Regnantem sempiterna – séquence du IInd dimanche de l’Avent

Regnantem sempiterna - prose du second dimanche de l'Avent

Source : Missale parisiense du XIIIème siècle (BnF Latin 1112)

regnantem-sempiterna-missel-de-paris-du-13e-siecle

Regnántem sempitérna
Per sæcla susceptúra
Cóncio, devóte cóncrepa :
Fáctóri reddéndo débita :
Quem júbilant ágmina cœlica,éjus vúltu exhilaráta :
Quem exspéctant ómnia térrea,éjus nútu examinánda
Distríctum ad judícia :
Cleméntem in poténtia.
Túa nos sálva, Chríste, cleméntia, propter quos pássus es díra.
Ad póli ástra súbleva nítida,qui sórde térgis sæcula.
Influe sálus véra,effuga perícula.
Omnia ut sint munda tríbue pacífica :
Ut hic túa sálvi misericórdia,
Læti régna post adeámus súpera :
Quo régnas sæcula per infiníta. Amen.
Assemblée des fidèles, applaudis avec sentiment le Roi que tu t’apprêtes à recevoir : Il règne pour les siècles, éternellement ! Rends à ton Créateur ce que tu lui dois : pour lui jubilent les armées célestes, illuminées par son visage. Tous, sur terre, l’attendent, destinés à son jugement. Sévère est sa justice, mais douce est sa puissance. Ô Christ, sauve-nous dans ta grande clémence : C’est pour nous que tu as souffert de tels tourments ! Emporte-nous vers les astres étincelants, Toi qui purifies le monde de sa fange ! Salut véritable, descends et mets en fuite les périls ! Pour que le monde entier soit pur, accorde-nous la paix ! Fais que, sauvés dès ici-bas par ta miséricorde, nous entrions ensuite là-haut, dans le Royaume, ô toi qui règnes dans les siècles sans fin. Amen.

La composition de cette séquence est attribuée à Notker le Bègue (c. 840 † 912), moine de l’Abbaye de Saint-Gall, qui passe pour être l’inventeur de cette forme liturgique développée à l’origine sur les jubili des Alleluia.

L’usage parisien ancien utilisait Regnatem sempiterna pour le IInd dimanche de l’Avent, à l’instar de nombreux diocèses de l’espace carolingien qui l’avaient adoptée.

Cette séquence est en effet bien écrite dans le Ier ton, en continuité avec l’Alleluia Lætatus sum du second dimanche de l’Avent, même si la prose n’utilise que d’assez loin le matériel mélodique de cet Alléluia pour développer sa propre mélodie. Remarquons que tous les stiques se terminent par la voyelle a : cette rime découle sans doute du fait que la pièce suivait le chant de l’alléluia.

Notre transcription suit les variantes mélodiques et textuelles de détail des manuscrits parisiens, avec le rythme traditionnel pour les proses de la cathédrale Notre-Dame.

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Prose parisienne de la sainte Tunique d’Argenteuil : Plebs pistica prome laudes

