Programme du IVème dimanche de Carême – dimanche de Lætare

Saint-Eugène, le dimanche 18 mars 2012, grand’messe de 11h.

A Rome, la messe stationnale de ce jour se tient en la basilique de Sainte-Croix de Jérusalem. Cette basilique, l’une des sept basiliques du pèlerinage romain, fut construite autour d’une pièce du palais impérial de sainte Hélène, le palais du Sessorium, qu’elle avait transformée en chapelle vers l’an 320. Sainte Hélène fit répandre une grande quantité de la terre du Golgotha sur le sol des fondations de ce sanctuaire, où elle fit déposer plusieurs reliques insignes de la Passion qui y sont toujours. Quelques décennies plus tard, cette chapelle est transformée en un véritable basilique, appelé Heleniana ou Sessoriana. Lorsqu’il récupéra la vraie croix volée par les Perses, l’empereur Héraclius fit partager celle-ci en trois morceaux : Jérusalem conserva le principal d’entre eux, mais l’empereur fit envoyer les deux autres parties à Constantinople et à Rome, qui l’accueillit tout naturellement en la Basilique de Sainte-Croix de Jérusalem (cette partie insigne du bois de la vraie Croix fut transféré en 1629 sur ordre du pape Urbain VIII dans la basilique Saint-Pierre où il est conservé près de la statue monumentale de sainte Hélène).

La basilique de Sainte-Croix de Jérusalem représente symboliquement à Rome la sainte cité de Jérusalem. C’est pour cette raison que les textes de la messe de ce jour y font allusion :

  • Lætare, Jerusalem – Réjouis-toi Jérusalem (introït),
  • Sina enim mons est in Arabia, qui conjunctus est ei, quæ nunc est Jerusalem – le mon Sinaï se trouve en Arabie ; elle correspond à la Jérusalem actuelle (saint Paul, dans l’épître de ce jour, aux Galates)
  • Lætátus sum in his, quæ dicta sunt mihi : in domum Dómini íbimus – Je me suis réjoui de ce qu’on m’a dit : Nous allons à la maison du Seigneur (graduel),
  • Qui confídunt in Dómino, sicut mons Sion : non commovébitur in ætérnum, qui hábitat in Jerúsalem – Qui se confie en le Seigneur sera comme le Mont Sion : jamais il ne sera ébranlé, celui qui habite Jérusalem (trait).
  • Jerúsalem, quæ ædificátur ut cívitas, cuius participátio eius in idípsum – Jérusalem, qui est édifiée comme une cité où toutes les parties ne font qu’une (communion)

  • Comme la liturgie byzantine qui célèbre joyeusement la vénération de la Croix au IIIème dimanche de Carême, le rit romain, méditant en ce milieu du Carême devant les reliques de la Croix & de la Passion, n’y associe nullement les sentiments de la tristesse mais bien au contraire ceux de la joie : la Croix, autrefois symbole de la mort la plus vile réservée aux criminels, est devenue par le sacrifice du Christ le glorieux Arbre de vie qui nous réconcilie avec le Père et nous rouvre les portes du ciel.

    Aussi répondant à l’appel de l’introït de ce jour – Lætare Jerusalem – le rit romain suspend-il en ce jour les rigueurs du Carême : les ornements de la messe ne sont plus violet mais roses, on fleurit les autels, le diacre & le sous-diacre laissent les chasubles pliées pour prendre la dalmatique & la tunique qui sont des vêtements de joie, l’orgue – muet depuis le Mercredi des Cendres – fait tonner ces accents glorieux et joyeux.

    A Rome, le pape bénit en ce jour la rose d’or qu’il offre ensuite à une princesse catholique ou à un sanctuaire. Cette coutume est attestée depuis au moins le XIème siècle. Voici le texte de la bénédiction employé à cette occasion :

    « O Dieu, dont la parole et la puissance ont tout créé, dont la volonté gouverne toutes choses, vous qui êtes la joie et l’allégresse de tous les fidèles ; nous supplions votre majesté de vouloir bien bénir et sanctifier cette Rose, si agréable par son aspect et son parfum, que nous devons porter aujourd’hui dans nos mains, en signe de joie spirituelle : afin que le peuple qui vous est consacre, étant arraché au joug de la captivité de Babylone par la grâce de votre Fils unique qui est la gloire et l’allégresse d’Israël, représente d’un cœur sincère les joies de cette Jérusalem supérieure qui est notre mère. Et comme votre Église, à la vue de ce symbole, tressaille de bonheur, pour la gloire de votre Nom ; vous, Seigneur, donnez-lui un contentement véritable et parfait. Agréez la dévotion, remettez les pèches, augmentez la foi : guérissez par votre pardon, protégez par votre miséricorde ; détruisez les obstacles, accordez tous les biens : afin que cette même Église vous offre le fruit des bonnes œuvres, marchant à l’odeur des parfums de cette Fleur qui, sortie et de la tige de Jessé, est appelée mystiquement la fleur des champs et le lis des vallées, et qu’elle mérite de goûter une joie sans fin au sein de la gloire céleste, dans la compagnie de tous les saints, avec cette Fleur divine qui vit et règne avec vous, en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen. »

    L’évangile chanté ce jour est le récit de la multiplication des cinq pains & deux poissons. Il fait partie du cycle de préparation des catéchumènes au baptême lors de la vigile pascale et figure l’Eucharistie, où le Christ, en son action de grâce au Père, se donne lui-même en une nourriture qui ne s’épuise jamais.

