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La bénédiction liturgique des raisins le jour de la Transfiguration

Bénédiction des raisins le jour de la Transfiguration en Grèce

Lorsque vous serez entré dans le pays dont le Seigneur, votre Dieu, doit vous mettre en possession, que vous en serez devenu maître, et que vous y serez établi, vous prendrez les prémices de tous les fruits de votre terre ; et les ayant mis dans un panier, vous irez au lieu que le Seigneur, votre Dieu, aura choisi pour y faire invoquer son nom. »
Deutéronome XXVI, 1-2.

A l’instar de l’Ancienne Loi, les toutes premières communautés chrétiennes, dès les temps apostoliques, offraient à l’église les « prémices du pressoir, de l’aire et des troupeaux », ainsi qu’en témoigne le plus ancien document chrétien en dehors du Nouveau Testament, la Didachè (Didachè XIII, 2-3, dispositions reprises par les Constitutions Apostoliques VII, 29).

Certes la bénédiction des prémices produits par le labeur des chrétiens s’est maintenue au cours des âges sous diverses formes, mais l’Eglise a entouré plus précisément d’une attention toute particulière l’oblation liturgique des premiers épis de blé et des premiers raisins, car ce sont les matières mêmes du mystère eucharistique. Dès les origines, les prémices du blé et de la vigne étaient reçus à l’autel et sanctifiés par une bénédiction solennelle prononcée durant l’action liturgique.

Nous allons envisager ici la seule bénédiction liturgique des raisins, traditionnellement réalisée le 6 août tant en Occident qu’en Orient.

La bénédiction des prémices du raisin en Occident

On trouve la bénédiction des prémices des raisins fixée au 6 août dans le Sacramentaire grégorien (VI-VIIèmes siècles). Cette bénédiction a lieu au cours de la messe du jour, qui n’est pas alors celle de la Transfiguration (cette fête n’entrera tardivement au Missel romain qu’en 1457) mais celle de la fête de saint Sixte II, 24ème pape qui avait été décapité en 258. Comme d’autres bénédictions très anciennes, la bénédiction du raisin – Benedictio uvæ – se place à la fin du canon eucharistique :

Intra quorum nos consórtium , non æstimátor mériti, sed véniæ, quæsumus, largítor admítte. Per Christum Dóminum nostrum. Pour nous admettre dans leur compagnie, ne pèse pas la valeur de nos actes, mais accorde-nous largement ton pardon. Par le Christ notre Seigneur.
Benedic, Dómine, et hos fructus novos uvæ, quos tu, Dómine, rore cœli, et inundantia pluviárum, et temporum serenitate atque tranquillitate, ad maturitatem perducere dignatus es, et dedisti eos ad usus nostros, cum gratiarum actione percipi, in nomine Domini nostri Jesu Christi. Bénis aussi, Seigneur, ces fruits nouveaux de la vigne, que toi, Seigneur, par la rosée du ciel, et l’abondance des pluies, et par la sérénité et la tranquillité des temps, tu as daigné faire parvenir à maturité, et les as donnés pour notre usage, afin de les recevoir avec action de grâces.
Per quem hæc ómnia, Dómine, semper bona creas, sanctíficas, vivíficas, benedícis, & præstas nobis. Par qui, Seigneur, tu ne cesses de créer tous ces biens, de les sanctifier, de les vivifier, de les bénir et de nous en faire don.

Le Sacramentaire gélasien, plus ancien que le grégorien, s’il ne contient pas de bénédiction spéciale dans le cours de la messe de saint Sixte au 6 août, donne néanmoins vers la fin de l’ouvrage une formule de bénédiction des raisins et des fèves qui – mis à part des variantes textuelles – est substantiellement la même oraison :

Oratio ad fruges novas benedicendas.

Benedic, Dómine, hos fructus novos uvæ sive fabæ, quos tu, Dómine, per rorem cœli, et inundantiam pluviárum, et tempora serena atque tranquilla ad maturitatem perducere dignatus es, ad percipiendum nobis cum gratiarum actione, in nomine Domini nostri Jesu Christi. Per quem hæc ómnia, Dómine, semper bona creas, sanctíficas, vivíficas, benedícis, & præstas nobis.

