Archives de la catégorie ‘‘Images de la liturgie’’

La sainte messe à la cathédrale de Beauvais (XIXème siècle)

Vendredi, août 3rd, 2007

Merci à Monsieur l’Abbé Meissonnier, fssp, décidément très riche en formidables images de la liturgie.

Voici une magnifique représentation XIXème du chœur de la cathédrale de Beauvais :

Le sanctuaire est loin du chÅ“ur & on distingue assez mal le clergé qui est à l’autel en ornements verts, mais le célébrant & ses ministres ne me paraissent pas en chapes mais bien en chasuble, dalmatique & tunique (les chapes tomberaient plus bas). Il s’agirait donc d’un tableau de la messe (& non des vêpres) célébrée au maître-autel de la cathédrale de Beauvais.

Examinons maintenant quelques détails de ce tableau, aux fins de mieux voir ce qu’il y a de remarquable pour la liturgie & la musique sacrée dans ce chÅ“ur liturgique.

Au centre du chÅ“ur, le lutrin. A l’origine se terme désignait l’espace occupé par les chantres. Il finit par se restreindre au pupitre sur lequel est posé les grands livres de chÅ“ur. On voit parfaitement le grand graduel en plein dans l’axe central.

Deux chantres en chapes vertes se tiennent sur leurs tabourets de chantres (on devine la présence de ceux-ci dans le drapé des chapes). L’usage des chapes, non seulement aux vêpres mais encore à la messe, est un usage immémorial en France. Lors de la prise des livres romains au XIXème siècle, la plupart des évêques français donnèrent des indults pour que cet usage soit perpétué. Notons encore que les deux chantres-chapiers portent le chapeau pointu français. Ils portent l’insigne de leur dignité, le bâton cantoral. Ici, ceux-ci semblent se terminer en forme de curieux trident ; on distingue mal, mais sans doute faut-il voir une statuette d’un saint patron entourée d’une construction. Depuis la fin de la Renaissance, une petite chapelle en bois doré contenant la statuette d’un saint termine usuellement le bâton cantoral français. Notons que le bâton est l’insigne du chantre depuis la primitive église, que cet usage a été observé longtemps tant en Occident qu’en Orient. Les nombreux chantres des églises d’Ethiopie arborent toujours de nos jours cet insigne liturgique. Enfin, on le sait, le bâton cantoral est l’ancêtre de la baguette du chef d’orchestre.

Les chantres se tiennent sur une petite estrade en bois. En général, les commentateurs liturgiques admettent que cette petite estrade n’est là que pour isoler de façon pratique du froid du pavé. Pour ma part, j’y vois au contraire la permanence historique du béma syro-byzantin. Cette petite estrade de Beauvais (le lutrin proprement dit, au sens primitif) a même la forme arrondie du béma syrien. Le béma est un héritage de la liturgie synagogale conservé par les premiers chrétiens. Dans les antiques églises de Syrie, le béma est une estrade sur laquelle se déroule l’essentiel de la messe des catéchumènes : les chantres & les ministres y psalmodient, les lectures y sont chantées sur des pupitres toujours tournés vers l’autel (& non vers le peuple). Encore utilisé dans le rit chaldéen, il survit dans le rit byzantin principalement pour les offices pontificaux. La distinction entre le béma=chÅ“ur & le sanctuaire, claire aux origines, à eu tendance à s’effacer au cours des âges en Occident (au détriment de la conception trinitaire classique de la liturgie à l’époque patristique : sanctuaire/chÅ“ur/nef).

Quatre clercs entourent les deux chantres-chapiers. Leurs surplis ne semblent pas comporter de manches, ce qui est d’usage chez les chantres-choristes. Notez leurs positions respectives, assez surprenantes autour des chapiers. Nous n’avons pas ici une troupe groupée n’importe comment au lutrin.

Huit enfants de chÅ“urs en soutanes rouges (& calottes & chaussures aussi rouges !) se tiennent de part & d’autre. C’est un chiffre usuel des petits chantres de nos maîtrises déjà sous l’Ancien Régime. Ils tiennent dans la polyphonie les parties de dessus & bas dessus (soprani & alti). Notons leurs aubes & leurs ceintures. Il s’agit d’enfants d’aube, ils ne portent pas de surplis (précision aimablement apportée par Monsieur Philippe Guy).

