sur Alexis II :

  • Annonce de la visite d’Alexis II en France - notes biographiques - la lettre de remerciement du patriarche de Moscou au Pape,
  • Alexis II salue le retour de la liturgie latine traditionnelle après le motu proprio Summorum Pontificum,
  • Le Patriarche de Moscou honore le représentant du Pape en Russie.
  • Discours du patriarche de Moscou au Conseil de l’Europe, ce matin à Strasbourg

    Mardi, octobre 2nd, 2007

    Strasbourg, le 2 octobre 2007

    Alexis II, patriarche de Moscou & de toutes les Russies

    Monsieur le Président,
    Mesdames et Messieurs les membres de l’Assemblée parlementaire,

    Je vous remercie de l’invitation à m’adresser à un aussi éminent auditoire, qui m’a été transmise en votre nom par M. Van der Linden, président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. C’est avec un grand plaisir que je profite aujourd’hui de la possibilité d’exposer aux parlementaires du Conseil de l’Europe notre vision sur le passé, le présent et l’avenir du continent européen, notre maison commune.

    Ces derniers temps, le Conseil de l’Europe a entrepris de nouvelles démarches sans précédent pour mettre en oeuvre une collaboration avec les communautés religieuses. Nous voyons en cela la réponse si longtemps attendue à l’appel au dialogue maintes fois lancé par les leaders religieux.

    L’un des thèmes importants d’un tel dialogue pourrait être le thème de l’homme car c’est autour des problèmes de l’anthropologie que surgissent aujourd’hui les discussions les plus violentes et même parfois des conflits liés aux différences des points de vue sur ce sujet entre les traditions religieuses et l’humanisme laïc.

    Le continent européen a été soumis à l’influence de nombreuses cultures qui y sont présentes jusqu’à nos jours. Mais c’est justement dans le cadre du système chrétien des valeurs que s’est formée la représentation de la haute dignité de l’homme et des conditions de sa réalisation. Le christianisme a appris à tous les peuples européens que l’homme a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Mais en même temps le christianisme a toujours souligné que l’homme ne deviendra l’ami de Dieu (Jn. 15, 15) et n’atteindra la liberté (Jn. 8, 32) que s’il suit la voie d’une vie morale.

    Ce message non seulement élève l’homme à une grande hauteur dans l’échelle des valeurs mais il dit également quelles sont les conditions pour se maintenir à cette hauteur. L’homme se laisse facilement aller à des actes répréhensibles et ainsi il s’écarte de sa dignité s’il ne se soucie pas en permanence de perfectionner ses propres pensées et ses sentiments. Et ce sont justement les normes morales qui orientent cette tâche, qui servent de référence pour définir ce qui est admissible et inadmissible dans la vie de l’homme. Les idées chrétiennes de dignité, de liberté et de morale dans leur corrélation créent un code unique de conscience européenne qui possède un potentiel créateur inépuisable pour la vie privée et la vie publique.

    (more…)

    Procession des reliques de sainte Thérèse

    Samedi, septembre 29th, 2007

    A la veille de sa solennité liturgique, les reliques de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus & de la Sainte Face seront portées en procession ce samedi dans Paris.

    La procession partira à 15h de la Basilique Notre-Dame des Victoires & se dirigera vers le XVIème arrondissement jusqu’à la chapelle Sainte-Thérèse de la Fondation d’Auteuil, au 40 de la rue La Fontaine. Il sera possible de vénérer les reliques toute la nuit.

    Requiem pontifical pour l’abbé de Firmont

    Mardi, septembre 25th, 2007
    Abbé Henri-Essex Edgeworth de Firmont

    Né en 1745 à Edgeworthtown en Irlande, l’abbé Henri-Essex Edgeworth de Firmont était le fils d’un pasteur converti au catholicisme réfugié en France.

    Il fit ses études au collège des jésuites de Toulouse puis entra au séminaire des Missions étrangères à Paris. Il exerça son ministère à Paris, étant devenu prêtre, puis devint confesseur de Madame Elisabeth en 1791.