De part sa conclusion, l’on voit que cette bénédiction s’effectuait au même endroit du canon de la messe.

En Italie à l’époque des Pères de l’Eglise, la bénédiction du raisin partageait le même privilège que celle des fèves de se faire à l’autel même. Cet honneur dû aux fèves s’explique peut-être par le fait que celles-ci constituaient alors la base de la nourriture ordinaire des habitants de la Péninsule italique. Le Liber Pontificalis fait remonter au pape Eutychien (275-283) l’interdiction de bénir les fruits sur l’autel même, à l’exception des raisins et des fèves : « Hic constituit fruges super altare tantum fabæ et uvæ benedici ». La bénédiction des fèves se faisait à l’Ascension : le Sacramentaire gélasien redonne au cours de la messe de cette fête la même oraison de bénédiction des prémices que ci-dessus – mais uniquement pour les fèves et non pour les raisins.

Du Sacramentaire grégorien, la bénédiction des raisins du 6 août fut transmise dans les différents livres liturgiques de toute l’Europe médiévale. On distribuait le raisin béni après la messe du 6 août aux fidèles, à l’instar du pain béni qui se faisait chaque dimanche et fête.

La date du 6 août consacrée pour la bénédiction des prémices du raisin commence alors à susciter des tentatives d’explications. Certains auteurs vont attribuer l’origine de son institution au pape saint Sixte II lui-même (à tord manifestement : cette bénédiction est sans doute tout à fait aussi ancienne en Orient, comme on va le voir ci-après ; or le martyre de Sixte II au 6 août n’y a trouvé aucun écho liturgique, si ce n’est une simple mention au Martyrologe de Nicomédie). Certaines régions d’Europe établissent alors saint Sixte comme patron des vignerons.

A partir du IXème siècle, la fête de la Transfiguration commence progressivement à se répandre dans différents régions en Occident, avant tout dans les milieux monastiques. Il s’agit d’une importation de la fête du rit byzantin, qui célèbre en effet la Transfiguration le 6 août, 40 jours avant l’Exaltation de la Sainte Croix (14 septembre) ; l’origine de cette fête demeure toutefois obscure, il est possible qu’elle fut créée par saint Grégoire l’Illuminateur en Arménie au début du IVème siècle, avant de se répandre dans l’Empire d’Orient au Vème siècle. Avec la diffusion progressive de cette fête en Occident au 6 août, on tente alors d’établir un lien entre la bénédiction des prémices du raisin et la Transfiguration. Le premier à le faire semble être Sicard de Crémone (c. 1155 † 1215) dans son Mitrale, explication reprise par Durand de Mende au XIVème siècle dans son Rationale divinorum officium (Livre VII, chapitre XXII) :

C’est pourquoi en ce même jour, la Transfiguration se rapportant à l’état qui doit être celui des fidèles après la résurrection, on consacre le sang du Seigneur avec du vin nouveau, s’il est possible d’en avoir, afin de signifier ce qui est dit dans l’Évangile : Je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu’à ce que je le boive nouveau avec vous dans le royaume de mon Père (Matthieu XXVI, 29). Si l’on ne peut s’en procurer, qu’on pressure au moins dans le calice un peu de raisin arrive à maturité, ou qu’on bénisse des grappes qui soient partagées au peuple. »
Sicard de Crémone (c. 1155 † 1215), Mitrale, IX, XXXVIII.

On verra que cette pieuse coutume de célébrer la messe avec du vin nouveau le 6 août existe également en Orient. Dom Martène indique qu’elle était toujours vivace à Poitiers de son temps. Elle subsista dans les propres de certains diocèses occidentaux jusqu’au XXème siècle.

En 1457, le pape Calixte III inscrit au 6 août du calendrier de l’Eglise de Rome la fête de la Transfiguration, en action de grâces pour l’éclatante victoire de Belgrade contre les Turcs obtenue le 6 août 1456. Saint Sixte devient dès lors une simple mémoire, ses oraisons s’ajoutant à celles de la nouvelle fête de la Transfiguration. Dans certains diocèses, on décida néanmoins de dire deux messes le 6 août, l’une de la Transfiguration, l’autre de saint Sixte, et c’est au cours de celle-ci que continuait d’avoir lieu la bénédiction solennelle du raisin.