  • Procession d’entrée : Suite du Ier ton de Jean Adam Guilain (c. 1680 † c. 1739) : plein-jeu – trio – plein-jeu
  • Kyrie de la Missa Exsultate Deo (1669) de François Cosset (c. 1610 † c. 1673), maître de chapelle des cathédrales de Laon, Reims & Paris
  • Trait : Faux-bourdon du 8ème ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
  • Credo III
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Suite du Ier ton de Jean Adam Guilain (c. 1680 † c. 1739) : duo – basse de trompette – récit
  • Sanctus de la Missa Exsultate Deo de François Cosset
  • Après la Consécration : Benedictus de la Missa Exsultate Deo de François Cosset
  • Agnus Dei de la Missa Exsultate Deo de François Cosset
  • Pendant la communion : Astiterunt reges terræ (Psaume 2, 2 & 1) – premier répons du troisième nocturne des Ténèbres du Samedi Saint – polyphonie du Padre Giovanni Baptista Martini, o.f.m. (1704 † 1784), maître de chapelle & organiste du couvent franciscain de Bologne – Ce répons sera rechanté par la Schola au cours des Ténèbres de la Semaine Sainte
    Suite du Ier ton de Jean Adam Guilain (c. 1680 † c. 1739) : dialogue – petit plein-jeu
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est XV
  • Au dernier Evangile : Ave Regina cœlorum
  • Procession de sortie : improvisation sur Attende, Domine
  • A l’orgue, Touve Ratovondrahety

    Télécharger le livret de la messe au format PDF.
    Télécharger le livret des chants des dimanches de la Septuagésime aux Rameaux au format PDF.

    Publié dans Programmes, Rit romain, Saint-Eugène | Marqué avec , , , | Laisser un commentaire

    Rit parisien – Antienne de Magnificat Nem te condamnavit – Ières vêpres du IVème dimanche de Carême

    Ant. Personne ne t’a condamnée, femme ? Personne, Seigneur. Moi non plus je ne te condamnerai pas. Ne pèche plus désormais.
    (Jean, viii, 10-11)

    Source : Antiphonaire de Notre-Dame de Paris (c. 1300) – F-Pn lat. 15181 – Cantus ID: 0003873. (Intonation, cf. Martin Sonnet, Directorium chori Parisiensi, 1656).

    L’antienne de Magnificat parisienne des premières vêpres de ce IVème dimanche de Carême reprend l’évangile de la femme adultère (Jean 8, 1-11), lequel vient d’être chanté à la messe du samedi dans la troisième semaine de Carême ; ladite messe se célèbre en effet traditionnellement entre l’heure de none et celle de vêpres, comme tous les jours de jeûne.

    Publié dans Ancien office parisien, Sources | Laisser un commentaire

    Rit parisien – Répons Audi Israel – Ières vêpres du IVème dimanche de Carême

    R/. Ecoute Israël les préceptes du Seigneur, et écris-les dans ton cœur comme dans un livre. * Et je te donnerai la terre où coule le lait & le miel.
    V/. Observe donc & écoute ma parole, & je serai l’ennemi de tes ennemis. * Et je te donnerai la terre où coule le lait & le miel.
    V/ Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    R/. Ecoute Israël les préceptes du Seigneur, et écris-les dans ton cœur comme dans un livre. * Et je te donnerai la terre où coule le lait & le miel.

    Source : Antiphonaire de Notre-Dame de Paris (c. 1300) – F-Pn lat. 15181 – Cantus ID: 0006143, 0006143b & 9009000.

    Curieusement, le répons de ce samedi, Audi Israel, quoique prolixe, ne se rencontre pas parmi les 9 répons des matines de ce dimanche où l’on commence la lecture de l’histoire de Moïse dans la Genèse. Le même répons se répète aux secondes vêpres de ce dimanche ainsi qu’à celles des féries qui suivent.

    Publié dans Ancien office parisien, Sources | Laisser un commentaire

    Programme du IIIème dimanche de Carême – Vénération de la Croix – ton 7

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 18 mars 2012 du calendrier grégorien – 5 mars 2012 du calendrier julien, divine liturgie de saint Basile le Grand de 9h15.

    Dimanche du ton VII de l’Octoèque. En ce troisième dimanche de Carême, le rit byzantin présente aux fidèles la vénération de la sainte, précieuse & vivifiante Croix. Cette tradition, qui tire son origine de la pratique de l’Eglise de Jérusalem où la vraie Croix fut longtemps conservée, connaît son exact équivalent le Vendredi Saint dans le rit romain avec le rite de l’adoration de la Croix.

    Aux vigiles de toute la nuit de ce dimanche, après la Grande doxologie, la sainte Croix est solennellement portée par le célébrant, et posée sur un lutrin au centre de l’église. Le clergé et les fidèles se prosternent alors devant la Croix. La Croix restera au centre de l’église jusqu’au vendredi suivant.

    L’hymnodie de ce dimanche développe le thème de la victoire et de la joie de la Croix, et non pas celui la souffrance. Pour les Pères de l’Église, la Croix, source de vie est l’arbre de la vie, planté au milieu du pèlerinage du Carême. Elle est l’arbre planté au jardin de l’Eden ; elle rappelle aux fidèles tant le bonheur d’Adam que la manière dont il l’a perdu.

    La Croix est plantée au milieu de l’Église également pour réconforter et encourager ceux qui participent au Grand Carême. Pour l’Église, l’apparition de la Croix au milieu des fidèles rappelle les bannières et symboles qui précèdent le retour d’un roi triomphant. La lecture en ce jour à la liturgie de l’Épître aux Hébreux explique la prêtrise du Christ et la lecture de l’Évangile est un passage de Marc qui finit par les mots : Et il leur disait : « En vérité je vous le dis, il en est d’ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le Royaume de Dieu venu avec puissance ».