    Il quitta Paris au moment des massacres de septembre 1792, mais y revint en tant que vicaire général de l’archevêque Monseigneur Antoine-Éléonor-Léon Leclerc de Juigné. Il administra le diocèse de Paris alors que se déchaînaient les persécutions anti-chrétiennes. Il resta en rapport avec la famille royale enfermée au Temple et fut même confesseur de Louis XVI, qu’il assista le 21 janvier 1793. Après l’exécution du roi, il alla rejoindre le comte d’Artois, futur Charles X, réfugié à Edimbourg. Il rejoignit ensuite Louis XVIII en exil, devint son chapelain et bénit le mariage entre Marie-Thérèse-Charlotte de France et le duc d’Angoulême. Il mourut en 1807 à Mittau (Lettonie) auprès de la cour de France en exil et Louis XVIII composa lui-même son épitaphe.

    A l’occasion du bicentenaire de sa mort, une messe pontificale de Requiem a été célébrée en Irlande dans le rit extraordinaire par S.E. Mgr Colm O’Reilly, évêque d’Ardagh & Clonmacnois.

    Durant son homélie, Mgr O’Reilly a déclaré : “Cette messe commémorative est célébrée selon la forme du rit romain que l’Abbé a célébrée pour le monarque condamné. Nous honorons un homme dont l’existence parle du profond respect pour le caractère sacré de la vie à une époque où la France faisait l’expérience du génocide par le règne de la Terreur.”

    Mgr O’Reilly est le quatrième évêque d’Irlande à avoir récemment célébré la messe selon le rit traditionnel (avec NNSS. Daly & Hegarty de Derry, & Mgr Martin, archevêque de Dublin). Ma source d’information termine en citant l’éditeur Baronius Press de Londres, qui affirme avoir doublé ses ventes de missels de fidèles traditionnels depuis la parution du motu proprio Summorum Pontificum.

    Source : http://www.catholicireland.net

    Jack Lang dixit

    Mardi, septembre 25th, 2007

    “Certaines communes entreprennent aujourd’hui la destruction de leurs églises. La disparition de ces lieux spirituels ne devrait pas être possible, sauf procédure d’exception. Ce patrimoine cultuel, même non protégé, même banal, doit être respecté. […] Le patrimoine est une cause nationale. Il faut dégager des moyens durables pour entretenir cet héritage légué par l’histoire. L’actuelle ministre de la culture, Christine Albanel, qui a conduit avec ambition la restauration de Versailles, saura, j’en suis sûr, mener cette croisade [sic].” (…)

    “Il existe en France plus de 40 000 monuments protégés. C’est une charge très lourde. Mais c’est aussi une chance pour notre pays. Une source de beauté, qui permet l’enracinement des citoyens dans leur pays. L’identité nationale, devenue un lieu commun des discours politiques, passe notamment par les paysages, les sites et les monuments.”

    Source : Le Monde

    Petite nouvelle romaine

    Mardi, septembre 25th, 2007

    A Rome, le Pontifical North American College, où vivent la plupart des étudiants américains va apprendre à ses séminaristes à célébrer la messe selon le missel traditionnel.

    Le NAC est placé sour le rectorat de Mgr Tim Dolan connu pour son ouvrage “Priests for the Third Millennium”.

    Source : Le blog de l’abbé John Zuhlsdorf

    Interview du cardinal Darío Castrillón Hoyos à 30 jours

    Lundi, septembre 24th, 2007

    hoyos.jpg

    Éminence, quel est le sens de ce motu proprio qui libéralise l’usage du Missel dit de saint Pie V ?

