Archives de la catégorie ‘‘Rit parisien’’

Fête du Cœur immaculé de Marie, Refuge des pécheurs - Propre de Paris

Mardi, janvier 15th, 2008
Louis XIII fonde Notre-Dame-des-Victoires

Demain, notre paroisse ira en pèlerinage à Notre-Dame-des-Victoires (Paris II), à l’occasion de la belle fête parisienne du CÅ“ur immaculé de Marie, sous le titre de Refuge des pécheurs (au propre de Paris, le 16 janvier). Cette fête est la fête patronale de Notre-Dame-des-Victoires.

Voici sur ce site le propre grégorien de cette fête (tiré du propre de Paris) ; ce chant n’étant facile à trouver, nous mettons en ligne ce propre sous deux formes :

  • L’ancienne messe de cette fête avant 1952 (”Tu, Domine Deus”)
  • La nouvelle messe revue en 1952 (”Respice in nos”).
  • Canon de l’Epiphanie

    Vendredi, janvier 4th, 2008

    Dans l’ancien bréviaire parisien, on lisait les dimanches & jours de fêtes un Canon tirés des décisions des saints Conciles à la fin de l’office de prime. Voici celui de l’Epiphanie :

    CANON

    Du IV. Concile d’Orléans, l’an 541, c. 1, & du Concile d’Auxerre, sous S. Aunaire, l’an 578, c. 2.

    Le Concile, guidé par l’inspiration d’un Dieu plein de bonté pour les hommes, a statué que les prêtres célébrassent dans le même temps la sainte Pâque, & qu’on annonçât tous les ans au peuple dans l’Eglise le jour de l’Epiphanie cette fête solennelle… Que les prêtres envoient avant l’Epiphanie des députés à l’évêque pour être informés de sa part du commencement du carême, & pour pouvoir en instruire les fidèles le jour de l’Epiphanie.

    Le vœu de Louis XIII

    Mercredi, août 15th, 2007

    Déclaration du Roi par laquelle Sa Majesté déclare
    qu’elle a pris la Très Sainte et Glorieuse Vierge
    pour protectrice spéciale de son royaume

    (10 février 1638)

    Vœu de Louis XIII

    Louis, par la grâce de Dieu,
    roi de France et de Navarre,
    à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut.

    Dieu qui élève les rois au trône de leur grandeur, non content de nous avoir donné l’esprit qu’il départ à tous les princes de la terre pour la conduite de leurs peuples, a voulu prendre un soin si spécial et de notre personne et de notre état, que nous ne pouvons considérer le bonheur du cours de notre règne, sans y voir autant d’effets merveilleux de sa bonté, que d’accidents qui nous pouvaient perdre.

    Lorsque nous sommes entré au gouvernement de cette couronne, la faiblesse de notre âge donna sujet à quelques mauvais esprits d’en troubler la tranquillité ; mais cette main divine soutint avec tant de force la justice de notre cause que l’on vit en même temps la naissance et la fin de ces pemicieux desseins. En divers autres temps, l’artifice des hommes et la malice du diable ayant suscité et fomenté des divisions non moins dangereuses pour notre couronne que préjudiciables au repos de notre maison, il lui a plu en détourner le mal avec autant de douceur que de justice.

    La rebellion de l’hérésie ayant aussi formé un parti dans l’Etat, qui n’avait d’autre but que de partager notre autorité, il s’est servi de nous pour en abattre l’orgueil, et a permis que nous ayons relevé ses saints autels en tous les lieux où la violence de cet injuste parti en avait ôté les marques.

    Quand nous avons entrepris la protection de nos alliés, il a donné des succès si heureux à nos armes, qu’à la vue de toute l’Europe, contre l’espérance de tout le monde, nous les avons rétablis en la possession de leurs états dont ils avaient été dépouillés.

    Si les plus grandes forces des ennemis de cette couronne, se sont ralliées pour conspirer sa ruine, il a confondu leurs ambitieux desseins pour faire voir à toutes les nations que, comme sa providence a fondé cet Etat, sa bonté le conserve et sa puissance le défend.

