Archives de la catégorie ‘‘Sources’’
Homo quidam – répons du Très-Saint Sacrement
Jeudi, février 4th, 2010Fichier PDF : Chants abrégés des graduels, des alleluias & des traits pour toute l’année sur des formules psalmodiques anciennes – 1930
Mardi, janvier 26th, 2010Voici un petit ouvrage qui se révélera fort utile là où les effectifs et l’expérience des chantres ne seraient pas suffisants pour chanter le chant liturgique intégral. Les abréviations des graduels sur des tons psalmiques ornés tombés en désuétude sont assez réussis. Ces formules revenant assez régulièrement, les choristes se familiariseront assez vite avec celles-ci et se faisant, avec l’organisation modale en 8 tons du plain-chant grégorien. Amédée Gastoué avait publié dans la Tribune de Saint-Gervais une trentaine d’année auparavant un travail assez similaire mais avec des formules différentes, tirées pour l’essentiel des livres ambrosiens.
Antiques stichères grecs de l’Epiphanie
Mercredi, janvier 13th, 2010Charlemagne ayant ouï des moines grecs à sa cour chanter l’office de l’Epiphanie, il en ordonna la traduction en latin, dont voici le chant. Si celui-ci appartient bien au VIIème ton grégorien, sa tournure quasi syllabique le rapproche bien en effet des tons stichéariques en usage dans l’Eglise grecque encore de nos jours.
A ma connaissance, l’office byzantin ne connaît plus ces strophes par suite de couches hymnographiques postérieures qui les ont sans doute fait disparaître. Comme le chant grec a connu aussi plusieurs réformes au cours de son histoire, ces antiennes latines sont vraisemblablement un très intéressant témoin de son état avant l’an mille.
Traduction :
Le Sauveur, voulant rénover le vieil homme, vient au baptême, afin de renouveler par l’eau la nature corrompue ; il nous revêt d’un vêtement incorruptible.
Vous qui, par l’Esprit et par le feu, purifiez l’humaine contagion, Dieu et Rédempteur, tous nous vous glorifions.
Le Baptiste a tremblé et n’osa toucher la tête sainte de son Dieu; mais il s’écrie avec crainte : Sanctifiez-moi, ô Sauveur !
Le Sauveur a brisé la tête du dragon dans le fleuve du Jourdain, et nous a tous arrachés à son pouvoir.
L’aiguillon du péché est écrasé aujourd’hui par le baptême du Seigneur, et la régénération nous est donnée.
L’eau brûle aujourd’hui les péchés, le Libérateur est apparu, et tous louent la belle œuvre de sa divinité.
Un grand mystère est déclaré aujourd’hui, car le Créateur de tout lave nos crimes dans le Jourdain.
Jean le Précurseur exulte avec le Jourdain ; en baptizant le Seigneur, la joie est faite sur terre, la rémission est faite de nos péchés par la sanctification des eaux : crions lui tous : ayez pitié de nous.
Publication de la date de Pâques & de celles des fêtes mobiles de l’année 2010
Mercredi, janvier 6th, 2010Dimanche prochain, en la solennité de l’Epiphanie, le diacre fera selon la tradition la publication de la date de Pâques après le chant de l’évangile.
En voici le chant pour 2010 :
En voici la traduction pour 2010 :
Vous avez su, Frères très chers, par la miséricorde de Dieu qui nous a été annoncée, que nous avons été comblés par la Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ, ainsi de même nous vous annonçons la joie qui nous sera procurée par la Résurrection de notre même Sauveur.
Plus de détails sur la Publication de la date de Pâques à l’Epiphanie.
Source : d’après le site web de la famille Brandt, après corrections pour l’Ascension & la Pentecôte.
Sainte Geneviève (3 janvier) – Introït – Offices notés complets de Paris – 1899
Vendredi, janvier 1st, 2010Sainte Geneviève (3 janvier) – Graduel – Offices notés complets de Paris – 1899
Vendredi, janvier 1st, 2010Sainte Geneviève (3 janvier) – Alleluia – Offices notés complets de Paris – 1899
Vendredi, janvier 1st, 2010Sainte Geneviève (3 janvier) – Prose – Chant du XVIIIème siècle – Offices notés complets de Paris – 1899
Vendredi, janvier 1st, 2010Sainte Geneviève (3 janvier) – Offertoire – Offices notés complets de Paris – 1899
Vendredi, janvier 1st, 2010Sainte Geneviève (3 janvier) – Communion – Offices notés complets de Paris – 1899
Vendredi, janvier 1st, 2010Sainte Geneviève (3 janvier) – IIndes vêpres – Offices notés complets de Paris – 1899
Vendredi, janvier 1st, 2010Prose parisienne de la Toussaint – Offices notés complets de Paris – 1899
Dimanche, novembre 1st, 2009Concordent nostris cælica – Cantique à sainte Jeanne d’Arc
Mardi, mai 5th, 2009Cantique à Sainte Jeanne d’Arc de Mgr Foucault, évêque de Saint-Dié († 1930)
1. Concórdent nostris cœlica, O Puella !
Tuas in laudes cántica, O Johánna !