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 7 : Par ta Croix, Seigneur, tu as détruit la mort, * tu as ouvert au Larron le Paradis ; * tu as changé en joie le deuil des saintes Femmes * et tu as donné l’ordre à tes Apôtres de proclamer que tu es ressuscité, Christ Dieu, * pour donner au monde la grâce du salut.
    2. Tropaire de la Croix, ton 1 : Sauve, Seigneur, ton peuple, * & bénis ton héritage, * accorde à tes fidèles victoire sur les ennemis * & sauvegarde par ta Croix * les nations qui t’appartiennent.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
    4. Kondakion de la Croix, ton 7 : Désormais le glaive de feu ne garde plus la porte de l’Eden, * car le bois de la Croix l’empêche de flamboyer ; l’aiguillon de la mort est émoussé, * la victoire échappe à l’Hadès ; * Dieu Sauveur, tu es venu dire aux captifs de l’Enfer : * Entrez à nouveau dans le Paradis.
    A la place du Trisaghion, on chante en ce jour :
    Devant ta Croix, nous nous prosternons, ô Maître, & ta sainte Résurrection, nous la chantons.
    Prokimen
    De la Croix, ton 6 :
    R/. Sauve, Seigneur ton peuple, et béni ton héritage (Psaume 27, 9).
    V/. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne sois pas sourd envers moi (Psaume 27, 1).
    Epître : Hébreux (§ 311) IV, 14 – V, 6
    Alleluia
    De la Croix, ton 8 :
    V/. Souviens-toi de ta communauté, que tu as acquis à l’origine. (Psaume 73,2)
    V/. Et Dieu notre Roi depuis l’éternité, a réalisé notre salut au milieu de la terre. (Psaume 73,12)
    Evangile : Marc (§ 37) VIII, 34 – IX, 1
    Mégalinaire de la liturgie de saint Basile le Grand :
    En toi se réjouissent, ô Pleine de grâce, toute la création, la hiérarchie des anges et la race des hommes. Ô Temple sanctifié, ô Jardin spirituel, ô Gloire virginale, c’est en toi que Dieu s’est incarné, en toi qu’est devenu petit enfant celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. De ton sein il a fait un trône, il l’a rendu plus vaste que les cieux. Ô Pleine de grâce, toute la création se réjouit en toi, gloire à toi.
    Verset de communion
    De la Croix : Fais lever sur nous la lumière de ta face (Psaume 4, 7). Alléluia, alléluia, alléluia.

    Publié dans Programmes, Rit byzantin, Très-Sainte Trinité | Marqué avec , | Laisser un commentaire

    Rit parisien – Antienne de Magnificat Dedit pater pænitenti filio – Ières vêpres du IIIème dimanche de Carême

    Ant. Le père donna au fils pénitent sa première robe & un anneau ; et lui remettant des souliers, il célébra un grand festin ; nous avons retrouvé notre première robe au baptême & l’anneau qui est le sceau de la foi. (cf. Luc, xv)

    Source : Antiphonaire de Notre-Dame de Paris (c. 1300) – F-Pn lat. 15181 – Cantus ID: 0002136. (Intonation, cf. Martin Sonnet, Directorium chori Parisiensi, 1656).

    Comme l’antienne de la psalmodie de ce jour, l’antienne de Magnificat parisienne reprend l’évangile du fils prodigue (Luc 15, 11-32), lequel vient d’être chanté à la messe du samedi dans la seconde semaine de Carême ; ladite messe se célèbre traditionnellement entre l’heure de none et celle de vêpres, comme tous les jours de jeûne.

    A elle seule, avec son texte d’une admirable concision, cette antienne est une excellente herméneutique et un parfait résumé de la parabole du fils prodigue.

    Publié dans Ancien office parisien, Sources | Laisser un commentaire

    Rit parisien – Répons Loquens Joseph fratribus suis – vigiles du IIIème dimanche de Carême

    R/. Parlant à ses frères, Joseph dit : * Paix à vous, ne craignez point. C’est en effet pour votre salut que le Seigneur m’a envoyé avant vous.
    V/. En pleurant, il éleva alors sa voix qui fut entendue des Egyptiens & de toute la maison de Pharaon. * Paix à vous, ne craignez point. C’est en effet pour votre salut que le Seigneur m’a envoyé avant vous.
    V/ Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    R/. Parlant à ses frères, Joseph dit : * Paix à vous, ne craignez point. C’est en effet pour votre salut que le Seigneur m’a envoyé avant vous.
    (Genèse xlv, 5 & 2)

    Source : Antiphonaire de Notre-Dame de Paris (c. 1300) – F-Pn lat. 15181 – Cantus ID: 0007102, 0007102a & 9009000.

    Loquens Joseph constitue le 9ème et dernier répons des vigiles du IIIème dimanche des Carême, au cours desquelles on lit l’histoire de Joseph vendu par ses frères, tirée du livre de la Genèse. Ce même répons est aussi utilisé des les premières vêpres, comme répons après le capitule. Il sert pour la procession qui précède la grand-messe de ce dimanche. Il est également répété aux secondes vêpres du dimanche.

    Publié dans Ancien office parisien, Sources | Laisser un commentaire

    Rit parisien – Antienne Dixit autem pater ad servos – Ières vêpres du IIIème dimanche de Carême

    Ant. Alors le père dit à ses serviteurs : Apportez promptement sa première robe et l’en revêtez, & mettez-lui un anneau au doigt et des souliers à ses pieds. (Luc, xv, 22)

    Source : Antiphonaire de Notre-Dame de Paris (c. 1300) – F-Pn lat. 15181 – Cantus ID: 0002280
    (cf. aussi Martin Sonnet, Directorium chori Parisiensi, 1656).

    Les cinq psaumes des vêpres de ce samedi ce chantent sous la même antienne propre, comme aux vêpres du premier dimanche de Carême.