Le Rituale romanum publié en 1614 par le pape Paul V ne contient pas la benedictio uvæ ; il est vrai que le dessein du pape, en éditant cet ouvrage, était de donner un manuel bref, essentiellement axé sur la discipline des sacrements, alors battue en brèche par les Protestants. Néanmoins de nombreux rituels diocésains continuèrent de maintenir l’antique tradition de la bénédiction des raisins le 6 août. En voici deux exemples, tirés des livres de Reims et de Verdun, qui montrent qu’on la pratiquait toujours à la fin du canon, comme dans l’Antiquité :

Bénédiction du raisin nouveau - Rituel de Reims de 1677.
Bénédiction du raisin nouveau – Rituel de Reims de 1677.
Bénédiction des raisins le jour de la Transfiguration - rituel de Verdun 1787.
Bénédiction des raisins le jour de la Transfiguration – rituel de Verdun de 1787.

On remarquera qu’au cours des âges, le texte du Sacramentaire grégorien s’est quelque peu poli (l’inundantia(m) pluviarum devenant abundantia pluviarum, le double Domine du début est éliminé, etc.)

L’antique bénédiction romaine des prémices des raisins finit toutefois par revenir dans les livres romains, insérée dans le pléthorique Appendix du Rituale Romanum qui se développa entre le XVIIème et le XXème siècle. On la trouvera au numéro 38 de cette partie de ce livre liturgique.

La bénédiction des prémices du raisin en Orient

La formule dont nous avons tracé l’usage en Occident depuis le Sacramentaire gélasien jusqu’aux plus récentes éditions du Rituale Romanum se retrouve à l’identique de façon tout à fait remarquable dans l’Eglise byzantine.

En voici le texte grec :

Εὐχὴ εὶς μετάληψιν σταφυλῆς τῆ ς΄ Αὐγούστου

Εὐλόγησον, Κύριε, τὸν καρπὸν τοῦτον τῆς ἀμπέλου τὸν νέον, ὃν διὰ τῆς τοῦ ἀέρος εὐκρασίας, καὶ τῶν σταγόνων τῆς βροχῆς, καὶ τῆς τῶν καιρῶν γαλήνης εἰς ταύτην τὴν ὡριμοτάτην στάσιν ἐλθεῖν ηὐδόκησας, ἵνα ᾖ ἐν ἡμῖν τοῖς ἐξ αὐτοῦ τοῦ γεννήματος τῆς ἀμπέλου μεταλαμβάνουσιν εἰς εὐφροσύνην, καὶ τοῖς προσενέγκασι δῶρον εἰς ἐξιλασμὸν ἁμαρτιῶν, διὰ τοῦ ἱεροῦ καὶ ἁγίου Σώματος καὶ Αἵματος τοῦ Χριστοῦ σου· μεθ᾿ οὗ εὐλογητὸς εἶ, σὺν τῷ παναγίῳ καὶ ἀγαθῷ καὶ ζωοποιῷ σου Πνεύματι, νῦν καὶ ἀεὶ καὶ εἰς τοὺς αἰῶνας τῶν αἰώνων. Ἀμήν.

Bénis, Seigneur, ce fruit nouveau de la vigne, que par des saisons calmes, et des pluies douces, et un temps favorable, il t’a plu gracieusement faire parvenir à maturité, afin que nous puissions prendre part dans la joie au fruit de la vigne, et puissions nous te l’offrir comme un don pour la purification de nos péchés, par le Corps et le Sang sacrés et saints de ton Christ, avec qui tu es bénis ainsi que ton très-saint, bon & vivifiant Esprit, maintenant & toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Les deux versions latines – gélasiennes et grégoriennes – présentent un texte remarquablement similaire pour exprimer les mêmes idées ; il est fort probable qu’il s’agisse de deux traductions légèrement différentes d’une prière grecque originelle (l’oraison grecque aujourd’hui en usage que nous avons citée ci-dessus a pu ajouter la seconde partie faisant rappel du Corps et du Sang du Christ à une première rédaction plus simple).