R/. Jubiláte, vígines ;
Exultáte, júvenes ;
Prædicáte míllies :
Ave, Puélla !
Ave, Johánna !
2. Tam multis par laboribus, O Puella !
Lætare nunc honoribus, O Johánna !
3. Francorum genti gloriam, O Puella !
Et signis da victoriam, O Johánna !
4. Nos Christo Regi redditos, O Puella !
Dilectos fac et subditos, O Johánna !
2. Ecce fidentes adsumus, O Puella !
Præcantes audi, quæsumus, O Johánna !
3. Da cuncta nobis prospera, O Puella !
Et nos a malis libera, O Johánna !
4. Tu salus olim Pátriæ, O Puella !
Jam sis tutela Gálliæ, O Johánna !
Trope de l’Introït du Premier dimanche de l’Avent – Sanctissimus namque Gregorius
Dimanche, novembre 30th, 2008Ce trope du XIème-XIIème siècle se chantait en quelque sorte en guise de prélude à l’introït du premier dimanche de l’Avent. C’est du reste à bon droit qu’il figurait en cette position : non seulement c’est la première pièce par laquelle commence le graduel grégorien,mais encore, l’institution et l’organisation des pièces des 4 dimanches de l’Avent est attribuée par les liturgistes au Pape saint Grégoire le Grand. Il existait aussi un autre trope plus ancien pour cet introït, attesté par Agobard de Lyon († 840) qui était une adaptation musicale des fameux vers composés par le pape Hadrien Ier (772 † 795) en l’honneur de saint Grégoire le Grand, vers placés en tête du Sacramentaire envoyé par Hadrien à Charlemagne.
En voici le texte latin :
Sanctíssimus namque Gregórius cum preces effúnderet ad Dóminum ut músicum donum ei désuper in carmínibus dedísset, tunc descéndit Spíritus Sanctus super eum, in spécie colúmbæ, et illustrávit cor ejus, et sic demum exórtus est cánere, ita dicéndo : Ad te levavi… (& on enchaîne sur l’introït)
Et la traduction française :
Or, tandis que le Très-Saint Grégoire répandait ses prières au Seigneur afin qu’il lui accorde le don de la musique à appliquer aux chants, voici que le Saint-Esprit descendit sur lui sous la forme d’une colombe et illumina son cœur, et il commença alors à chanter, en disant cela : Vers toi j’ai élevé mon âme… (& on enchaîne sur l’introït).
Source : Graduale sacrosanctæ Romanæ Ecclesiæ de Tempore et de Sanctis – SS. D. N. Pii X. Pontificis maximi jussu restitutum et editum. Rome, Edition Vaticane – 1908.
En relation avec ce trope, il est bon de rappeler ici le texte fameux de Jean Diacre (IXème siècle) dans sa vie de saint Grégoire, premier texte évoquant le rôle de ce pape dans la réorganisation du chant ecclésiastique :
« Par la suite, dans la maison du Seigneur, à l’exemple du très sage Salomon, il compila avec le plus grand soin, pour la componction qu’inspire la douceur de la musique, un antiphonaire centonisé destinés aux chantres, qui s’avère des plus utiles.
Il institua aussi une école de chantres (scholam … cantorum) qui, de nos jours encore, se fait entendre (modulatur) dans la sainte Eglise romaine selon les règlements par lui édictés. Il fit construire, à l’usage de cette schola, deux demeures avec biens-fonds (praediis) : l’une voisine des degrés de la basilique de saint Pierre Apôtre, l’autre contiguë aux édifices du palais patriarchal du Latran. C’est là que, jusqu’à ce jour, ont été conservés, avec une légitime vénération, le lit sur lequel il s’étendait pour enseigner le chant, la férule avec laquelle il menaçait les enfants, ainsi que son antiphonaire authentique. Par une clause de l’acte de donation, il répartit, sous peine d’anathème, les titres de propriétés (loca) entre les deux fractions de la Schola, comme récompense de leur service quotidien.