Séquence de la sainte Tunique d'Argenteuil

Séquence de la sainte Tunique d'Argenteuil

Séquence de la sainte Tunique d'Argenteuil

1. Plebs pística, prome laudes,
Redemptóri cujus gaudes
Hábitu digníssimi.
A ton Sauveur, peuple fidèle,
Chante une louange éternelle
Pour son vêtement précieux.
2. Fide firma per quem audes
Hostíles víncere fraudes
Agréssu tutíssimo
Tous les démons tu pourrais vaincre
Si la foi te pouvait convaincre
Que c’est l’habit du Roi des Cieux.
3. Vestis hæc est manuále
Matris opus virginále,
Actum sine súttura.
C’est la Tunique sans couture
Que la Vierge, Mère très pure,
A faite de ses propres mains.
4. Corpus tegit filiále,
Donec débitum mortále
Ferre pro creátura.
Son Fils en couvrit sa chair tendre
Jusqu’au jour qu’on lui fit répandre
Le sang qui sauva les humains.
5. O mirándum vestiméntum,
Cujus actas dat augméntum
Ab ejus infántia.
O vêtement inestimable
Qui d’une manière ineffable
Croissait autant que le Sauveur.
6. Simul sumunt increméntum,
Nullum vestis nocuméntum
Gerens, labis néscia.
Il s’en est servi sans le rompre,
Et les temps ne l’ont pu corrompre
Depuis cette insigne faveur.
7. Hanc Judæi rapuérunt
Et sortem super misérunt
Noléntes pártiri.
Les soldats prirent ce saint gage,
Et n’en firent aucun partage,
Mais ils le jetèrent au sort.
8. Nam, quod vates prædixérunt,
Hæc ignári perduxérunt
Efféctum sórtiri.
Sans le savoir ils accomplirent
Ce que les Prophètes prédirent
De ce Dieu qu’ils mettraient à mort.
9. Quam ab oris gentílium
Imperátor fidélium
Karólus extráxit,
Charlemagne enfin le retire
Des lieux où sous un dur empire
Gémit à présent le chrétien.
10. Regno gestánte lílium
Per virtútis auxílium
Hæc famam protráxit.
Pour lors, cet habit dans la France
Fit connaître par sa puissance
Qu’il en est le plus fort soutien.
11. Ab argénto sumpsit nomen
Oppidum, quo dedit numen
Sacram collocári,
Argenteuil est l’heureuse ville
Où Dieu, comme dans un asile,
Veut que l’on garde ce trésor.
12. Ubi gratis dat juvámen
Christicólis hoc velámen,
Dignum decorári.
Là les chrétiens dans leur misères
Reçoivent des biens salutaires,
Beaucoup plus précieux que l’or.
13. Guérrarum per interválla
Vestis muro latens illa
Stat nullo sciénte.
Mais pendant une longue guerre
Dans le sein d’un mur on le serre
Et le temps le met en oubli.
14. Unde fulgent mirácula,
Monachórum orácula
Angelo ducénte.
Ensuite on y voit des miracles,
Un saint moine entend des oracles,
Et l’y retrouve enseveli.
15. O quam certa probátio,
Indiscréta devótio
Milíti frangénti,
La preuve de cette merveille
Est l’imprudence sans pareille
D’un soldat tout prêt d’en couper.
16. Cui vitæ sedátio
Fuit & restaurátio
Reátum lugénti.
Pour sa faute un grand mal l’afflige ;
Il s’en repent à ce prodige,
Et Dieu cesse de le frapper.
17. Vt fore Christi túnicam,
Quam mater egit únicam,
Fidélis confídat,
Ainsi sans douter de l’histoire,
Croyons que la Reine de gloire
A fait cette Robe à son Fils.
18. Gratiárum mirifícam
Et nostræ precis amícam
Hanc nullus diffídat.
Que nul chrétien ne s’en défende,
Mais que plutôt il en attende
Des faveurs qui n’ont point de prix.
19. Quam coléntes post mortálem
Stolam Christus immortálem
Det ferre núptiis.
Afin que sa robe mortelle
Lui soit changée en immortelle
Aux noces du céleste Epoux,
20. Perdúcens ad triumphálem
Collætántes Hierusalém
Summis delíciis. Amen.
Où le conduisant qu’il lui donne
Une triomphante couronne
Et part aux plaisirs les plus doux. Amen.

Cette prose fait partie de la messe votive de la Sainte Tunique, qui fit son entrée dans le Missale Parisiensis Ecclesiæ de l’an 1505 sous l’épiscopat d’Etienne Poncher, et y resta environ un siècle avant de disparaître dans l’édition de 1602 d’Henry de Gondy. Cette messe de la Sainte Tunique – avec sa séquence – continua toutefois de rester en usage dans le monastère d’Argenteuil qui conservait la précieuse relique de Notre Seigneur. La traduction française versifiée ci-dessus est l’œuvre d’un mauriste de cette abbaye au XVIIIème siècle.

Si le texte de cette séquence est connue par différents missels, sa musique en est probablement hélas perdue (nous n’avons pas repéré de graduel parisien suffisamment complet du XVIème siècle qui contienne la musique de cette messe votive ; la destruction du monastère d’Argenteuil sous la révolution a dispersé ses archives ; les archives musicales de la paroisse d’Argenteuil ne la conservent pas). Pour pouvoir la rechanter à l’occasion de l’ostension extraordinaire qui eut lieu cette année 2016 à Argenteuil, nous avons simplement adapté et centonisé les mélodies de proses parisiennes similaires composées par Adam de Saint-Victor (à noter que la construction prosodique de la séquence de la Sainte Tunique est originale, aussi sa musique originelle devait-elle être propre et non modulée sur un modèle préexistant, comme le Lauda Sion est modulé sur le Laudes Crucis attollamus d’Adam de Saint-Victor). Comme plusieurs personnes l’ayant entendue à Argenteuil nous ont demandé cette musique, nous mettons cette prose Plebs pistica prome laudes en ligne ce jour.

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Qui procedis ab utroque : une séquence parisienne pour le jeudi de l’octave de la Pentecôte

Alors que dans l’usage de Rome, la prose (ou séquence) Veni, Sancte Spiritus sert pour le jour de la Pentecôte & pour toutes les messes de son octave, l’ancien usage de Paris voyait chacune des messes de l’octave de la Pentecôte s’orner d’une prose différente chaque jour.

Voici comment Paris chantait les proses durant l’octave de la Pentecôte :

  1. Le dimanche de la Pentecôte : Fulgens præclara Paraclyti Sancti,
    subdivision d’une ancienne prose française de Pâques, antérieure à l’an 1000.
  2. Le lundi de la Pentecôte : Sancti Spiritus adsit nobis gratia,
    de Notker le Bègue (c. 840 † 912).
  3. Le mardi de la Pentecôte : Lux jucunda, lux insignis,
    d’Adam de Saint-Victor († 1146).
  4. Le mercredi de la Pentecôte : Simplex in essentia,
    d’Adam de Saint-Victor.
  5. Le jeudi de la Pentecôte : Qui procedis ab utroque,
    d’Adam de Saint-Victor.
  6. Le vendredi de la Pentecôte : Alma chorus Domini,
    composition anonyme française antérieure à l’an 1000.
  7. Le samedi de la Pentecôte : Veni, Sancte Spiritus,
    d’Etienne Langton (c. 1150 † 1228).