Comme en Occident, la bénédiction des raisins se fait en Orient le 6 août, vers la fin de la divine liturgie de la Transfiguration, après la prière de l’ambon. Elle est précédée de l’usuelle invitation du diacre « Prions le Seigneur », à laquelle le chœur répond « Kyrie eleison ».

Voici comment l’empereur Constantin VII Porphyrogénète (905 † 959) note la cérémonie à la cour de Constantinople :

L’Empereur de Constantinople recueille les « prémices » (« aparches ») à Chalcédoine, où il y a beaucoup de vignes, puis il attend que le Patriarche de Constantinople vienne le jour saint de la Transfiguration du Christ pour bénir les fruits et distribue personnellement les raisins aux fidèles.
(De ceremoniis aulæ Byzantinæ)

En Orient, l’ancien usage veut qu’on s’abstienne de consommer tout raisin avant sa bénédiction le 6 août. Cette règle était déjà prescrite dans le Typicon de Saint-Sabas (Vème-VIIème siècles) et demeure toujours observée dans certaines régions de Grèce ou de Russie.

La bénédiction des raisins dans le rit byzantin ne se fait que le jour de la fête le 6 août et n’est pas répétée durant les 7 jours d’après-fête ni à la clôture de celle-ci le 13 août.

En Russie, où le raisin était un met impossible à produire en raison du climat, l’usage se prit de bénir des pommes le jour de la Transfiguration en place du raisin, au point que le nom populaire de la Transfiguration devint la fête du « Sauveur des pommes ». De nos jours, les fidèles apportent toujours des pommes en ce jour, mais aussi du raisin et des autres fruits qu’il est plus aisé de trouver désormais dans les commerces. Voici quelques images des bénédictions de la Transfiguration :

Si les rituels syriaques contiennent une bénédiction pour les raisins, celle-ci n’est pas affectée à un jour liturgique particulier.

Les Arméniens bénissent quant à eux les raisins en la fête de l’Assomption. Cette date est probablement plus favorable à l’obtention des prémices de ces fruits dans les montagnes arméniennes.

Chez les Arméniens, la coutume voulant qu’on ne mange pas de raisin jusqu’à sa bénédiction reste encore très vivace. Voici à ce sujet un discours du catholicos Karékine Ier (1932 † 1999) :

Si tu manges un grain de raisin avant la fête de l’Assomption de la Sainte Vierge Marie, tu n’auras certes pas commis de péché mortel et tu n’iras pas en enfer… Si tu n’en goûtes pas jusqu’à ce jour, où l’Eglise bénit ce raisin, tu ne seras pas en décalage d’un iota par rapport à la marche de ce monde. Mais si, non seulement tu décides de ne pas en manger, mais, qui plus est, tu ne ressens pas de gêne en annonçant à ton ami ou ton voisin, que c’est par amour de la tradition de ta Patrie, que tu n’en goûtes pas, alors c’est ta Nation qui résonne en toi, sous l’inspiration de ta conscience nationale et de la conservation de ta tradition. Sois certain, que tu ne seras pas méprisé par les autres, tu ne peux que gagner du respect de la part d’un entourage cultivé… N’oublie jamais que, pour nous qui vivons loin de la mère patrie, nos traditions spécifiques représentent la terre de notre patrie dans notre vie. »

Conclusion

La bénédiction des prémices du raisin le 6 août est un exemple frappant d’unité entre l’Orient et l’Occident, alors même que les uns célébraient la Transfiguration et les autres la saint Sixte. Il est fort possible que notre bénédiction du raisin au 6 août soit antérieure à ces deux fêtes, ce qui laisse envisager une très grande ancienneté de cet usage chrétien. En effet, le texte commun de la bénédiction des raisins ne présente aucune relation ni avec la Transfiguration orientale, ni avec la fête de saint Sixte occidentale, et les diverses tentatives de fournir une explication rationnelle de cette coutume à cette date paraissent des constructions a postériori. Peut-être est-on là en présence d’un usage de la primitive Eglise de Jérusalem à cette date du 6 août, dans une Palestine où le raisin arrive à maturité plus tôt en raison du climat.

