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Simon Leys, L’empire du laid
Jeudi, novembre 22nd, 2007L’empire du laid – le talent est toujours une insulte à la médiocrité – l’ignorance, l’obscurantisme, le mauvais goût, la stupidité sont des forces actives.
En cette fête de sainte Cécile, je suis heureux de reproduire ici ce texte – profond au-delà du sarcasme – de l’écrivain d’origine belge Simon Leys, beau texte procuré par Amélie que je remercie ici vivement. Ainsi donc, la lutte du beau & du laid serait-elle consubstantielle de la lutte du bien & du mal ? Qui en douterait, sachant que Dieu est le souverainement beau & bien. Puisse sainte Cécile en ce jour de sa fête intercéder pour nous en ce combat.
Chronique de Simon Leys parue sous le titre « La chronique des antipodes » dans Le Magazine Littéraire n°440 de mars 2005.
Les Indiens de la côte du Pacifique étaient de hardis navigateurs. Ils taillaient leurs grandes pirogues de guerre dans le tronc d’un de ces cèdres géants dont les forêts couvraient tout le nord-ouest de l’Amérique. La construction commençait par une cérémonie rituelle au pied de l’arbre choisi, pour lui expliquer le besoin urgent qu’on avait de l’abattre, et lui en demander pardon. Chose remarquable, à l’autre côté du Pacifique, les Maoris de Nouvelle-Zélande creusaient des pirogues semblables dans le tronc des kauri ; et là aussi, l’abattage était précédé d’une cérémonie propitiatoire pour obtenir le pardon de l’arbre.
Des mœurs aussi exquisément civilisées devraient nous faire honte. Tel fut mon sentiment l’autre matin ; j’avais été réveillé par les hurlements d’une scie mécanique à l’œuvre dans le jardin de mon voisin, et, de ma fenêtre, je pus apercevoir ce dernier qui – apparemment sans avoir procédé à aucune cérémonie préalable – présidait à l’abattage d’un magnifique arbre qui ombrageait notre coin depuis un demi-siècle. Les grands oiseaux qui nichaient dans ses branches (une variété de corbeaux inconnue dans l’hémisphère Nord, et qui, loin de croasser, a un chant surnaturellement mélodieux), épouvantés par la destruction de leur habitat, tournoyaient en vols frénétiques, lançant de déchirants cris d’alarme. Mon voisin n’est pas un mauvais bougre, et nos relations sont parfaitement courtoises, mais j’aurais quand même bien voulu savoir la raison de son ahurissant vandalisme. Devinant sans doute ma curiosité, il m’annonça joyeusement que ses plates-bandes auraient désormais plus de soleil. Dans son Journal, Claudel rapporte une explication semblable fournie par un voisin de campagne qui venait d’abattre un orme séculaire auquel le poète était attaché : « Cet arbre donnait de l’ombre et il était infesté de rossignols. »
La beauté appelle la catastrophe aussi sûrement que les clochers attirent la foudre. Les services publics qui font passer une autoroute au milieu de Stonehenge, ou un chemin de fer à travers les ruines de Villers-la-Ville, le moine qui met le feu au Kinkakuji, la municipalité qui transforme l’abbatiale de Cluny en une carrière de pierres, l’énergumène qui lance un pot d’acrylique sur le dernier autoportrait de Rembrandt, ou celui qui attaque au marteau la madone de Michel-Ange, obéissent tous, sans le savoir, à une même pulsion.
