La réforme de la Semaine Sainte de 1955 – 4ème partie – Les autres heures de l’office divin durant le Triduum

Articles précédents :

On continuité avec notre précédent article sur les modifications opérées dans l’office des Ténèbres, nous poursuivons notre série d’articles sur les réformes de la Semaine Sainte décidées en 1955 avec le traitement réservé aux autres heures de l’office divin pendant le Triduum pascal et les premières vêpres de Pâques. Cet aspect pourra sembler secondaire de nos jours puisqu’il semble n’intéresser qu’assez peu le commun des fidèles. Pourtant, on constatera là encore, au travers des mutations opérées à ces petits offices, la création d’anomalies liturgiques surprenantes.

L'office de la Semaine Sainte selon le Missel & Bréviaire Romain - Paris, Clopejau 1659

Synopsis des offices divins dans le bréviaire de saint Pie V & dans celui de saint Pie X

L’office divin du Triduum pascal avait préservé un caractère antique marqué. Si l’office de nuit (les Ténèbres, composé de trois nocturnes joints à l’office du matin) était célébré avec un certain faste, les autres heures de l’office divin par contraste revêtaient une forme d’extrême simplicité :

  • aux petites heures (prime, tierce, sexte, none, complies) les psaumes habituels y étaient simplement psalmodiés sans antiennes, recto tono.

Début de l'office de prime durant le Triduum pascal - L'office de la Semaine Sainte selon le Missel & Bréviaire Romain - Paris, Clopejau 1659

  • à vêpres, les cinq psaumes étaient chantés avec antiennes, le Magnificat recevait une antienne propre tirée de l’évangile du jour. Toutefois l’usage s’était établi de réciter aussi recto tono les offices de vêpres au soir du Jeudi saint & du Vendredi saint.
  • comme aux Ténèbres, ces offices sont extrèmement dépouillés : mis à part les psaumes, ils ne comportent plus les autres éléments que l’on rencontre pendant l’année : versets d’ouverture, Gloria Patri, capitules, hymnes, répons, versicules, preces, leçons brèves, lecture du Martyrologe (à prime).
  • on terminait chacun de ces offices à genoux exactement comme aux Ténèbres :
    • Christus factus est (récité mais non chanté),
    • Pater noster en secret,
    • psaume 50 Miserere mei Deus psalmodié recto tono,
    • et l’oraison Respice, quæsumus Domine, (dont la conclusion était dite en secret par l’officiant).

Fin des offices durant le Triduum pascal - L'office de la Semaine Sainte selon le Missel & Bréviaire Romain - Paris, Clopejau 1659

Comme nous l’avons déjà noté pour les Ténèbres, l’oraison Respice est la seule dite à tous les offices du Triduum, depuis vêpres du Mercredi Saint jusqu’à none du Samedi Saint. Cette oraison contribue à l’unité & à l’identité liturgique forte de ces trois jours, c’est en quelque sorte un leitmotiv de tout le Triduum pascal. En voici son texte & sa traduction :

Réspice, quæsumus Dómine, super hanc famíliam tuam, pro qua Dóminus noster Jesus Christus non dubitávit mánibus tradi nocéntium, et crucis subíre torméntum.
Nous vous prions, Seigneur, de regarder en pitié votre famille, pour laquelle notre Seigneur Jésus-Christ n’a point refusé de se livrer entre les mains des méchants, & de souffrir le supplice de la croix.

Ce contraste entre l’office de nuit chanté avec faste et les autres heures simplement récitées pourrait préserver une structuration tout à fait antique : la prière de nuit était universellement célébrée dans les toutes premières communautés chrétiennes, l’heure de vêpres ne commença ensuite à être célébrée dans les offices des cathédrales qu’à partir de la paix constantinienne au IVème, tandis que les petites heures (tierce, sexte, none dans un premier temps, puis prime & complies) s’ajoutèrent ensuite, d’abord comme prières pour des groupes de pieux fidèles puis au sein des premières communautés monastiques. Encore aujourd’hui dans le rit éthiopien, par exemple, seul l’office nocturne est célébré et chanté en paroisse tous les jours, les autres heures, même les vêpres, ne sont que récitées.

Dans la liturgie traditionnelle, le Triduum pascal se terminait à l’office de none du Samedi saint, après lequel on commençait la célébration de la vigile pascale (comme du reste les autres messes de vigiles durant l’année qui se célèbrent après none et avant vêpres, en particulier celles du samedi des Quatre-Temps).

