Programme du quatrième dimanche de l’Avent

Saint-Eugène, le dimanche 20 décembre 2015, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h30.

« Vraiment aujourd’hui, selon les anciens Ordines Romani, il ne devrait pas y avoir station, — Dominicat vacat, — puisque la messe dominicale de ce jour était précisément celle qui mettait fin à la vigile nocturne à Saint-Pierre. Ainsi en était-il au début ; pourtant, avec le temps, la pannuchis dominicale ayant été réduite et célébrée par anticipation dans l’après-midi du samedi, il ne parut pas convenable de laisser passer le jour du Seigneur sans offrir le Sacrifice. Peu à peu, s’introduisit l’usage d’une seconde messe stationnale en la basilique des Saints-Apôtres, et cela aussi en conformité avec l’habitude des autres Églises, où l’on ne célébrait pas la vigile, mais où on avait pourtant la coutume d’offrir le sacrifice dominical pour satisfaire à la dévotion du peuple.

Une tradition très accréditée à Rome, attribuant la rédaction de l’antiphonaire de saint Grégoire à l’inspiration du divin Paraclet, a contribué à cette extrême réserve liturgique. Pour cette raison, l’œuvre était jugée intangible et n’admettait ni retouches ni additions. Par suite, les chants de la messe de ce jour furent empruntés à d’autres messes précédentes, en sorte que ce IVe dimanche de l’Avent n’a de propre que la première lecture de l’Apôtre, les trois collectes et l’offertoire. L’introït est celui du mercredi précédent. L’image de la rosée et de la pluie qui descend lentement pour rafraîchir le gazon aride est tirée de l’épisode bien connu de Gédéon ; elle fut utilisée fort à propos par le psalmiste, puis reprise par le prophète Isaïe, qui s’en servit même pour décrire le caractère tout de suavité et d’amour de la première apparition du Messie dans le monde. Le règne messianique ne se manifeste pas comme un tremblement de terre qui renverse avec impétuosité les maisons et détruit des provinces entières ; mais il est semblable à une petite plante fécondée par la rosée céleste, et qui, en dépit de tous les obstacles, croît et fleurit sous le baiser du soleil. Au contraire, la seconde venue de Jésus sur la terre se fera à l’improviste et soudainement. Alors, avec toute la puissance de son bras, II anéantira en un clin d’œil la gloire du règne de Satan, et le royaume de Dieu atteindra sa splendeur et son accroissement définitifs. »
Bienheureux cardinal Schuster, archevêque de Milan. Liber Sacramentorum.

Jean disait à ceux qui accouraient en foule pour être baptisés : « Race de vipères, qui vous a montré à fuir la colère à venir ? » Or, la colère à venir est le châtiment final, que ne pourra fuir alors le pécheur, s’il ne recourt maintenant aux gémissements de la pénitence. Et il faut remarquer que ces rejetons mauvais, imitant la manière d’agir de parents méchants, sont appelés : race de vipères ; parce qu’en portant envie aux bons, en les persécutant, en faisant du mal à leur prochain, en se vengeant du dommage qu’on leur porte, ils suivent en tout cela les voies de leurs pères selon la chair, et agissent comme des enfants envenimés, nés de parents remplis eux-mêmes de venin.
Homélie de saint Grégoire, pape, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

