Lauda Sion en plain-chant d’Amiens

Lauda Sion en plain-chant d'Amiens

Ce beau plain-chant était chanté dans l’usage d’Amiens pour la Fête-Dieu où il figure comme dernière pièce à chanter pour la procession du Saint Sacrement, lorsque celle-ci retourne à l’église après avoir fait 12 stations, comme à Paris. Le reste des chants de la procession dans l’usage d’Amiens comprend un programme plutôt classique en France, combinant les hymnes du Saint Sacrement prévues par les livres romains et les antiennes & répons venant de l’usage proprement français : l’invitatoire Adoramus & procidamus ante Dominum, l’antienne Surge, Domine, & dissipentur inimici tui, le répons Mémoriam fecit mirabilium suorum, les hymnes Pange lingua, Sacris solemnis, le répons Accipiens Jesus calicem, les hymnes Verbum supernum et Adoro te supplex).

La strophe initiale est reprise en guise de refrain entre les différentes strophes et se chante à deux voix (la seconde mélodie étant de fait la basse de la première). Les 16 autres strophes ternaires de la séquence composée par saint Thomas d’Aquin sont chantées en alternances sur deux mélodies gracieuses. Le chant est mesuré et lent, battu à la carré. Notons la présence dans la notation musicale des livres d’Amiens de la rhomboïde (ou semi-brève : note losangée transversale).

Voici un enregistrement de cette pièce effectué il y a une vingtaine d’année, alors qu’il était chanté après l’élévation en l’église paroissiale de Creuse à proximité d’Amiens :

Source : Paroissien noté en plain-chant à l’usage du clergé et des fidèles du diocèse d’Amiens suivi de notions élémentaires de plain-chant, rédigé par les soins de l’Abbé Leboulanger, chanoine-honoraire et vicaire de Notre-Dame, à Amiens. Amiens, Duval et Herment, 1847, p. 353-354.
Merci à Firminus – qui fait un remarquable travail de sauvegarde du plain-chant picard depuis de nombreuses années – de l’avoir signalé sur le Forum catholique.

Le même chant (répétition à Saint-Eugène le 28 mai 2016) :

Et enregistré à la messe de la solennité de la Fête-Dieu le dimanche 28 mai 2016 :

Ego sum Alpha & Omega – grande antienne parisienne pour le temps pascal

Ego Sum AlphaEt Omega

Je suis, moi, * l’Alpha & l’Oméga, le premier et le dernier, le commencement & la fin, celui qui est avant le début du monde, et dans les siècles des siècles, je vis à jamais. Je suis mort & fut enseveli, je suis ressuscité, je suis avec vous ; voyez, car c’est bien moi, et il n’y a d’autre Dieu que moi, * alléluia.
V/. Je suis, moi, votre rédemption, je suis, moi, votre Roi, je vous ressusciterai, moi, au dernier jour, * alléluia.

Voici une très belle composition française du premier millénaire qui décrit le Christ comme l’Alpha & l’Oméga, le commencement & la fin de toutes choses. Le texte de cette grande antienne est inspiré de celui de l’Apocalypse :

  • Apocalypse I, 8 : Εγώ ειμι το Αλφα και το Ωμεγα, λέγει κύριος ο θεός, ο ων και ο ην και ο ερχόμενος, ο παντοκράτωρ – Ego sum Alpha et Omega, principium et finis, dicit Dominus Deus, qui est et qui erat et qui venturus est Omnipotens – Je suis l’Alpha et l’Oméga, le principe et la fin, dit le Seigneur Dieu, qui est, qui était, et qui doit venir, le Tout-Puissant.
  • Apocalypse XXI, 6 : Il me dit encore : Tout est accompli. Je suis l’Alpha et l’Oméga, le principe et la fin. Je donnerai gratuitement à boire de la source d’eau vive à celui qui aura soif.
  • Apocalypse XXII, 13 : Je suis l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier, le principe et la fin.

Cette image pour décrire le Tout-Puissant est déjà présente dans le livre d’Isaïe :

  • Isaïe XLIV, 6 : Voici ce que dit le Seigneur, le Roi d’Israël, et son Rédempteur, le Seigneur des années : Je suis le premier, et je suis le dernier, et il n’y a point de Dieu que moi.