Il est notable que trois de ces proses soient des compositions de l’illustre hymnographe Adam, qui avant de finir ses jours dans l’abbaye de Saint-Victor, au pied de la Montagne Sainte-Geneviève, avait surtout été le préchantre de la cathédrale de Paris dès 1107 et jusque vers 1134. Les compositions d’Adam franchirent tôt les frontières du diocèse de Paris et se répandirent très vite dans toute l’Europe latine. Elles présentent toutes un ambitus vocal important, typique de l’école cathédrale de Paris, indice du très haut art vocal qui devait alors régner dans notre cité. De nombreuses proses furent par la suite modelés sur les rythmes & chants d’Adam, celle qui est parvenue jusqu’à nous est bien sûr le Lauda Sion de la Fête-Dieu, modulé par saint Thomas d’Aquin sur le Laudes crucis d’Adam de Saint-Victor.

La prose que nous choisissons de présenter ici le texte et le chant est celle du jeudi dans l’octave de la Pentecôte : Qui procedis ab utroque, d’Adam de Saint-Victor. Les textes liturgiques à l’Esprit Saint sont devenus au fil du temps relativement rares dans l’Eglise latine. A ce titre il peut être intéressant de redonner vie à cet ancien répertoire hymnographique médiéval de haute qualité tant spirituelle que musicale. Voici du reste ce qu’écrit dom Guéranger, qui cite notre prose dans son Année liturgique  :

Ce prince de la poésie liturgique dans l’Occident s’est surpassé lui-même sur les louanges du divin Esprit ; et plus d’une fois dans le cours de l’Octave, nous aurons recours à son magnifique répertoire. Mais ce n’est pas seulement une œuvre de génie que nous allons reproduire ici ; c’est une prière sublime et ardente adressée au Paraclet que Jésus nous a promis et dont nous attendons la venue. Efforçons-nous de faire passer dans nos âmes les sentiments du pieux docteur du XIIe siècle, et aspirons comme lui à la descente du Consolateur qui vient renouveler la face de la terre et habiter en nous.

Voici le chant de la prose Qui procedis ab utroque tel qu’il est donné dans l’excellent Propre de Paris publié en 1923-1925 :

 

Qui procedis ab utroque-1 Qui procedis ab utroque-2 Qui procedis ab utroque-3 Qui procedis ab utroque-4 Qui procedis ab utroque-5

Texte & traduction par dom Guéranger :