Catéchisme de l’Avent

  • Kyriale : selon les anciens usages parisiens
  • Procession d’entrée : Conditor alme siderum – hymne de l’Avent, à vêpres – texte du IXème siècle, polyphonie de Virgile Le Blanc (1592) extraite de « La Doctrine chrestienne » du R.P. Coyssard, s.j.
  • Kyrie du propre de Paris pour l’Avent
  • Epître : I Corinthiens IV, 1-5 : C’est pourquoi ne jugez point avant le temps, jusqu’à ce que le Seigneur vienne : c’est lui qui portera la lumière dans les ténèbres les plus profondes, et qui découvrira les plus secrètes pensées des cœurs ; et alors chacun recevra de Dieu la louange.
  • Evangile : Luc III, 1-6 : Et tout homme verra le Sauveur de Dieu.
  • Credo I
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Veni, veni Emmanuel, Hymne de l’Avent des anciens livres liturgiques français – texte et mélodie du XVIIIème siècle, polyphonie adaptée d’après Zoltan Kodaly (1882 + 1967) – cet hymne énumère les 7 noms divins chantés par les grandes antiennes d’O, antiennes qui se chantent aux Magnificat des vêpres des 7 derniers jours avant Noël
  • Préface de l’Avent au propre de l’archidiocèse de Paris
  • Sanctus XV
  • Après la Consécration : O salutaris hostia, pour le temps de l’Avent, sur le ton de Conditor alme siderum – musique de Virgile Le Blanc (1592)
  • Agnus Dei XV
  • Pendant la communion : Rorate cœli, plain-chant de l’Oratoire de France – 1615 – harmonisations du refrain : traditions de Langres et d’Avignon – chant des versets : tradition de Rouen
  • Antienne d’O du jour chantée avec le Magnificat du 2nd ton
  • Communion – Ecce Virgo concipiet (ton i.)
  • Prière pour la France, faux-bourdon du Ier ton à l’usage de l’Eglise de Paris (édition de 1739)
  • Ite missa est XV
  • Au dernier Evangile : Alma Redemptoris Mater
  • Procession de sortie : Venez, divin Messie – texte (1701) de l’abbé Simon-Joseph Pellegrin (1663 + 1745), sur le vieux noël « Laissez paistre vos bestes » ; harmonisation de M. l’abbé Lambert (Versailles, 1845)

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Chant des Grandes O du 17 au 23 décembre

Antiennes parisiennes d'O
Du 17 au 23 décembre, pendant les féries majeures précédant Noël, le Magnificat sera chanté à la fin des messes à Saint-Eugène, avec la grande antienne d’O du jour.

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Les antiennes d’O – ou « grandes O » – sont les 7 antiennes qui se chantent aux Magnificat des vêpres des 7 jours précédant la vigile de Noël : O sapientia (17 décembre), O Adonai (18 décembre), O radix Jesse (19 décembre), O clavis David (20 décembre), O Oriens (21 décembre), O Rex gentium (22 décembre), O Emmanuel (23 décembre). Les initiales de chaque nom divin ainsi énumérés, pris à l’envers, forment l’acronyme suivant : ERO CRAS (je serai là demain). Le chant de ces antiennes de Magnificat revêtait beaucoup de solennité dans les antiques usages diocésains français ; l’antienne d’O était triplée (chantée intégralement 3 fois : avant le Magnificat, avant le Gloria Patri, à la fin après le Sicut erat) voire triomphée (le chant de l’antienne était intégralement repris entre chaque verset du Magnificat). Au Moyen-Age, Paris, comme beaucoup d’autres diocèses – y ajoutait deux antiennes : O Thomas Didyme pour Saint Thomas et O Virgo Virginum pour la sainte Vierge, la série s’entendait ainsi sur une neuvaine.

L’Église ouvre aujourd’hui la série septénaire des jours qui précèdent la Vigile de Noël, et qui sont célèbres dans la Liturgie sous le nom de Féries majeures. L’Office ordinaire de l’Avent prend plus de solennité ; les Antiennes des Psaumes, à Laudes et aux Heures du jour, sont propres au temps et ont un rapport direct avec le grand Avènement. Tous les jours, à Vêpres, on chante une Antienne solennelle qui est un cri vers le Messie, et dans laquelle on lui donne chaque jour quelqu’un des titres qui lui sont attribués dans l’Écriture.

