Archives de la catégorie ‘‘Liturgie’’

Antependium ou Pallium altaris

Lundi, décembre 28th, 2009

Tenture ou parement d’étoffe qui couvre les quatre faces de l’autel, ou au moins sa partie antérieure. On le désigne sous d’autres noms, dont le plus primitif est sans doute pallium altaris (voile d’autel).

ORIGINE – Les Romains étendaient sur leurs tables des étoffes précieuses (mappa) avec ornements tissés ou brochés et de couleur brillante. Dès les origines, les chrétiens firent de même pour leurs autels.

HISTOIRE – Palladius, qui écrivait vers 421, mentionne quelques dames romaines qui, renonçant au monde, avaient légué leurs soies pour faire des revêtements d’autel. Au VIème siècle, le pallium ou vestis altaris était d’un usage général à Rome et dans l’Empire. Sur ce premier revêtement de soie et d’étoffes précieuses, les diacres étendaient des nappes de lin blanches pour la célébration des saints mystères. Le Liber Pontificalis témoigne que, durant les VIIIème et IXème siècles, des riches revêtements d’autel en fil d’or et ornés de bijoux, de perles, de broderies avec des figures de notre Seigneur, de la Bienheureuse Vierge Marie et des apôtres ont été fréquemment donnés aux grandes basiliques romaines par les papes successifs.

Initialement, le pallium altaris tombe sur les quatre côtés de l’autel comme un grande nappe. Voici comme exemple de pallium altaris une enluminure tirée du Benedictional de Saint Ethelwold composé vers 970 à l’attention de cet évêque de Winchester en Angleterre :

Benedictional de Saint Ethelwold

Dès les VIIIème-IXème siècles, on se met à réaliser des antependia en or ou en argent, dont les motifs imitent les riches tentures employées jusqu’alors. L’exemple le plus fameux est celui de l’autel majeur de la basilique de Saint-Ambroise à Milan :

Antependium de Saint-Ambroise de Milan

A l’époque gothique, les autels sont plus volontiers attachés à la murailles (on en trouve dès l’antiquité, mais la majorité des autels antiques sont détachés de la muraille) et les nappes de lin tombent de plus en plus sur les faces latérales ; l’autel devient de plus en plus un long rectangle adossé à un mur. La forme du pallium altaris suivit ces évolutions, et cela se reflète dans les nombreuses désignations que l’on employa pour parler de cette tenture liturgique de l’autel :

  • circitorium lorsque ce tissu enveloppait encore l’autel sur ses quatre faces,
  • dorsale, dossel, postabula, postaltare, retroaltare, lorsqu’il se réduisit progressivement aux parties restées visibles, devant & derrière (mais pas sur les côtés, recouverts par les nappes de lin)
  • frontale, devantier, devantel, devant d’autel, lorsque seule la face antérieure resta visible.
    Le terme d’antependium se rattache à cette dernière série. Son étymologie latine est claire : ante & pendeo, suspendre devant. C’est toutefois une erreur d’écrire comme on le voit parfois antipendium en se réclamant du grec anti, contre – même si tous les rits orientaux connaissent un usage similaire de notre antependium, preuve supplémentaire de son antiquité.

    Voici comme se présente un autel byzantin : il doit être recouvert jusqu’à terre sur ses quatre côtés d’une enveloppe de riche brocard qui correspond très exactement à notre pallium altaris :

    Autel byzantin

    Comme dans l’usage occidental, cette enveloppe de brocard doit tomber raide jusqu’à terre.

    Selon le dicton qui avait court à l’époque des Pères de l’Eglise, tout ce qui s’est toujours pratiqué partout doit être tenu comme d’institution apostolique. Le pallium altaris parait entrer parfaitement dans cette définition.

    SYMBOLIQUE – Dans l’esprit de la liturgie, l’autel représente le Christ, c’est à ce titre qu’il reçoit les marques d’honneur de la liturgie que sont par exemple l’encensement et le baiser. Dans le rite de l’ordination des sous-diacres, lors de la monition aux candidats, l’évêque les avertit que « les étoffes et les corporaux de l’autel [qui représente le Christ] sont les membres du Christ, peuple fidèle de Dieu, avec lequel, comme avec des vêtements coûteux, le Seigneur est vêtu, selon le Psalmiste : « Le Seigneur règne, vêtu de majesté ». Cette symbolique très forte associe donc l’étoffe précieuse de l’antependium à l’Eglise, l’Epouse du Christ, varietate circumdatæ, qui se pare des couleurs liturgiques diverses pour magnifier les fêtes et les temps qui l’unissent à son Epoux.

    FORME – L’esprit de la liturgie attend de cette tenture qu’elle soit noble afin de magnifier l’autel qui représente le Christ. Elle doit descendre de haut en bas, de la table au marchepied et devrait être fixée sur un cadre qui doit en assurer la tension. C’est ce que demande le Cérémonial des Evêques (Livre I., chap. XII, 11) : « Quand l’autel est séparé de la muraille, qu’on le garnisse devant et derrière, de pallia ou parements d’or, d’argent ou de soie artistiquement brochée d’or et de la couleur du jour. Il faudra les fixer sur un cadre de forme rectangulaire, afin qu’ils soient sans plis et sans rides, mais parfaitement déployés et tendus pour être visibles. » Le cadre dont parle le Cérémonial des Evêques s’apelle telarium.

    Sont donc à bannir ces plissés affreux :

    Monstruosité liturgique

    Car le tissu doit tomber parfaitement droit :

    Antependium parfait

    La Sacré Congrégation des Rites (n. 4000 ad 2) a interdit les « petits pallia d’un demi-mètre de côté suspendus au milieu de l’autel pour remplacer l’antependium qui doit couvrir toute la partie antérieure de l’autel. »

    Sont donc interdits ces ornements étriqués :

    Monstruosité liturgique

    Toute la face avant de l’autel doit être revêtue (pas nécessairement les côtés) :

    Antependium

    Mauvais exemple :

    Monstruosité liturgique

    Bon exemple :

    Cathédrale de Westminster

    MATIERE & DECORATION – Rappelons ce que nous disait à l’instant le Cérémonial des Evêques : les pallia doivent être d’or, d’argent ou de soie artistiquement brochée d’or et de la couleur du jour. Les antependia sont le plus souvent de soie ou de drap d’or, on en vit toutefois de cuir doré et gaufré, et même de bois peint, avec bas-reliefs, médaillons & plaques d’émaux.

    Exemple d’un ancien antependium français en cuir de Cordoue peint & doré de l’église de Notre-Dame de Vic d’Oust (Ariège), classé du reste aux Monuments Historiques en 1921 pour sa rareté et sa grande beauté :

    Antependium de Vic d

    Si l’on s’en tient à l’origine historique de l’antependium, l’usage du tissu est de très loin préférable, pourvu que ce tissu soit de qualité, riche & décoratif.

    Il n’est pas très difficile de réaliser des antependia simples & nobles, avec du beau damas ou du beau lampas, et des galons. Exemple : antependium réalisé par le séminaire de Witgratzbad de la Fraternité Saint-Pierre :

    Ordination à Wigratzbad

    Sur le tissu on applique usuellement des bandes décoratives (galons simples ou orfrois plus larges) soit verticaux (les auteurs conseillent que la surface verticale soit découpée en nombre impair, 5 parties dans l’usage romain ; on retrouve aussi les cinq compartiments verticaux assez souvent dans l’usage français, mais on y voit aussi la disposition avec 2 orfrois verticaux), soit horizontaux à la partie supérieure, sous la mensa de l’autel. La partie inférieure contre le marchepied de l’autel est terminée par des franges ou des glands.