Qui procedis ab utroque,
Genitore Genitoque
Pariter, Paraclite,
Redde linguas eloquentes,
Fac ferventes in te mentes
Flamma tua divite.
O toi qui procèdes
du Père et du Fils,
divin Paraclet,
par ta flamme féconde,
viens rendre éloquent notre organe,
et embraser nos cœurs de tes feux.
Amor Patris Filiique,
Par amborum, et utrique
Compar et consimilis,
Cuncta reples, cuncta foves,
Astra regis, cœlum moves,
Permanens immobilis.
Amour du Père et du Fils,
l’égal des deux et
leur semblable en essence,
tu remplis tout, tu donnes la vie à tout ;
dans ton repos, tu conduis les astres,
tu règles le mouvement des cieux.
Lumen carum, lumen clarum,
Internarum tenebrarum
Effugas caliginem ;
Per te mundi sunt mundati ;
Tu peccatum, tu peccati
Destruis rubiginem.
Lumière éblouissante et chérie,
tu dissipes nos ténèbres intérieures ;
ceux qui sont purs,
tu les rends plus purs encore ;
c’est toi qui fais disparaître le péché
et la rouille qu’il apporte avec lui.
Veritatem notam facis,
Et ostendis viam pacis
Et iter justitiæ.
Perversorum corda vitas,
Et bonorum corda ditas
Munere scientiæ.
Tu manifestes la vérité,
tu montres la voie de la paix
et celle de la justice ;
tu fuis les cœurs pervers,
et tu combles des trésors de ta science
ceux qui sont droits.
Te docente nil obscurum,
Te præsente nil impurum ;
Sub tua præsentia,
Gloriatur mens jocunda ;
Per te læta, per te munda
Gaudet conscientia.
Si tu enseignes, rien ne demeure obscur ;
si tu es présent à l’âme,
rien ne reste impur en elle ;
tu lui apportes la joie et l’allégresse,
et la conscience que tu as purifiée
goûte enfin le bonheur.
Tu commutas elementa,
Per te suam sacramenta
Habent efficaciam :
Tu nocivam vim repellis,
Tu confutas et refellis
Hostium nequitiam.
Ton pouvoir transforme les éléments ;
par toi les sacrements
obtiennent leur efficacité ;
tu fais obstacle à la puissance mauvaise,
tu repousses les embûches
de nos ennemis.
Quando venis,
Corda lenis ;
Quando subis,
Atrae nubis
Effugit obscuritas ;
Sacer ignis,
Pectus uris ;
Non comburis,
Sed a curis
Purgas, quando visitas.
A ta venue,
nos cœurs sont dans le calme ;
à ton entrée,
le sombre nuage se dissipe ;
feu sacré,
tu embrases le cœur
sans le consumer,
et ta visite
l’affranchit de ses angoisses.
Mentes prius imperitas,
Et sopitas et oblitas
Erudis et excitas.
Foves linguas, formas sonum.
Cor ad bonum facit pronum
A te data charitas.
Des âmes jusqu’alors ignorantes,
engourdies et insensibles,
tu les instruis et les ranimes.
Inspirée par toi, la langue fait entendre
des accents que tu lui donnes ;
la charité que tu apportes avec toi
dispose le cœur à tout bien.
O juvamen oppressorum,
O solamen miserorum,
Pauperum refugium,
Da contemptum terrenorum :
Ad amorem supernorum
Trahe desiderium.
Secours des opprimés,
consolation des malheureux,
refuge des pauvres,
donne-nous de mépriser les objets terrestres ;
entraîne notre désir
à l’amour des choses célestes.
Consolator et fundator,
Habitator et amator
Cordium humilium,
Pelle mala, terge sordes,
Et discordes fac concordes,
Et affer præsidium.
Tu consoles et tu affermis
les cœurs humbles ;
tu les habites et tu les aimes ;
expulse tout mal, efface toute souillure,
rétablis la concorde entre ceux qui sont divisés
et apporte-nous ton secours.
Tu qui quondam visitasti,
Docuisti, confortasti
Timentes discipulos,
Visitare nos digneris ;
Nos, si placet, consoleris
Et credentes populos.
Tu visitas un jour
les disciples timides :
par toi ils furent instruits et fortifiés ;
daigne nous visiter aussi
et répandre ta consolation
sur nous et sur le peuple fidèle.
Par majestas personarum,
Par potestas est earum,
Et communis deitas :
Tu procedens a duobus
Coæqualis es ambobus :
In nullo disparitas.
Égale est la majesté des divines personnes,
égale leur puissance ;
commune aux trois est la divinité ;
tu procèdes des deux premières,
semblable à l’une et à l’autre,
et rien d’inférieur n’est en toi.
Quia tantus es et talis,
Quantus Pater est et qualis ;
Servorum humilitas
Deo Patri, Filioque
Redemptori, tibi quoque
Laudes reddat debitas.
Amen.
Aussi grand que l’est
le Père lui-même,
souffre que tes humbles serviteurs
rendent à ce Dieu-Père,
au Fils rédempteur et à toi-même
la louange qui vous est due.
Amen.

Les manuscrits médiévaux parisiens présentent quelques divergences quant au chant, entre eux d’une part et avec l’édition parisienne de 1923-1925 de l’autre.
Voici par exemple cette prose telle quelle est notée dans un missel parisien à l’usage de la Sorbonne qui date du XIIIème siècle (Bnf latin 15615, f. 366 v° à 367 v°) :

Missel de la Sorbonne après 1239 (1)

Missel de la Sorbonne après 1239 (2)

Missel de la Sorbonne après 1239 (3)

Séquence Urbs Aquensis pour la fête de saint Charlemagne (28 janvier)

En ce 1200ème anniversaire du retour à Dieu de Charles le Grand (28 janvier 814 / 28 janvier 2014), nous avons le plaisir de mettre en ligne la séquence qui fut composée à Aix-la-Chapelle pour la messe de la fête de saint Charlemagne.

Cette prose est Urbs Aquensis le joyaux de l’office liturgique composé à Aix-la-Chapelle après la canonisation de saint Charlemagne. Ode à la gloire de la ville, sa première strophe fut même gravée en lettres capitales gothiques sur la façade du palais qu’éleva en 1267 à Aix le roi Richard de Cornouailles.

Elle constitue le plus ancien témoin de la liturgie de saint Charlemagne, et était déjà en usage avant 1215, lorsque l’office du saint se faisait non pas encore au 28 janvier mais au 29 décembre.

Dès le XIIIème siècle, cette prose se répandit dans nombre de diocèses d’Occident, soit telle quelle, soit en adaptant le texte de la première strophe. Après une période d’éclipse au cours du XIXème siècle, elle fut remise en usage à Aix-la-Chapelle depuis 1931.

Le chant d’Urbs Aquensis est bien sûr modulé sur celui de la célèbre séquence de la Croix – Laudes Crucis – composée par Adam de Saint-Victor.