Un jour, il y a longtemps, un minuscule incident m’en a donné l’intuition. J’étais en train d’écrire dans un café ; comme beaucoup de paresseux, j’aime sentir de l’animation autour de moi quand je suis sensé travailler – ça me donne une illusion d’activité. Aussi la rumeur des conversations ne me dérangeait pas, ni même la radio qui beuglait dans un coin – toute la matinée, elle avait déversé sans interruption des chansonnettes à la mode, les cours de la Bourse, de la « muzak », des résultats sportifs, une causerie sur la fièvre aphteuse des bovins, encore des chansonnettes, et toute cette panade auditive coulait comme de l’eau tiédasse fuyant d’un robinet mal fermé. Et d’ailleurs, personne n’écoutait. Tout à coup – miracle ! – pour une raison inexplicable, cette vulgaire routine radiophonique fit place sans transition à une musique sublime : les premières mesures du quintette de Mozart prirent possession de notre petit espace avec une sereine autorité, transformant cette salle de café en une antichambre du Paradis. Mais les autres consommateurs, occupés jusqu’alors à bavarder, à jouer aux cartes ou à lire les journaux, n’étaient pas sourds après tout : en entendant ces accents célestes, ils s’entre-regardèrent, interloqués. Leur désarroi ne dura que quelques secondes – au soulagement de tous, l’un d’entre eux se leva résolument, vint tourner le bouton de la radio et changea de station, rétablissant ainsi un flot de bruit plus familier et rassurant, qu’il fut à nouveau loisible à chacun de tranquillement ignorer.
A ce moment, je fus frappé d’une évidence qui ne m’a jamais quitté depuis : les vrais Philistins ne sont pas des gens incapables de reconnaître la beauté – ils ne la reconnaissent que trop bien, ils la détectent instantanément, et avec un flair aussi infaillible que celui de l’esthète le plus subtil, mais c’est pour pouvoir fondre immédiatement dessus de façon à l’étouffer avant qu’elle ait pu prendre pied dans leur universel empire de la laideur. Car l’ignorance, l’obscurantisme, le mauvais goût, ou la stupidité ne résultent pas de simples carences, ce sont autant de forces actives, qui s’affirment furieusement à chaque occasion, et ne tolèrent aucune dérogation à leur tyrannie. Le talent inspiré est toujours une insulte à la médiocrité. Et si cela est vrai dans l’ordre esthétique, ce l’est bien plus encore dans l’ordre moral. Plus que la beauté artistique, la beauté morale semble avoir le don d’exaspérer notre triste espèce. Le besoin de tout rabaisser à notre misérable niveau, de souiller, moquer, et dégrader tout ce qui nous domine de sa splendeur est probablement l’un des traits les plus désolants de la nature humaine.
Statistiques
Vendredi, août 17th, 2007Le blog de Liturgia ?
Mardi, juillet 24th, 2007Annonce de la visite en France du patriarche de Moscou
Mardi, juin 26th, 2007Première visite officielle en France de Sa Sainteté Alexis II, patriarche de Moscou & de toutes les Russies.
Le patriarche Alexis II se rendra pour la première fois en visite officielle en France en octobre prochain, annonce le service de presse du diocèse de Chersonèse.
Le 2 octobre, le primat de l’Eglise orthodoxe russe parlera devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe à l’invitation de son président.
Le 3 octobre 2007, le patriarche Alexis sera à Paris. Il visitera la cathédrale Notre-Dame de Paris pour y vénérer la sainte Couronne. Sa Sainteté se rendra à l’église des Trois Saints Docteurs, qui est l’église cathédrale du diocèse de Chersonèse (diocèse du patriarchat de Moscou – cette église est sise au 26 de la rue Péclet, Paris XV). Il devrait y célébrer un molebien, office d’actions de grâces, avec les fidèles de l’Eglise orthodoxe russe demeurant en France. Le soir du 3 octobre, à l’issue de l’office à Notre-Dame, le diocèse de Chersonèse organisera au Palais de la Conciergerie une réception privée à l’occasion de la visite du primat de l’Eglise orthodoxe russe en France. Le programme prévoit également des rencontres avec les représentants du monde religieux, culturel et politique de France.
Je suivrai bien sûr de très près la visite parisienne du patriarche de Moscou le 3 octobre prochain. Sachant la grande vénération de l’Orient byzantin pour l’impératrice sainte Hélène, il serait de bon ton que les organisateurs incluent une vénération des reliques de la mère de l’empereur Constantin, reliques qui sont conservées dans l’église parisienne Saint-Leu – Saint-Gilles.

Sa Sainteté Alexis II (né Alexeï Mikhailovich von Ridiger à Tallinn en Estonie le 23 février 1929) est depuis 1990 le 15ème patriarche de l’Eglise orthodoxe russe, avec le titre de Patriarche de Moscou et de toutes les Russies.