Cette vigile pascale pouvait durer plusieurs longues heures dans l’antiquité, car on y célébrait non seulement les baptêmes des catéchumènes, mais on y procédait également aux ordinations dans les sept ordres ecclésiastiques (y compris le sacre des évêques).

Les premières vêpres de Pâques étaient comme enchâssées dans la vigile pascale : on les célébrait après la communion et avant l’Ite missa est.

En raison de la durée de la vigile pascale, ces vêpres pascales étaient les plus brèves qui soient : elles consistaient dans le chant du psaume 116 Laudate Dominum omnes gentes, le plus court du psautier (2 versets seulement, 4 avec le Gloria Patri), chanté avec antienne (un triple alleluia) et le Magnificat chanté avec une superbe antienne tirée du texte de l’évangile de la messe de la vigile : Vespere autem Sabbati, tandis que le célébrant & ses ministres encensent l’autel[1]. Il est à noter que cette antienne se retrouve universellement dans tous les antiphonaires manuscrits du rit romain à cette place, même les plus anciens (comme dans l’Antiphonaire de Compiègne, du IXème siècle, le plus ancien manuscrit complet de l’antiphonaire grégorien). En raison de son importance, elle est très souvent ornée de miniatures dans les manuscrits médiévaux :

Premières vêpres des Pâques dans l'antiphonaire de Kosterneubourg 1013 datant du XIIème siècle - Antiennes Alleluia pour le psaume 116 et Vespere autem Sabbati pour le Magnificat.

Premières vêpres des Pâques dans l’antiphonaire de Kosterneubourg 1013 datant du XIIème siècle.
Antiennes Alleluia pour le psaume 116 et Vespere autem Sabbati pour le Magnificat.

Antienne Vespere autem Sabbati dans l'antiphonaire de Saint-Gall 388 du XIIème siècle.

Antienne Vespere autem Sabbati dans l’antiphonaire de Saint-Gall 388 du XIIème siècle.

La postcommunion de la messe tient aussi lieu d’oraison de vêpres et on terminait ensuite la messe comme à l’ordinaire.

Même si la cérémonie de la vigile pascale pouvait être très longue, elle ne supprimait donc pas les premières vêpres de Pâques.

L’enchâssement de cet office des premières vêpres de Pâques à la fin de la communion de la vigile pascale était le seul reliquat dans le missel de saint Pie V d’une pratique beaucoup plus fréquente autrefois qui consistait à chanter un office après la communion et de conclure la messe ensuite. Ainsi, dans l’ancien usage de Paris, on chantait de même les laudes de Noël après la communion de la messe de Minuit, les vêpres du Jeudi Saint après la communion de la messe de la Cène et les vêpres du Vendredi Saint après la communion de la messe des Présanctifiés. On note aussi que souvent, dans beaucoup de bréviaires médiévaux, l’oraison des premières vêpres d’une fête correspond à la postcommunion de la messe de sa vigile.[2]

La profonde réforme du bréviaire romain opérée sous Pie X ne toucha pas radicalement à la structure des heures du Triduum Pascal. Les seules simplifications consistent en la suppression du second psaume de prime du Jeudi Saint (Psaume 22 – Dominus regit me, psaume eucharistique) et du Vendredi Saint (Psaume 21 – Deus, Deus meus, respice in me, psaume de la Passion par excellence). L’office des Complies voit aussi la suppression des versets 1 à 6 du psaume 30[3].

Synopsis de ces offices dans la réforme de 1955

Comme aux Ténèbres, la réforme de 1955 s’attacha à supprimer le psaume 50 Miserere qui se récitait recto tono à la fin de toutes les heures du Triduum pascal.

Les réformateurs décident aussi que les vêpres du Jeudi Saint et du Vendredi Saint ne doivent plus être célébrées au chœur. On estime désormais que la messe de la Cène et la nouvelle action liturgique du Vendredi Saint tiennent lieu de vêpres (!). Leur récitation privée reste possible mais devient facultative si le clerc a assisté aux deux cérémonies susdites. Comme on le verra plus en détail pour le jour de Pâques, les réformateurs créent donc des jours liturgiques qui ne sont pas pourvus de l’intégralité des offices divins, chose assez inouïe dans l’histoire de la liturgie de l’Eglise. Or nous l’avions vu, l’extrême longueur de la vigile pascale antique ne dispensait pas de la célébration des vêpres, même si celles-ci étaient plus courtes qu’à l’ordinaire.