    DARÍO CASTRILLÓN HOYOS : Quand ont eu lieu, après le Concile Vatican II, les changements dans la liturgie, des groupes importants de fidèles et aussi d’ecclésiastiques se sont sentis mal à l’aise parce qu’ils étaient fortement liés à la liturgie en vigueur depuis des siècles. Je pense aux prêtres qui avaient célébré pendant cinquante ans cette messe suivant le rite de saint Pie V et qui, à l’improviste, se sont trouvés dans l’obligation d’en célébrer une autre, je pense aux fidèles habitués depuis des générations à l’ancien rite, je pense aussi aux petits, comme les enfants de chœur, qui se sont trouvés tout d’un coup dépaysés car ils devaient servir la messe selon le Novus ordo. Il y a donc eu un malaise à différents niveaux. Pour certains, celui-ci était même de nature théologique, car ils estimaient que l’ancien rite exprimait mieux que celui qui avait été introduit le sens du sacrifice. D’autres, pour des raisons culturelles aussi, avaient la nostalgie du chant grégorien et des grandes polyphonies qui étaient une richesse de l’Église latine. Et ce qui aggravait le tout, c’est que ceux qui éprouvaient ce malaise attribuaient ces changements au Concile, alors qu’en réalité le Concile en soi n’avait ni demandé ni prévu les détails de ces changements. La messe que célébraient les pères conciliaires était la messe de saint Pie V. Le Concile n’avait pas demandé la création d’un nouveau rite, mais un usage plus large de la langue vernaculaire et une plus grande participation des fidèles.

    D’accord, c’était le climat qu’on respirait il y a quarante ans. Mais aujourd’hui, la génération qui avait manifesté ce malaise n’existe plus. Et il y a plus : le clergé et le peuple se sont habitués au Novus ordo, et dans leur immense majorité, ils s’en trouvent très bien.

    CASTRILLÓN HOYOS : C’est exactement cela : dans leur immense majorité, même si un grand nombre ignore ce qui a été laissé de côté avec l’abandon de l’ancien rite. Mais tout le monde ne s’est pas habitué au nouveau rite. Curieusement, il semble même que fleurisse, dans les nouvelles générations, parmi les laïcs comme parmi les clercs, un intérêt et une estime envers l’ancien rite. Et il s’agit de prêtres et de simples fidèles qui n’ont parfois rien à voir avec les disciples de Mgr Lefebvre. Il y a là des faits, des faits de l’Église, auxquels les pasteurs ne peuvent faire la sourde oreille. C’est pour cela que Benoît XVI, qui est un grand théologien à la profonde sensibilité liturgique, a décidé de promulguer le motu proprio.

    Mais n’y avait-il pas déjà un indult ?

    CASTRILLÓN HOYOS : Si, il y avait déjà un indult, mais Jean Paul II avait déjà compris que l’indult n’avait pas été suffisant, ne serait-ce que parce que certains prêtres et certains évêques rechignaient à l’appliquer, mais surtout parce que les fidèles qui désirent célébrer avec l’ancien rite ne doivent pas être considérés comme des fidèles de deuxième catégorie. Il s’agit de fidèles auxquels doit être reconnu le droit d’assister à une messe qui a nourri le peuple chrétien pendant des siècles, qui a nourri la sensibilité de saints tels que saint Philippe Neri, don Bosco, sainte Thérèse de Lisieux, le bienheureux Jean XXIII et le serviteur de Dieu, Jean Paul II lui-même. Ce dernier, comme je viens de le dire, avait compris le problème de l’indult et il avait donc déjà l’intention d’étendre l’usage du Missel de 1962. Je dois dire que dans les rencontres avec les cardinaux et avec les chefs de dicastères au cours desquelles on avait parlé de ces mesures, les résistances étaient vraiment très limitées. Benoît XVI, qui a suivi ce processus depuis le début, a franchi ce pas important déjà imaginé par son grand prédécesseur. Il s’agit d’une mesure pétrinienne émise par amour du grand trésor liturgique qu’est la messe de saint Pie V, et aussi par amour de pasteur envers un groupe considérable de fidèles.