    Tant de grâces si évidentes font que pour n’en différer pas la reconnaissance, sans attendre la paix, qui nous viendra sans doute de la même main dont nous les avons reçues, et que nous désirons avec ardeur pour en faire sentir les fruits aux peuples qui nous sont commis, nous avons cru être obligés, nous prosternant aux pieds de sa majesté divine que nous adorons en trois personnes, à ceux de la Sainte Vierge et de la sacrée croix, où nous vénérons l’accomplissement des mystères de notre Rédemption par la vie et la mort du fils de Dieu en notre chair, de nous consacrer à la grandeur de Dieu par son fils rabaissé jusqu’à nous, et à ce fils par sa mère élevée jusqu’a lui ; en la protection de laquelle nous mettons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et tous nos sujets pour obtenir par ce moyen celle de la Sainte-Trinité, par son intercession et de toute la cour céleste par son autorité et exemple, nos mains n’étant pas assez pures pour présenter nos offrandes à la pureté même, nous croyons que celles qui ont été dignes de le porter, les rendront hosties agréables et c’est chose bien raisonnable qu’ayant été médiatrice de ces bienfaits, elle le soit de nos actions de grâces.

    A ces causes, nous avons déclaré et déclarons que prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite et de défendre avec tant de soin ce royaume contre l’effort de tous ses ennemis, que, soit qu’il souffre du fléau de la guerre ou jouisse de la douceur de la paix que nous demandons à Dieu de tout notre cÅ“ur, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire. Et afin que la posterité ne puisse manquer à suivre nos volontés en ce sujet, pour monument et marque immortelle de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de la cathédrale de Paris avec une image de la Vierge qui tienne dans ses bras celle de son précieux Fils descendu de la Croix , et où nous serons représenté aux pieds du Fils et de la Mère comme leur offrant notre couronne et notre sceptre.

    Nous admonestons le sieur Archevêque de Paris et néanmoins lui enjoignons que tous les ans le jour et fête de l’Assomption, il fasse faire commémoration de notre présente déclaration à la grand’messe qui se dira en son église cathédrale, et qu’après les vêpres du dit jour, il soit fait une procession en la dite église à laquelle assisteront toutes les compagnies souveraines et le corps de ville, avec pareille cérémonie que celle qui s’observe aux processions générales les plus solennelles ; ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises tant paroissiales que celles des monastères de la dite ville et faubourg, et en toutes les villes, bourgs et villages du dit diocèse de Paris.

    Exhortons pareillement tous les archevêques et évêques de notre royaume et néamnoins leur enjoignons de faire célébrer la même solennité en leurs églises épiscopales et autres églises de leur diocèse ; entendant qu’à la dite cérémonie les cours de Parlement et autres compagnies souveraines et les principaux offciers de la ville y soient présents ; et d’autant qu’il y a plusieurs épiscopales qui ne sont pas dédiées à la Vierge, nous exhortons les dits archevêques et évêques en ce cas de lui dédier la principale chapelle des dites églises pour y être fait la dite cérémonie et d’y élever un autel avec un ornement convenable à une action si célèbre et d’amonester tous nos peuples d’avoir une dévotion particulière à la Vierge, d’implorer en ce jour sa protection afin que sous une si puissante patronne notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis, qu’il jouisse largement d’une bonne paix ; que Dieu y soit servi et révéré si saintement à la dernière fin pour laquelle nous avons été créés ; car tel est notre bon plaisir. Donné à Saint-Germain-en-Laye, le dixième jour de février, l’an de grâce mil six cent trente-huit, et de notre règne le vingt-huit.

    Notes de lecture - Ante Altaria

    Samedi, juillet 21st, 2007
    Ante Altaria par Matthieu Smyth

    Matthieu Smyth
    Ante altaria
    les rites antiques de la messe dominicale
    en Gaule, en Espagne & en Italie du Nord
    Paris, Cerf, 2007.

    Ante Altaria - Matthieu Smith - 23,75 €

    Un grand merci à Marc B********* qui m’a fait cadeau de cet ouvrage. Comment pouvait-il savoir qu’il touchait un de mes sujets de prédilection ? ;-)

    Dans Ante altaria, Matthieu Smyth s’attache à reconstruire l’ordo de la liturgie dominicale dans l’Occident non romain, plus spécialement en Gaule, en Espagne & en Italie du Nord, avec des incursions dans l’Irlande celtique & l’Afrique du Nord chrétienne.