Sa Grandeur l’évêque de Beauvais assiste à la messe solennelle à sa cathèdre, en haut du chÅ“ur côté évangile (la place la plus noble au chÅ“ur selon les règles romaines, mais qui ne sont pas toujours celles observées en France, où l’évêque trône souvent à l’entrée du chÅ“ur, près du jubé). Sous son dais, on aperçoit ses armes. Monsieur de Beauvais est en camail bleu, couleur traditionnelle des soutanes des évêques de France.

Vous avez observé cet instrument étrange, chaque côté du chÅ“ur en est pourvu. Il s’agit du serpent, instrument de musique déjà en usage à la cathédrale de Sens au XIVème siècle. A quoi servait le serpent ? Tout simplement à accompagner le chant grégorien, en réalisant à vue une ligne de basse. L’accompagnement du plain-chant à l’orgue est encore une nouveauté au XIXème siècle. A Paris, Saint-Etienne-du-Mont fut alors la première paroisse à accompagner le chant liturgique par l’orgue, cette nouveauté suscita alors moult scandales & polémiques. Avec la suppression des chantres au début du XXème siècle (au détriment du sens global de l’action liturgique), & leur remplacement par des chorales de laïcs amateurs (il faut le dire, bien souvent peu doués), le soutien de l’orgue de chÅ“ur se révéla le plus souvent nécessaire. Une abondante production d’accompagnements harmoniques du chant grégorien (qui aurait été inouïe dans les siècles précédents) accompagna ce mouvement.

Chaque serpentiste est ici accompagné d’un choriste. Un pupitre tournant est de part & d’autre posé devant eux avec le graduel.

Notez que les chanoines de Beauvais (j’en compte quinze: camails & calottes noirs, rabats) semblent chanter par cÅ“ur, ce qui était de règle dans les grandes églises de France.

Si vous observez bien, vous remarquerez que les différents acteurs de cette liturgie fonctionnent sans raideur ni caporalisme : regardez les bras des enfants de chœur, les attitudes des chanoines ! Pourtant, une impression de noble grandeur & de parfaite ordonnance ne laisse pas de se dégager de ce tableau. Une épiphanie du sacré est ici presque tangible, à la fois extraordinaire & pourtant si naturelle.

*

Quelques unes de mes interrogations à l’analyse de ce tableau restent sans réponses ou hésitantes (n’ayant pas sous la main pour l’heure de livres liturgiques ni de documentation pour Beauvais) :
- que font les deux petits clercs en noir (& non en rouge) qui remontent le chœur avec des plateaux (porteraient-ils les nappes de communion ?),
- j’ai l’impression (de par la parfaite symétrie des dispositions du chÅ“ur) que la scène se déroule pendant le chant d’une pièce de l’ordinaire, peut-être l’Agnus Dei (cf.supra),
- j’ai aussi l’impression qu’il y a une suspension eucharistique au-dessus du maître-autel, au centre de la gloire, mais je ne pourrai en jurer (les suspensions eucharistiques permettaient de conserver le Très-Saint Sacrement, le plus souvent dans une colombe. C’est un usage antique, plus ancien que le tabernacle).

J’espère qu’un internaute pourra m’éclairer ! :-)

Henri Adam de Villiers

Sainte Marthe

Dimanche, juillet 29th, 2007

A Tarascon, dans la Gaule Narbonnaise, sainte Marthe, vierge, hôtesse de notre Sauveur, sœur de sainte Marie Madeleine et de saint Lazare.

Martyrologe romain, au 29 juillet.

reliquaire de sainte Marthe

Reliquaire de sainte Marthe à Tarascon.
Crédit photographique : Abbé Meissonnier, fssp, juillet 2007.

Ce magnifique reliquaire n’est que la copie XIXème, en cuivre doré, de celui en or offert par Louis XI à l’insigne collégiale royale Sainte Marthe de Tarascon.

Louis XI qui avait une grande dévotion pour sainte Marthe lui offrit un superbe buste reliquaire en or massif de 25 kg où l’on plaça son crâne. Qu’est-il devenu ? « en 1793, le conseil municipal contraint d’envoyer à la monnaie de Marseille l’argenterie de l’église, s’efforça d’en excepter le buste d’or, mais il fut obligé de céder aux ordres du district. Personne à ce moment-là ne pensa à retirer du reliquaire le chef de la sainte ni un autre ossement considérable renfermé dans un reliquaire en forme de bras, et ces deux reliques furent perdues par suite d’une imprévoyance. »

De reliques, il ne reste aujourd’hui à Tarascon que des fragments d’os et un reliquaire qui n’est que la copie de celui offert par Louis XI. En revanche, le bras gauche et la main de Marthe avaient été offerts au prieuré royal de Notre Dame de Cassan au XVème siècle. On peut les vénérer encore aujourd’hui à l’église de Roujan.