    Publié dans Ancien office parisien, Sources | Laisser un commentaire

    Programme du troisième dimanche de Carême

    Le Christ chasse un démon muet

    > Catéchisme sur le Carême

    Ce troisième dimanche de Carême est aussi appelé Oculi, du premier mot de l’Introït de la Messe. A Rome, la station de ce troisième dimanche de Carême se fait en la Basilique de Saint-Laurent-hors-les-Murs. Le saint diacre Laurent qui, dans son martyre, a si héroïquement triomphé du diable, va être notre patron et notre protecteur dans la seconde partie du combat de Carême, combat spirituel auquel fait allusion l’évangile de la messe de ce jour. En ce dimanche également, les catéchumènes font un pas de plus vers l’Église : on l’appelle en effet le dimanche des scrutins. C’est à partir d’aujourd’hui qu’on commençait l’examen des candidats au baptême. Les fidèles étaient invités à venir témoigner au sujet de leur conduite. Il y avait sept de ces scrutins qui avaient lieu, d’ordinaire, le mercredi et le samedi. Le plus important était celui du mercredi de la quatrième semaine de Carême. Aux diptyques du canon de la messe de ce troisième dimanche de Carême, on priait autrefois pour les parrains & marraines des futurs baptisés.

    Saint-Eugène, le dimanche 11 mars 2012, grand’messe de 11h.
    (Répétition samedi 10 mars à 18h, précédée du chant des 1ères vêpres du dimanche à 17h30)

  • Procession d’entrée : Audi benigne Conditor, hymne du Carême, à vêpres – alternances polyphoniques de Jean de Bournonville (1585 † 1632), maître de chapelle des cathédrales d’Abbeville et d’Amiens, et de la Sainte Chapelle de Paris
  • Kyrie XVII – Kyrie Salve
  • Trait : Faux-bourdon du VIIIème ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Peccavimus Domine, chœur des Fils d’Israël extrait de l’oratorio « Judith » (H. 391) de Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de la Sainte Chapelle
  • Sanctus XV
  • Après la Consécration : O salutaris sur le ton de l’hymne du Carême Audi benigne Conditor, d’après Jean de Bournonville
  • Agnus Dei XV
  • Pendant la communion :
  • Prière pour la France, faux-bourdon parisien du Ier ton (édition de 1739)
  • Ite missa est XV
  • Au dernier Evangile : Ave Regina cœlorum
  • Procession de sortie : Attende, Domine – plain-chant musical, harmonisation de M. le chanoine Gaston Roussel, curé du Port-Marly, maître de chapelle de la cathédrale de Versailles. Versets modernes, repris d’une ancienne litanie du rit mozarabe
  • Télécharger le livret de la messe au format PDF.
    Télécharger le livret des chants des dimanches de la Septuagésime aux Rameaux au format PDF.

    Publié dans Programmes, Rit romain, Saint-Eugène | Marqué avec , | Laisser un commentaire

    Programme du IInd dimanche de Carême – mémoire de saint Grégoire Palamas – ton 6

    Paroisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 11 mars 2012 du calendrier grégorien – 27 février 2012 du calendrier julien, divine liturgie de saint Basile le Grand de 9h15.

    Dimanche du ton VI de l’Octoèque. En ce second dimanche de Carême, le rit byzantin commémore depuis l’an 1368 saint Grégoire Palamas, archevêque de Thessalonique.

    A la petite entrée :
    1. Tropaire du dimanche, ton 6 : Devant ton sépulcre les Puissances des cieux, * autant que les soldats furent frappés d’effroi ; * et Marie Madeleine se tenait près du tombeau, * cherchant ton corps immaculé ; * mais tu brisas l’Enfer sans te laisser vaincre par lui, * tu rencontras la Vierge et nous donnas la vie. * Ressuscité d’entre les morts, * Seigneur, gloire à toi.
    2. Tropaire de saint Grégoire Palamas, ton 8 : Lumière de l’Orthodoxie & docteur de l’Eglise dont tu fus le ferme appui, * ornement des saints moines & rempart invincible des théologiens, * saint Grégoire thaumaturge, gloire de Thessalonique & de la grâce le héraut, * intercède auprès de Dieu pour le salut de nos âmes.
    3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
    4. Kondakion de saint Grégoire Palamas, ton 8 : Comme l’instrument sacré de la sagesse, comme le brillant porte-voix de la science de Dieu, * saint pontife Grégoire, nous te chantons. * Soumettant notre intelligence à celle du Créateur, * conduis nos cœurs vers lui, pour que nous chantions : * Réjouis-toi, prédicateur de la grâce.
    6. Kondakion du Triode, ton 4 : Voici venu le temps d’œuvrer pour le Seigneur : * devant les portes du jugement * teons-nous donc en jeûnant, * offrons avec nos aumônes nos larmes de componction, en disant : nos péchés sont plus nombreux que les grains de sable de la mer ; * Créateur de tous, efface-les * pour que nous obtenions la couronne de l’immortelle condition.
    Prokimen
    Du Triode, ton 5 :
    R/. Toi, Seigneur, tu nous prends en garde, tu nous protèges d’une telle engeance, à jamais (Psaume 11, 8).
    V/. Sauve-moi, Seigneur, il n’est plus de saints (Psaume 11, 2).
    De saint Grégoire Palamas, ton 1 :
    R/. Ma bouche annonce la sagesse, & le murmure de mon cœur, l’intelligence (Psaume 48, 4).
    Alleluia
    Du dimanche, ton 2 :
    V/. Qu’il te réponde, le Seigneur, au jour d’angoisse, qu’il te protège, le nom du Dieu de Jacob ! (Psaume 19, 1).
    V/. Seigneur, sauve le roi, & exauce-nous au jour où nous t’invoquons (Psaume 19, 10).
    De saint Grégoire Palamas, ton 2 :
    V/. La bouche du juste produit la sagesse, la langue perverse sera arrachée (Proverbes, 10, 31)
    Mégalinaire de la liturgie de saint Basile le Grand :
    En toi se réjouissent, ô Pleine de grâce, toute la création, la hiérarchie des anges et la race des hommes. Ô Temple sanctifié, ô Jardin spirituel, ô Gloire virginale, c’est en toi que Dieu s’est incarné, en toi qu’est devenu petit enfant celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. De ton sein il a fait un trône, il l’a rendu plus vaste que les cieux. Ô Pleine de grâce, toute la création se réjouit en toi, gloire à toi.
    Verset de communion
    Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
    De saint Grégoire Palamas : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