    L’évidente parenté des rits gallicans, hispaniques, celtiques & dans une moindre mesure ambrosien, avait depuis longtemps frappés les savants liturgistes. C’est cette proximité historique rituelle que Matthieu Smyth expose ici. En cours d’ouvrage, sa démonstration finit par se centrer surtout sur l’ordo de l’ancien rit des Gaules, les parallèles avec le rit mozarabe, celtique ou ambrosien – souvent plus documentés - ne sont souvent effectués que pour corroborer tel point de l’ordo missæ gallican supprimé par Pépin le Bref & Charlemagne.

    Ce travail de reconstruction & d’exposition est parfaitement conduit & rejoint même sur des points de détail inattendus les travaux de Mgr Jean de Saint-Denys. L’analyse de l’anaphore gallicane est tout particulièrement remarquable. Matthieu Smyth identifie dans le Post sanctus gallican la présence archaïque d’un récit non scripturaire de l’institution, du type Qui formam sacrificii instituit (« Lui qui, instituant la forme de ce sacrifice éternel, s’est offert lui-même le premier comme hostie & enseigna en premier à l’offrir » Missale Gothicum 514 ). Smyth y voit la subsistance d’une rédaction primitive du canon antérieure au récit de l’institution. Serait-ce le chaînon manquant entre les anaphores archaïques d’Addaï & Mari, ou de Saint Marc, et celles postérieures à Nicée ?

    L’auteur souligne à bon droit les originalités de l’ordo missæ gallican (place des diptyques à l’offertoire, baiser de paix avant le canon), montrant par là même que sa structure archaïque confère une meilleure clarté d’ensemble dans l’enchaînement des diverses parties de la messe. C’est aussi à ma connaissance le premier auteur à souligner (& à démontrer !) l’extrême concision de la liturgie gallicane antique, là où tous stigmatisent d’ordinaire le caractère ampoulé des formulations liturgiques.

    L’auteur souligne à juste titre la forte influence orientale (& syrienne en particulier) sur les liturgies de la sphère d’influence gallicane. On regrettera qu’il ne tente pas de s’interroger sur la nature des liens historiques ayant pu fonder cette influence. L’auteur oppose ainsi de façon quasi constante les liturgies du « groupe » gallican au rit de Rome (mobilisant, sans trop le dire (sinon incidemment) la vieille typologie « liturgie de type antiochien » & « liturgie de type alexandrin »). A force de le lire, on a tout de même un peu l’impression que Rome se retrouve dans un superbe isolement loin de la symphonie de tous les autres rits occidentaux, qui harmonieusement s’influencent les uns les autres. Rome n’est pas un hapax : ainsi, il me semble qu’il y a une communauté d’origine forte entre les liturgies des différentes Eglises d’Italie (& d’Afrique) au IVème siècle. De plus, l’influence de Rome sur la Gaule & au delà a commencé bien avant Charlemagne.

    Bon, il y a un point dans cet ouvrage qui m’agace souverainement, mais je m’y attendais ;-) . L’auteur juge les deux lettres de saint Germain de Paris comme des apocryphes rédigés en Bourgogne vers 750, suivant en cela le préjugé assez commun sur ces deux ouvrages (bon c’est déjà un progrès sur l’opinion commune de ne pas les faire espagnols mais bien gaulois). Ces deux lettres sont en effet fondamentales pour la connaissance & la compréhension de l’ancien rit des Gaules, car saint Germain y décrit assez précisément la liturgie en usage. Du reste, l’auteur les utilise abondamment tout au long de son exposition, témoignant de l’intérêt majeur de ces deux lettres quand beaucoup leur accorde un rôle totalement marginal. Pour Matthieu Smyth, « Germain décrit déjà une liturgie romano-franque profondément hybride » (p. 32). Pour ma part, je ne trouve dans les lettres de saint Germain aucune trace évidente de romanité, bien au contraire. De plus, en cours de lecture, Matthieu Smyth montre dans le détail que la plupart des éléments dont parle Germain sont déjà bien établis au VIème siècle, corroborés par d’autres sources plus anecdotiques. Comme le sujet me passionne, j’ai le projet de donner prochainement sur ce blog le texte latin des deux lettres de saint Germain, une traduction française & mes commentaires point par point.