    Un antependium à deux orfrois verticaux & contre-orfrois :

    Antependium parfait

    La forme romaine typique, à cinq parties verticales :

    Antependium romain

    Avec discrétion et mesure, des symboles ou monogrammes peuvent y être brodés ou peints. Le bon goût doit régner en la matière, la Sacré Congrégation des Rites (n. 3492) a ainsi interdit la représentation des Cœurs de Jésus ou Marie.

    En France, un bel usage est d’orner le centre de l’antependium d’une belle croix de Malte faite en simple galon.

    REGLES LITURGIQUES – OBLIGATIONS – L’usage de l’antependium est exigé toute l’année par les livres tridentins : le Cérémonial des Evêques (cf. supra) comme le Missel de saint Pie V (Rubriques générales du Missel, titre XX).

    La Sacré Congrégation des Rites recommande l’emploi d’un antependium au moins pour l’autel majeur de l’église, mais tous pourraient en être revêtus, surtout s’ils sont régulièrement utilisés.

    En dehors des célébrations liturgiques, on peut retirer l’antependium, celui-ci étant remis pour la célébration d’un office ou d’une messe.

    L’autel de Saint-Pierre non vêtu :

    Saint-Pierre de Rome - Autel nu

    L’autel de Saint-Pierre de Rome revêtu pour une messe papale (les riches antependia de Saint-Pierre ont traditionnellement été offerts pour des cérémonies de canonisation dans le passé) :

    Saint-Pierre de Rome - Autel vêtu

    Bien évidemment, l’antependium est retiré lors du dépouillement des autels le Jeudi Saint après la messe de la Cène du Seigneur, les autels restant nus jusqu’à none du samedi saint.

    L’usage de l’antependium ayant singulièrement diminué à l’époque moderne dans notre pays, nous ne résistons pas au plaisir de retranscrire ici le commentaire pertinent que Mgr Gromier, le fameux liturge, faisait au paragraphe susdit du Cérémonial des Evêques :

    « Le parement forme le complément principal de l’autel ; il est d’effet inimitable, irremplaçable. On souffre en voyant que les anglicans le comprennent mieux que nous. Le parement n’est pas une simple décoration de l’autel, mais bien un habillement dû à l’autel. Ce droit à l’habillement est promulgué, expliqué par le Pontifical, vers la fin de la consécration de l’autel, et dans la deuxième monition que fait l’évêque en ordonnant les sous-diacres. Si, de toute antiquité, le siège épiscopal doit être vêtu, à plus forte raison, dans la liturgie actuelle, l’autel ne doit pas se trouver dépouillé. Entre deux défauts, celui d’un parement n’ayant pas la couleur voulue, et celui du manque de parement, le Missel donne la préférence au premier. Si l’on dépouille l’autel pour le Vendredi saint, cela veut dire qu’il doit être vêtu les autres jours. Pour couvrir l’autel en superficie et sur ses deux faces latérales on n’a rien que les nappes ; pour couvrir sa face antérieure, ou les deux faces visibles, on n’a rien que les parements. L’un ne remplace pas l’autre. Un autel avec nappe, sans parement, est à moitié vêtu, demi-nu. Si sa face antérieure (ou les deux faces visibles) reste découverte, pourquoi le couvre-t-on sur ses côtés ? Quand, pendant la messe, la table de l’autel porte cinq toiles : toile cirée ou chrémeau, plus trois nappes (on n’a jamais bien su pourquoi), plus corporal ; et même six toiles à la messe papale, avec la nappe supplémentaire dite Incarnatus ; croit-on alors raisonnable de ne pas couvrir la façade qui se voit le mieux ? Entre autres preuves, les inventaires montrent que le parement était d’usage presque universel jusque vers la fin du XVIIIe siècle. Maintenant il trouve son refuge dans les musées, et aux enterrements qui payent bien. Laisser périr de consomption les rares qui existent, ne point en faire de neufs, passe pour très normal. Les soi-disant restaurateurs de la liturgie se gardent bien d’en parler. » – Mgr Gromier (1959).

    REGLES LITURGIQUES – COULEUR – Le Missel comme le Cérémonial des Evêques exigent que l’antependium soit de la couleur liturgique du jour.

    Voici un exemple idéal, où l’ensemble des ornements liturgiques du jour sont réalisés de façon complète dans le même tissu (ici un damas vert aux armes de la Fraternité Saint-Pierre pour cette messe de M. l’Abbé Berg, supérieur de la Fraternité Saint-Pierre célébrant à Nantes, ornement réalisé sur les indications de Monsieur l’Abbé Jouachim, fssp) :

    Antependium FSSP

    Toutefois, il existe une exception : lorsque le Très-Saint Sacrement est exposé sur l’autel, l’antependium doit être blanc (Sacré Congrégation des Rites, n. 1615 ad 7) quelle que soit la fête, même le jour de la Pentecôte (Sacré Congrégation des Rites, n. 2673).

    Seconde exception : aux messes & offices des morts, l’usage romain est d’employer un antependium violet et non noir. Cette règle est peu suivie voire inconnue en France ; l’usage ancien français de l’antependium noir, que l’on rencontre aussi dans d’autres pays de la chrétienté, a été toléré si le Très-Sacrement n’y est pas au tabernacle, ou s’il y est, à la condition que ce soit le seul autel de l’église & que le conopée soit violet (Sacré Congrégation des Rites, n. 3562 – la plupart des diocèses français employaient autrefois avant le XXème siècle des conopés noirs ; à l’inverse, l’usage romain a toujours eu quelque répugnance envers la couleur liturgique noire, qu’il paraît avoir accueillie plus tard qu’ailleurs – cette couleur est toujours inconnue du rit papal).

    Avec la renaissance de la liturgie traditionnelle dans notre pays, il est agréable de constater que redevient de plus en plus fréquent l’usage de l’antependium, signe mystique de l’Eglise, épouse unie au Christ et présentant au monde la richesse, la variété et la beauté des couleurs de ses grâces. Souhaitons que cet usage antique et universel de toutes les églises chrétiennes soit renouvelé dans nos communautés.

    Henri de Villiers.

    Références :

  • Chanoine Robert Lesage, Dictionnaire pratique de liturgie romaine, Paris, 1952, articles Antependium, Autel, Dépouillement des Autels, Vendredi Saint & Vigile pascale.
  • Shawn Tribe, The History, Development and Symbolism of the Antependium, Altar Frontal, or « Pallium Altaris », in The New Liturgical Movement, 16 octobre 2008.
  • Cérémonial des Evêques avec les commentaires de Mgr Léon Gromier, 1959.
  • Thésaurus des objets religieux, Meubles, objets, linges, vêtements & instruments de musique du culte catholique romain, Paris, Editions du patrimoine, 1999.
  • Bernard Berthod & Pierre Blanchard, Trésors inconnus du Vatican, cérémonial & liturgie, Paris, 2001.
  • Blog de la Fraternité Saint-Pierre à Nantes
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    Programme du XXIIIème dimanche après la Pentecôte

    Samedi, novembre 7th, 2009
    Jugement dernier - cathédrale de Fribourg


    Saint-Eugène, le dimanche 7 novembre 2009, grand’messe de 11h.