Justement, ces premières vêpres de Pâques sont supprimées de la vigile pascale, où elles sont désormais remplacées par des laudes de Pâques, comme on le verra à l’article sur la vigile pascale. Les réformateurs composent des vêpres du samedi saint en utilisant les psaumes des anciennes vêpres du Jeudi Saint et du Vendredi Saint, revêtues de nouvelles antiennes qui ne chantent pas la résurrection mais restent dans la tonalité du Samedi Saint (quand elles ne sont pas de simples antiennes fériales qui pourraient convenir à n’importe quel jour de l’année).

Très bizarrement, Pâques devient de ce fait la seule fête double de l’année qui est désormais dépourvues de premières vêpres. Il s’agit là d’une profonde perte du sens chrétien du jour liturgique, lequel commence toujours la veille au soir par les vêpres (principe du nycthémère énoncé dès la première page de la Genèse : « Il y eut un soir, il y eut un matin : premier jour »).

Au passage, la fameuse antienne de Magnificat – Vespere autem Sabbati – tirée de l’évangile selon saint Matthieu, antienne qui a inspiré au cours des âges tant de compositeurs et qui a signé l’allégresse pascale pour des générations de chrétiens qui rendaient grâce à Dieu de la résurrection par le chant du Magnificat, disparaît complètement de l’office.

Citons sur cette question la fameuse conférence de Mgr Gromier sur les réformes de 1955 :

Que les vêpres du jeudi et du vendredi saint soient omises, supprimées, voilà qui atteint le comble de l’arbitraire, surtout quand on allègue ce motif : la messe tient lieu de vêpres, car elle est le principal. Or, entre messe et vêpres, il n’y a aucune rivalité ; les vêpres ont la même principalité que les autres fonctions liturgiques. Suivant les temps et les lieux, les vêpres ont été écourtées après la messe du samedi ; elles le furent aussi après la messe du jeudi et du vendredi ; jamais on ne pensa à les abolir. L’horaire rétabli par les pastoraux s’accorde en plein avec le fait historique, c’est à dire jeûne jusqu’aux vêpres, qui sont précédées de la messe et de la communion. (…) Quelle raison peut interdire les vêpres du jeudi et du vendredi, après la messe qui n’est pas nocturne par définition ? Le samedi saint sans complies est inexplicable ; le jeudi et vendredi saints, avec complies mais sans vêpres, défient le raisonnement ; car on a beau se coucher tard, le coucher n’en a pas moins lieu et exige sa prière.

Surtout, la réforme s’attacha à rompre l’unité liturgique organique des trois jours du Mystère pascal, marquée par la répétition de l’antique oraison du Triduum Respice, quæsumus, Domine :

  • A Complies, c’est désormais l’oraison quotidienne de tout le reste de l’année (Visita, quæsumus) qui est employée à la place de Respice, quæsumus, Domine ; bizarrement, l’oraison de prime, qui est aussi la même tout le restant de l’année (Domine Deus omnipotens) demeure quant à elle toujours remplacée par l’oraison du Triduum Respice Domine.
  • Pour tous les offices du Samedi Saint, une nouvelle oraison a été composée (Concede, quæsumus, omnipotens Deus), qui se substitue partout à Respice, quæsumus, Domine. Elle ne présente pas d’intérêt flagrant.

Ce point était souligné par Mgr Gromier :

L’Eglise pleure et gémit pendant les trois jours que le Seigneur resta au tombeau ; pendant ces trois jours de funérailles du Christ mort, toutes les heures de l’office se terminent par l’oraison Respice quaesumus, qui est justement l’oraison super populum à la messe du mercredi saint. Les pastoraux rompent cette continuité et unité par un remplacement ; à la fin des heures du samedi ils mettent une oraison qui leur donne l’aspect d’une banale vigile, qui jure avec le reste, surtout avec l’antienne Christus factus est. Si la pastorale était logique, elle verrait que son oraison, n’étant plus dans le ton des trois jours, n’a plus de motifs d’être dite à genoux et avec conclusion silencieuse. Sa manière de terminer les vêpres n’est pas moins étrange.

Cette volonté systématique de briser ce qui faisait l’unité de ces trois jours si particuliers de l’année liturgique a de quoi surprendre, alors même que l’ouvrage de Louis Bouyer sur le Mystère Pascal, qui avait connu sa première édition en 1945, avait eut un retentissement certain sur les acteurs du mouvement liturgique.