    L’auteur conclut son livre par un excursus très intéressant sur le chant gallican. On y parle beaucoup bien sûr de l’hybridation des répertoires gallicans & romain lors de la renaissance carolingienne, thèse devenue aujourd’hui très commune. Au passage, Smyth y reprend la thèse à mon avis contestable de dom Jean Claire selon laquelle « le chant prétendu vieux-romain n’est qu’une adaptation – un « remodelage idiomatique Â» au goût des chantres romains – du répertoire hybride romano-franc ayant reflué sur la Rome affaiblie du haut Moyen Âge » (page 159-160). Or une simple comparaison des formules musicales du vieux-romain, de l’ambrosien & du grégorien montre combien celles du grégorien paraissent évoluées en regard de l’extrême archaïsme modal du vieux-romain & de l’ambrosien. D’autre part, Smyth admet lui-même que les pièces n’appartenant pas au répertoire romain primitif (il cite le Trisaghion du Vendredi Saint, l’introït des morts Rogamus te & l’offertoire des morts Domine Jesu Christe) ont été reçues telles quelles dans le chant vieux-romain, sans adaptation mélodique : c’est assez ruiner la thèse qu’il expose. Dans ce dernier chapitre sur le chant, je retiens surtout son analyse très intéressante de la série des offertoires grégoriens non psalmiques à fort caractères sacrificiels, dont il devine une origine gallicane (ou plutôt hispanique).

    Avant de conclure, voici encore quelques remarques plus anecdotiques mais plus « Tradiland ». L’auteur envisage les rits qu’il décrit avec l’arrière plan pratique du nouveau rit actuel. Ainsi, il emploie la terminologie moderne de prière universelle (absente de l’histoire liturgique). Curieusement, il refuse aux litanies byzantines entre l’évangile & la grande entrée le caractère d’oratio fidelis (p. 152) alors que page 70 il reconnaît que c’est avant tout une prière diaconale. Dans le même ordre d’idées, il voit une concélébration (p. 88) là où il n’y en a pas (l’évêque célèbre entouré de son presbyterium) pour ensuite reconnaître page 103 : « L’évêque entame alors la grande prière de louange qui consacre le pain & le vin (comme aujourd’hui encore en Orient, la concélébration ne donnait pas lieu à un chÅ“ur parlé clérical) ». C’est assez dire le caractère inouï & anti-traditionnel des concélébrations modernes, qui n’ont jamais été pratiquées nulle part. Enfin, un tradi s’amusera du choix du titre de l’ouvrage par l’auteur : Ante altaria & non Post altaria ! :-D L’auteur reconnaît l’usage de l’orientation de la prière, montre clairement que le prêtre célébrait devant l’autel (p. 103) & non derrière celui-ci. Il se trompe en revanche en parlant d’une prétendue pratique inverse à Rome (si certains autels papaux paraissent « versus populum », c’est bien justement pour obéir à la loi de la prière vers l’Orient ; les rares autels romains se retrouvant ainsi certes face au peuple mais surtout vers l’Orient, le sont pour des raisons historiques dues aux conditions de constructions de certaines basiliques, mais ce n’est pas la règle des autels romains. Certes, les autels de Gaule semblent plus proches de la muraille que dans les basiliques romaines).

    En conclusion, un exercice fort intéressant de liturgie comparée, bien maîtrisé par l’auteur (même si, à force de comparer des rits parfois très différents, certains passages en perdent parfois en clarté) qui intéressera les passionnés de l’histoire liturgique.

    Henri Adam de Villiers

    Sacré Cœur - Prose parisienne - Offices notés complets de Paris - 1899

    Vendredi, juin 15th, 2007

    Prose du Sacre Coeur

    Concert à Lille #15 - La musique du concert

    Vendredi, février 23rd, 2007

    Voici la musique des vêpres de la Présentation tirée des vespéraux parisiens du XVIIIème siècle:






    Concert à Lille #14 - Le programme du concert

    Vendredi, février 23rd, 2007

    Les chantres de la Schola chantaient les vêpres de la Fête de la Purification & de la Présentation dans le rit parisien sous sa forme au milieu du XVIIIème siècle (époque de Mgr Charles Gaspard Guillaume de Vintimille du Luc (1729†1746)).

    L’orgue de Saint-Martin d’Esquermes était tenu par Nicolas Pichon, titulaire, qui improvisait les différentes parties revenant à l’organiste: entrée, antiennes, versets de l’hymne & du Magnificat, sortie.

    Voici le livret qui fut distribué à l’assistance : Programme du concert du 4 février 2007