  • Propre grégorien du jour – Kyriale : Missa XI Orbis factor
  • Procession d’entrée: Iam lucis orto sidere – Hymne de l’office de Prime – texte du VIIIème siècle – mélodie du VIIIème ton en usage à Nancy.
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Dirigatur du IInd ton – faux-bourdon parisien d’après l’édition de 1739
  • Après la Consécration : O salutaris sur le ton du récitatif liturgique de la préface – Henri de Villiers
  • Pendant la communion : De profundis de Nicolas-Mammès Couturier (1840 † 1911), maître de chapelle de la cathédrale de Langres
  • Prière pour la France – faux-bourdon parisien du 1er ton (d’après l’édition de 1739)
  • Ite missa est XI
  • Pendant le dernier Evangile : Inviolata
  • Procession de sortie : Vers la mort qui vient – cantique du R. P. P. Jacques Bridaine ( 1701 † 1767)
  • Télécharger le livret de la messe au format PDF.

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    Commémoraison de tous les fidèles défunts

    Lundi, novembre 2nd, 2009
    Messe de Requiem

    Catéchisme sur le Purgatoire & sur la prière pour les morts


    Saint-Eugène, le lundi 2 novembre 2007, messe solennelle de 19h.

    Répétition pour les choristes à partir de 18h.

  • Messe de requiem de Claudio Casciolini (1697 † 1760), chantre de Saint-Laurent in Damaso à Rome – Kyriale de la messe des morts
  • Procession d’entrée: De profundis parisien – psaume 129 – faux-bourdon attribué à André Campra (1660 † 1744), maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et de Louis XV à Versailles
  • Séquence Dies iræ – de la Missa pro defunctis de l’Abbé Homet, maître de chapelle de Notre-Dame de Paris et de Saint-Germain L’Auxerrois (XVIIIème siècle)
  • Après la Consécration : Pie Iesu de la séquence dies iræ, faux-bourdon de l’abbé Homet
  • Pendant la communion : De profundis de la Messe de Requiem des évêques de Langres, de Nicolas-Mammès Couturier (1840 † 1911), maître de chapelle de la cathédrale de Langres
  • Absoute du Requiem de Casciolini
  • Procession de sortie : Languentibus in Purgatorio – prose à la Très-sainte Vierge Marie pour les défunts, composée par Jean de Langoueznou, abbé de Landevenec au XIVème siècle – plain-chant musical en usage dans le diocèse de Coutances
  • Télécharger le livret de la messe au format PDF.

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    Le cardinal préfet de la Congrégation pour le Culte divin célèbre la messe traditionnelle

    Dimanche, novembre 1st, 2009
    Canizares Toussaint 2009

    S. E. le Cardinal Antonio Cañizares Llovera, préfet de la Congrégation pour le Culte divin, a célébré ce jour pontificalement la messe de la Toussaint, en la paroisse de la Trinité des Pélerins, la paroisse personnelle romaine pour le rit traditionnel, desservie par la Fraternité Saint Pierre.

    Les photos sur le blog Orbis Catholicus de John Sonnen.

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    Première messe basse d’un jeune prêtre

    Jeudi, juillet 2nd, 2009

    Messe basse de M. l’Abbé Barker, fssp, en l’église de Mywiler (près de Wigratzbad, Bavière, Allemagne), au IVème dimanche après la Pentecôte.

    Première messe de l

    Au Veni Creator avant la messe : invocation de l’Esprit-Saint (c’est l’ancienne coutume française de chanter cette hymne avant une première messe).

    Première messe de l

    Aux prières au bas de l’autel.

    Première messe de l

    Au premier Confiteor.

    Première messe de l

    Au second Confiteor.

    Première messe de l

    A l’introït.

    Première messe de l

    Au Gloria.

    Première messe de l

    A la collecte.

    Première messe de l

    A l’évangile.

    Première messe de l

    Au Dominus vobiscum qui ouvre l’offertoire.

    Première messe de l

    Au Lavabo.

    Première messe de l

    A la préface du canon.

    Première messe de l

    A l’élévation du Corps du Seigneur.

    Première messe de l

    A l’élévation du Sang du Seigneur.

    Première messe de l

    Ecce Agnus Dei.

    Première messe de l

    A la bénédiction finale.

    Première messe de l

    Bénédiction de nouveau prêtre après la messe.

    Première messe de l

    Monsieur l’Abbé Barker entouré de la délégation de la Paroisse Saint-Eugène et de la Schola Sainte Cécile.

    D’autres photos sur Facebook.

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    Premières vêpres du IVème dimanche après la Pentecôte à Wigratzbad

    Mercredi, juillet 1st, 2009

    Samedi 27 juin dernier, après les ordinations sacerdotales du matin, voici quelques photos des premières vêpres du dimanche, l’officiant étant M. l’Abbé Barker, fssp.

    Premières vêpres du dimanche

    Allumage de l’autel avant les vêpres. On remarquera – coutume ancienne & vénérable – la présence sur l’autel des armes de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre et celles de Mgr Schneider, évêque auxiliaire de Karaganda.

    Premières vêpres du dimanche

    Le clergé prie en silence au pied de l’autel avant le début de l’office.
    « Aperi, Domine, os meum, ad benedicendum nomen tuum… – Ouvrez, Seigneur, mes lèvres, pour bénir votre Nom… »

    Premières vêpres du dimanche

    Pendant le chant des 5 psaumes.

    Premières vêpres du dimanche

    L’officiant chante le capitule : « O altitudo divitiarum sapientiæ et scientiæ Dei: quam incomprehensibilia sunt judicia ejus, et investigabiles viæ ejus ! – O profondeur des trésors de la sagesse & de la science de Dieu ! Que ses jugements sont impénétrables, et ses voies incompréhensibles ! » (Romains, XI, 33).

    Premières vêpres du dimanche

    Aux encensements du Magnificat.

    Premières vêpres du dimanche

    Chant de l’oraison du dimanche : « Da nobis, quæsumus, Dómine : ut et mundi cursus pacífice nobis tuo órdine dirigátur ; et Ecclésia tua tranquílla devotióne lætétur. – Donne-nous, Seigneur, que le cours du monde s’écoule dans l’ordre et dans la paix, et que ton Eglise se réjouisse en une sereine dévotion. »

    Premières vêpres du dimanche

    Procession de sortie. Deo gratias ! Rendons grâces à Dieu pour tous ses dons en ce jour, et en particulier pour le don du sacerdoce fait à ces 5 nouveaux prêtres.

    D’autres photos sur Facebook.

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    Ordinations de ce matin à Wigratzbad (FSSP)

    Samedi, juin 27th, 2009

    Ce samedi 27 juin, en la fête de Notre-Dame du Perpétuel Secours, Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider, évêque titulaire de Celerina, evêque auxiliaire de Karaganda (Kazakhstan) a célébré pontificalement au séminaire de Wigratzbad la messe d’ordination de 5 nouveaux prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, dont 4 français, MM. les abbés Barker, Kegelin, Leclair et Toulza. Notons que deux d’entre eux sont issus de notre paroisse Saint-Eugène de Paris : les abbés Toulza et Barker, et que ce dernier fut même premier chantre de la Schola Sainte Cécile avant son entrée au séminaire de Wigratzbad.