*
Plan

Présentation générale
1ère partie – Le dimanche des Rameaux
2nde partie – Les Lundi Saint, Mardi Saint & du Mercredi Saint
3ème partie – L’office des Ténèbres
4ème partie – Les autres heures de l’office divin durant le Triduum
5ème partie – La messe du Jeudi Saint & le Mandatum
6ème partie – La messe des Présanctifiés le Vendredi Saint
7ème partie – La vigile pascale
8ème partie – L’office divin du jour de Pâques
9ème partie – Les horaires des offices durant la Semaine Sainte
10ème partie – Les lectures bibliques de la Semaine Sainte
11ème partie – La Vigile de la Pentecôte
12ème partie – La réforme de 1955 & la réforme post-conciliaire – Conclusions générales

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Notes

Notes :    (↵ reviens au texte)
  1. A noter que l’encensement de l’autel ne se fait pas ni au Benedictus des laudes, ni au Magnificat des vêpres pendant le Triduum pascal.
  2. Nous parlerons plus en détail dans un huitième article de l’office divin de Pâques.
  3. Ces 6 versets du psaume 30 se disaient autrefois tous les jours de l’année à complies entre le psaume 4 et le psaume 90 en raison du texte du 6ème verset : In manus tuas comméndo spíritum meum.
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Enregistrement : sainte messe du dimanche de la Passion

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Téléchargez les partitions chantées au cours de cette messe & présentes dans cet enregistrement :

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La Descente de Croix - d'après Charles Le Brun - XVIIème siècle

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Programme du dimanche de la Passion

Dimanche de la PassionSaint-Eugène, le dimanche 22 mars 2015, grand’messe de 11h.

Avec les premières vêpres de ce dimanche, nous entrons dans le temps de la Passion. La première partie du Carême avait jusqu’alors été surtout consacrée à notre ascèse personnelle, à la contrition de nos péchés. Désormais, le rit romain nous fait méditer sur la Passion & sur la Croix de notre Seigneur. Ce deuil où nous pleurons l’Epoux divin est marqué par un symbole très fort : à compter des premières vêpres de ce dimanche, les saintes images et les croix sont désormais voilées de violet, en signe de deuil. Les derniers chants joyeux de la messe cessent de se faire entendre : le Gloria Patri disparaît à l’Introït, au Lavabo et dans les répons de l’Office divin. De même, le psaume 42 des prières au bas de l’autel n’est plus récité jusqu’à Pâques. Dans les leçons des vigiles nocturnes, on quitte la lecture des livres de Moïse pour prendre celle du prophète Jérémie, l’une des plus importantes figures du Messie souffrant. L’admirable texte du chapitre IX de l’épître aux Hébreux qui est lu à la messe de ce dimanche est commun au rits romain & byzantin : il s’agit d’une parfaite préface au temps de la Passion.

A Rome, la station se fait en la basilique Saint-Pierre : l’importance de ce dimanche, qui ne cède la place à aucune fête, quelque solennelle qu’elle soit, demandait que la réunion des fidèles eût lieu dans l’un des plus augustes sanctuaires de la ville sainte.

« Nous n’ignorons pas, mes bien-aimés, que le mystère pascal occupe le premier rang parmi toutes les solennités chrétiennes. Notre manière de vivre durant l’année tout entière doit, il est vrai, par la réforme de nos mœurs, nous disposer à le célébrer d’une manière digne et convenable ; mais les jours présents exigent au plus haut degré notre dévotion, car nous savons qu’ils sont proches de celui où nous célébrons le mystère très sublime de la divine miséricorde. C’est avec raison et par l’inspiration de l’Esprit-Saint, que les saints Apôtres ont ordonné pour ces jours des jeûnes plus austères, afin que par une participation commune à la croix du Christ, nous fassions, nous aussi, quelque chose qui nous unisse à ce qu’il a fait pour nous. Comme le dit l’Apôtre : « Si nous souffrons avec lui, nous serons glorifiés avec lui. » Là où il y a participation à la passion du Seigneur, on peut regarder comme certaine et assurée l’attente du bonheur qu’il a promis. »
Homélie de saint Léon, pape, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

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Crucifixion tirée d'un canon pontifical du XVIIème siècle

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Programme du IVème dimanche de Carême – Quarante Martyrs de Sébaste – ton 8

Quarante Martyrs de SébasteParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 22 mars 2015 du calendrier grégorien – 9 mars 2015 du calendrier julien, divine liturgie de saint Basile le Grand de 9h15.