    Et pourtant, les résistances n’ont manqué de la part d’une partie des représentants de l’épiscopat eux-mêmes…

    CASTRILLÓN HOYOS : Des résistances qui dépendent, selon moi, de deux erreurs. La première erreur d’interprétation est de dire qu’il s’agit d’un retour au passé. Il n’en est pas ainsi. Ne serait-ce que parce qu’on ne retire rien au Novus ordo, qui reste le mode ordinaire de célébrer l’unique rite romain ; tandis que la liberté de célébrer la messe de saint Pie V est donnée à ceux qui le veulent comme forme extraordinaire.

    Il s’agit de la première erreur de ceux qui se sont opposés au motu proprio. Et la seconde ?

    CASTRILLÓN HOYOS : Qu’il s’agisse de diminuer le pouvoir épiscopal. Mais il n’en est pas ainsi. Le Pape n’a pas changé le Code de droit canonique. L’évêque est toujours le modérateur de la liturgie dans son propre diocèse. Mais le Siège apostolique a la compétence d’ordonner la sainte liturgie de l’Église universelle. Or un évêque doit agir en harmonie avec le Siège apostolique et il doit garantir à chaque fidèle ses propres droits, y compris celui de pouvoir participer à la messe de saint Pie V, comme forme extraordinaire du rite.

    Et pourtant, il a été affirmé qu’avec ce motu proprio, Ratzinger « bafoue le Concile » et « fait un affront » à ses prédécesseurs Paul VI et Jean Paul II…

    CASTRILLÓN HOYOS : Benoît XVI suit le Concile, qui n’a pas aboli la messe de saint Pie V ni n’a demandé de le faire. Et il suit le Concile qui a recommandé d’écouter la voix et les désirs légitimes des fidèles laïcs. Ceux qui affirment ces choses devraient lire les milliers de lettres qui sont arrivées à Rome pour demander la liberté de pouvoir assister à la messe à laquelle ils se sentent tellement liés. Et le Pape ne s’oppose pas à ses prédécesseurs qui sont abondamment cités dans le motu proprio comme dans la Lettre autographe du Pape qui en accompagne la publication. Dans certains cas, Paul VI a immédiatement concédé la possibilité de célébrer la messe de saint Pie V. Comme je l’ai dit, Jean Paul II voulait préparer un motu proprio semblable à celui qui a été publié aujourd’hui.

    On a aussi évoqué le risque qu’une petite minorité de fidèles puisse imposer la messe de saint Pie V à la paroisse…

    CASTRILLÓN HOYOS : Ceux qui ont dit cela n’ont évidemment pas lu le motu proprio. Il est clair qu’aucun curé ne sera obligé à célébrer la messe de saint Pie V. Mais si un groupe de fidèles, ayant un prêtre disposé à le faire, demande à célébrer cette messe, le curé ou le recteur de l’église ne pourront pas s’y opposer. Évidemment, s’il y a des difficultés, il reviendra à l’évêque de faire en sorte que tout se passe sous le signe du respect et, dirais-je, du bon sens, en harmonie avec le Pasteur universel.

    Mais ne court-on pas le risque qu’avec l’introduction de deux formes, l’une ordinaire, l’autre extraordinaire, puisse naître une confusion liturgique dans le rite latin, dans les paroisses et dans les diocèses ?

    CASTRILLÓN HOYOS : Si les choses sont faites conformément au simple bon sens, on ne court pas ce risque. D’autre part, il y a déjà des diocèses dans lesquels on célèbre des messes dans différents rites, car il s’y trouve des communautés de fidèles latins, gréco-catholiques ukrainiens ou ruthènes, maronites, melchites, syro-catholiques, chaldéens, etc. Je pense par exemple à certains diocèses aux États-Unis, comme Pittsburgh, qui vivent cette variété liturgique légitime comme une richesse, et non pas comme une tragédie. Et puis il existe aussi de simples paroisses qui accueillent des rites différents du latin, même de communautés orthodoxes ou préchalcédoniennes, sans que cela crée de scandale. Je ne vois donc pas de danger de confusion. À condition, je le répète, que tout se déroule dans l’ordre et dans le respect réciproque.