Cette grande antienne est tirée des Offices propres du diocèse de Paris approuvés par ordre de Son Eminence le Cardinal Dubois, archevêque de Paris, publiés en 1923, qui la conseille aux Saluts du Très-Saint Sacrement durant le Temps pascal. Le même propre diocésain la suggère également parmi les nombreuses pièces ad libitum qu’il propose pour les fastueuses vêpres stationnales du jour de Pâques, où elle avait en effet originellement sa place dans les manuscrits médiévaux français : cette belle antienne processionnelle à verset se chantait tandis que le clergé, après avoir encensé les fonts baptismaux, se remettait en route pour aller vers la Croix de la poutre de gloire ou du jubé. Le texte médiéval initial donnait Ego sum Alpha & O, l’O fut précisé en Oméga par les éditions modernes.

A titre de comparaison voici cette antienne Ego sum Alpha et O des vêpres stationnales de Pâques dans l’antiphonaire de chœur de Notre-Dame de Paris, manuscrit de la fin du XIIIème siècle :

Ego-sum-Alpha-et-O-antiphonaire-de-Notre-Dame-de-Paris

Il n’est pas impossible que cette antienne puisse remonter à l’antique liturgie des Gaules, supprimée par Pépin le Bref et Charlemagne. On sait en effet que la première liturgie de notre pays recourrait de façon très importante au livre de l’Apocalypse de saint Jean pour ses textes et ses chants. Lors de la suppression de l’ancien rit des Gaules, plusieurs pièces de l’ancienne liturgie (comme le Venite, populi qui se chantait le jour de Pâques & à perduré jusqu’au XXème siècle dans quelques diocèses français) ont pu subsister en étant réadaptées. Ce fut peut être le cas pour cette antienne comme pour les autres pièces principales des vêpres stationnales de Pâques (Christus resurgens ex mortuis et Stetit Angelus), cérémonie papale adaptée en France au VIIIème siècle où on la dota de nouveaux chants que Rome ne connaissait pas.

Publication de la date de Pâques & de celles des fêtes mobiles de l’année 2016

La publication de la date de Pâques dans le Pontificale Romanum.

Dans le rit romain, le jour de l’Epiphanie (dont la solennité est obligatoirement reportée en France au dimanche qui suit – soit le dimanche 10 janvier cette année), le diacre fait selon la tradition la publication de la date de Pâques après le chant de l’évangile.

RIT ROMAIN

En voici le chant pour 2016, réalisé par nos soins :

Noveritis-Romanum-2016

En voici la traduction pour 2016 :

Vous avez su, Frères très chers, par la miséricorde de Dieu qui nous a été annoncée, que nous avons été comblés par la Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ, ainsi de même nous vous annonçons la joie qui nous sera procurée par la Résurrection de notre même Sauveur.

  • Le 24 janvier sera le dimanche de la Septuagésime.
  • Le 10 février sera le jour des Cendres et le début du jeûne très sacré du Carême.
  • Le 27 mars sera la sainte Pâque de Notre Seigneur Jésus-Christ, que vous célèbrerez avec joie.
  • Le 5 mai sera l’Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ.
  • Le 15 du même mois sera la fête de la Pentecôte.
  • Le 26 du même mois sera la fête du Très Saint Corps du Christ.
  • Le 27 novembre sera le premier dimanche de l’Avent de Notre Seigneur Jésus-Christ, à qui est l’honneur et la gloire, dans les siècles des siècles. Amen.

    Plus de détails sur la Publication de la date de Pâques à l’Epiphanie.

    Un petit livret imprimable à l’attention du clergé.

    RIT PARISIEN

    Voici le chant de l’ancien usage de Paris, pour 2016 :

    Noverit-Parisiense-2016

    En voici la traduction pour 2016 :

    Votre charité saura, Frères très chers, que, par la miséricorde de Dieu & de notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a été annoncée, le 27 mars nous célèbrerons la Pâque de Seigneur.

    RIT AMBROSIEN

    Voici le chant pour le rit ambrosien, pour 2016 :

    Noverit-Ambrosianum-2016

    En voici la traduction pour 2016 :

    Votre charité saura, Frères très chers, que, par la miséricorde de Dieu & de notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a été annoncée, le 27 mars, nous célèbrerons avec joie la Pâque de Seigneur. R/. Rendons grâces à Dieu.

