[Film] Jeanne d’Arc – de Victor Fleming avec Ingrid Bergman (1948)

http://youtu.be/dtiX_uvxvNo

Sainte Jeanne d'Arc par Ingrid Bergman

La petite Espérance – 5 septembre 1914 – 5 septembre 2014 : centenaire de la mort de Charles Péguy

Charles Péguy - 1914-2014 - centenaire de la mortLa petite Espérance

La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’espérance.
La foi, ça ne m’étonne pas.
Ça n’est pas étonnant.
J’éclate tellement dans ma création.

La charité, dit Dieu, ça ne m’étonne pas.
Ça n’est pas étonnant.
Ces pauvres créatures sont si malheureuses qu’à moins d’avoir un coeur de pierre, comment n’auraient-elles point charité les unes des autres.

Mais l’espérance, dit Dieu, voilà ce qui m’étonne.
Moi-même.
Ça c’est étonnant.

Que ces pauvres enfants voient comme tout ça se passe et qu’ils croient que demain ça ira mieux.
Qu’ils voient comme ça se passe aujourd’hui et qu’ils croient que ça ira mieux demain matin.
Ça c’est étonnant et c’est bien la plus grande merveille de notre grâce.
Et j’en suis étonné moi-même.

Quelle ne faut-il pas que soit ma grâce
et la force de ma grâce pour que cette petite espérance, vacillante au souffle du péché,
tremblante à tous les vents,
anxieuse au moindre souffle,
soit aussi invariable,
se tienne aussi fidèle, aussi droite, aussi pure  ;
et invincible, et immortelle, et impossible à éteindre 
que cette petite flamme du sanctuaire.
qui brûle éternellement dans la lampe fidèle.

Charles Péguy, La petite Espérance.

[Poésie] Paul Claudel : La Vierge à midi

Il est midi. Je vois l’église ouverte. Il faut entrer.
Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.

Je n’ai rien à offrir et rien à demander.
Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.

Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela
Que je suis votre fils et que vous êtes là.

Rien que pour un moment pendant que tout s’arrête.
Midi !
Etre avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.

Ne rien dire, regarder votre visage,
Laisser le cœur chanter dans son propre langage.

Ne rien dire, mais seulement chanter
Parce qu’on a le coeur trop plein,
Comme le merle qui suit son idée
En ces espèces de couplets soudains.

Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,
La femme dans la Grâce enfin restituée,

La créature dans son honneur premier
Et dans son épanouissement final,
Telle qu’elle est sortie de Dieu au matin
De sa splendeur originale.

Intacte ineffablement parce que vous êtes
La Mère de Jésus-Christ,
Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance
Et le seul fruit.

Parce que vous êtes la femme,
L’Eden de l’ancienne tendresse oubliée,
Dont le regard trouve le coeur tout à coup et fait jaillir
Les larmes accumulées,

Parce que vous m’avez sauvé, parce que vous avez sauvé la France,
Parce qu’elle aussi, comme moi, pour vous fut cette chose à laquelle on pense,
Parce qu’à l’heure où tout craquait, c’est alors que vous êtes intervenue,
Parce que vous avez sauvé la France une fois de plus,

Parce qu’il est midi,
Parce que nous sommes en ce jour d’aujourd’hui,
Parce que vous êtes là pour toujours,
Simplement parce que vous êtes Marie,
Simplement parce que vous existez,

Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !

Paul Claudel (1868 † 1955), de l’Académie française.
La Vierge à midi, Poèmes de Guerre, N.R.F., 1914-1915.

Il Sassoferrato - L'Immaculée Conception

Retour à Dieu du R.P. Egon Sendler, s.j.

Révérend Père Egon Sendler, s.j. dans son atelier d'iconographie

Nous apprenons avec tristesse le décès du Père Egon Sendler, s.j. lundi 17 mars 2014 après-midi, à l’âge de 90 ans, à l’hôpital Georges Pompidou à Paris, où il était hospitalisé depuis une semaine.

La messe de funérailles sera célébrée le vendredi 21 mars à 10h, en l’église Saint-Symphorien de Versailles. L’inhumation aura lieu à l’issue de la cérémonie, vers 11h30 au cimetière des Gonards – 19 rue Porte de Buc – 78000 Versailles. Une collation sera proposée ensuite à la communauté des jésuites, 2 rue de l’Ecole des Postes à Versailles.

Le Père Igor (Egon Sendler) est un spécialiste mondialement reconnu de l’art de l’icône.