Pie XII au trône, le cardinal Dante étant cérémoniaire

Jeudi, juillet 26th, 2007

Pie XII & le cardinal Dante

La publication de cette magnifique photo est surtout l’occasion pour moi de vous signaler le site dont elle est tirée, site suédois consacré à la mémoire du cardinal Dante & promouvant l’implantation de la messe traditionnelle en Suède (Institut du Christ-Roi) :

Kristkonung (page d’accueil en français).

Henri, cardinal Dante (1884 † 1967) a été avec une extrême longévité cérémoniaire papal (depuis 1914) puis préfet des cérémonies pontificales (de 1947 à sa mort).
Il a été ainsi cérémoniaire lors des couronnements des papes Benoît XV, Pie XI, Pie XII, Jean XXIII & Paul VI.
Archevêque titulaire de Carpasia, il a reçu le sacre épiscopal des mains de Jean XXIII lui-même le 21 septembre 1962.

Nommé pro-secrétaire (1959) puis secrétaire (1960) de la Sacrée Congrégation des Rites, il a assisté au Second Concile du Vatican, mais il a désapprouvé les réformes liturgiques subséquentes.

Paul VI l’a créé cardinal-prêtre de Sainte-Agathe-des-Goths au consistoire de février 1965. Pour l’anecdote, pendant la cérémonie, le pape s’est trompé & a imposé au cardinal Dante une barette qui n’était pas la sienne, beaucoup trop grande pour lui & qui recouvrait ses oreilles ! ;-)

Le cardinal Dante avait conservé jusqu’à sa mort une allure athlétique. Grand sportif, il avait contribué à la création de l’équipe de Rome de football. Il était aussi alpiniste.

Source : Wikipedia.

Quelques images des ordinations du Christ-Roi à Saint-Louis

Jeudi, juillet 26th, 2007

Voici quelques images des ordinations sacerdotales par Mgr Burke de nouveaux prêtres de l’Institut du Christ-Roi le 15 juin dernier à la cathédrale de Saint-Louis.

Nous avions posté quelques photos de cette cérémonie ici.


Première messe basse d’un jeune prêtre en la fête du Précieux Sang

Dimanche, juillet 1st, 2007

Première messe de l'abbé Giard

A l’introït.

Première messe de l'abbé Giard

Avant que de dire Dominus vobiscum.

Première messe de l'abbé Giard

A la collecte.

Première messe de l'abbé Giard

A l’évangile.

(more…)

Premières vêpres du Précieux Sang à Wigratzbad

Samedi, juin 30th, 2007

Très belles vêpres ce soir, avec les trois prêtres français ordonnés ce matin même :

  • Monsieur l’Abbé Paul-Joseph, officiant,
  • Monsieur l’Abbé de Giacomoni, premier chapier,
  • Monsieur l’Abbé Giard, second chapier.
  • Vêpres au séminaire St Pierre

    Intonation du Deus in adjutorium par l’officiant.

    Vêpres au séminaire St Pierre

    L’officiant & les deux chapiers pendant le chant des psaumes.

    Vêpres au séminaire St Pierre

    Au capitule.

    Vêpres au séminaire St Pierre

    Pendant le chant de l’hymne du Précieux Sang.

    (more…)

    Ordinations sacerdotales à Wigratzbad ce jour

    Samedi, juin 30th, 2007

    Magnifique cérémonie ce jour à Witgratzbad, où S.E. Mgr Leonard, évêque de Namur, a ordonné 4 nouveaux prêtres pour la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre,
    trois français :

  • Monsieur l’Abbé de Giacomoni,
  • Monsieur l’Abbé Giard,
  • Monsieur l’Abbé Paul-Joseph,
  • & un autrichien :

  • Monsieur l’Abbé Johannes Paul.
  • Ordinations sacerdotales St Pierre

    L’encensement de l’autel par le pontife à l’introït de la messe.

    Ordinations sacerdotales St Pierre

    Monseigneur l’Evêque de Namur donne l’homélie.

    Ordinations sacerdotales St Pierre

    L’imposition des mains par le pontife.