Prose Urbs Aquensis de saint Charlemagne

Source : Le Prosaire d’Aix-la-Chapelle, Monumenta Musicæ Sacræ III, Rouen, 1961.

Urbs Aquensis, urbs regalis,
Regni sedes principalis,
Prima regni curia,
Cité d’Aix, cité royale,
Siège principal de la royauté,
Palais préféré de nos princes,
Regi regum pange laudes
Quae de magni regis gaudes
Caroli praesentia.
du Roi des rois chante la louange,
en ce jour où tu te réjouis de la fête
du grand roi Charles.
Iste coetus psallat laetus,
Psallat chorus hic sonorus
Vocali concordia.
Que notre chœur chante dans l’allégresse, que le clergé fasse entendre le mélodieux accord des voix.
At dum manus operatur
Bonum, quod cor meditatur,
Dulcis est psalmodia.
Quand la main est occupée aux bonnes œuvres, ce que le cœur médite
est une douce psalmodie.
Hac in die duo festa
Magni regis magna gesta
Recolat Ecclesia.
En ce double jour de fête,
que l’Église honore
la grande geste du grand roi.
Reges terrae et omnes populi
Omnes simul plaudant et singuli
Celebri laetitia.
Que les rois de la terre et tous les peuples applaudissent ensemble et fassent entendre un unique concert joyeux.
Hic est Christi miles fortis
Et invictae dux cohortis
Decem sternit millia.
C’est ici le fort soldat du Christ,
et le chef de l’invincible cohorte
qui en renverse dix mille.
Terram purgat lolio
Atque metis gladio
Ex messe zizania.
Il purge la terre de l’ivraie,
et de son glaive il affranchit la moisson
en extirpant l’ivraie.
Hic est magnus imperator,
Boni fructus bonus sator
Et prudens agricola.
C’est là le grand Empereur,
bon semeur d’une bonne semence
et prudent cultivateur.
Infideles hic convertit
Fana, deos, hic evertit
Et confregit idola.
Il convertit les infidèles,
il renverse temples et dieux,
et il brise les idoles.
Hic superbos domat reges,
Hic regnare santas leges
Fecit cum justitia.
Il dompte les rois superbes,
il fait régner les saintes lois
avec la justice.
Quam tuetur sine fine
Ut et justus, sed nec sine
Sit misericordia.
Les yeux sans cesse fixés sur elle,
De sorte qu’en étant juste, il ne soit
Cependant pas sans miséricorde.
Oleo laetitiae unctus dono gratiae
Ceteris prae regibus, cum corona gloriae
Majestatis regiae, insignitur fascibus.
Il est sacré de l’huile de liesse, par un don de grâce, plus que tous les autres rois.
Avec la couronne de gloire, il reçoit les insignes de l’Impériale Majesté.
O Rex mundi triumphator,
Jesu Christi conregator,
Sit pro nobis exorator,
Sancte Pater Carole,
Ô Roi triomphateur du monde,
toi qui règnes avec Jésus-Christ,
sois pour nous un intercesseur,
ô Charles, notre père saint !
Emundati a peccatis,
Ut in regno claritatis
Nos, plebs tua, cum beatis
Caeli simus incolae.
Afin que, purs de tout péché,
dans le royaume de la lumière,
nous, ton peuple, avec les bienheureux
Nous soyons habitants du Ciel.
Stella maris, ô Maria,
Mundi salus, vitae via,
Vacillantum rege gressus
Et ad Regem des accessus
In perenni gloria.
Étoile de la mer, ô Marie,
salut du monde, voie de la vie,
dirige nos pas vacillants
et donne-nous accès auprès du Roi
dans la gloire sans fin.
Christe, splendor Dei Patris,
Incorruptae Fili Matris,
Per hunc sanctum, cujus festa
Celebramus, nobis praesta
Sempiterna gaudia.
Ô Christ, splendeur de Dieu le Père,
fils d’une Mère sans tache,
par ce Saint dont nous célébrons la fête, daigne nous accorder
l’éternelle joie.
Amen. Ainsi soit-il !

Texte & traduction repris du site du Mesnil-Marie.

Prose parisienne de Noël – Votis Pater annuit

Prose parisienne de Noël - Votis pater annuit 01 Prose parisienne de Noël - Votis pater annuit 02

Depuis le Moyen-Age, Paris chantait comme prose à la messe du jour de Noël le Lætabundus, une séquence médiévale très connue & très répandue dans les différents rits diocésains de l’ancien espace carolingien. Cette séquence Lætabundus figure toujours du reste dans le rit dominicain actuel, lequel dépend largement de l’ancien rit de Paris.

Les conciles de Reims de 1564 & de 1583 – chargés d’appliquer en pratique le concile de Trente en France – avaient demandé la révision des très nombreuses proses médiévales qui ornaient les missels français (certaines possédaient en effet des textes qui n’étaient pas toujours très heureux !). On trouve encore le Lætabundus dans le Missale Parisiense de Mgr de Gondy de 1602. Dans le Missale Parisiense du cardinal de Noailles de 1706, alors qu’un nouveau corpus de proses commence à remplacer les anciennes afin d’obéir aux vœux des conciles de Reims, cette édition maintient pourtant le fameux Lætabundus. Notre prose Votis Pater annuit remplaça définitivement le Lætabundus dans le Missale Parisiense de Mgr de Vintimille de 1755.