Dimanche du ton VIII de l’Octoèque. Le concile de Laodicée, tenu en 364, dans son 51ème canon, ordonnait de ne pas célébrer la mémoire des martyrs pendant la sainte Quarantaine, mais de commémorer leurs fêtes les samedis et dimanches, jours qui n’appartiennent pas aux jours de jeûne & de pénitence. Dans l’esprit de ce canon, le rit byzantin continue de célébrer les samedis & dimanches pendant le Carême certains saints importants dont la mémoire tombe systématiquement pendant la sainte Quarantaine.

D’ordinaire, le IVème dimanche de Carême, le rit byzantin fête saint Jean Climaque. Cependant, cette année, ce dimanche coïncide avec le 9 mars qui est la grande fête des Quarante Martyrs de Sébaste, laquelle a préséance sur la mémoire de saint Jean Climaque. Le canon de l’office de saint Jean Climaque est de ce fait déplacé aux complies du vendredi soir qui précède. Le chiffre des Quarante Martyrs est en rapport avec les quarante jours de jeûne du Carême pendant lequel tombe systématiquement leur fête, ainsi que l’exprime admirablement don Guéranger :

Quarante nouveaux protecteurs se lèvent sur nous, comme autant d’astres pour nous protéger dans la sainte carrière de la pénitence.

Voici les circonstances de leur martyre, qui frappa beaucoup les esprits de nos Pères, aussi bien en Orient qu’en Occident.

L’an 420, sous l’empereur Licinius et le gouverneur Agricola, quarante soldats de la Douzième Légion, alors en garnison à Mélitène en Arménie romaine, firent briller d’un vif éclat leur foi en Jésus-Christ et leur courage à souffrir les pire tourments pour son Nom. Après qu’on les eut jetés à diverses reprises en prison, chargés de chaînes, et qu’on leur eut brisé les mâchoires à coups de pierres, on leur fit passer la nuit sur un étang glacé près de la ville de Sébaste (l’actuelle Sivas), nus, exposés à la rigueur de l’hiver afin qu’ils mourussent de froid. Or, voici la prière commune qu’ils élevèrent vers le ciel :

« Seigneur, disaient-ils, nous sommes entrés quarante dans la lice ; accordez-nous d’être aussi quarante à recevoir la couronne, et qu’il n’en manque pas un à ce nombre. Il est en honneur, ce nombre que vous avez consacré par un jeûne de quarante jours, ce nombre par le moyen duquel la loi divine fut donnée au monde ; et c’est aussi en cherchant Dieu par un jeûne de quarante jours qu’Élie a obtenu de le voir. »

Pendant que les Martyrs priaient, l’un de leurs gardes aperçut une lumière qui les environnait et des Anges qui descendaient du ciel pour donner des couronnes à trente-neuf soldats, comme de la part de leur roi. A cette vue, il se dit en lui-même : Ils sont quarante, où donc est la couronne du quarantième ?

On avait établi des thermes sur les bords de l’étang gelé et on leur promettait des bains chauds s’ils reniaient. Mais les Martyrs se soutenaient les uns les autres pour qu’aucun ne se perde. L’un des Quarante déserta cependant et se rendit dans les thermes où il mourut à cause du changement trop violent de température.

Le garde en revanche, émerveillé de sa vision, ayant ôté ses vêtements et déclaré à haute voix qu’il était chrétien, alla se joindre aux Martyrs afin de compléter le chiffre de Quarante.

Les Romains leur brisèrent alors à tous les jambes à coups de bâtons.

Tous moururent au cours de la nuit du 9 mars, excepté le plus jeune, nommé Méliton. Sa mère qui était présente, le voyant encore en vie, bien qu’il eût les jambes rompues, l’exhorta en ces termes : « Mon fils, souffre encore un peu, voici que le Christ se tient à la porte, t’aidant de son secours ». Lorsqu’elle vit qu’on chargeait sur des chariots les corps des autres Martyrs pour les jeter dans un bûcher et qu’on laissait le corps de son fils, parce que cette troupe impie espérait amener l’adolescent au culte des idoles, s’il survivait, cette mère, l’ayant pris sur ses épaules, suivit les chariots qui portaient les corps des Martyrs. Méliton rendit son âme à Dieu dans les embrassements de sa mère, et elle plaça son corps sur le même bûcher qui devait consumer les restes des autres Martyrs : en sorte que ceux qui avaient été si étroitement unis par la foi et le courage le furent encore après la mort dans les mêmes funérailles, et parvinrent au ciel tous ensemble. Leurs corps étant brûlés, on jeta leurs ossements dans une rivière, mais les chrétiens recueillirent ces reliques et les ensevelirent avec honneur.