    Ordinations sacerdotales 2009

    Aux encensements de l’introït.

    Ordinations sacerdotales 2009

    L’évêque, entouré du diacre et du sous-diacre, du prêtre assistant en chape et des quatre porte-insignes en chapes.

    Ordinations sacerdotales 2009

    S.E. Mgr Schneider donne l’homélie.

    Ordinations sacerdotales 2009

    Présentation des ordinants à l’évêque.

    Ordinations sacerdotales 2009

    Pendant le chant des litanies des saints.

    Ordinations sacerdotales 2009

    Imposition des mains par le pontife, qui constitue la matière du sacrement de l’Ordre.

    Ordinations sacerdotales 2009

    Oraisons après la vêture des habits sacerdotaux.

    Ordinations sacerdotales 2009

    Consécration des mains des nouveaux prêtre par une onction de l’Huile des Catéchumènes par le pontife.

    Ordinations sacerdotales 2009

    Chant de la préface de la messe par le pontife.

    Ordinations sacerdotales 2009

    A la postcommunion de la messe. Au premier plan, de dos, M. l’Abbé Barker.

    Ordinations sacerdotales 2009

    Pendant le Te Deum final d’action de grâces.

    Ordinations sacerdotales 2009

    Monsieur l’Abbé Barker donne sa bénédiction de nouveau prêtre.

    Vous trouverez aussi une centaine de photos sur mon profil Facebook.
    De retour à Paris, je mettrai également en ligne des vidéos de cette magnifique cérémonie.

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    Henry du Mont – Messe royale du VIème ton – Kyrie

    Dimanche, juin 21st, 2009

    kyrie-du-mont-vi.jpg

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    Angelus

    Mercredi, mars 25th, 2009
    L

    Prière de dévotion mariale en l’honneur de l’Annonciation et de l’Incarnation du Sauveur, qui se dit trois fois le jour au son de la cloche, à 6h, à 12h et à 18h mais ces heures peuvent varier selon le travail et les régions.
    Comme un grand nombre d’anciennes prière, l’Angelus doit son nom au premier mot qui la commence en latin.

    TEXTE

    V/. Angelus Domini nuntiavit Mariæ,
    R/. Et concepit de Spiritu Sancto.

    Ave Maria, gratia plena, Dominus tecum. Benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui, Jesus.
    Sancta Maria, Mater Dei, ora pro nobis peccatoribus, nunc et in hora mortis nostræ.

    V/. « Ecce Ancilla Domini. »
    R/. « Fiat mihi secundum Verbum tuum. »

    Ave Maria, gratia plena, Dominus tecum. Benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui, Jesus.
    Sancta Maria, Mater Dei, ora pro nobis peccatoribus, nunc et in hora mortis nostræ.

    V/. Et Verbum caro factum est. (Ici, on s’incline en l’honneur de l’Incarnation)
    R/. Et habitavit in nobis.

    Ave Maria, gratia plena, Dominus tecum. Benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui, Jesus.
    Sancta Maria, Mater Dei, ora pro nobis peccatoribus, nunc et in hora mortis nostræ.

    V/. Ora pro nobis, Sancta Dei Genetrix.
    R/. Ut digni efficiamur promissionibus Christi.

    Oremus.
    Gratiam tuam quæsumus, Domine, mentibus nostris infunde ; ut qui, angelo nuntiante, Christi Filii tui Incarnationem cognovimus, per passionem eius et crucem, ad resurrectionis gloriam perducamur.
    Per eumdem Christum Dominum nostrum.
    Amen.

    (On peut y ajouter par dévotion un triple Gloria Patri).

    TRADUCTION FRANCAISE

    V. L’ange du Seigneur fit l’annonce à Marie.
    R. Et elle conçut du Saint-Esprit.

    Je vous salue Marie, pleine de grâce. Le Seigneur est avec vous.
    Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni.
    Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.

    V. Voici la Servante du Seigneur.
    R. Qu’il me soit fait selon votre parole.

    Je vous salue Marie, pleine de grâce. Le Seigneur est avec vous.
    Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni.
    Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.

    V. Et le Verbe s’est fait chair. (Ici, on s’incline en l’honneur de l’Incarnation)
    R. Et il a habité parmi nous.

    Je vous salue Marie, pleine de grâce. Le Seigneur est avec vous.
    Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni.
    Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.

    V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu,
    R. Afin que nous devenions dignes des promesses du Christ.

    Prions.
    Répandez, Seigneur, votre grâce en nos âmes, afin qu’ayant reçu, par le message de l’ange, l’incarnation du Christ votre Fils, nous parvenions, par sa passion et par sa croix, à la gloire de sa résurrection.
    Par ce même Christ, notre Seigneur. Amen.

    HISTOIRE – L’histoire de cette prière n’est pas facile à tracer, mais paraît étroitement liée aux sonneries des cloches tant monastiques (le moine sonneur récitant mentalement un Ave entre chaque série de triple coups pour répartir ceux-ci) que civiles (la volée finale de la sonnerie de l’Angelus dérive probablement d’un signal d’horaire civil (et initialement du signal du couvre-feu le soir) sonné au beffroi communal).

    La sonnerie quotidienne de la cloche, matin et soir se pratiquait en Allemagne en l’honneur de la Compassion de Notre-Dame. Un concile de Cologne de 1246 introduisit la sonnerie de midi, pour le seul vendredi, en mémoire de la Passion : midi est l’heure de la crucifixion.

    En 1269, saint Bonaventure décida de faire tinter la cloche le soir après complies pour appeler ses religieux et les fidèles d’alentour à réciter trois Ave. Cette pratique fut ensuite popularisée par les Franciscains un peu partout en Europe.

    En 1346, un concile de Sens fait état d’une indulgence accordée par le Pape Jean XXII à quiconque dira trois fois Ave Maria le matin, le midi et le soir. Certains auteurs attribuent toutefois la paternité de l’institution de l’Angelus au Pape Urbain II.

    Entre 1456, le Pape Calixte III ordonna que prière lors de la cloche du midi serait assignée à une prière ardente pour la protection de la Chrétienté contre l’invasion turque, invitant à voir dans l’Angelus la réplique chrétienne à l’appel du muezzin pour la prière musulmane.

    En 1472, le roi de France Louis XI rendit obligatoire pour tout le Royaume la sonnerie quotidienne des trois Angelus, laquelle continua même, au titre d’indication horaire, au plus fort de la Révolution.

    En somme, l’Angelus actuel se constitua entre 1250 et 1500.

    Sa forme définitive (avec les versets et l’oraison) est donnée en appendice de l’édition typique du Petit Office de la Sainte Vierge, annexée par saint Pie V en 1570 à la seconde édition du bréviaire romain.

    Dans sa Lettre apostolique Dum Maerenti Animo de 1956 sur la persécution de l’Eglise en Europe de l’Est et de la Chine, le Pape Pie XII a rappelé le 500ème anniversaire de la « cloche turque », une croisade de prière lancée par le Pape Calixte III contre l’invasion ottomane. Le Pape demanda à nouveau aux fidèles à travers le monde, à prier pour les Eglise persécutée en Orient au cours de l’Angelus de midi.