    Il y a aussi des gens qui pensent que ce motu proprio porte atteinte à l’unicité du rite qui aurait été voulu par les Pères conciliaires…

    CASTRILLÓN HOYOS : Étant admis que le rite latin reste unique, quoiqu’on puisse le célébrer sous deux formes, je me permets de rappeler qu’il n’y a jamais eu, dans l’Église latine, un seul rite pour tous. Aujourd’hui, par exemple, il y a tous les rites des Églises orientales en communion avec Rome. Et même dans le rite latin, il y a d’autres rites que le rite romain, comme le rite ambrosien ou le rite mozarabique. La messe de saint Pie V elle-même, lorsqu’elle a été approuvée, n’a pas annulé tous les rites précédents, mais seulement ceux qui ne pouvaient pas se prévaloir d’au moins deux siècles d’ancienneté…

    Et la messe de saint Pie V a-t-elle jamais été abolie par le Novus ordo ?

    CASTRILLÓN HOYOS : Le Concile Vatican II ne l’a jamais fait, et il n’y a jamais eu par la suite aucun acte positif qui l’ait établi. La messe de saint Pie V n’a donc jamais été formellement abolie. Il est de toute façon étonnant que ceux qui s’érigent en interprètes authentiques de Vatican II en donnent, dans le domaine liturgique, une interprétation aussi restrictive et aussi peu respectueuse de la liberté des fidèles, en finissant par faire sembler ce Concile encore plus coercitif que le Concile de Trente.

    Le motu proprio n’établit pas de nombre minimum de fidèles nécessaire pour demander de pouvoir célébrer la messe de saint Pie V. Et pourtant, le bruit avait couru qu’il était question d’un seuil minimum de trente fidèles…

    (more…)

    Ordination de cinq nouveaux prêtres samedi dernier

    Lundi, septembre 24th, 2007
    Ordinations à Saint-Eloi

    Samedi dernier, S.E. le cardinal Castrillon Hoyos était envoyé par le Pape pour ordonner cinq nouveaux prêtres de l’Institut du Bon Pasteur.

    L’ordination a eu lieu en l’Eglise Saint-Eloi de Bordeaux (restaurée par les soins de l’Abbé Laguérie, supérieur de l’IBP), en présence de S.E. le cardinal Ricard, président de la conférence des évêques de France & Archevêque de Bordeaux.

    Voici les noms des cinq nouveaux prêtres de l’IPB :

  • Régis de Saint-Remy,
  • Régis Spinoza,
  • Jean-Pierre Gaillard,
  • Louis-Numa Julien,
  • René-Sébastien Fournié.
  • Notons avec bonheur & satisfaction la tenue de ces ordinations au jour normal prévu par la liturgie traditionnelle : un samedi des Quatre-Temps. Les ornements violets qui ont servi paraissent de toute beauté.

    Saint-Eloi était bien sûr comble, le clergé, nombreux, manifestait une belle unité : étaient ainsi présents le supérieur du district de France de la Fraternité Saint-Pierre, Mgr Wach, supérieur de l’Institut du Christ-Roi, avait envoyé un représentant, il y avait aussi des Oratoriens de Londres. On notait la présence de Michel de Jaeghere et du prince Sixte-Henri de Bourbon Parme. L’homélie du cardinal Hoyos devrait bientôt se trouver sur les sites de l’IPB.

    La rentrée au jeune séminaire de Courtalain de l’Institut du Bon Pasteur devrait se faire avec environ 35 séminaristes.

    Source iconographique : The New Liturgical Movement

    L’Ethiopie célèbre son entrée dans le troisième millénaire !

    Mardi, septembre 18th, 2007

    Messe pontificale dans la cathédrale catholique d’Addis-Abeba

    ADDIS-ABEBA, lundi 17 septembre 2007.