Voici donc une antique tradition à revivifier, comme l’incitait l’an passé Father Z sur ce célèbre blog américain.

Laissons le mot de la fin à J. Parisot qui étudia en profondeur cette question en 1899 :

« Bien que, suivant le principe formulé par saint Grégoire, l’unité de la foi n’ait pas à souffrir de la diversité des usages, il est constant qu’à côté des innovations liturgiques survenues au cours des siècles, maintes pratiques subsistent, communes à l’Orient et à l’Occident, et que l’on doit faire remonter, sinon au temps de l’unité liturgique primitive, du moins à l’époque où la nature des relations ecclésiastiques permettait des emprunts réciproques. Ce n’est donc pas seulement par l’accord sur les points essentiels du dogme et des formules sacramentelles que s’affirme l’unité chrétienne, mais souvent par la conformité, maintenue en dépit des divisions dogmatiques et politiques, de traditions accessoires, dont on vient de voir un remarquable exemple ».
J. Parisot, La bénédiction liturgique des raisins, Revue de l’Orient chrétien IV (1899), p. 363.

Programme de la fête de saint Luc, évangéliste

Saint Luc - miniature des Grandes Heures d'Anne de BretagneSaint-Eugène, le dimanche 17 octobre 2026, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45. Mémoire du XXIème dimanche après la Pentecôte à la messe & aux vêpres.

Luc était originaire d’Antioche et était médecin (cf. Colossiens IV, 14 – il exerçait donc toujours son art au moment où saint Paul écrivit cette épître). Il est probable qu’il n’était pas juif mais prosélyte (les Pères l’ont déduit de la lecture du chapitre IV de l’Epitre aux Colossiens, où saint Paul, après avoir cité les noms de plusieurs disciples, dit au verset 11 que ceux-là sont du nombre des circoncis ; puis il énumère une nouvelle liste de disciples, dont saint Luc : de là saint Jean Chrysostome, comme beaucoup d’autres Pères au témoignage de saint Jérôme, ont inféré que Luc n’était pas juif de naissance).

Certains Pères de l’Eglise, à la suite d’Origène, ont identifié saint Luc avec Lucius qui est cité à la fin de l’Epître aux Romains (XVI, 21) et qui y est décrit par saint Paul comme l’un de ses parents (la latinisation du nom de Luc qu’on voit dans l’Epître aux Romains y trouverait son parallèle avec la latinisation dans le même texte de Silas en Sylvanus). Cette identification n’a toutefois pas été retenue par les Ménées grecs ni par la liste des 70 disciples de saint Hippolyte de Rome, qui font de ce Lucius parent de saint Paul un personnage distinct de l’Evangéliste, et premier évêque de Laodicée en Syrie (fête le 22 avril).

Les Ménées grecs font de saint Luc un des 72 disciples du Christ et on le trouve ainsi en 15ème position dans la liste qui parait avoir été établie par saint Hippolyte de Rome. Cette opinion est soutenue par Adamance au début du IVème siècle puis par saint Epiphane. Certains, comme saint Grégoire le Grand, estiment que Luc était le disciple compagnon de Cléophas auquel le Christ apparait à Emmaüs le jour de sa résurrection. Toutefois, saint Irénée l’appelle le disciple des Apôtres, et Tertullien précise qu’il a reçu l’Evangile par saint Paul, laissant entendre donc qu’il n’a pas été un disciple direct du Christ. Cette dernière opinion semble corroborée par les premiers versets de l’Evangile de Luc, où celui-ci précise qu’il s’est informé auprès de témoins oculaires directs avant d’écrire son évangile, ce qui laisse entendre qu’il ne fut pas lui-même un témoin direct de la prédication et de la résurrection du Christ. Cette dernière opinion est celle d’Eusèbe, de saint Jérôme, de saint Augustin et de Théodoret.