La séquence Votis Pater annuit – dont nous ignorons l’auteur – développe en fait le texte et la mélodie d’un noël latin de même incipit plus ancien. Sa gracieuse mélodie du Vème ton – vraisemblablement due au travail de l’Abbé Lebœuf – lui a assuré un grand succès et une large diffusion en France en dehors des limites de l’archidiocèse de Paris. A Paris, la prose était chantée également pendant l’octave de Noël.

En voici le texte & une traduction du XVIIIème siècle :

Votis Pater annuit :
Justum pluunt sidera :
Salvatorem genuit
Intacta puerpera :
Homo Deus nascitur.
Le Père a exaucé nos vœux ; le Juste, comme une pluie salutaire, descend du haut des cieux ; une Vierge, devenue mère, a mis au monde le Sauveur ; l’Homme-Dieu naît parmi nous.
Superum concentibus
Panditur mysterium :
Nos mixti pastoribus
Cingamus præsepium
In quo Christus ponitur.
Les concerts des Anges découvrent ce mystère ineffable : Allons avec les bergers environner la crèche où le Christ est couché.
Tu lumen de lumine
Ante solem funderis :
Tu numen de Numine
Ab æterno gigneris,
Patri par progenies.
Divin Jésus, lumière de la lumière, vous êtes produit avant le soleil ; Dieu de Dieu, vous êtes engendré de toute éternité, Fils égal en tout à votre Père.
Tantus es ! et superis,
Quæ te premit caritas,
Sedibus delaberis :
Ut surgat infirmitas
Infirmus humi jaces.
Grand par essence, votre immense charité vous presse à descendre du ciel : afin de relever notre faiblesse, vous devenez faible, & vous vous couchez par terre.
Quæ nocens debueram
Innocens exequeris :
Tu legi quam spreveram,
Legifer subjiceris :
Sic doces justitiam !
Innocent, vous payez la peine de mes crimes ; législateur, vous vous assujétissez à la loi que j’ai méprisée : c’est ainsi que vous enseignez la justice.
Cœlum cui regia,
Stabulum non respuis ;
Qui donas imperia,
Servi formam induis :
Sic teris superbiam.
Le ciel est votre palais, & vous ne refusez pas une étable ; vous donnez les empires, & vous prenez la forme d’esclave : c’est ainsi que vous confondez l’orgueil.
Nobis ultro similem
Te præbes in omnibus :
Debilibus debilem,
Mortalem mortalibus :
His trahis nos vinculis !
Vous vous rendez en tout semblable à nous ; faible avec les faibles, mortel avec les mortels : c’est par ces liens que vous nous attirez à vous.
Cum ægris confunderis,
Morbi labem nesciens ;
Pro peccato pateris
Peccatum non faciens :
Hoc uno dissimilis.
Exempt de la contagion commune, vous ne laissez pas de vous confondre avec ceux qui en sont infectés : incapable de péché, vous souffrez pour le péché ; c’est la seule différence qu’il y a entre vous et nous.
Summe Pater, Filium
Qui mittis ad hominem,
Gratiæ principium,
Salutis originem,
Da Jesum cognoscere.
Père souverain, qui envoyez votre Fils aux hommes, faites-nous connaître Jésus, comme l’auteur de la grâce, comme le principe & la source du salut.
Cujus igne cœlitus
Caritas accenditur,
Ades, alme Spiritus :
Qui pro nobis nascitur,
Da Jesum diligere. Amen. Alleluia.
Esprit Saint, qui allumez la charité par le feu céleste dont vous brûlez, venez, & faites-nous aimer Jésus qui naît pour nous. Ainsi soit-il.

Une prose à saint Michel par Adam de Saint-Victor – Laus erumpat ex affectu

Cette prose en l’honneur de saint Michel archange fut composée par Adam de Saint-Victor (c. 1112 † c.1146), préchantre de Notre-Dame de Paris. Comme une douzaine d’autres séquences du même auteur, cette prose est établie sur le même type mélodique que sa fameuse séquence Laudes Crucis attollamus, composée pour les fêtes de la Croix. Sur ce même thème fut modulé par la suite au XIIIème siècle la fameuse séquence de la Fête-Dieu, Lauda, Sion, Salvatorem. Dans la partition ci-dessus, les doubles barres marquent l’alternance des chœurs, ceux-ci peuvent se rejoindre pour le dernier vers et l’Amen final.