    Publié dans Programmes, Rit byzantin, Très-Sainte Trinité | Laisser un commentaire

    Gastoué / Adam de Villiers – Au sang qu’un Dieu va répandre – 5 €

    Texte de François de Salignac de La Mothe-Fénelon (1651 † 1715), archevêque de Cambrai, de l’Académie française.
    Mélodie d’Amédée Gastoué (1873 † 1943), maître de chapelle de Saint-Jean-Baptiste de Belleville, commandeur de l’Ordre de saint Grégoire le Grand
    Harmonisation d’Henri Adam de Villiers
    .
    Au sang qu’un Dieu va répandre.
    4 voix (SATB).
    2 pages.

    Sur ce texte fameux de Fénelon fut adaptée à la fin du XVIIIème siècle – vraisemblablement par les Sulpiciens – une mélodie bien profane alors très à la mode (« Que ne suis-je la fougère Où sur la fin du jour, Se repose ma bergère, Sous la garde de l’amour ? »), mélodie elle-même tirée d’un opéra de Pergolèse (mélodie du reste réutilisée au XXème siècle pour le générique de l’émission « Bonne nuit les petits » !).

    Dans son opuscule « Le Chant populaire à l’Eglise et dans les Confréries et Patronages », le génial musicologue que fut Amédée Gastoué préféra revêtir le cantique de Fénelon d’une mélodie nouvelle, plus dans l’esprit du chant ecclésiastique traditionnel. C’est cette heureuse mélodie que j’ai harmonisée et que nous chantons tous les ans à Saint-Eugène pour le temps de la Passion.

    Voici le texte du fameux cantique de Fénelon :

    1. Au sang qu’un Dieu va répandre,
    Ah ! mêlez du moins vos pleurs,
    Chrétiens qui venez entendre
    Le récit de ses douleurs
    Puisque c’est pour vos offenses
    Que ce Dieu souffre aujourd’hui,
    Animés par ses souffrances,
    Vivez & mourez pour lui.
    2. Dans un jardin solitaire
    Il sent de rudes combats;
    Il prie, il craint, il espère,
    Son cœur veut et ne veux pas.
    Tantôt la crainte est plus forte,
    Et tantôt l’amour plus fort :
    Mais enfin l’amour l’emporte
    Et lui fait choisir la mort.
    3. Judas, que la fureur guide,
    L’aborde d’un air soumis;
    Il l’embrasse… et ce perfide
    Le livre à ses ennemis !
    Judas, un pécheur t’imite
    Quand il feint de L’apaiser;
    Souvent sa bouche hypocrite
    Le trahit par un baiser.
    4. On l’abandonne à la rage
    De cent tigres inhumains;
    Sur son aimable visage
    Les soldats portent leurs mains
    Vous deviez, Anges fidèles,
    Témoins de leurs attentats,
    Ou le mettre sous vos ailes,
    Ou frapper tous ces ingrats.
    5. Ils le traînent au grand-prêtre,
    Qui seconde leur fureur,
    Et ne veut le reconnaître
    Que pour un blasphémateur.
    Quand il jugera la terre
    Ce sauveur aura son tour:
    Aux éclats de son tonnerre
    Tu le connaîtras un jour.
    6. Tandis qu’il se sacrifie,
    Tout conspire à l’outrager:
    Pierre lui-même l’oublie,
    Et le traite d’étranger.
    Mais Jésus perce son âme
    D’un regard tendre et vainqueur,
    Et met d’un seul trait de flamme
    Le repentir dans son cœur.
    7. Chez Pilate on le compare
    Au dernier des scélérats ;
    Qu’entends-je ! ô peuple barbare,
    Tes cris sont pour Barabbas !
    Quelle indigne préférence !
    Le juste est abandonné ;
    On condamne l’innocence,
    Et le crime est pardonné.
    8. On le dépouille, on l’attache,
    Chacun arme son courroux:
    Je vois cet Agneau sans tache
    Tombant presque sous les coups.
    C’est à nous d’être victimes,
    Arrêtez, cruels bourreaux !
    C’est pour effacer vos crimes
    Que son sang coule à grands flots.
    9. Une couronne cruelle
    Perce son auguste front:
    A ce chef, à ce modèle,
    Mondains, vous faites affront.
    Il languit dans les supplices,
    C’est un homme de douleurs:
    Vous vivez dans les délices,
    Vous vous couronnez de fleurs.
    10. Il marche, il monte au Calvaire
    Chargé d’un infâme bois:
    De là, comme d’une chaire,
    Il fait entendre sa voix :
    « Ciel, dérobe à la vengeance
    Ceux qui m’osent outrager ! »
    C’est ainsi, quand on l’offense,
    Qu’un chrétien doit se venger.
    11. Une troupe mutinée
    L’insulte et crie à l’envi :
    S’il changeait sa destinée,
    Oui, nous croirions tous en lui !
    Il peut la changer sans peine
    Malgré vos nœuds et vos clous :
    Mais le nœud qui seul l’enchaîne,
    C’est l’amour qu’il a pour nous.
    12. Ah! de ce lit de souffrance,
    Seigneur, ne descendez pas:
    Suspendez votre puissance,
    Restez-y jusqu’au trépas.
    Mais tenez votre promesse,
    Attirez-nous près de vous ;
    Pour prix de votre tendresse,
    Puissions-nous y mourir tous !
    13. Il expire, et la nature
    Dans lui pleure son auteur :
    Il n’est point de créature
    Qui ne marque sa douleur.
    Un spectacle si terrible
    Ne pourra-t-il me toucher ?
    Et serai-je moins sensible
    Que n’est le plus dur rocher ?