Le nombre de ces Antiennes, qu’on appelle vulgairement les O de l’Avent, parce qu’elles commencent toutes par celte exclamation, est de sept dans l’Église romaine, une pour chacune des sept Féries majeures, et elles s’adressent toutes à Jésus-Christ. D’autres Églises, au moyen âge, en ajoutèrent deux autres : une à la Sainte Vierge, O Virgo Virginum ! et une à l’Ange Gabriel, O Gabriel ! ou encore à saint Thomas, dont la fête tombe dans le cours des Fériés majeures. Cette dernière commence ainsi : O Thomas Didyme !

Il y eut même des Églises qui portèrent jusqu’à douze le nombre des grandes Antiennes, en ajoutant aux neuf dont nous venons de parler, trois autres, savoir : une au Christ, O Rex pacifice ! une seconde à la Sainte Vierge, O mundi Domina ! et enfin une dernière en manière d’apostrophe à Jérusalem, O Hierusalem !

L’instant choisi pour faire entendre ce sublime appel à la charité du Fils de Dieu, est l’heure des Vêpres, parce que c’est sur le Soir du monde, vergente mundi vespere, que le Messie est venu. On les chante à Magnificat, pour marquer que le Sauveur que nous attendons nous viendra par Marie. On les chante deux fois, avant et après le Cantique, comme dans les fêtes Doubles, en signe de plus grande solennité ; et même l’usage antique de plusieurs Églises (c’est le cas de Paris) était de les chanter trois fois, savoir : avant le Cantique lui-même, avant Gloria Patri, et après Sicut erat. Enfin, ces admirables Antiennes, qui contiennent toute la moelle de la Liturgie de l’Avent, sont ornées d’un chant plein de gravité et de mélodie ; et les diverses Églises ont retenu l’usage de les accompagner d’une pompe toute particulière, dont les démonstrations toujours expressives varient suivant les lieux.

Entrons dans l’esprit de l’Église et recueillons-nous, afin de nous unir, dans toute la plénitude de notre cœur, à la sainte Église, lorsqu’elle fait entendre à son Époux ces dernières et tendres invitations, auxquelles il se rend enfin.

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Les antiennes d’O. — Les sept derniers jours avant Noël sont marqués par des antiennes particulières appelées Antiennes d’O ou Grandes O. Ce sont des antiennes de Magnificat qui commencent toutes par l’apostrophe O, d’où leur nom. Elles n’ont pas seulement la même mélodie, mais sont construites sur le même plan :

  1. On invoque le Seigneur qui va venir, tantôt en le désignant par un symbole, tantôt par un titre, par exemple : O sagesse, ô Racine de Jessé.
  2. Ce symbole ou ce titre est ensuite développé dans une phrase relative.
  3. Le point culminant de la phrase est la supplication instante : veni, viens, qui est suivie de la demande de Rédemption.

Ces antiennes majestueuses sont comme le résumé de toutes les prophéties sur le Sauveur. La mélodie de ces chants respire l’admiration et le désir ardent. On y entend l’ardente imploration de l’Ancien Testament et du monde païen vers le Rédempteur, elles sont le « Rorate cœli » de l’humanité. Il y a dans ces sept chants une progression de pensée. Nous voyons d’abord le Fils de Dieu dans sa vie éternelle, avant les temps (1), puis dans l’Ancienne Alliance (2-4), ensuite dans la nature (5), enfin nous le voyons comme Rédempteur des païens (6), comme « Dieu avec nous » (7).

La solennité particulière de ces antiennes résulte des prescriptions de l’Église. Dans les abbayes qui ont l’Office choral solennel, des usages particuliers accompagnent le chant des antiennes O. La première est entonnée par l’Abbé, au trône, en habits pontificaux, pendant que l’on sonne la grosse cloche. La cloche continue de sonner pendant tout le Magnificat chanté sur le mode le plus solennel. Les autres antiennes sont entonnées successivement par les plus dignes après l’abbé, revêtus de la chape et debout au milieu du chœur, devant le grand pupitre. Les fidèles pourraient, pendant ces sept jours, unir chaque soir le chant de ces antiennes à celui du Magnificat. On pourrait même, d’après les usages de l’ancienne Église, intercaler l’antienne entre chaque verset du Magnificat.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Enregistrement : sainte messe & vêpres du troisième dimanche de l’Avent

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Chasuble pour le dimanche de Gaudete

Programme du troisième dimanche de l’Avent

Saint-Eugène, le dimanche 13 décembre 2015, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h30.