Cette séquence de saint Michel, née à Paris dans le contexte de la liturgie parisienne, s’est répandue un peu partout dans l’espace de l’ancien empire carolingien au cours du Moyen-Age. En particulier, elle fut en usage au Mont-Saint-Michel depuis le XIIème siècle jusqu’à la Révolution, et dans le diocèse de Coutances, depuis le XIIème siècle jusqu’en 1778, où on lui substitua la moderne Angelorum solemnia, qui lui est inférieure. La prose Laus erumpat ex affectu était utilisée au Mont-Saint-Michel non seulement pour la fête universelle du 29 septembre mais également pour la fête du 16 octobre qui commémore dans les diocèses normands l’apparition de saint Michel Archange au Mont Tombe et la dédicace de la Basilique du Mont-Saint-Michel.

En voici le texte et sa traduction par dom Guéranger :

LAVS erumpat ex affectu,
Psallat chorus in conspectu
Supernorum civium :
Empressée soit la louange ; que notre chœur, du fond de l’âme, chante en présence des citoyens des cieux :
Laus jocunda, laus decora,
Quando laudi concanora
Puritas est cordium.
Agréée sera-t-elle et convenable, cette louange, si la pureté des âmes qui chantent est à l’unisson de la mélodie.
MICHÆLEM cuncti laudent,
Nec ab hujus se defraudent
Diei lætitia :
Que Michaël soit célébré par tous ; que nul ne s’excommunie de la joie de ce jour :
Felix dies qua sanctorum
Recensetur Angelorum
Sollemnis victoria.
Fortuné jour, où des saints Anges est rappelée la solennelle victoire !
DRACO vetus exturbatur
& draconis effugatur
Inimica legio :
L’ancien dragon est chassé, et son odieuse légion mise en fuite avec lui ;
Exturbatus est turbator
& projectus accusator
A cœli fastigio.
Le troubleur est troublé à son tour, l’accusateur est précipité du sommet du ciel.
SVB tutela Michaelis
Pax in terra, pax in cœlis,
Laus & jubilatio :
Sous l’égide de Michel, paix sur la terre, paix dans les cieux, allégresse et louange ;
Cum sit potens hic virtute,
Pro communi stans salute,
Triumphat in prœlio.
Puissant et fort, il s’est levé pour le salut de tous, il sort triomphant du combat.
SVGGESTOR sceleris,
Pulsus a superis,
Per hujus aeris
Oberrat spatia :
Banni des éternelles collines, le conseiller du crime parcours les airs, dressant ses pièges, dardant ses poisons ;
Dolis invigilat,
Virus insibilat,
Sed hunc adnihilat
Presens custodia.
Mais les Anges qui nous gardent réduisent à néant ses embûches.
TRES distinctæ hierarchiæ
Jugi vacant theoriæ
Jugique psallentio :
Leurs trois distinctes hiérarchies sans cesse contemplent Dieu et sans cesse le célèbrent en leurs chants ;
Nec obsistit theoria
Sive jugis harmonia
Jugi ministerio.
Ni cette contemplation, ni cette perpétuelle harmonie ne font tort à leur incessant ministère.
O quam miræ caritatis
Est supernæ civitatis
Ter terna distinctio :
O combien admirable est dans la céleste cité la charité des neufs chœurs !
Quæ nos amat & tuetur,
Vt ex nobis restauretur
Ejus diminutio.
Ils nous aiment et ils nous défendent, comme destinés à remplir leurs vides.
SICVT sunt hominum
Diversæ gratiæ,
Sic erunt ordinum
Distincte gloriæ
Iustis in præmio ;
Entre les hommes, diverse est la grâce ici-bas ; entre les justes, divers seront les ordres dans la gloire au jour de la récompense.
Solis est alia
Quam lunæ dignitas,
Stellarum varia
Relucet claritas :
Sic resurrectio.
Autre est la beauté du soleil, autre celle de la lune ; et les étoiles diffèrent en leur clarté : ainsi sera la résurrection.
VETVS homo novitati,
Se terrenus puritati
Conformet cœlestium :
Que le vieil homme se renouvelle, que terrestre il s’adapte à la pureté des habitants des cieux :
Coæqualis his futurus,
Licet nondum plene purus,
Spe præsumat præmium.
Il doit leur être égal un jour ; bien que non pleinement pur encore, qu’il envisage ce qui l’attend.
VT ab ipsis adjuvemur
Hos devote veneremur,
Instantes obsequio :
Pour mériter le secours de ces glorieux esprits, vénérons-les dévotement, multipliant envers eux nos hommages ;
Deo nos conciliat
Angelisque sociat
Sincera devotio.
Un culte sincère rend Dieu favorable et associe aux Anges.
DE secretis reticentes
Interim cœlestibus,
Erigamus puras mentes
In cœlum cum manibus :
Taisons-nous des secrets du ciel, en haut cependant élevons et nos mains et nos âmes purifiées :
Vt superna nos dignetur
Cohæredes curia,
& divina collaudetur
Ab utriusque gratia.
Ainsi daigne l’auguste sénat voir en nous ses cohéritiers ; ainsi puisse la divine grâce être célébrée par le concert de l’angélique et de l’humaine nature.
CAPITI sit gloria
Membrisque concordia. Amen.
Au Chef soit la gloire, aux membres l’harmonie ! Amen.

