Marc-Antoine Charpentier – Judith (H. 391) : chœur Peccavimus Domine

Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV, des Jésuites & de la Sainte Chapelle.
Chœur des fils d’Israël : Peccavimus Domine, extrait de l’histoire sacrée Judith (H. 391).
4 voix (SATB) & basse continue.
3 pages.

Ce chœur peu connu de Charpentier et qui conviendra aux temps de pénitence est extrait de son oratorio, ou – pour reprendre sa terminologie – son histoire sacrée « Judith sive Bethulia liberata », vaste fresque biblique utilisant 7 solistes, chœur à 4 voix & orchestre (2 flûtes, 2 violons & basse continue).

Le ton de la mineur (« tendre & plaintif » selon le tableau des énergie des modes de Charpentier) utilisé pour ce chœur rend admirablement les gémissements des fils d’Israël gémissant devant l’invasion des troupes assyriennes & le siège de Béthulie par Holopherne. Les changements de mesure de la partition (mesures 20-24 et 28-32) ne sont pas tant à notre sens des ruptures rythmiques (la battue restant la même) mais de lumineux changements dans l’expression harmonique dès que le texte évoque la bonté de Dieu. Voici le texte de ce chœur :

Peccávimus, Dómine, peccávimus, injúste égimus, iniquitátem fécimus. Sed tu, quia pius es, miserére nostri. Nous avons péché, Seigneur, nous avons péché, nous avons commis ce qui était injuste, nous avons fait l’iniquité. Mais toi, parce que tu es bon, aie pitié de nous.

Les premières mesures de cette partition :

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Théodore Dubois – Adoramus te, Christe

Théodore Dubois (1837 † 1924), maître de chapelle et organiste de La Madeleine.
Adoramus te, Christe – chœur final des 7 Paroles du Christ.
4 voix (SATB), orgue (et orchestre).
2 pages – Ut majeur.

Ce célèbre « Adoramus te, Christe » en Ut majeur constitue le chœur final de l’oratorio « Les 7 paroles du Christ » daté de 1867, lequel fut dédié à M. l’Abbé Jean-Gaspard Deguerry (1797 † 1871) curé de la Madeleine, fusillé par les Fédérés à la prison de la Roquette. Cet oratorio, méditation sur les 7 dernières paroles prononcées par le Christ sur la Croix, allient à une inspiration élevée une musique d’un effet grandiose et dramatique : ces pages tragiques reflètent admirablement la mort du Christ. Durant plus de 90 ans, jusqu’en 1965, elle furent données à l’église de la Madeleine chaque Vendredi Saint, puis tombèrent dans l’oubli. Ce chœur final est une partie de l’oratorio facile à mettre en place qui conviendra tout particulièrement au temps de la passion, et pourra se donner éventuellement à d’autres moments de l’année liturgique, par exemple aux communions de l’avant-Carême ou du Carême.

Texte & traduction :

Adorámus te, Christe, et benedícimus tibi, quia per sanctam Crucem tuam redemísti mundum. Nous vous adorons, Christ, et nous vous bénissons, parce que par votre sainte Croix vous avez racheté le monde.

Les premières mesures de cette partition :

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François Giroust – O Salutaris d’Orléans (1760)

François Giroust (1738 † 1799), maître de chapelle du roi Louis XVI.
O Salutaris d’Orléans (1760).
4 voix (4 instruments, si placet).
3 pages.

Disciple de Louis Homet à la psallette Notre-Dame de Paris, François Giroust devint en 1756 maître de chapelle de la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans avant de revenir à Paris en 1775. Cet O Salutaris a donc été composé pour la maîtrise de Sainte-Croix en 1760. L’œuvre – typique du style de Giroust – comporte deux mouvements : le premier est particulièrement grandiose en jouant habilement des retards expressifs dans l’écriture harmonique, le second est plus allant. Pour les besoins d’une exécution avec doublure instrumentale lors d’une messe solennelle dans la cathédrale de Chartres le lundi de Pentecôte 1998, nous lui avons adjoint un petit prélude instrumental.

Les premières mesures de cette partition :
O Salutaris Hostia - François Giroust

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Marc-Antoine Charpentier – Ecce panis voce sola (H. 242)

Marc-Antoine Charpentier (1643 † 1704), maître de la musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV, des Jésuites & de la Sainte Chapelle.
Ecce panis voce sola.
1 voix (S) & basse continue.
2 pages.

Charpentier a laissé de nombreux petits motets pour la messe basse en musique. Voici un Ecce panis pour dessus & basse continue, qui pourra être chanté aussi par une taille.

Le compositeur a retenu le ton de la majeur (« joyeux & champêtre » selon son tableau des énergie des modes) pour développer une mélodie gracieuse sur ce texte eucharistique, l’une des strophes tirée de la séquence de la Fête-Dieu , le Lauda Sion composé par saint Thomas d’Aquin :

Ecce, ecce panis Angelórum,

Factus cibus viatórum.

Vere panis, filiórum,

Non mitténdus cánibus.

  Voici le pain des Anges,

Devenu nourriture des voyageurs,

C’est le pain véritable des enfants,

Qu’il ne faut pas jeter aux chiens.

Les premières mesures de cette partition :
Charpentier - Ecce panis (H. 242)