    Les premières mesures de cette partition :

    Téléchargez le fichier de cette partition en l’achetant en ligne (paiement par Paypal) :

    Acheter sur notre site :

    Commander Au sang qu'un Dieu va répandre Au sang qu'un Dieu va répandre @ €5,00
    Publié dans Partitions | 4 commentaires

    Rit parisien – Hymne Christe qui lux es & dies – complies de Carême

    L’évangile de la Transfiguration, qui a été lu hier samedi à la messe des Quatre-Temps de Carême et repris ce matin à la messe du IInd dimanche de Carême, m’offre l’opportunité de vous présenter une antique hymne de complies glorifiant le Christ, Lumière du monde.

    Cette hymne, Christe qui lux es et dies, fut autrefois chantée pour les complies durant le Carême, mais elle n’a pas été retenue par le Bréviaire Romain. Il faut rappeler ici, ainsi que le suggère le mot lui-même, que le Bréviaire représente une abréviation de l’ancien office choral, afin de faire tenir celui-ci en un seul livre facile à transporter avec soi. Le Bréviaire Romain – dont la réalisation première paraît être le fait de clercs de la chapelle pontificale sous Innocent III (1198 – 1216) – a ainsi – par exemple – simplifié l’office de complies, tout comme celui des vêpres de Carême.

    Toutefois, cette hymne des complies a été conservée plus longtemps par un grand nombre de rites et usages diocésains ou religieux (e.g. Sarum, Worcester, Paris, Cambrai, Tours, Utrecht, Tongeren, Salzburg, Aachen, Mainz, Esztergom, Benevento, Dominican, Augustinian, etc.), généralement pour le Carême. Cette large diffusion peut s’expliquer, à mon avis par la vénérable antiquité de cette hymne. En effet, Christe qui lux es et dies est déjà citée dans la Règle des Vierges écrite aux alentours de l’an 500 par saint Césaire d’Arles, où elle était déjà assignée aux complies durant l’année (à l’exception du temps pascal pendant lequel elle est remplacée par Christe precamur annue). Ce très beau texte a longtemps été attribué à saint Ambroise (cf. Pat. Lat. 17, 1176-1177), malheureusement son véritable auteur demeure inconnu. La construction rythmique est cependant la même que dans les hymnes de saint Ambroise.

    L’adoption de la liturgie romaine dans l’Empire carolingien s’accompagna d’une diffusion généralisée de la Règle de saint Benoît, par suite d’un canon du Concile d’Aix-la-Chapelle tenu en 817 sous Louis Le Pieux.

    111. Ut officium juxta quod in regula sancti Benedicti continetur celebrent monachi.
    (cf. Labbe, Concilia, t. VII, c. 1505; Baluze, Capitul., I, c. 579).

    Cependant, on assista à cette époque à une fusion significative de l’hymnaire bénédictin (où l’hymne assignée à complies est Te lucis ante terminum) & l’hymnaire gallican, ainsi que le montre plusieurs manuscrits de ce temps. Par exemple, le manuscrit 2106 de Darmstadt (qui peut être du des VIIIème et IXème siècles) donne : « Ad completorium Christe qui lux es et dies, item ad completorium Te lucis ante terminum ». Saint Ethelwold, évêque de Winchester, donne la même ordonnance dans sa règle monastique de 963.

    Bien sûr, il y a des variantes dans les manuscrits d’un usage diocésain à un autre. Toutefois, en règle générale, le chant de cette hymne est construit de manière calme & méditative autour de la tierce mineure (ré-fa) du second ton ecclésiastique. Voici le chant de cette hymne d’après les livres de chœur de Notre-Dame de Paris datés des alentours de l’an 1300 :

    Voici une traduction des élégants dimètres iambiques de Christe qui lux es et dies d’après Charles de Courbes en 1622 :