    Depuis le Pape Jean XXIII, le Souverain Pontife donne le midi une allocution suivie de la prière de l’Angelus qui donne lieu à des retransmissions radio et télévisuelles.

    Dans sa Lettre apostolique Marialis cultus de 1974, le Pape Paul VI a encouragé la prière de l’Angelus, et a confirmé son importance.

    USAGE – L’Angelus appartient davantage à la dévotion privée qu’à la liturgie, aussi aucune rubrique n’en prescrit ni n’en règle la récitation en commun. Les Moines, qui le sonnent à des moments où la communauté se trouve réunie au chœur, le disent en silence et chacun pour soi.

    Au Temps pascal, on remplace l’Angelus par l’antienne Regina cœli, avec son verset et son oraison, comme à la conclusion des heures de l’office divin. C’est le Pape Benoît XIV qui homologua cette substitution, en y transférant les indulgences accordées à l’Angelus par ses prédécesseurs. Le Regina cœli se dit durant tout le Temps pascal, y compris l’octave de la Pentecôte qui s’achève après none & la messe du samedi des Quatre-Temps de Pentecôte : le dernier Regina cœli est donc dit le samedi midi qui suit la Pentecôte, le samedi soir on reprend l’Angelus.

    La sonnerie de l’Angelus se compose de trois coups triples tintés, suivis d’une volée prolongée, aussi bien pour l’Angelus que pour le Regina cœli. La crécelle suit le même rythme pour annoncer l’Angelus depuis le Jeudi saint après la messe in Cœna Domini jusqu’à la Vigile pascale.

    On dit l’Angelus à genoux, sauf des premières vêpres aux secondes vêpres du dimanche (du samedi soir au dimanche soir donc), en l’honneur de la Résurrection du Seigneur (ressusciter = se tenir droit debout) et en souvenir d’un canon du saint Concile de Nicée de 325. Pour la même raison, le Regina cœli se dit toujours debout durant tout le temps pascal.

    Une indulgence partielle de 10 ans fut accordée à tout ceux qui récitent Angelus ou le Regina cœli le matin, à midi et le soir, ou le plus tôt qu’ils peuvent, ou au moins cinq fois l’Ave Maria. Une indulgence plénière fut accordée pour la récitation quotidienne pendant un mois (S. Pénit., 20 fév. 1933). La sonnerie de la cloche ne fut plus mentionnée pour le gain de ces indulgences (Preces & pia opera, 1950, n. 334).

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    Samedi des colybes

    Samedi, mars 7th, 2009

    En ce samedi de la première semaine de Carême dans le calendrier Julien, les Eglises de rit byzantin célèbrent l’illustre miracle des Colybes du Saint et glorieux Martyr Théodore le Conscrit, dont voici ci-après une icône tirée du site web de la Bibliothèque nationale de Bulgarie. En mémorial de ce miracle datant du IVème siècle, les fidèles conservent l’usage de fabriquer et faire bénir à l’église des colybes, sortes de pâtisseries à base de blé et de miel, ne contenant aucun produit d’origine animale afin de respecter les prescriptions du jeûne quadragésimal.

    Saint Théodore le Conscrit

    Grâce au blé des colybes il nourrit la cité,
    rendant vaines les viandes touchées par l’impiété.

    Alors que Julien l’Apostat, après Constance, fils de Constantin le Grand, tenait le sceptre de l’empire et qu’il était passé du Christ à l’idolâtrie, une grande persécution s’éleva contre les chrétiens, de façon manifeste aussi bien que secrète. L’impie, ayant donc renoncé aux châtiments cruels et inhumains exécutés en public, éprouvait ainsi les chrétiens : il les discréditait et les rabaissait, afin que leur nombre n’augmente pas, et on leur cachait la façon dont ce perfide sacrilège voulait les souiller. Or, ayant observé que notre peuple chrétien recherchait une plus grande pureté pendant la première semaine de Carême pour s’attacher davantage à Dieu, il appela le préfet de la ville et lui ordonna de faire enlever les denrées qui se vendent habituellement et d’exposer au marché d’autres denrées, à savoir des pains et des boissons, après les avoir aspergées avec le sang des victimes immolées aux idoles et les avoir souillées par ce mélange, afin que ceux qui les achèteraient à cause du Carême soient souillés par leur propre recherche de pureté. Aussitôt le préfet mit à exécution l’ordre reçu et fil exposer dans tout le marché les aliments et les boissons souillés par les sacrifices immondes. Mais Dieu, qui de Son regard voit tout, qui prend les subtils à leurs propres intrigues et veille toujours sur nous Ses serviteurs, déjoua l’ignoble complot de l’Apostat contre nous : à Eudoxe, l’Archevêque de la ville, malgré le caractère peu orthodoxe de sa foi, il envoya son grand Martyr Théodore, appelé Tiron parce qu’il avait appartenu à l’ordre des conscrits. Celui-ci lui apparut, en vision et non en songe, et lui dit ainsi : « Lève-toi vite, rassemble le troupeau du Christ et ordonne avec autorité que personne n’achète rien de ce qu’on a exposé au marché, car l’empereur impie l’a fait souiller par le sang des sacrifices. » Comme il se montrait embarrassé et qu’il lui demandait : « Comment sera-t-il possible, à qui n’a pas de vivres à la maison, de ne pas acheter les denrées exposées au marché? » le Saint répondit : « Procure-leur des colybes, pour remédier à la pénurie. » Celui-ci, de nouveau embarrassé, s’informant, dans son ignorance, de ce qu’étaient les colybes, Saint Théodore lui dit : « Du blé bouilli! C’est ainsi que nous avons coutume de l’appeler à Euchaïtes. » Le Patriarche ayant demandé : « Et qui es-tu, toi qui veilles sur le peuple chrétien? » Le Saint répondit : « Je suis Théodore, le témoin du Christ, qui vient de m’envoyer pour vous aider. » Aussitôt le Patriarche, s’étant levé, fit part au peuple de sa vision et, s’y étant conformé, il garda le troupeau du Christ à l’abri de l’infâme complot de l’Apostat. Celui-ci, voyant que son piège avait été démasqué et mis en échec, même s’il en fut assez humilié, ordonna de remettre sur le marché les denrées, habituelles. Et le peuple du Christ, la semaine écoulée, rendit grâces au Martyr, son bienfaiteur, et dans l’allégresse, à cause des Colybes, célébra sa mémoire ce samedi-là. Depuis lors, nous les fidèles, tant qu’on se souviendra du Miracle et pour que l’œuvre du Martyr ne soit pas effacée par le temps, nous célèbrons Saint Théodore par des colybes.

    Ce grand Martyr Théodore est celui que l’impie Bringas avait fait arrêter sous l’empereur Maximien. D’abord il fut seulement frappé, mais par la suite incendia le temple de leur déesse, dont il avait distribué les trésors aux indigents. Quelques-uns vinrent discuter avec lui, voulant le convertir, mais après s’être entretenu avec eux il refusa. Alors, on lui fit souffrir de nombreux tourments ; pour finir, on alluma une grande fournaise et on l’y jeta ; mais il n’y souffrit aucun mal et au milieu d’elle rendit à Dieu son esprit.

    Par ses saintes prières, ô notre Dieu aie pitié de nous et sauve-nous. Amen.