Ce dimanche est appelé dimanche de Gaudete en raison des premiers mots de l’introït, qui est aussi le premier verset de l’épître lue aujourd’hui (Philippiens 4, 4). Comme pour le dimanche de Lætare pendant le Carême, ce dimanche marque une pause pendant la pénitence de l’Avent, dont l’austérité est tempérée en ce jour par la liturgie : on orne de fleurs les autels, l’orgue peut se faire entendre seul, on peut user d’ornements roses au lieu des violets, le diacre et le sous-diacre déposent les chasubles pliées des temps de pénitence pour revêtir la dalmatique et la tunique qui sont des ornements de joie, de même les évêques usent de la mitre précieuse. Néanmoins, tant le Te Deum aux vigiles nocturnes que le Gloria à la messe restent supprimés jusqu’à Noël. Autrefois, au dimanche de Gaudete, on bénissait les fiançailles de ceux qui se devaient marier après Noël ainsi que les oriflammes et les bannières. A matines, on annonce par la leçon suivante tirée d’une homélie de saint Léon le Grand le jeûne solennel des Quatre-Temps du dixième mois (=décembre).

Nous vous avertissons publiquement, mes très chers frères, et avec une sollicitude pastorale d’observer le jeûne du dixième mois. Le temps où nous sommes et la coutume de notre dévotion nous y engagent. Par ce jeûne, qu’on célèbre lorsque la récolte de tous les fruits de la terre est terminée, on offre à Dieu, qui nous a donné ces fruits, un très juste sacrifice de continence. En effet, que peut-il y avoir de plus utile que le jeûne ? Par son observance, nous nous approchons de Dieu, et, résistant au démon, nous surmontons les attraits des vices.
Sermon de saint Léon, pape, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

Catéchisme de l’Avent

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Programme du second dimanche de l’Avent

Saint-Eugène, le dimanche 6 décembre 2015, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h30.

Après tant de signes et de prodiges que le Sauveur avait fait voir, il ne pouvait être pour personne un sujet de scandale, mais il aurait dû rester pour tous un sujet d’admiration. Cependant après tant de miracles, sa mort causa un très grand scandale dans l’esprit des infidèles ; et c’est pourquoi saint Paul a dit : « Nous prêchons le Christ crucifié ; scandale pour les Juifs, folie pour les Gentils ». Oui, les hommes regardèrent comme une folie que l’auteur de la vie mourût pour le salut des hommes ; et ainsi l’homme a tiré un sujet de scandale de ce qui devait le plus exciter sa reconnaissance. Car Dieu doit être honoré par les hommes d’une manière d’autant plus digne, qu’il a souffert pour les hommes de plus indignes traitements.
Homélie de saint Grégoire, pape, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

Catéchisme de l’Avent

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Ières vêpres de l’Avent et veillée de prière pour la vie

Benvenuto_Tisi-Garofalo-Baby_Jesus_SleepingSaint-Eugène, le samedi 28 novembre 2015, vêpres à 18h, suivies du salut du Très-Saint Sacrement.

Fidèle à la demande faite par le Saint Père Benoît XVI que toutes les paroisses du monde catholique commencent l’Avent par une veillée de prière pour la vie naissante, celle-ci aura lieu comme chaque année à Saint-Eugène par le chant des Ières vêpres du Ier dimanche de l’Avent – premier office de la nouvelle année liturgique – suivies du salut du Très-Sacrement. Les vêpres et le salut seront suivies du souper paroissial.

Le site des Veillées pour la Vie recense toutes les veillées prévues cette année en France.

L’évènement sur Facebook.

Enregistrement : sainte messe du quatrième dimanche de l’Avent

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L'Annonciation par Mead Schaeffer (1898–1980)