Voici les noms des Quarante Martyrs conservés par la tradition : : Acace, Aétius, Alexandre, Angias, Athanase, Candide (ou Claude), Cyrille, Dométien, Domnus, Ecdikios, Élie, Eunoïque, Eutychius, Flavius, Gaïus, Gorgonius, et un second Gorgonius, Hélien, Héraclius, Hésychius, Jean, Khoudion (ou Léonce), Lysimaque, Mélèce, Méliton, Nicolas, Philoktimon, Priscus, Quirion, Sacerdon, Sévérien, Sisinius, Smaragde, Théodule, Théophile, Valens, Valère, Vivien, Xanthias, et le gardien Aglaïos.

Cette persécution avait été ordonnée par Licinius, empereur en Orient, alors qu’il était convenu avec son collègue Constantin Ier, empereur en Occident, de laisser aux chrétiens leur liberté de conscience : l’Édit de Milan avait été promulgué en 313 par les deux empereurs. Pour faire respecter la fin des persécutions, Constantin prit alors les armes contre Licinius, le vainquit et devint seul empereur romain.

Les grands docteurs saint Basile de Césarée, saint Grégoire de Nysse et saint Éphrem prononcèrent des homélies en leur honneur. Leur culte se répandit aussi en Occident. A Rome, quatre églises leur furent consacrées, la plus ancienne vers le VIIIème siècle.

Sur la glace meurtrière de l’étang qui fut l’arène de leurs combats, ils se rappelaient, nous disent leurs Actes, les quarante jours que le Sauveur consacra au jeûne ; ils étaient saintement fiers de figurer ce mystère par leur nombre. Comparons leurs épreuves à celles que l’Église nous impose. Serons-nous, comme eux, fidèles jusqu’à la fin ? La couronne de persévérance ceindra-t-elle notre front régénéré dans la solennité pascale ? Les quarante Martyrs souffrirent, sans se démentir, la rigueur du froid et les tortures auxquelles ils furent ensuite soumis ; la crainte d’offenser Dieu, le sentiment de la fidélité qu’ils lui devaient, assurèrent leur constance. Que de fois nous avons péché, sans pouvoir alléguer en excuse des tentations aussi rigoureuses !
Dom Guéranger.

Par les prières de tes Quarante Maratyrs, Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de nous.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des Martyrs. Et maintenant. Theotokion de tierce. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire des Martyrs. Et maintenant. Theotokion de sexte. Kondakion : des Martyrs.

Divine liturgie de saint Basile le Grand

Tropaires des Béatitudes : six tropaires du ton dominical occurrent & quatre tropaires de la troisième ode du canon des Martyrs :
1. Souviens-toi de nous, Christ Sauveur du monde, * comme sur la croix tu t’es souvenu du bon Larron, * & rends-nous dignes, seul Seigneur compatissant, ** d’avoir tous notre part en ton royaume, dans les cieux.
2. Adam, écoute, avec Eve, réjouis-toi, * car celui qui jadis vous dépouilla tous les deux * & dont la ruse nous rendit captifs ** est anéanti par la Croix du Christ.
3. Sur l’arbre de la croix, Sauveur, tu acceptas d’être cloué * pour sauver Adam de la malédiction méritée sous l’arbre défendu * et lui rendre la ressemblance à ton image, Dieu de bonté, ** ainsi que le bonheur d’habiter le Paradis.
4. En ce jour le Christ est ressuscité du tombeau, * à tout fidèle accordant l’incorruptible vie ; * aux Myrrophores il donne l’annonce de la joie ** après ses Souffrances & sa divine Résurrection.
5. Sages Myrrophores, réjouissez-vous * qui les premières avez vu la Résurrection du Christ * & qui à ses Apôtres avez annoncé ** la restauration du monde entier.
6. Vous les Apôtres, amis du Christ en cette vie * & destinés à partager son trône dans la gloire du ciel, * comme Disciples intercédez auprès de lui ** pour que sans crainte devant son trône nous puissions nous présenter.
7. Sans faire cas de la vie et de leur corps, * de la richesse et de leur rang, * avec gloire les Martyrs ** ont hérité le Christ en échange de tout bien.
8. Sans pitié, sur l’ordre du tyran * frappés de pierres, les Quarante ont repoussé * par le souffle de l’Esprit ** contre les bourreaux eux-mêmes leurs coups.
9. Par les lèvres des tyrans, c’est contre toi, * Créateur, que le serpent a blasphémé, * mais par les pierres lancées aux Martyrs ** fut broyée sa bouche hostile à Dieu.
10. Seule Mère toujours-vierge, inépousée, * devenue l’encensoir d’or * de cette braise qu’est le Christ, ** sur mon cœur impur répands ton parfum.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 8 : Du ciel tu descendis, ô Dieu de miséricorde, * trois jours dans le tombeau tu souffris de demeurer * pour nous délivrer de nos péchés ; ** notre Vie & notre Résurrection, Seigneur, gloire à toi.
2. Tropaire des Martyrs, ton 1 : Par les souffrances que les Saints endurèrent pour toi * laisse-toi fléchir, Seigneur ; * guéris toutes nos douleurs, ** Ami des hommes, nous t’en prions.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion des Martyrs, ton 6 : Ayant laissé à ce monde toute armée, * vous vous êtes attachés au Maître des cieux, * vous les Quarante Martyrs, * car étant passés par le feu et par l’eau, * vous avez reçu, Bienheureux, * la gloire céleste ** et les couronnes méritées.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 8 : Ressuscité du tombeau, * tu as éveillé les morts & ressuscité Adam, * Eve danse de joie en ta Résurrection, * les confins de la terre célèbrent ton éveil d’entre les morts, ** ô Dieu de miséricorde.