Egon Sendler, est né en Silésie (Waldtal, actuellement Małkowice en Pologne) le 1er août 1923. Pendant les années du nazisme il travaille avec les Pères de la Compagnie de Jésus dans une organisation catholique, un épisode qui déterminera sa vie. La guerre l’envoya sur le front de l’est où l’armée russe le garda prisonnier pendant 3 ans. Les épreuves endurées l’amenèrent à être réceptif à l’appel de la vie consacrée : « S’il lui était donné de survivre il ferait connaître la culture religieuse de la Russie et travaillerait à l’unité des chrétiens. »

Il rejoint la Compagnie de Jésus en Allemagne en 1948 et fait ses études à Munich, au Russicum à Rome & à Paris où il étudie l’histoire de l’art byzantin. Ses supérieurs l’orientent vers l’apostolat russe pour lequel il est ordonné en rite byzantin. Au milieu d’un groupe de compagnons il travaille désormais pour l’union des Églises, spécialement le rapprochement avec l’orthodoxie russe. Outre l’allemand, il parle couramment le français, le russe, l’italien & le polonais.

Influencé par sa mère qui était peintre, il réveille l’intérêt de l’occident pour l’iconographie. En 1959, le Père Sendler est enseignant au sein du Collège jésuite de Saint-Georges à Meudon pour l’immigration russe. Il y enseigne la peinture des icônes, d’abord aux mères des élèves, puis dans ce qui devint l’atelier de Meudon. Suivirent des ateliers en Savoie, à Milan, à Syracuse, à Jérusalem, à Buenos-Aires. Pour complèter leur instruction, il mène souvent ses élèves en pèlerinage en Russie, en Grèce & à Chypre. En 2002, le centre d’études russes Saint-Georges de Meudon ferme, l’atelier d’iconographie est alors rebaptisé atelier Saint-Georges et s’installe 21, rue de l’Ermitage à Versailles.

Dans son atelier de Versailles, il donne de nombreux stages, des élèves de toutes confessions viennent du monde entier : de Chine, du Japon, de Pologne, d’Angleterre, des USA.

Ses fresques se trouvent dans des églises aux Etats-Unis, en Allemagne, à Rome, en Sicile, à Paris, au Liban. Ses livres sont devenus des ouvrages de référence pour les iconographes. Son premier ouvrage « L’icône, image de l’Invisible » a été traduit dans de nombreuses langues : il s’agit d’une étude approfondie de la théologie et de l’histoire de l’icône, mais aussi de son esthétique et de ses techniques.

Ouvrages du Père Egon Sendler

1. L’icône, image de l’Invisible, DDB 1981
2. Les icônes byzantines de la mère de Dieu, DDB 1992
3. Les mystères du Christ, Icônes de la liturgie, DDB 2001
4. Le secret de la ligne, Le dessin des icônes, Edition Istina 2009

Soyons dans l’action de grâce pour la vie et l’œuvre du Père Igor, à qui nous devons entre autres, les magnifiques fresques du sanctuaire de notre église, rue François Gérard à Paris.

Вечная память ! Mémoire éternelle !

Exposition au musée de la Visitation de Moulins : « Sacrées soieries, étoffes précieuses à la Visitation ».

Le musée de la Visitation conserve un ensemble unique en France de vêtements liturgiques catholiques, issu du savoir-faire des visitandines tant dans la création que dans l’entretien de ces œuvres à travers les siècles. En plus des ornements richement brodés qui ont été dévoilés en 2009 lors de l’exposition « De fleurs en aiguille, l’art de la broderie chez les visitandines », le fond textile comporte une magnifique collection d’étoffes dévoilées dans l’exposition de cette année intitulée : Sacrées soieries, étoffes précieuses à la Visitation.

Cet ensemble dans un parfait état de conservation, illustre le génie des tisserands depuis le XVIème siècle dans la confection des soieries destinées aux plus beaux habits, à l’ameublement et aux fastes des grandes cours d’Europe. Or la lumière, l’humidité et les aléas de l’histoire ont depuis entraîné l’altération et la disparition de la plupart de ces étoffes d’apparat. Ce n’est pas le cas dans les monastères de la Visitation avec la deuxième vie offerte par les religieuses à ces tissus civils grâce à leur transformation en vêtements liturgiques, précieusement conservés au fil du temps.

L’exposition de cette année nous permet, en plus de la découverte d’une infime partie du patrimoine exceptionnel du musée de la Visitation, de parcourir d’une manière originale l’histoire de France et même d’Europe. Entre l’ornement confectionné avec le velours ayant servi au capitonnage du carrosse du sacre d’Henri IV et celui utilisant un brocart offert par la duchesse de Montmorency chaque pièce nous raconte un peu de notre passé. Les visitandines ayant noté au fil des siècles l’origine, l’histoire de chaque tissu reçu, nous pouvons suivre le parcours parfois cocasse de certaines pièces.

Entièrement gratuite, l’exposition temporaire de cette année nous fait redécouvrir un patrimoine unique.