    L’Eglise est présente en Ethiopie depuis les débuts du christianisme, ce pays ayant été l’un des tous premiers royaumes chrétiens avec l’Arménie & la principauté d’Edesse.

    L’Eglise copte Ethiopienne est celle d’environ 40% des Ethiopiens, principalement dans les provinces historiquement éthiopiennes, l’Islam se développant sur les territoires frontaliers acquis par les derniers Négus au XIXème & au XXème siècle.

    Malgré le faible pourcentage de ses fidèles dans le pays (moins de 1%), l’Eglise catholique est très active à travers la chaîne de ses institutions et organisations.

    Mardi 11 septembre dernier, l’Ethiopie a célébré son passage à l’An 2000 selon un calendrier qui lui est propre, basé sur d’anciens calculs astronomiques égyptiens et sur les calendriers copte, hébraïque et julien. Pour l’occasion, l’Eglise catholique de rit éthiopien avait prévu plusieurs liturgies et une série d’initiatives dans les paroisses.

    mgr-souraphiel.jpg

    Dimanche, une messe pontificale a été célébrée dans la cathédrale catholique d’Addis-Abeba où était exposée la croix bénie par le pape à Lorette. « Cette croix fera ensuite le tour de tous les diocèses, comme un signe du fait que l’Ethiopie est un pays chrétien, très ancien, et que notre Seigneur Jésus Christ a toujours protégé ce pays (…) connu jusqu’ici comme un pays pauvre, mais qui n’est pas pauvre spirituellement » a déclaré à cette occasion Mgr Berhaneyesus Demerew Souraphiel, c.m, archevêque métropolitain catholique d’Addis-Abeba.

    Source : ZENIT.org

    Exaltation de la Sainte Croix - Entrée en vigueur de Summorum Pontificum

    Vendredi, septembre 14th, 2007

    Première messe de l'abbé Giard

    En cette belle fête de l’Exaltation de la Sainte Croix entre en vigueur le motu proprio Summorum Pontificum donné par le Saint Père le jour du quadruple sept (07/07/07, un samedi, le septième jour de la semaine).

    Lors de sa découverte par sainte Hélène en 326, la vraie Croix avait été découpée en trois morceau: l’un pour Jérusalem, le second pour Rome, le troisième pour Constantinople. Lors de son pillage de Jérusalem en 614, le roi des Perses Chosroès II s’empare de la Sainte Croix de Jérusalem. Vainqueur des Perses en 627, l’empereur Héraclius force ceux-ci à restituer la sainte relique. Héraclius rapporte la vraie Croix pieds nus au Saint Sépulcre, où une ostension solennelle est faite le 14 septembre. La fête de l’Exaltation de la Sainte Croix commémore cet évènement. Elle intervient au second jour des Encénies : en effet le Saint-Sépulcre avait été dédié un 13 septembre, & la fête de sa dédicace, si importante dans l’Eglise de Jérusalem, se poursuivait sur plusieurs jours.

    Cette fête, autrefois très célèbre dans tout l’univers chrétien, a un peu perdu de sa solennité en Occident, tandis que les différents rits orientaux continuent de l’entourer de grandes splendeurs liturgiques. Ainsi, en souvenir de l’exaltation d’Héraclius, les cathédrales (& par usage certaines paroisses) de rit byzantin font aujourd’hui un rite particulier : le pontife élève la croix & bénit solennellement les différents points cardinaux, tandis que le choeur répond à une litanie spéciale par cinq fois 100 Kyrie eleison. Le chant de ces 500 Kyrie eleison a reçu un traitement polyphonique magnifique & très original dans la tradition musicale russe.

    Cette année, l’Exaltation de la Sainte Croix coïncide en quelque sorte, pourrait-on dire, avec l’”exaltation de la Sainte Messe”, par la mise en pratique des nouvelles dispositions devant favoriser la liturgie traditionnelle de rit romain.