Prokimen
Du dimanche, ton 8 :
R/. Prononcez des vœux et accomplissez-les pour le Seigneur, notre Dieu (Psaume 75, 12).
V/. Dieu est connu en Judée, en Israël son Nom est grand (Psaume 75, 2).
Des Martyrs, ton 5 :
R/. Toi, Seigneur, tu nous prends en garde, tu nous protèges d’une telle engeance, à jamais (Psaume 11, 8).

Epîtres
Du quatrième dimanche de Carême : Hébreux (§ 314) VI, 13–20.
L’espérance sert à notre âme comme d’une ancre ferme et assurée, et qui pénètre jusqu’au [sanctuaire qui est au] dedans du voile, où Jésus comme précurseur est entré pour nous, ayant été établi pontife éternel selon l’ordre de Melchisédech.
Des Martyrs : Hébreux (§ 331), XII, 1-10.
Puis donc que nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, dégageons-nous de tout le poids qui nous abat, et du péché qui nous assiège, et courons par la patience dans cette carrière qui nous est ouverte.

Alleluia
Du dimanche, ton 8 :
V/. Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons le Dieu qui nous sauve (Psaume 94, 1).
V/. Allons devant lui en actions de grâces, au son des musiques, acclamons-le (Psaume 94, 2).
Des Martyrs :
V/. Acclamez Dieu, toute la terre, chantez à la gloire de son Nom (Psaume 65, 2).

Evangiles
Du quatrième dimanche de Carême : Marc (§ 40) IX, 17-31.
Cependant il instruisait ses disciples, et leur disait : Le Fils de l’homme sera livré entre les mains des hommes, et ils le feront mourir, et il ressuscitera le troisième jour après sa mort.
Des Martyrs : Matthieu (§ 80) XX, 1-16.
Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers : parce qu’il y en a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.

Mégalinaire de la liturgie de saint Basile le Grand :
En toi se réjouissent, ô Pleine de grâce, toute la création, la hiérarchie des anges et la race des hommes. Ô Temple sanctifié, ô Jardin spirituel, ô Gloire virginale, c’est en toi que Dieu s’est incarné, en toi qu’est devenu petit enfant celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. De ton sein il a fait un trône, il l’a rendu plus vaste que les cieux. Ô Pleine de grâce, toute la création se réjouit en toi, gloire à toi.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
Des Martyrs : Réjouissez-vous, justes, dans le Seigneur ; aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

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La divine Liturgie de saint Grégoire le Grand des saints dons présanctifiés sera célébrée – comme chaque mercredi du Grand Carême – ce mercredi 25 mars 2015 à 18h30.

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Enregistrement & photos : sainte messe de la fête de saint Joseph

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Saint Joseph 2015 - A l'élévation du Corps du Seigneur

A l’élévation du Corps du Seigneur.

Saint Joseph 2015 - Domine non sum dignus ut intres sub tectum meum

Domine non sum dignus ut intres sub tectum meum…

Saint Joseph 2015 - Sed tantum dic verbo, et sanabitur anima mea

…Sed tantum dic verbo, et sanabitur anima mea.