Après sa conversion, Luc devint le compagnon de saint Paul dans l’évangélisation. Dans les Actes des Apôtres, il se met à employer la première personne du pluriel à partir du verset 10 du chapitre XVI, ce qu’il n’avait pas fait antérieurement :

« Nous nous disposâmes à passer en Macédoine, ne doutant point que Dieu ne nous y appelât pour y prêcher l’Évangile. »

Luc a donc dû rejoindre Paul à Troade en l’an 51, peu de temps après le départ de saint Barnabé, juste avant donc que leur petite troupe apostolique ne passe en Macédoine. Saint Irénée, dénombrant les voyages que Luc fit en compagnon de Paul, met ce voyage en premier. Après avoir séjourné avec Paul à Philippe de Macédoine, ils parcoururent ensemble les villes de la Grèce. Saint Paul nomme plusieurs fois saint Luc comme le compagnon de ses travaux, comme son coopérateur (cf. Philémon 24 et II Timothée IV, 11). Parfois, Paul envoya Luc comme légat, comme vers l’an 56 où il l’envoie avec Tite à Corinthe pour régler les affaires complexes de cette Eglise.

Cultivé & lettré tant en grec qu’en araméen (n’oublions pas que son métier de médécin suppose une excellente éducation), Luc rédigea le IIIème évangile ainsi que sa suite, les Actes des Apôtres : le style y est exact, pur, élégant. Comme les Actes des Apôtres s’arrêtent deux ans après l’arrivée de Paul à Rome, il y a lieu de penser que les deux ouvrages ont été rédigés avant l’an 63. Selon la tradition romaine, l’église Sainte-Marie-in-via-Lata est édifiée sur l’emplacement où Paul et Luc résidaient à Rome lorsque les Actes des Apôtres furent achevés.

L’évangile de saint Luc, même s’il fut rédigé en tenant compte des témoins oculaires des évènements, reflète aussi probablement la prédication de saint Paul, donc Luc était l’assistant, de façon étroite. On notera une certaine conformité des expressions dont tous les deux se sont servis en rapportant le récit de l’institution de l’Eucharistie (Luc XXII, 17 et I Corinthiens XI, 23-25) et l’apparition de Jésus-Christ à saint Pierre (Luc XXIV, 34 & I Corinthiens XV, 5). Son évangile est riche des récits de l’Incarnation, ce qui corrobore la tradition selon laquelle la Sainte Vierge connut saint Luc (une tradition rapporte aussi l’existence de portraits de la Vierge peints par saint Luc – la plus ancienne mention en est faite par l’historien Théodore Lecteur vers l’an 518 qui rapporte qu’on envoya de Jérusalem à l’Impératrice Pulchérie un portrait de la Sainte Vierge peint par saint Luc). La parabole de l’Enfant prodigue lui est propre également.

L’évangile de Luc fut peut-être édité avant son envoi par Paul comme légat avec Tite à Corinthe vers 56, comme pourraient l’indiquer les versets 18 & 19 du chapitre VIII de la seconde Epître aux Corinthiens :

Nous avons envoyé aussi avec lui notre frère qui est devenu célèbre par l’Évangile dans toutes les Églises ; et qui de plus a été choisi par les Églises pour nous accompagner dans nos voyages, et prendre part au soin que nous avons de procurer cette assistance, pour la gloire du Seigneur, et pour seconder notre bonne volonté.

Outre l’évangile et les Actes des Apôtres – qui se présentent comme deux volets du même ouvrage destiné à un certain Théophile (l' »Ami de Dieu » – la plupart des Pères ont considéré très tôt qu’il s’agissait d’une figure de style et non d’un personnage réel), saint Clément d’Alexandrie et saint Jérôme ajoutent que saint Luc a également traduit en grec l’Epître de saint Paul aux Hébreux. Il est vrai que le style littéraire de cet ouvrage se démarque beaucoup des autres épîtres de saint Paul, mais c’est de fait un élément favorable en faveur de son authenticité : alors que les autres épîtres étaient dictées directement en grec par saint Paul (leur style plus simple témoignent d’une dictée orale), celle pour les Hébreux a vraisemblablement été dictée en araméen, puis posément et ultérieurement traduite en grec par un assistant de Paul (fort probablement saint Luc) : le traducteur ayant plus de temps pour l’établissement de son texte, celui-ci est plus ciselé et plus littéraire, au contraire du style plus oral des autres épîtres de saint Paul.