    Ex Triode de Carême, Diaconie Apostolique, Chevetogne, 1993

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    AXIOS, AXIOS, AXIOS !

    Mardi, février 3rd, 2009

    « Il est digne ! Il est digne ! Il est digne ! » C’est par cette acclamation solennelle que les 700 prélats de l’Eglise orthodoxe russe ont ratifié l’intronisation du nouveau Patriarche de toutes les Russies, Kirill Ier, ancien métropolite de Kaliningrad et de Smolensk le 1er février dernier dans la cathédrale du Saint-Sauveur à Moscou. Elu par 508 suffrages contre 169 par le synode des évêques russes réuni le 27 janvier dernier, le nouveau Patriarche entend bien poursuivre l’œuvre de consolidation de son prédécesseur, Alexis II, décédé en décembre 2008.

    Kirill Ier, Patriarche de toutes les Russies, donnant la bénédiction après son élection au siège patriarcal

    Le métropolite Kirill de Smolensk et de Kaliningrad donnant sa bénédiction après son élection au siège patriarcal de Moscou

    Intronisation de Kirill Ier dans la cathédrale moscovite du Saint-Sauveur

    Intronisation du nouveau Patriarche de Moscou et de toutes les Russies, Kirill Ier dans la cathédrale moscovite du Saint-Sauveur

    En ce sens, il est déterminé à affirmer et à affermir les droits de l’Eglise au sein même de la société russe et son engagement dans la définition d’une doctrine sociale de l’Eglise orthodoxe semble être un de ses objectifs majeurs. En outre, ce bon connaisseur de la pensée de Joseph Ratzinger – Benoît XVI et du dialogue œcuménique, spécialement avec l’Eglise catholique romaine, ambitionne d’œuvrer dans le rapprochement de ces deux Eglises sœurs qui partagent non seulement une tradition théologique commune par maints aspects, mais aussi une même vision de la société moderne marquée par la sécularisation.

    Cette élection doit réjouir les Catholiques et tous ceux qui sont attachés à la Tradition chrétienne et à sa pérennité. Gageons que Benoît XVI et Kirill Ier ne se ménageront pas pour parvenir à une unité sacramentelle dans la vérité et dans le respect des privilèges que l’Evangile même confère au successeur de l’apôtre Pierre.

    Kirill de Smolensk - devenu depuis Kirill Ier de toutes les Russies - et Benoit XVI à Rome en 2008

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    Histoire de l’Eglise catholique d’Albanie et de sa langue liturgique

    Mardi, janvier 20th, 2009

    OBSERVATIONS AUTOUR

    DE L’HISTOIRE ECCLESIASTIQUE ET LITURGIQUE

    DU CATHOLICISME ALBANAIS

    TF

     

    1.- « Res gestas illustraturi sumus regionis mirabilissimae, nonnulla adhuc in re tenebris circumdatae« . C’est par cette phrase que les trois grands médiévistes, M. Sufflay, L. Thalloczy et C. Jirecek inaugurent leur monumental recueil d’actes sur l’histoire du Moyen-Age albanais[1]. C’est dire l’épaisseur de l’oubli dans lequel a été enfouie l’histoire d’un des plus anciens berceaux de la civilisation européenne. Le Haemus occidentalis, les Balkans occidentaux, notamment l’Illyricum qui s’étendait autrefois de la Carniole au nord (Slovénie) au golfe d’Arta en Grèce au sud et de la Mésie (Messicae) occidentale à l’Est à l’Adriatique et à la mer Ionienne à l’Ouest, ont souffert de la chape de plomb imposée par deux des plus impitoyables pourfendeurs de la civilisation européenne[2] à savoir l’empire ottoman et le communisme dans une époque plus récente. Le bâillonnement de la foi chrétienne, les conversions forcées, la destruction du patrimoine religieux et spirituel surtout catholique, la mise à mort de Dieu sous le communisme, l’extermination de l’hiérarchie ecclésiastique ont achevé, pendant 550 ans, hormis quelques rares et éphémères intervalles, d’anéantir ou presque le noyau de l’identité des descendants des Illyriens que sont les Albanais. Ceux-ci en souffrent toujours actuellement car l’absence de mémoire collective creuse l’ignorance sur les faits historiques et la réalité des événements. Ces repères peuvent pourtant toujours servir de solides repères pour avancer dans la voie du progrès humain. Or cette identité a reçu un coup fatal à la fois sous la domination ottomane et sous la dictature communiste et elle a été d’autant plus durement touchée que c’est un de ses ferments d’unité, à savoir l’appartenance religieuse, qui a été le plus visé. On n’apprendra rien en disant qu’en Albanie la religion fut interdite légalement[3] de 1967 à 1990, la célébration du culte pouvant être passible d’une peine d’emprisonnement de 20 ans et de travaux forcés. Les églises et tous les autres édifices à caractère religieux furent fermés, démolis – en grande partie hélas – ou transformés en hangars, salles de sport, cinémas, prisons….Si certaines églises orthodoxes furent épargnées en tant qu’objets muséaux, la quasi-totalité des églises catholiques furent démolies. La cathédrale primatiale de Saint-Etienne Protomartyr de Shkodra, construite en partie grâce au soutien financier du Pape Pie IX au milieu du XIXe siècle fut transformée en palais de sports et en salle de réunion des congrès du Parti. Elle ne retrouva un certain éclat qu’en 1993 lorsque le Pape Jean-Paul II vint en Albanie pour régénérer l’hiérarchie catholique disparue depuis 1967, en sacrant les quatre premiers évêques depuis les années 1950 dans cette cathédrale même rendue au culte catholique par le gouvernement qui suivit la chute du communisme en 1991.

    (Lire la suite…)

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    Bénédiction de l’eau à l’Epiphanie – rit byzantin russe

    Lundi, janvier 19th, 2009

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    Mystère de Noël et mystère de l’Eucharistie, par le R.P. Le Brun, de l’Oratoire

    Samedi, décembre 27th, 2008
    La Nativité - Ecole française XVIIème siècle

    Le R.P. Le Brun s’adresse aux protestants qui ne croient pas en la présence réelle du Christ sous les espèces du pain & du vin :

    Serait-il plus difficile de changer des substances que de les avoir créées, disait saint Cyrille de Jérusalem en instruisant les nouveaux baptisés ? Celui qui changea l’eau en vin, ne pourra-t-il pas changer le pain en son corps, disait saint Ambroise ? (…)

    Vous confessez que Jésus-Christ qui n’a paru aux yeux que comme un homme, est véritablement Dieu : et c’est ainsi que l’ont cru ceux qui en ont jugé par la foi : transportez-vous un moment, en esprit, au temps de la naissance de Jésus-Christ. Les anges disent aux bergers : Il vous est né un sauveur qui est le Christ le Seigneur. Quelle marque de ce Seigneur de toutes choses ? On leur dit seulement : Vous trouverez un enfant emmailloté couché dans une crèche. Consultez vos sens, votre imagination, votre raison même. Toutes les lumières que vous en tirerez, vous diront-elles que cet enfant est véritablement un Dieu revêtu d’une chair ? Dieu est tout-puissant, et cet enfant paraît la faiblesse même : Dieu est le maître de tous les biens, et cet enfant manque de tout : Dieu est impassible, et cet enfant est exposé aux douleurs et à toutes les incommodités de l’enfance. Parcourez toutes les oppositions que la raison humaine présente entre les attributs de Dieu et l’état où Jésus-Christ s’est mis ; et malgré toutes ces oppositions que les sens, l’imagination et votre faible raison vous suggéreront, la foi vous fera confesser que celui qui est dans un état si abject, est véritablement le Fils de Dieu. Si vous le confessez, comme tout Chrétien doit le faire, quelle plus grande difficulté y a-t-il de croire, comme le croient toutes les communions chrétiennes (à la vôtre près), que ce qui ne paraît aux yeux que du pain est le corps de Jésus-Christ après que cet homme-Dieu nous a dit, ceci est mon corps ?