Il est issu d’une ancienne famille de la noblesse germano-balte, ayant embrassé l’orthodoxie au XVIIIe siècle.
Alexis II avait entretenu une relation très difficile avec Jean-Paul II, refusant la venue de celui-ci à Moscou, lui reprochant les développement d’une structure hiérarchique latine en Russie, ainsi que la restauration de la hiérarchie de l’Eglise gréco-catholique d’Ukraine.
Toutefois, un très net dégel des relations entre Rome & Moscou semble s’observer depuis le pontificat de Benoît XVI.
Ainsi, après l’aide apportée par le pape Benoît XVI pour la reconstruction de l’église de la Trinité d’Izmaïlovo, à Saint-Pétersbourg, le patriarche Alexis II avait écrit au Pape en novembre dernier une lettre fort touchante de remerciements, dans laquelle il disait :
» Je considère Votre participation à la restauration de cette maison du Seigneur comme un signe de l’amour sincère à l’égard de l’Eglise orthodoxe russe ce qui, sans aucun doute, sera le gage du développement de nos relations dans l’esprit de fraternité et d’entraide chrétiennes.
Profitant de l’occasion j’aimerais exprimer à Votre Sainteté mon plus profond respect et souhaiter l’aide de Dieu dans Votre haut ministère. «
Alexis II semblerait même souhaiter rencontrer Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, ce qui serait une première œcuménique & un évènement majeur dans le rapprochement de l’Orient & de l’Occident chrétiens.
Nota : Vous remarquerez que le diocèse parisien du Patriarcat de Moscou s’intitule diocèse de Chersonèse (du nom d’un ancien diocèse disparu) & non diocèse de Paris. Les orthodoxes ont toujours eu cette grande courtoisie ecclésiale de reconnaître les hiérarchies qu’ils trouvaient en place en Occident. Pour eux, il ne peut y avoir qu’un seul évêque de Paris, qui est l’évêque catholique.
Le lundi de Pentecôte : ne baissons pas les bras, sauvons-le !
Mardi, mai 22nd, 2007Danger !
Le ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité, Xavier Bertrand, a annoncé « qu’en aucun cas le principe (du lundi de Pentecôte travaillé) ne sera remis en cause » dans une interview à Aujourd’hui en France daté d’aujourd’hui mardi.
Le gouvernement semble donc bien vouloir continuer cette grotesque raffarinade dont l’échec fut toutefois patent l’an passé.
Il en va de la défense de nos traditions chrétiennes de ne pas baisser les bras & de faire tous ce qui est possible pour rendre vaine cette mesure de déchristianisation.
La Schola Sainte Cécile, qui avait en son temps adhéré au CAL (Collectif des Amis du Lundi) vous rappelle donc quelques principes pour lundi prochain, tirés du site web des amis du lundi :
Pour la Pentecôte 2007 :
Plus de détails & d’arguments sur le site des amis du lundi.

Nouveau ! Ecoutez de la musique avec la Schola Sainte Cécile
Dimanche, mai 20th, 2007Bon après quelques heures de nuit blanche (zut ! pas de musée visité cette nuit du coup !
) & quelques suées informatiques, voici, sur les coups de 3 heures du mat’, une nouvelle fonctionnalité pour notre blog :

Il suffit de cliquer sur l’image pour que notre iPod virtuel s’ouvre dans une nouvelle fenètre. Vous pouvez donc continuer à surfer sur notre site tout en écoutant de la musique.
Pour le moment, j’ai mis cinq fichiers dont vous avez le détail ici.
Radio Cécile diffusera de la musique en ligne selon les trois directions éditoriales suivantes :
Bonne écoute !
Une étonnante Ascension
Jeudi, mai 17th, 2007Changement d’environnement
Mardi, mai 1st, 2007Après avoir commencé ce blog sous DotClear (bof bof), je passe aujourd’hui sous WordPress : l’environnement de travail est bien plus puissant ; surtout, il garantira une meilleure protection contre le spam (la première version du blog commençait à être sérieusement spammée).
Bon il faudra ensuite personnaliser davantage les css du site (c’est un peu déjà commencé).