    Ordinations sacerdotales St Pierre

    La centaine de prêtres présent, à la suite du pontife, imposent les mains aux ordinants. Ici, le R.P. de Blignières, supérieur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier.

    (more…)

    Vêpres pontificales du 29 juin à Wigratzbad

    Vendredi, juin 29th, 2007

    Vêpres pontificales à quatre chapiers de la fête de saint Pierre & saint Paul. Magnifique cérémonie où officiait S. E. Mgr Léonard, évêque de Namur.

    La schola du séminaire a interprété en polyphonie le Deus in adjutorium en faux-bourdon tiré des anciens livres de Langres, & le Magnificat faux-bourdonné du 1er ton, selon les formules de Paris.
    Il est bien sympathique de voir que le répertoire de la Schola Sainte Cécile se diffuse au loin : toutes ces partitions oubliées du patrimoine musical français que nous avons exhumées reprennent ainsi vie.

    Vepres pontificales St Pierre

    Vêpres pontificales au trône. Pendant le Dixit Dominus.

    Vepres pontificales St Pierre

    Avant l’intonation de la seconde antienne.

    Vepres pontificales St Pierre

    Intonation de la seconde antienne par Monsieur l’Abbé Berg, supérieur général de la Fraternité Saint-Pierre, faisant fonction de prêtre assistant en chape.

    Vepres pontificales St Pierre

    Monsieur l’Abbé Barker - ancien premier chantre de notre schola - faisant fonction de cérémoniaire.

    (more…)

    Ordinations sacerdotales à Saint-Louis, Missouri

    Lundi, juin 18th, 2007

    Le vendredi 15 juin, la cathédrale de Saint Louis dans le Missouri - qui est également basilique mineure - a été le cadre d’un événement dont nous nous faisions ici-même l’écho : les premières ordinations sacerdotales aux Etats-Unis de l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre. Deux diacres de l’ICRSP, les abbés Avis and Talarico ont donc été ordonnés prêtres par S.E. Mgr Raymond Burke, archevêque de Saint-Louis, en présence de deux autres évêques & d’un grand concours de clercs & de fidèles (1100 à 1200 personnes).

    Voici quelques photographies de cette cérémonie trouvées sur la blogosphère tradie, & que je reproduis volontiers ici car elles montrent certaines particularités liturgiques rarement vues en France :

    Ordinations ICRSP 2007

    Procession d’entrée avec le pavillon basilical.
    Le pavillon est l’une des marques d’honneur
    permettant de distinguer une église basilique.
    Il est toujours de soies aux couleurs du sénat romain.
    On remarquera sur ce pavillon les armes du pape Jean-Paul II.

    Ordinations ICRSP 2007

    Entrée de Mgr Burke dans sa cathédrale, revêtu de sa cappa magna.

    Ordinations ICRSP 2007

    Une fois vêtu de ses ornements pontificaux, Mgr Burke s’avance vers l’autel.

    Ordinations ICRSP 2007

    Pendant le chant des litanies des saints, les ordinants sont prosternés.

    Ordinations ICRSP 2007

    Monitions du pontife aux impétrants.

    Ordinations ICRSP 2007

    Encensement de la croix & de l’autel par Mgr Burke à l’offertoire,
    assisté du diacre à droite & du prêtre assistant en chape à gauche.
    Au premier plan, le sous-diacre entre les deux diacres d’honneur.
    On admirera le magnifique pontifical blanc néo-gothique
    employé pour cette cérémonie,
    qui comporte des cols parés pour le célébrant, le diacre & le sous-diacre
    (antique usage assez commun jusqu’à la fin du Moyen-Age).

    Sources, crédits photographiques & informations complémentaires :

  • Saint Louis Catholic du 15 juin 2007,
  • A Catholic Life du 15 juin 2007,
  • The New Liturgical Movement du 16 juin 2007,
  • Fish Eaters forum du 17 juin 2007.
  • Fête-Dieu à Langres - Fin XIXème / début XXème siècle

    Mercredi, juin 13th, 2007

    Merci à Monsieur l’Abbé Meissonnier, fssp, pour les mythiques photos qu’il m’a faites parvenir ce matin de la Fête-Dieu à Langres du temps du fameux chanoine Couturier (cette ville & ce compositeur m’étant tous les deux particulièrement chers !).