    in R.P. Pierre Le Brun, prêtre de l’Oratoire, Explication littérale, historique et dogmatique, des prières et des cérémonies de la messe, suivant les anciens auteurs, et les monuments de toutes les Eglises du monde chrétien. Avec des dissertations et des notes sur les endroits difficiles, et sur l’origine des rites.
    Tome quatrième.
    Dissertation N°. 13. Uniformité abandonnée par les sectaires du XVIe siècle. Liturgies Luthérienne, Zwinglienne, Calviniste, Anglicane, Ecossaise, Suédoise, etc.
    Article VI. Réflexions sur les liturgies des novateurs, depuis le XVIe siècle, lesquels à force de vouloir s’éloigner de l’Eglise romaine, ont abandonné l’essentiel des liturgies de toutes les églises chrétiennes ; et ont encouru par là l’anathème de toutes les églises du monde chrétien.

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    Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le rit de Nidaros

    Mercredi, décembre 3rd, 2008

    … sans jamais oser le demander.

    Saint Olaf
    Le roi saint Olaf, patron de la Norvège

    - Nota : cet article, publié originellement sur Facebook, est une réponse à un pari avec une amie -

    La province ecclésiastique de Nidaros fut l’une des plus étendues de la Chrétienté : outre la Norvège, sa juridiction comprenait d’anciennes colonies norvégiennes, savoir les Orcades, l’Ile de Man, l’Islande, le Groënland et les îles Feroe.

    Nidaros est le nom ancien de l’actuelle ville de Trondheim en Norvège.

    Alors que le Danemark et la Suède, déjà chrétiens, n’avaient étrangement pas cherché à évangéliser la Norvège, celle-ci reçut la foi par son roi Olaf Tryggvason († 1002), qui était revenu d’Angleterre pour prendre possession de son royaume en 994, amenant avec lui l’évêque Sigurd et plusieurs prêtres. Le succès de leur apostolat fut tel qu’en 4 ans tout le pays fut converti. Le roi établi sa résidence à Nidaros, où il érigea la première église (dédiée à saint Clément), devenue cathédrale, et qui devait abriter les fameuses reliques de saint Olaf Haraldsson (1015†1030), l’un des successeurs d’Olaf Tryggvason , qui devint patron du pays (fête principale le 29 juillet).

    La province ecclésiastique de Nidaros fut érigée en 1152 par le Pape Eugène III et comporta onze évéchés :
    Norvège : Nidaros, Bergen, Stavanger, Oslo, Hamar
    Islande : Skalholt, Holar
    Groenland : Gardar
    Iles Feroe : Kirkebo en Straumo
    Orades : Kirkwall
    Sodors & Man : Saint-Germans.

    Ayant reçu la foi de l’Angleterre, les liens ecclésiastiques entre ce pays et la Norvège furent très forts : les premiers évêques de Norvège furent sacrés en Angleterre, de nombreux prêtres & moines avaient été formés dans ce pays, même le vin de messe venait d’Albion ! A partir de l’épiscopat de l’archevêque Eric Ivarsson (1188 † 1205), qui avait fait ses études à l’abbaye de Saint-Victor de Paris, les liens avec la France et les Flandres devinrent aussi importants.

    On comprend dès lors que le rit de Nidaros dépend étroitement des rits en usage dans les Iles britanniques (principalement Sarum et York, également les usages celtiques d’Irlande (points de contacts avec le Missel de Stowe)) mais aussi des rits français (Normandie et Paris), et dans une moindre mesure, de certains usages allemand (la métropole de Brême englobait toute la Scandinavie initialement). Les anciens rits de Suède et de Danemark suivent d’avantage l’usage germanique.

    Comme dans tout le territoire de l’ancien empire de Charlemagne, il s’agit donc à la base du rit romain dans sa structure essentielle (c’est-à-dire l’ordonnance générale de la messe et le texte du canon), avec les variantes locales dues principalement à l’enrichissement eucologique qui s’est pratiqué dans l’Occident au IXème-Xème siècles pour certaines parties de la messe, soit les prières avant l’introït, les prières de l’offertoire, celle avant et après la communion. Ces prières, pour l’essentiel, sont dites à voix basses par le célébrant, et changent considérablement d’un rit à un autre.

    La connaissance de ce rit norvégien est difficile, car la réforme protestante lui a été fatale : on ne possède plus que 4 manuscrits médiévaux, et pour l’édition imprimée en 1519 tant du Missel de Nidaros que du Bréviaire (édités le premier à Copenhague, l’autre à Paris), qu’un unique exemplaire chacun. Par chance, le Missel a été imprimé avec la musique du graduel. A noter que le Missel imprimé ne comporte que très peu de rubriques.

    Globalement, on peut estimer que le rit de Nidaros avant sa suppression était resté assez pur et proche de son premier établissement. On notera en particulier qu’il est resté fermé aux excroissances de la dévotion liturgique qui ont surchargé certains rits ailleurs en Europe au XVème siècle.

    Le rit de Nidaros ne survécut cependant pas à la réforme protestante. En 1536, après une horrible guerre civile qui avait démarré en 1528, l’archevêque Olaf fut contraint de fuir vers les Pays-Bas & tout l’épiscopat fut emprisonné, sauf l’évêque renégat d’Oslo qui avait apostasié (mais il n’y eut pas de succession apostolique ultérieure). En 1537, le roi de Danemark imposa autoritairement le luthéranisme. Comme en Allemagne ou en Angleterre, la noblesse embrassa vite le protestantisme, trop heureuse de confisquer les biens de l’Eglise au passage. Dans les campagnes, on laissa le plus souvent les vieux prêtres dire la messe, mais à leur décès, ils étaient remplacés par des pasteurs.

    Hors de la Norvège, l’Eglise de Nidaros subit également de durs coups à cette époque. Au Groenland toutefois, qui était coupé de toutes communications avec la Scandinavie depuis environ 1410, le clergé avait déjà disparu vers 1392. Comme seul souvenir de la religion chrétienne, les habitants avaient conservé le corporal sur lequel le dernier prêtre avait consacré le Corps du Seigneur à la dernière messe et en faisaient une ostension annuelle. Le Protestantisme fut introduit dans les autres diocèses de la province par diverses voies au cours du XVIème siècle. Le rit de Nidaros avait cessé d’être.