La partition donnée ci-dessus au début de cet article est issue du répertoire de l’Abbaye de la Lucerne-d’Outremer où le valeureux Abbé Lelégard (1925 † 1994) faisait naguère revivre les antiques traditions du diocèse de Coutances.

En voici une partition médiévale, extraite du fameux Prosaire de la Sainte-Chapelle de Paris, manuscrit daté des environs de 1250 et conservé à la bibliothèque du chapitre de Saint-Nicolas de Bari, édité par dom Hesbert en 1952 (pages 228 à 231).

Prose parisienne de la fête de saint Pierre & saint Paul – Offices notés complets de Paris – 1899

La composition de cette prose est de Simon Gourdan (1646 † 1729), chanoine de Saint-Victor. En voici le texte et une traduction ancienne.

TE laudámus, o Regnátor,
O pastórum, Christe, Pastor,
Summis in Princípibus.
Nous te louons, ô Souverain, ô Christ, Pasteur des pasteur, en la personne de ces premiers pasteurs.
Tibi memor gratulétur,
Et concéssis gloriétur
Pia plebs paréntibus.
Que le peuple fidèle te rende grâces et te glorifie pour les avoir reçus comme pères.
HI sunt Sion fundaménta,
Hi colúmnæ, fulciménta,
Turres, propugnácula.
Ce sont eux les fondements de Sion, ce sont eux ses colonnes, ses tours, et ses soutiens.
Hi bissénæ turbæ duces,
Hi stellántis aulæ faces,
Orbis et orácula.
Ce sont eux les chefs du troupeau, ce sont eux les flambeaux du ciel et les oracles de l’univers.
HIS ambóbus orbis cessit,
His ambóbus nox recéssit
Pulsa lumináribus.
Tous deux ont subjugué le monde, tous deux ont dissipé les ténèbres par les lumières de la foi.
Petro vertex principátus,
Paulo verbi magistrátus
Obtigit in géntibus.
Pierre reçoit la grâce de la primauté et Paul la prérogative d’apôtre des nations.
ILLI claves committúntur :
Huic arcánæ res pandúntur
Rapto super æthera.
Les clefs sont confiées à Pierre, à Paul la révélation des mystères cachés en étant enlevé au-dessus des cieux.
Hæc fœcúnda nos lactárunt
Ore, scriptis, et potárunt
Sponsæ matris úbera.
Ils sont comme les mamelles de l’Eglise notre mère, puisqu’ils nous ont abreuvés du lait de la foi par leur prédication et par leurs écrits.
ARCEM impérii
Christo subjíciunt,
Et sacerdótii
Caput stabíliunt.
Ils soumettent au Christ la capitale de l’Empire, et y établissent le siège du sacerdoce.
Athlétæ férvidi
Debéllant númina :
Torréntes límpidi
Manant in flúmina.
Athlètes intrépides, ils abattent les idoles ; torrent limpides, ils arrosent le champ de l’Eglise.
NAVIS Petri non quassátur,
Contra fluctus obfirmátur ;
Hac in arca grex salvátur
Integer credéntium.
La barque de Pierre est inébranlable, elle résiste à la fureur des flots ; c’est dans cette arche que le troupeau des croyants est à couvert du naufrage.
Quin olympus reserátur,
Vel indígnis obserátur,
Sors ætérna temperátur
Ad Petri judícium.
Sur l’ordre de Pierre, le ciel s’ouvre ou bien se ferme, les destinées éternelles sont décidées.
QUANTA cœlo merces datur !
Cruce Petrus consummátur,
Ferro Paulus obtruncátur :
Sic se litant hóstiæ.
Que leur récompense est grande dans le ciel ! Pierre consume ses jours sur la croix, et Paul par le fer ; ainsi s’immolent-ils en hosties.
Hic triúmphus bellatórum :
Hæc coróna magistrórum :
Binum lumen oculórum
Sic micat Ecclésiæ.
Tel est le triomphe de ces soldats, telle est la couronne de ces maîtres, ainsi brillent ceux qui sont comme les deux yeux de l’Eglise.
PETRE, radix unitátis,
Paule, jubar veritátis,
Super astra qui regnátis,
Datæ jure potestátis
Nos e cœlo régite.
Pierre, racine de l’unité, Paul, rayon perçant de la vérité, vous régnez au-dessus des cieux ; comme vous en avez reçu le pouvoir, conduisez-nous nous aussi au ciel.
Quos in fide genuístis,
Quos præcéptis imbuístis,
Quos exémplo docuístis,
Quos cruóre perfudístis,
Deo nos conjúngite. Amen. Allelúia.
Ceux que vous avez engendrés dans la foi, que vous avez nourris de vos leçons, que vous avez enseignés par vos exemples et pour qui vous versâtes votre sang, unissez-les à Dieu. Amen. Alleluia.