    Fete-Dieu Langres

    Les petits & grands séminaristes avec les élèves de la maîtrise précèdent le dais qu’on entrevoit en haut de la rue à gauche de la photo.
    Les petits séminaristes sont en habit de chœur mais sans rabat français.
    Les maîtrisiens sont en uniforme. Leur présence indique que ces photos sont antérieures à 1905 (la Loi de la séparation des églises & de l’état entraîna la suppression de l’école maîtrisienne de Langres, pourtant si féconde & prospère).
    Notez les 4 chantres en chapes (l’ancien usage langrois avait sagement été conservé par Mgr Parisis au milieu du XIXème siècle quand cet évêque de Langres pris le rit romain pour son diocèse).
    On aperçoit précédant le dais plusieurs diacres ou indus & une bonne dizaine de chapiers.
    Notez les douze (!!!) thuriféraires tournés vers le Saint-Sacrement (quatre rangs sur trois lignes), avec des enfants jetant des pétales de fleurs.
    Les maisons paraissent avoir été ornées de branchages.

    Fete-Dieu Langres

    Deux évêques en cappa (!) suivent le dais.
    Des portes insignes portent leurs mitres derrière eux.
    Je ne connais hélas pas les évêques de Langres de cette époque pour déterminer qui est ici sur la photo (un vieil évêque & son coadjuteur ?).

    Fete-Dieu Langres

    Ecce panis angelorum !
    Arrivée au reposoir (il me semble sur la place de l’Hôtel de Ville) : notez l’importance de la construction de celui-ci, avec ciborium.
    Les douze thuriféraires encensent à pleines chaines (avec un peu d’attention, on distingue la plupart des encensoirs en l’air).
    Il est piquant de constater que Langres, qui s’est voulu le fer de lance de la romanité liturgique en France au XIXème siècle, laissait subsiter de tels usages purement français !

    Fete-Dieu Langres

    Il me semble reconnaître le chanoine Nicolas Mammès Couturier au clavier.
    Sans doute se prépare-t-on à exécuter l’un de ses grands motets pour le reposoir de la Fête-Dieu.
    Le plus fameux de ceux-ci est Alleluia, paratur nobis (Populus n° 78), grand motet en Mib M à 4 & 5 voix, pour deux chÅ“urs & 2 musiques militaires, sur le thème de l’Adoro te. D’une durée d’une vingtaine de minutes, ce motet du reposoir nécessitait 300 exécutants : les deux séminaires, la maîtrise & les musiques du 21ème & du 109ème régiments d’infanterie stationnés à Langres.
    La photo n’embrasse pas l’ensemble des exécutants, mais néanmoins, on voit bien la disposition à deux chÅ“urs qui se font face, les séminaristes à gauche, les petits séminaristes & les maîtrisiens à droite.
    On ne voit pas les deux fanfares militaires. Notons toutefois la présence de militaires en arrière-plan.
    Il semble que la photo soit prise pendant un passage solo (le soliste est à la gauche de l’organiste).

    Fete-Dieu Langres

    Après l’éxécution du motet, le célébrant donne la bénédiction avec le Saint-Sacrement.
    Notez que le clergé langrois arbore encore fièrement la tonsure cléricale. ;-)

    Fete-Dieu Langres

    Le dais passe devant l’Hôtel de Ville de Langres.
    On distingue les portes insignes derrière les évêques.
    Notez les deux énormes cierges des deux céroféraires.

    Pour le grand admirateur de l’Å“uvre musicale du chanoine Couturier que je suis, ces photos sont mythiques.
    Quels fastes liturgiques Langres déployait alors !
    Je les avais vues il y a fort longtemps & suis extrêmement ravi de les retrouver enfin après des années de recherche.
    Encore merci, Monsieur l’Abbé !

    Il faudra que je fasse un jour ou l’autre un article sur le chanoine Couturier & l’extraordinaire vie musicale qu’il a su insuffler à la petite ville de Langres pendant un demi-siècle (je publierai alors peut-être en ligne le catalogue de ses 590 Å“uvres dressé en son temps par Bernard Populus). C’est un auteur que nous aimons beaucoup chanter à Saint-Eugène.
    Vous pouvez écouter sur Radio Cécile son De profundis (enregistré par la Schola Sainte Cécile) qui est partie de sa grande messe de Requiem écrite pour les funérailles de Mgr Guerrin en 1877. Cette composition est l’un des très rare Requiem à avoir mis en musique les cinq absoutes.