Après avoir accompagné Paul à Rome pour son ultime voyage, Luc mourut martyr en Grèce, selon certains en Achaïe, selon d’autres à Thèbes en Béotie, à un âge fort avancé (84 ans selon saint Jérôme & les Ménées).

Les Grecs comme les Latins font la fête de saint Luc le 18 octobre. Notons que l’antique martyrologe hiéronymien indique lui une fête de saint Luc le 21 septembre et marque le 18 octobre comme la date d’une translation de ses reliques en Orient

Pourtant ce n’est pas le 18 octobre mais le 3 mars 357 que l’empereur Constance, fils de Constantin, fit transporter le corps de saint Luc à Constantinople et le fit déposer sous l’autel de l’église des Saints-Apôtres, auprès des saintes reliques des Apôtres André et Timothée. On distribua alors quelques portions de ces reliques de saint Luc : saint Gaudence de Bresse en procura à son église, saint Paulin en mit dans l’église de Saint-Félix à Nole et dans une autre à Fondi. A Constantinople même, une reconnaissance de ces reliques eut lieu sous l’empereur Justinien lorsque ce dernier entrepris de reconstruire la basilique des Saints-Apôtres construite par l’empereur Constantin et achevée sous son fils Constance. Saint Grégoire le Grand, apocrisiaire à Constantinople, apporta le chef de saint Luc à Rome (avec un bras de saint André) et déposa ces précieuses reliques dans l’église du monastère de Saint-André. D’autres reliques de saint Luc furent partagées au Mont-Athos et en Italie. Toutefois, lorsque le fanatisme des Turcs s’attacha à détruire la basilique impériale des Saints-Apôtres de Constantinople en 1461, le restant des reliques de l’Apôtre et Evangéliste fut jeté dans le Bosphore (du côté européen) avec des centaines d’autres ossements provenant des nombreux tombeaux des empereurs, patriarches et notables qui ornaient cette basilique-nécropole, parmi lesquels les restes mortels des empereurs saint Constantin, Justinien et Basile II.

A la messe :

  • Procession d’entrée : Grand Jeu – Pierre du Mage (1674 † 1751), conseiller du Roi, organiste de la collégiale royale de Saint-Quentin puis de la cathédrale de Laon
  • Ordinaire : Messe brève « Aux Chapelles » de Charles Gounod (1818 † 1893)
  • Epître : II Corinthiens VIII, 16-24 : Nous avons envoyé aussi avec lui notre frère qui est devenu célèbre par l’Évangile dans toutes les Églises ; et qui de plus a été choisi par les Églises pour nous accompagner dans nos voyages, et prendre part au soin que nous avons de procurer cette assistance, pour la gloire du Seigneur, et pour seconder notre bonne volonté.
  • Evangile : Luc X, 1-9 : Ensuite le Seigneur choisit encore soixante et douze autres, qu’il envoya devant lui, deux à deux, dans toutes les villes et dans tous les lieux où lui-même devait aller.
  • Credo III
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Laudate Dominum (Psaume CXVI) de Charles Gounod
  • Préface des Apôtres & Evangélistes
  • A l’Elévation : O salutaris hostia de la Messe brève « Aux Chapelles » de Charles Gounod
  • Pendant la communion : Sicut cervus – Charles Gounod (Psaume XLI, 2)
  • Prière pour la France, sur le VIème ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Après le dernier Evangile : Sub tuum præsidium
  • Procession de sortie : Carillon de Westminster – Louis Vierne (1870 † 1937), organiste de Notre-Dame de Paris

A la sortie de la messe, vente de gâteaux, rafraichissements, petite brocante par la Schola Sainte Cécile pour financer l’orchestre pour la fête de sainte Cécile le 22 novembre prochain.

https://www.youtube.com/channel/UCIz1_vK-gfwd26Q3cIvDxPg

IIndes vêpres de la fête de saint Luc avec mémoire du XXIème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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Télécharger le livret de la mémoire des IIndes vêpres du XXIème dimanche après la Pentecôte au format PDF.