7. Les Germains et les Francs, entre autres nations européennes, eurent l’occasion, tant et tant, d’apprendre à la perfection (insigniter) ce beau chant. Ils ne réussirent pas toutefois à en conserver la pureté originelle, tant à cause de leur légèreté – ils mêlèrent des chants de leur propre crû à ceux de saint Grégoire – que de leur rusticité naturelle. Les races transalpines, en effet, avec leurs voix rauques et tonitruantes, sont incapables de rendre correctement la beauté du chant qu’ils ont reçu : à cause de la grossièreté de leurs gosiers ivrognes, lorsqu’ils s’efforcent d’exécuter l’admirable cantilène « romaine » avec les inflexions et les répercussions, c’est comme si leurs voix rustres faisaient vibrer l’air du vacarme confus de chariots grinçant en déboulant des marches ! Ce faisant, bien loin d’émouvoir l’âme des auditeurs, ils les énervent, les exaspèrent, les horripilent.
8. Toujours au temps de saint Grégoire, et grâce à la mission de saint Augustin en Angleterre, des chantres d’obédience romaine furent envoyés dans tout l’Occident pour instruire les nations barbares à la perfection. Ces chantres disparus, les églises occidentales vicièrent tellement le répertoire qu’elles avaient reçu, que l’éminent Vitalien dépêcha de France en Angleterre un certain Jean, chantre romain, en compagnie de Théodore, citoyen romain également, puis archevêche d’York. Ledit Jean, rappelant les fidèles des églises environnantes à la beauté de l’antique cantilène, maintint pendant de nombreuses années, tant par son zèle que par celui de ses disciples, la règle de la coutume romaine.
9. Cependant, notre patrice Charlemagne, roi des Francs, fut choqué, au cours d’un séjour à Rome, de la discordance entre le chant romain et le chant gallican. Comme les chantres francs arguaient insolemment que la corruption du chant était due aux fadaises de certains de nos compatriotes et que ces derniers, pour leur défense, exhibaient un antiphonaire authentique susceptible de mériter l’approbation, on raconte qu’il posa la question suivante : « Qui, de la rivière ou de la source, peut contenir l’eau la plus limpide ? » A ceux qui répondirent : « la source », il répliqua avec sagesse : « Puisque nous avons bu jusqu’à maintenant l’eau corrompue de la rivière, il nous faudra désormais remonter aux sources authentiques de la fontaine éternelle. » Il dépêcha donc auprès d’Hadrien, alors évêque, deux de ses clercs dévoués. Lorsque ceux-ci furent suffisamment instruits, il lui fut possible de réinstaurer dans l’Eglise métropolitaine de Metz la beauté de l’antique cantilène romaine, et, sur le modèle de Metz, de réformer le chant dans toute la Gaule.
10. Bien des années plus tard, les chantres qui avaient été formés à Rome étant décédés, Charlemagne, le plus avisé des rois, s’aperçut que le chant des églises gallicanes divergeait de celui pratiqué à Metz, et remarqua que chacune reprochait à l’autre d’avoir corrompu le chant. « A nouveau », dit-il, « remontons à la source. » C’est alors que le pape Adrien, ému par les prières du roi, ainsi que d’aucuns peuvent en témoigner en vérité aujourd’hui, envoya deux chantres en France. Se fiant à leur jugement, le souverain reconnut que tous les chantres francs avaient corrompu, par leur étourderie, la suavité du chant romain. Quant à l’Eglise de Metz, il constata qu’elle avait légèrement dévié de l’usage romain, mais seulement à cause de sa rusticité naturelle.
Enfin, il est reconnu jusqu’à aujourd’hui par tous ceux qui aiment la vérité pure, que le chant de l’Eglise de Metz surpasse d’autant celui des autres églises des Gaules et de Germanie, que lui-même est surpassé par le chant de Rome.
J’ai cru bon de relater ces faits au passage, afin de ne pas avoir l’air de passer sous silence l’indéniable frivolité des Francs ».
Jean Hymonides dit le Diacre, moine du Mont Cassin (v. 824 † av. 882), Vita S. Gregorii Magni, lib. II, 6-10
La traduction de ce texte qui a fait couler beaucoup d’encre, est emprunté au site musicologie.org, où vous trouverez un appareil de notes très intéressantes.


