    PS. Tant que dure l’octave de la Fête-Dieu, je publierai très volontiers toute image de procession du Saint-Sacrement. Avis à tous mes amis !
    Au XVIIIème siècle à Paris, il y avait procession tous les jours durant l’octave. :-)

    La métamorphose d’un autel

    Mardi, juin 12th, 2007


    Merci à Marc B*** de m’avoir fait parvenir cette video ce matin. Délicieux ! :-)

    Le Christ-Rédempteur est la paroisse “Ecclesia Dei” de Bordeaux qui a été confiée à la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre par l’évêque du lieu.

    Cette vidéo a été tournée le matin de Pâques, mais j’imagine que chaque dimanche le même soin doit être apporté à la réalisation d’un cadre digne à la célébration des mystères de notre salut.

    Vous pouvez visiter leur site web : http://fsspbordeaux.free.fr/

    Fête-Dieu à Saint-Eugène en 2007

    Dimanche, juin 10th, 2007

    Chers choristes,

    Merci pour votre travail à tous qui nous a valu de superbes offices ce jour.

    Le Tantum ergo de Michel-Richard de Lalande fut particulièrement réussi (dire qu’au ciel il y aura une musique encore plus belle !). Bravo à Suzy qui a dirigé avec brio le chÅ“ur des femmes pendant les vêpres (c’était une première !) . Les alternances d’orgue de Nivers par Anne pour la séquence Lauda Sion de la messe le matin furent aussi un merveilleux moment. Qu’Anne Foulard soit ici remerciée, non seulement pour la qualité de son interprétation, mais encore, il faut le savoir, pour l’énorme travail de transcription de ces versets d’orgue pour le Lauda Sion, travail qu’elle a réalisé afin d’accorder la tonalité de Nivers avec celle du chÅ“ur. Comme je sais combien ce travail de transcription peut être long & pénible, je la salue d’autant plus volontiers !

    Voici deux images prises par votre serviteur juste avant le salut, au retour de la procession :

    Fete-Dieu 2007

    Le chÅ“ur de Saint-Eugène avec le Très-Saint Sacrement sur l’autel.

    ostensoir a la Fete-Dieu 2007

    Le grand ostensoir de Saint-Eugène (redoré & réargenté en son temps par les soins de Monsieur l’abbé Veuillez).

    Bon, les photos ne sont pas top, j’en conviens ! :-(

    A ma décharge puis-je préciser qu’elles ont été prises au télé-objectif depuis la tribune du grand orgue & surtout que les fumées d’encens sortant des deux encensoirs (une particularité prescrite pour la procession du Saint-Sacrement par la liturgie traditiennelle) tendaient à former un genre de brouillard mystique dans toute notre église. ;-)

    Nous avons aussi eu une pensée émue ce jour pour nos pasteurs, les R.P. Potez & de Langalerie, dont c’est la dernière Fête-Dieu à Saint-Eugène au terme d’un ministère fructueux.

    DEO GRATIAS !

    Fête-Dieu à Toulouse en 1700

    Samedi, juin 9th, 2007
    Fete-Dieu a Toulouse 1700

    Un grand merci à Xavier de Rochebrune qui m’a envoyé ce soir ce tableau représentant la procession de la Fête-Dieu à Toulouse en 1700.

    Remarquons :

  • le clocher de Saint-Sernin en arrière plan,
  • les huit capitouls de Toulouse (premiers magistrats de la ville, charge qui conférait la noblesse héréditaire) portent le dais, assistés par des petits pages,
  • le Saint-Sacrement est porté par l’archevêque de Toulouse, le dais étant précédé de sa crosse,
  • les membres du Parlement de Toulouse suivent le dais, cierge en main pour beaucoup,
  • la couleur liturgique est le rouge, comme à Paris (usage usuel en France jusqu’au XIXème siècle), comme en témoignent les dalmatiques des clercs qui précèdent la croix de procession,
  • le clergé porte des cierges (prescription liturgique pour la procession de la Fête-Dieu), des surplis longs & le rabat blanc (le rabat devient noir sous le règne de Louis XV).
  • C’est un témoignage ancien & très intéressant de l’usage de faire porter le dais à des personnages distingués, contraire à la règle de le faire par des clercs.

    C’est surtout un beau témoignage de la France chrétienne, dans laquelle les premiers personnages de la Cité ne répugnaient pas à rendre un témoignage public & éclatant de leur foi.