    Christe qui lux es & dies,
    Noctis ténebras détegis,
    Lucísque lumen créderis,
    Lumen beátum prædicans.
    Christ lumière, & jour apparent,
    Toutes ténèbres découvrant,
    Qui, splendeur de splendeur, est né,
    Prêchant la divine clarté.
    Precámur, sancte Dómine,
    Defénde nos in hac nocte :
    Sit nobis in te réquies,
    Quiétam noctem tríbue.
    Tres-saint Seigneur, doux Jésus-Christ,
    Défend-nous durant cette vie :
    Si bien qu’en toi ayons repos,
    Et douce vie par ton saint laus.
    Ne gravis somnus írruat,
    Nec hostis nos surrípiat :
    Nec caro illi conséntiens
    Nos tibi reos státuat.
    Non d’un tel profond somme épris,
    Que de Satan fussions surpris :
    Notre chair n’adhère à ses faits,
    Qu’à toi ne nous accuse, infects.
    Oculi somnum cápiant,
    Cor ad te semper vígilet :
    Déxtera tua prótegat
    Fámulos qui te díligunt.
    Que si notre œil est sommeillant,
    Le coeur soit à toi surveillant :
    Ta dextre soit l’appui constant,
    De tes élus qui t’aiment tant.
    Defénsor noster, áspice,
    Insidiántes réprime :
    Gubérna tuos fámulos
    Quos sánguine mercátus es.
    Sois donc notre bon défenseur,
    Réprime des malins le cœur,
    Régi tes servants affectés,
    Que par ton sang as rachetés.
    Meménto nostri, Dómine,
    In gravi isto córpore :
    Qui es defénsor ánimæ,
    Adesto nobis, Dómine.
    O Seigneur, souviens toi de nous,
    En ce corps grave & si reboux,
    Toi, de nos âmes, défenseur,
    Assiste-nous, ô cher Sauveur.
    Deo Patri sit glória,
    Ejusque soli Fílio,
    Cum Spirítu Paráclito,
    Et nunc et in perpétuum. Amen.
    A Dieu le Père soit honneur,
    Et à son Fils notre Seigneur,
    Au Saint Esprit semblablement,
    Ores & perdurablement. Amen.

    Le chant Dominicain est quasiment le même que le Parisien, avec une seule note qui diffère : ré au lieu de do au commencement du second verset (et aussi la périélèse à la fin de l’intonation, tradition parisienne typique). Voilà, s’il en était besoin, une preuve supplémentaire de l’étroite parenté entre ces deux rites. Voici le chant tel qu’il est noté dans le Completorium de Suarez de 1949. Notez la génuflexion sur le chant du verset « Quos sanguine mercatus es » :

    Le chant de Sarum est en ligne sur l’excellent site web Music of the Sarum Rite, page 855 :

    Plusieurs compositeurs ont laissé de la musique pour cette hymne : citons Eustache du Caurroy, Charles de Courbes ou encore William Byrd. Voici les très belles alternances polyphoniques écrites par le catholique anglais Robert White (c. 1538 † 1574), chantées ici avec le plain-chant de Sarum :

    Publié dans Ancien office parisien, Rit dominicain, Rits occidentaux divers, Sources | Laisser un commentaire

    Rit parisien – Antienne de Magnificat Descendentibus illis de monte – Ières vêpres du IInd dimanche de Carême

    Ant. En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : Ne parlez à personne de cette vision. (Matthieu, xvii, 9)

    Source : Antiphonaire de Notre-Dame de Paris (c. 1300) – F-Pn lat. 15181 – Cantus ID: 0002154. (Intonation, cf. Martin Sonnet, Directorium chori Parisiensi, 1656).

    L’antienne de Magnificat parisienne reprend l’évangile de la Transfiguration, lequel vient d’être chanté à la messe des Quatre-Temps de Carême, laquelle se célèbre entre l’heure de none et celle de vêpres. Le même évangile est du reste à nouveau chanté à la messe du IInd dimanche de Carême.

    Publié dans Ancien office parisien, Sources | Laisser un commentaire

    Rit parisien – Répons Esto nobis, Domine, turris – Ières vêpres du IInd dimanche de Carême

    R/. Sois-nous, Seigneur, une tour fortifiée. V/. Face à l’ennemi.

    Source : Antiphonaire de Notre-Dame de Paris (c. 1300) – F-Pn lat. 15181 – Cantus ID: 0006673, 0006673a & 9009000.

    Aux premières vêpres des dimanches & fêtes, dans l’ancien usage de Paris, le chant du capitule est suivi du chant d’un répons, ce qui marque la solennité de cet office. Cet usage s’observe assez communément dans d’autres rits diocésains ou religieux : en général, on anticipe le chant d’un répons prolixe de matines aux premières vêpres. Toutefois, et c’est le cas ici, Paris a souvent conservé un répertoire de répons brefs propres aux vêpres, dont les mélodies originales, de saveur antique, avaient été à juste titre hautement louées par l’Abbé Lebœuf au XVIIIème siècle dans son Traité historique et pratique sur le chant ecclésiastique. A Paris, le même répons est également chanté aux secondes vêpres de ce dimanche, ainsi qu’aux féries qui suivent.

    Publié dans Ancien office parisien, Sources | Laisser un commentaire

    Homélie de saint Léon le Grand, sur la Transfiguration

    Le Seigneur découvre sa gloire à des témoins choisis, et la forme corporelle qu’il a pareille à celle des autres hommes, il l’illumine d’une telle splendeur que son visage devient éclatant comme le soleil et son vêtement blanc comme la neige. En cette Transfiguration, son but principal était sans doute de détruire dans le coeur de ses disciples le scandale de la Croix et d’empêcher, en leur révélant l’excellence de sa dignité cachée, que leur foi ne fût troublée par les abaissements de sa Passion volontaire. Mais sa Providence avait un autre et non moindre dessein, celui de donner un fondement à l’espérance de la sainte Église. Elle voulait lui faire connaître de quelle transformation tout le corps du Christ devait être gratifié, en sorte que ses membres pussent se promettre d’avoir part un jour à la gloire qui avait resplendi dans le chef.

    Mais pour affermir la foi des Apôtres et les conduire à une science parfaite, une autre instruction est donnée en ce miracle. En effet, Moïse et Élie, c’est-à-dire la Loi et les Prophètes, apparurent, s’entretenant avec le Seigneur. La présence de ces 5 hommes (Moïse, Élie et les 3 Apôtres) remplit en toute vérité la condition posée par cette parole de l’Écriture : Le témoignage de 2 ou 3 hommes fait toujours foi (Deut. 19,15). Quoi de plus solidement établi qu’un fait proclamé à la fois par les trompettes de l’Ancien et du Nouveau Testament, où se réunissent dans un commun accord la doctrine évangélique et les instruments des antiques témoignages? Les pages des 2 Alliances se corroborent mutuellement, mais ce que l’ancienne nous avait promis en symboles et sous le voile des mystères, la splendeur de la gloire présente nous le montre à découvert.