    * LA MESSE DANS LE RIT DE NIDAROS

    1. Prières préparatoires :
    - Oraison pour obtenir le don des larmes
    - Veni Creator
    - Plusieurs psaumes
    - Ave Maria
    - Kyrie eleison
    - Pater
    - Versets & oraisons
    - Prières pour chaque vêtement sacerdotal (assez différentes du romain actuel)

    2. Prières en allant à l’autel :
    - Judica me
    - Kyrie eleison
    - Pater
    - Introibo ad altare Dei
    - Oraison Educ me, Domine, in via tua
    - Verset Confitemini Domino (cf. rit Dominicain)
    - Confiteor (plusieurs formules, toutes différentes du Romain)
    - Misereatur (texte différent)
    - Indulgentiam et remissionem omnium peccatorum nostrorum…
    - Versets pour l’encensement de l’autel
    - Aufer a nobis
    - Versets Adjutorium nostrum & Sit nomen Domini
    - Benedicite Deus
    - In nomine Patris, …

    3. Messe des catéchumènes
    - Introït
    - Kyrie
    - Gloria (avec des tropes pour la Sainte Vierge, le dimanche et le Saint-Esprit)
    - Epitre
    - Graduel (chanté par 4 ou 2 chantres dit Gradalarii)
    - Alleluia (chanté par 6 ou 4 chantres Gradalarii)
    - Proses fréquentes mais qui devaient présenter un caractère facultatif, car elles sont toujours dans un supplément en fin de missel
    - Dominus sit in corde tuo et réponse du diacre : Da mihi, Domine, sermonem rectum & benesonantes in os meum…
    - Evangile
    - Per istos sermones sancti evangelii pacis…
    - Pour le baiser du livre des évangiles par le chœur : Pax Christi, quam nobis per evangelium suum…
    - sermon

    4. Messe des fidèles – offertoire
    - Credo
    (les oblats ont préparés au préalable entre l’épître & l’évangile)
    - Offertoire
    - Sanctifica, quæsumus, Domine, hanc oblationem…
    - Suscipe sancta Trinitas (différent du Romain)
    - Acceptum sit omnipotenti Deo sacrificium nostrum…
    - Veni sanctificator (presque identique au Romain)
    - Bénédiction de l’encens (différente du Romain) puis encensement
    - Lavabo
    - In spiritu humilitatis
    - Orate pro me fratres et sorores… (sans réponse)

    5. Messe des fidèles – canon
    - Deux préfaces pour les Apôtres
    - Canon quasiment identique au canon romain, idem pour la suite jusqu’à la formule de commixition légèrement différente.
    - Baiser de paix très développé : Pax Christi et Sancte matris ecclesiæ abundet semper in cordibus vestris, per Spiritum Sanctum qui datus est nobis. Puis : V/. Pax tecum. R/. Et cum spiritu tuo. Puis : Habete vinculum pacis et caritatis ut apti sitis misteriis sacrosanctis…

    6. Messe des fidèles – communion
    - Domine sancte Pater omnipotens… (cf. Rit de Sarum)
    - Domine Jesu Christi Fili Dei vivi…
    - Communion du prêtre assez identique au Romain
    - Prières de l’ablution identiques mais dans l’ordre inverse du Romain
    - Lavement des mains avec Nunc dimittis
    - Communion
    - La Postcommunion s’appelle Complenda
    - Ite missa est
    - Benediction : Benedicat vos divina majestas, Pa + ter, et Fi + lius, et Spiritus + Sanctus. Amen.
    - Dernier évangile & trois collectes :
    - Deus qui humanæ substantiæ…
    - Protector noster in te sperantium…
    - Ecclesiam tuam, quæsumus Domine…

    7. Action de grâce après la messe
    - Hymne des 3 enfants
    - Psaume 150
    - Nunc Dimittis
    - Ave Maria
    - Kyrie eleison
    - Pater
    - Versets & deux collectes
    - Dominus vobiscum
    - Benedicamus Domino R/. Deo gratias
    - Gratias ago immense majestatis

    * QUELQUES MOTS SUR L’ANNEE LITURGIQUE

    - On compte les dimanches en parlant de dimanches après l’octave de l’Epiphanie et de dimanche après la Trinité (comme en Angleterre)
    - Les vêpres du jeudi saint sont chantées après la messe (idem le Vendredi Saint après les Présanctifiés)
    - La vigile pascale comporte 4 leçons et non 12 (structure du sacramentaire grégorien) mais curieusement avec un seul trait (Attende cœlum), pas de litanies, Sicut cervus après la bénédiction des fonts
    - La vigile de la Pentecôte est assez semblable à celle de Pâques, mais l’unique trait après les 4 prophéties est Sicut cervus
    - La préface de la Trinité est prescrite pour la fête de la Transfiguration le 6 août
    - Le sanctoral comporte, outre bien sûr les saints norvégiens, un grand nombre de saints anglais (et pas mal de normands aussi).

    * QUELQUES MOTS SUR LES CHANTRES ET LE CHANT

    Après le XIIIème siècle, les chantres du chapitre de Nidaros furent nommés prélats, on pense qu’ils portaient une mitre en toile en certaines occasions. Cela était du reste assez fréquent dans toute la Scandinavie. Pour la messe et l’office, il y avait deux, quatre ou six chantres, qui chantaient au lutrin placé au milieu du chœur. Pour les fêtes de troisième classe, ils étaient remplacés par deux enfants d’aube.

    On trouve des traces de polyphonies primitives (organum à deux voix à la quinte ou à l’octave) dès le XIème siècle, et des compositions à 3 voix dans le siècle suivant. Une hymne à deux voix à saint Magnus, qui a dû être composée au XIIIème siècle aux Orcades, est une merveille remarquable de composition.

    En 1434, le roi Eric instaura la laus perennis à la cathédrale de Nidaros : dans l’intervalle entre chaque office et messe, on devait chanter des psaumes, afin d’offrir à Dieu une louange ininterrompue. Il ne semble pas que cette institution ait duré longtemps cependant.

    Curieusement, l’orgue paraît d’usage ancien à Nidaros. On en parle incidemment en 1327-1329 lorsque Arngrim Brandsson, prêtre islandais, ramena de Nidaros le premier orgue d’Islande.

    * ET FINISSONS PAR QUELQUES DROLERIES

    En 1205, l’Archevêque de Nidaros fit une étrange requête au pape Innocent III : il lui demandait s’il pouvait remplacer l’eau par de la bière pour administrer le baptême ! Le pape refusa bien sûr catégoriquement. L’archevêque ne semble pas avoir accepté la réponse, puisqu’il réitère sa question à Grégoire IX, lequel réédita le refus de son prédécesseur dans une lettre à l’archevêque Sigurd en 1241.

    Si l’eau ne devait certes pas manquer en Norvège, le vin en revanche fut sans doute plus difficile à trouver (et ce fut pire, comme on peut l’imaginer, au Groenland ou en Islande). En 1203, Jean, evêque de Gardar, explique à Paul, évêque de Skalholt comment faire du vin avec des sortes de baies appelées kraekiberjum. Cette curieuse décoction fut interdite par le pape Grégoire IX en 1237.

    L’archevêque de Nidaros demanda au même Grégoire IX, décidément bien sollicité, si l’on pouvait communier le peuple avec de la bière, ce qui fut bien évidemment refusé. Le manque de vin demeura un problème : le concile provincial de Bergen de 1320 prescrivit par soucis d’économie de mettre plus d’eau que de vin dans le calice à l’offertoire. Le versement de l’eau dans le calice incombait du reste au célébrant et non à l’acolyte.

    SOURCE PRINCIPALE : Archdale A. King, Liturgies of the Past. Londres, Longmans, Green and C° Ltd, 1959.

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