    En ce dimanche d’élections, aurons-nous des hommes politiques en nos processions ??? Pfffff… :-(

    Merci encore à Xavier. Continuez à m’envoyer vos images de procession de la Fête-Dieu !

    Fête-Dieu à Paris en 1830 - Sortie de procession par Turpin de Crissé

    Vendredi, juin 8th, 2007
    Fete-Dieu a Paris 1830

    Un grand merci à M. l’Abbé Meissonnier, fssp, qui m’a envoyé hier soir ce magnifique tableau dû au talent du comte Lancelot Théodore Turpin de Crissé (1782 † 1859). Sauf erreur de ma part, il s’agirait de la sortie de la procession de la Fête-Dieu de l’église royale de Saint-Germain l’Auxerrois en 1830.

    Remarquons :

  • l’admirablement ordonnancement général de la procession,
  • les ornements liturgiques rouges & non blancs (depuis l’origine de la Fête-Dieu à Paris, la couleur liturgique employée a été constamment le rouge),
  • les 40 (!) enfants de chÅ“ur portent la ceinture rouge sur le surplis & la calotte rouge ; deux sont acolytes, tous les autres portent un cierge, comme le demandent les règles liturgiques de la procession de la Fête-Dieu (tous les fidèles d’ailleurs devraient porter un cierge ; on voit une petite fille avec un cierge, quelques autres au loin derrière le dais),
  • le dais est porté par des clercs (& non d’éminents laïcs) ce qui est plus conforme aux règles ; ces clercs ne sont pas toutefois induts de chapes ou de dalmatiques,
  • outre le célébrant, tous les autres prêtres présents portent également la chasuble rouge (cela est très fidèle aux rubriques de la procession du Très-Saint Sacrement),
  • le porte-croix est en chape,
  • derrière le porte-croix marchent 6 chantres-chapiers, portant le turlututu, l’ancien chapeau pointu des chantres (le second à gauche le tien en ses mains),
  • derrière les chantres marchent des ecclésiastiques & chantres, puis un second groupe de chantres avec les surplis sans manches (usuels pour les chantres),
  • tous les ecclésiastiques portent la calotte noire (les deux premiers chapiers semblent porter le col oratorien),
  • la longueur des surplis des petits comme des grands clercs,
  • les bannières sont tenues par les rubans,
  • des jeunes filles jettent des pétales de roses sur deux rangs de part & d’autre du passage de la procession,
  • la troupe présente les armes,
  • le suisse avec sa masse & sa hallebarde, arbore un baudrier magnifique,
  • les deux thuriféraires semblent curieusement manquer.
  • Voici une vue générale du tableau de Turpin de Crissé :

    Fete-Dieu a Paris 1830

    Remarquons les tapisseries qui bordent le chemin de la procession, les armes pleines de France au portail & les deux bannières fleudelysées, qui firent scandale dans la France louis-philipparde. L’actuelle mairie du Ier arrondissement avec son beffroi n’est pas encore contruite.

    Je trouve ce tableau très touchant : beaucoup de grâce ainsi chez les enfants de Marie groupés autour de la bannière de la sainte Vierge. C’est un beau témoignage des fastes de la vie liturgique parisienne quelques années avant l’abandon du rit propre au diocèse.

    Si vous avez d’autres images de Fête-Dieu, n’hésitez pas à me les faire parvenir ! ;-)

    Fête-Dieu à Québec en 1919

    Jeudi, juin 7th, 2007
    Fete-Dieu a Quebec 1919

    Remarquons :

  • le bataillon de zouaves pontificaux escortant le Saint Sacrement,
  • les drapeaux pavoisant les maisons (on sort de la Grande Guerre),
  • les six lanternes de procession,
  • l’arche de triomphe en branchages avec la banderole “Seigneur augmentez notre foi,
  • les ceintures sur les surplis des clercs,
  • on ne distingue pas très bien, mais les porte-étendards qui précèdent le dais paraissent être en aubes & dalmatiques.
  • Merci au frère Maximilien-Marie pour l’envoi de cette belle photographie.

    Vendredi Saint à Saint-Eugène

    Vendredi, avril 6th, 2007
    Vendredi Saint a Saint-Eugene-Sainte-Cecile

    Avec le sublime trois chevaux noir dit “Bourbon Parme” appartenant à la paroisse.

    Crédit photographique : Suzy Glespen - avril 2007.