    Après avoir souffert depuis 20 ans que je suis attaché à ce rit maints persécutions & ostracismes, il est bien consolant de constater à la lecture du document pontifical que ce rit n’avait jamais été aboli, contrairement à ce qui nous été tant de fois affirmé à l’époque. Partant, cela confirme le caractère injuste (voire inique ?) de ce que nous avons dû endurer durant toutes ces années.

    TE DEVM LAVDAMVS

    PS. Et bien sûr, n’oubliez pas de relire en ce jour Alexandre de Chypre !!! ;-) (private joke).

    PS2. En vertu de l’entrée en vigueur du motu proprio, le curé de Saint-Georges de La Villette (Paris XIX) offrira ce soir à 19h le saint sacrifice de la messe selon le rit traditionnel. N’hésitez pas à vous y rendre pour encourager cette première initiative sur Paris.

    Retombées de la session d’Oxford de la Latin Mass Society

    Jeudi, septembre 6th, 2007

    Pas mal d’articles de la blogosphère tradie anglo-saxonne ont couvert les trois journées d’Oxford organisées par la Latin Mass Society afin d’apprendre à une cinquantaine de prêtres à célébrer la messe traditionnelle.

    Joseph Shaw, qui était présent, à publié trois articles sur le blog du New Liturgical Movement :

  • sur celui du 29 août, vous trouverez d’autres photos de la messe solennelle de la Décollation de saint Jean Baptiste - on voit en particulier la “French travelling Schola” chantant au lutrin sur les pages de graduel de chœur que j’avais fabriquées ad hoc.
  • sur celui du 30 août, on trouvera des photos de la messe pontificale de clôture, mais surtout la vidéo suivante :

  • Il s’agit d’un extrait du Magnificat du 2nd ton. Entre deux versets du chœur, on nous entends chanter le verset Et misericordia ejus a progenie in progenies * timentibus eum en faux-bourdon parisien. Ces faux bourdons parisiens ont marqué les esprits des participants à ces journées de formation, il semblerait que la pratique soit tombée passablement en désuétude dans le monde anglo-saxon. Il s’agit pourtant d’une partique fort ancienne, que nous pratiquons abondemment à Saint-Eugène. Contrairement aux anciens faux-bourdons italiens, allemands ou espagnols, les faux-bourdons de l’école française ont toujours conservé une saveur archaïque en gardant au ténor le chant liturgique. Cela induit un style harmonique particulier archaïsant, là où les écoles voisines de notre pays font fleurir des harmonies plus modernes, s’étant affranchi de la règle de la conservation du plain-chant au ténor. On trouve les formules françaises dans les livres liturgiques du XVIIème au XIXème siècle, mais elles sont sans doute bien antérieures & transmises par traditions orales. Ainsi la plupart de ces formules s’observent déjà dans les Magnificat de Claudin de Sermisy qui sont publiés au XVIème siècle (Sermisy compose les versets pairs en musique & les fait alterner avec des faux-bourdons sur les versets impairs de ses 8 Magnificat).

  • Quelques photos de plus par Joseph Shaw, toujours sur The New Liturgical Movement.
  • Le même 30 août, Joseph Shaw a également publié sur son propre blog, Oxford Events quelques photos supplémentaires.
  • A Merton, j’étais aussi très heureux de rencontrer l’abbé Tim Finigan, dont je suis un lecteur assidu de son blog, The Hermeneutic of Continuity. Voici ses différents compte-rendus des journées d’Oxford :

  • présentation générale de la session,
  • compte-rendu personnel : “hard work and glorious liturgy”,
  • un post sur la librairie Saint-Philippe, qui est LA librairie catholique d’Oxford. Philippe, Marc & moi nous y sommes ruinés. J’en suis revenu avec un commentaire de Nicole - édition XVIIIème - sur le Pater & les offices de l’Eglise, un antiphonaire dominicain, un monumental pavé analysant la législation papale sur la musique sacrée depuis les origines jusqu’au XXème siècle, & une édition moderne du sacramentaire de Fulda.

    DEO GRATIAS !