  • Fête de Noël – messe du jour – Introït – Graduale Romanum 1905

    Introït - Puer natus est nobis - ton 7
     

    PVER * natus est nobis, et fílius datus est nobis : cujus impérium super húmerum ejus : et vocábitur nomen ejus, magni consílii Angelus.
    Ps. Cantáte Dómino cán-ticum novum, * quia mirabília fecit.
    V/. Glória Patri, & Fílio, & Spirítui Sancto. * Sicut erat in princípio, & nunc, & semper, & in sæcula sæculórum. Amen.
    Un enfant nous est né, et un fils nous a été donné ; il portera sur son épaule l’insigne de l’empire, et il sera appelé par son nom : l’Envoyé du grand conseil.
    Ps. Chantez au Seigneur un cantique nouveau, car il a fait des merveilles.
    V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, & maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

    Tota pulchra es, Maria – antienne à la Vierge du XIVème siècle

    Tota pulchra es Maria - XIVeme siecle

    Classée parfois comme prose ou séquence (mais le même chant n’est pas repris par paire de versets), cette pièce – qui apparaît plutôt comme une grande antienne processionnelle (lesquelles se chantent traditionnellement à deux chœurs) – remonte à la piété du XIVème. Son texte est inspiré du Cantique des Cantiques. Le chant ci-dessus est tiré du propre de Paris (« Offices propres du diocèse de Paris approuvés par Sa Sainteté le Pape Pie XI et publiés par ordre de Son Eminence le Cardinal Dubois, archevêque de Paris – Appendice au propre de Paris pour l’Antiphonaire – Chants pour les saluts et processions », Société Saint Jean l’Evangéliste, Desclée & Cie, Paris – Tournai – Rome, 1923).

    En voici le texte et la traduction :

    Tota pulchra es, María ! Et mácula originális non est in te. Tu, glória Jerúsalem. Tu, lætítia Israel. Tu, honorificéntia pópuli nostri. Tu, advocáta peccatórum. O María ! Virgo prudentíssima ! Mater clementíssima ! Ora pro nobis. Intercéde pro nobis * ad Dóminum Jesum Christum. Vous êtes toute belle, Marie ! et la tache originelle n’est point en vous. Vous êtes la gloire de Jérusalem. Vous êtes la joie d’Israël. Vous êtes l’honneur de notre peuple. Vous êtes l’avocate des pécheurs. O Marie ! Vierge très prudente ! Mère très clémente ! Priez pour nous. Intercédez pour nous auprès du Seigneur Jésus-Christ.

    Téléchargez cette partition en PDF imprimable.

    Et en voici une merveilleuse interprétation dans la tradition orale corse, par l’Ensemble Organum sous la direction de Marcel Pérès :

    https://www.youtube.com/watch?v=z3_wXDbLqVw

    XVIème dimanche après la Pentecôte – Introït – Graduale Romanum 1905

    Introït - Miserere mihi Domine - ton 8
     

    MISERERE MIHI, * Dómine, quóniam ad te clamávi tota die : quia tu, Dómine, suávis ac mitis es, et copiósus in misericórdia ómnibus invocántibus te.
    Ps. Inclína, Dómine, aurem tuam mihi, et exáudi me : * quóniam inops, et pauper sum ego.
    V/. Glória Patri, & Fílio, & Spirítui Sancto. * Sicut erat in princípio, & nunc, & semper, & in sæcula sæculórum. Amen.
    Aie pitié de moi, Seigneur, car vers toi j’ai crié tout le jour, car toi, Seigneur, tu es doux et compatissant, et plein de miséricorde pour tous ceux qui t’invoquent.
    Ps. Incline, Seigneur, ton oreille vers moi, et exauce-moi, parce que, moi, je suis faible et malheureux.
    V/. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, & maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.

    XVIème dimanche après la Pentecôte – Graduel – Graduale Romanum 1905

    Graduel - Timebunt gentes - ton 5
     

    Timébunt gentes * nomen tuum, Dómine, et omnes reges terræ glóriam tuam.
    V/. Quóniam ædificávit Dóminus Sion : et vidébitur in majestáte * sua.
    Les nations craindront ton nom, Seigneur, et tous les rois de la terre, ta gloire.
    V/. Parce que le Seigneur a édifié Sion, et on l’y verra dans sa majesté.