    L’Apôtre Pierre, enflammé par la révélation de ces mystères sacrés, n’ayant plus que mépris pour le monde et dégoûté des choses de la terre, était comme ravi hors de lui par le désir des biens éternels. Tout plein de la joie de toute cette vision, il voulait habiter avec Jésus ce lieu même où la manifestation de sa gloire le rendait heureux. C’est pour cela qu’il s’écrie « Seigneur, il nous est bon d’être ici. Si tu le permets, faisons ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. » Mais le Seigneur ne répondit pas à cette suggestion, signifiant par là, non pas que ce désir était coupable, mais qu’il était désordonné. Le monde, en effet, ne pouvait être sauvé que par la mort du Christ ; et par l’exemple du Seigneur, la foi de ceux qui croient doit être telle assurément qu’ils n’aient aucun doute sur la réalité des promesses de bonheur qui leur ont été faites ; mais il faut que nous comprenions aussi qu’au milieu des épreuves de la vie présente, nous devons solliciter la grâce de les supporter avec constance, avant de réclamer la gloire.

    Homélie du Samedi des Quatre-Temps de Carême, sur l’Évangile de la Transfiguration.

    Publié dans Rit romain | Marqué avec , | Un commentaire

    Programme du second dimanche de Carême

    La Transfiguration de Notre Seigneur

    > Catéchisme sur le Carême

    Saint-Eugène, le dimanche 4 mars 2012, grand’messe de 11h.
    (Répétition samedi 3 mars à 18h, précédée du chant des 1ères vêpres du dimanche à 17h30)

    Le second Dimanche de Carême est appelé Reminiscere, du premier mot de l’Introït de la Messe, et quelquefois aussi le Dimanche de la Transfiguration, à cause de l’Évangile qui y est lu.

    La messe de ce dimanche est d’introduction relativement récente : il n’y avait pas primitivement de messe dominicale ce dimanche, car c’est la longue messe du samedi des Quatre-Temps de Carême, laquelle commençait le samedi soir et durait une bonne partie de la nuit (on y faisait les ordinations aux sept ordres ecclésiastiques) qui en tenait lieu. De ce fait, les pièces de la messe de ce dimanche sont empruntées à d’autres jours : l’introït Reminiscere provient de la messe du Mercredi des Quatre-Temps de Carême, de même que le graduel Tribulationes cordis mei, l’offertoire Meditabor in mandatis tuis et l’antienne de communion Intellige clamorem. L’évangile de la Transfiguration est repris de la messe du Samedi des Quatre-Temps de la veille. La secrète est la même qu’au IVème dimanche de l’Avent et la Postcommunion est reprise du dimanche de la Sexagésime.

    Longtemps, le rit romain n’a pas connu d’autre fête de la Transfiguration que ce dimanche (ou plus précisement ce Samedi des Quatre-Temps). Les homélies de saint Léon Ier le Grand sur la Transfiguration, prononcées en cette nuit à Saint-Pierre pour les Quatre-Temps, sont un vrai chef-d’œuvre et indiquent également les raisons pour lesquelles l’Eglise de Rome a placé la Transfiguration pendant le Carême.

    Au cours du Moyen-Age, à l’instar des Orientaux, plusieurs Eglises d’Occident se mirent à célébrer distinctement une fête de la Transfiguration le 6 août. Rome ne s’y décida qu’en 1457, en mémoire d’une éclatante victoire remportée sous Callixte III contre les ennemis de la Foi.

    La station de ce jour, à Rome, est dans l’Église de Sainte-Marie in Domnica, sur le mont Cœlius. Cette station est assez récente, puisqu’il s’agissait à l’origine de l’antique Diaconie où présidait saint Laurent, et dans laquelle il distribuait les aumônes de l’Église.

  • Procession d’entrée : Audi benigne Conditor, hymne du Carême, à vêpres – alternances polyphoniques de Jean de Bournonville (1585 † 1632), maître de chapelle des cathédrales d’Abbeville et d’Amiens, et de la Sainte Chapelle de Paris
  • Kyrie XVII – Kyrie Salve
  • Trait : Faux-bourdon du 2nd ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Parce Domine – motet du chanoine Nicolas Mammès Couturier (1840 † 1911), maître de chapelle de la cathédrale de Langres (centenaire de sa naissance au ciel)
  • Sanctus XV
  • Après la Consécration : O salutaris sur le ton de l’hymne du Carême Audi benigne Conditor, d’après Jean de Bournonville
  • Agnus Dei XV
  • Pendant la communion :
    Christe qui lux es et dies, antique hymne du Carême, à complies, en usage en France depuis le Vème siècle jusqu’au XVIIIème siècle (citée par Saint Césaire d’Arles et Saint Aurélien d’Arles dans leurs règles monastiques) – mise en musique par Charles de Courbes (1622)
    Psaume V et antienne de communion – Vème ton
  • Prière pour la France, faux-bourdon parisien du Vème ton (édition de 1739)
  • Ite missa est XV
  • Au dernier Evangile : Ave Regina cœlorum
  • Procession de sortie : Attende, Domine – plain-chant musical, harmonisation de M. le chanoine Gaston Roussel, curé du Port-Marly, maître de chapelle de la cathédrale de Versailles. Versets modernes, repris d’une ancienne litanie du rit mozarabe
  • Télécharger le livret de la messe au format PDF.

    Publié dans Programmes, Rit romain, Saint-Eugène | Marqué avec | Laisser un commentaire