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Giovanni Gasparro - saint Joseph - Basilica di San Giuseppe Artigiano a L'Aquila

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Programme de la fête de saint Joseph

Le songe de Joseph - Philippe de ChampaigneSaint-Eugène, le jeudi 19 mars 2015, grand’messe de 19h.

La fête de saint Joseph, connue en Egypte depuis au moins le Vème siècle, fut établie en Occident au 19 mars vers l’an 800. Il n’est pas impossible que le choix de cette date en plein Carême ait découlé du fait que l’Eglise latine lise à partir du IIIème dimanche de Carême l’histoire du patriarche Joseph dans le livre de la Genèse. Or les Pères de l’Eglise ont souvent reconnu dans le patriarche Joseph une figure typologique du père nourricier de notre Sauveur, le glorieux époux de la Vierge Marie, comme l’atteste par exemple l’admirable sermon de saint Bernard lu aux matines de la fête de ce jour :

Quel homme fut le bienheureux Joseph, vous pouvez vous en faire idée d’après le titre dont il a mérité d’être honoré, le Seigneur ayant voulu qu’on l’appelât et qu’on le crût père du Fils de Dieu, titre qui n’est vrai cependant, qu’au sens de nourricier. Jugez-en aussi d’après son propre nom qu’on interprète, vous le savez, par accroissement. Rappelez-vous, en même temps, le grand Patriarche qui fut autrefois vendu en Égypte ; et sachez que non seulement celui-ci a été l’héritier de son nom, mais qu’il eut encore sa chasteté, son innocence et sa grâce.
Sermon de saint Bernard, abbé, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

Si ce Joseph, vendu par l’envie de ses frères et conduit en Égypte, préfigura le Christ qui devait être vendu, lui aussi, saint Joseph fuyant la haine d’Hérode porta le Christ en Égypte. Le premier, pour demeurer fidèle à son maître, refusa de consentir à la passion de la maîtresse ; le second, reconnaissant une Maîtresse dans la vierge devenue mère de son Maître vécut aussi dans la continence et se montra son fidèle gardien. A l’un fut donnée l’intelligence des songes mystérieux ; à l’autre, il a été accordé d’être le confident des mystères célestes, et d’y coopérer pour sa part.
Sermon de saint Bernard, abbé, Vème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

L’un a mis du blé en réserve, non pour lui, mais pour tout un peuple ; l’autre a reçu la garde du pain du ciel, tant pour lui que pour le monde entier. On ne peut douter que ce Joseph à qui fut fiancée la mère du Sauveur, n’ait été un homme bon et fidèle. C’est, dis-je, le serviteur fidèle et prudent que le Seigneur a établi, pour être le consolateur de sa mère, le nourricier de son enfance, enfin le seul et très digne coopérateur, ici-bas, de l’accomplissement de son grand dessein.
Sermon de saint Bernard, abbé, VIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

  • Procession d’entrée : orgue
  • Kyriale VIII – De Angelis
  • Epître : Ecclésiastique XLV, 1-6 : Il l’a sanctifié dans sa foi et dans sa douceur, et l’a choisi d’entre tous les hommes.
  • Evangile : Matthieu I, 18-21 : Mais lorsqu’il était dans cette pensée, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et lui dit : Joseph, fils de David, ne craignez point de prendre avec vous Marie, votre femme : car ce qui est né dans elle, a été formé par le Saint-Esprit.
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Iste Confessor Patriarcha – hymne du XVIème siècle, du rit de Prémontré
  • Pendant la communion : Antienne parisienne solennelle O felicem virum, composée vers l’année 1400 par Jean de Charlier de Gerson (1358 † 1429), chancelier de l’Université de Paris
  • Ite missa est VIII
  • Au dernier Evangile : Ave Regina cœlorum
  • Procession de sortie : Chantons Joseph, louons ses vertus – cantique de Dom Deprez († 1928)

Organiste : Philippe Ourcelin.

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Enregistrement & photos : sainte messe du IVème dimanche de Carême – dimanche de Lætare

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Téléchargez les partitions chantées au cours de cette messe & présentes dans cet enregistrement :

Lætare 2015 - La Schola Sainte Cécile après la messe

Lætare 2015 - La Schola Sainte Cécile après la messe du IVème dimanche de Carême

Le quatuor de flûtes à bec baroque de la Schola Sainte Cécile

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La Multiplication des pains, Claude II Audran, 1683 - ND des Blancs Manteaux

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