Programme du XXème dimanche après la Pentecôte – saints thaumaturges de Moscou – ton 3

Icône des saints thaumaturges de Moscou Pierre, Tikhon, Philippe, Alexis, Hermogène et JonasParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 18 octobre 2026 du calendrier grégorien, 5 octobre 2026 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton III de l’Octoèque. Nous fêtons en ce jour leurs Saintetés les métropolites et patriarches Pierre, Théognoste, Alexis, Cyprien, Photius, Jonas, Gérontius, Joasaph, Macaire, Philippe, Job, Hermogène, Tikhon, Pierre, Philarète, Innocent et Macaire, thaumaturges de Moscou & de toute la Russie.

L’institution d’une fête commune pour honorer les saints Pierre, Alexis & Jonas, métropolites & thaumaturges de Moscou et de toute la Russie remonte au 5 octobre 1596, date où elle fut créée par le patriarche Job. En 1875, saint Innocent, métropolite de Moscou, adjoignit saint Philippe à la liste initiale. En 1913, saint Hermogène fut ajouté et enfin, en 2005, les saints Innocent, Macaire, Job, Tikhon, Philarète, Pierre et Macaire. Plus récemment furent ajoutés Théognoste, Cyprien, Photius, Gérontius, Joasaph & Macaire.

  1. Saint Pierre (né vers 1260, mort le 20 décembre 1326) est fêté le 21 décembre et le 24 août (translation des reliques dans la nouvelle cathédrale de la Dormition le 24 août 1479). Il devint métropolite de Kiev en 1308 (après une apparition de la Vierge à son prédécesseur saint Maxime de Kiev pour confirmer son choix de Pierre comme successeur). Il ne peut alors résider dans sa ville de Kiev, alors ravagée par les Tatars. Il décide de s’installer à Moscou en 1325, entrevoyant le futur de cette ville dans l’histoire de la Russie et y décide la construction de la cathédrale de la Dormition dans le Kremlin. Célèbre par sa douceur et son humilité, il résista néanmoins à l’orgueil des princes et n’hésita pas à voyager avec énergie dans toute la Russie pour confirmer dans la foi le peuple chrétien et lutter contre la propagande islamique. Après sa mort, de nombreuses guérisons miraculeuses s’accomplissent sur son tombeau. Le 1er juillet 1472, en raison des travaux de reconstruction de la cathédrale de la Dormition, son tombeau fut ouvert et son corps trouvé incorrompu. Pendant longtemps, les décisions importantes que prenaient les princes de Moscou ne se faisaient qu’après une prière sur le tombeau de saint Pierre.
  2. Saint Alexis (né entre 1292 et 1305, mort le 12 février 1378) est fêté le 12 février et le 16 octobre (translation de ses reliques en 1948). Il fut reçut moine par saint Serge de Radonège en 1320 dans le Monastère de l’Epiphanie de Moscou où il passa sa vie en ascète. En 1354, il devint métropolite de Kiev et de toute la Russie en résidence à Moscou, confirmé par le patriarche de Constantinople en 1356. Il fonde le célèbre monastère Tchoudov (du « Miracle ») au Kremlin, où il fut inhumé. Lorsqu’on exhuma son corps en 1431, on constata qu’il était incorrompu. Les reliques de saint Alexis furent transférées à la cathédrale de l’Épiphanie le 16 octobre 1948, alors que l’Église russe célébrait le huitième centenaire de Moscou.
  3. Saint Jonas (né en 1390, mort le 31 mars 1461) est fêté le 31 mars, le 27 mai (translation des reliques) et le 15 juin. Il fut élu métropolite de Moscou et de toute la Russie en 1448, sans l’assentiment du patriarche de Constantinople (ce qui de facto instaura l’autocéphalie de l’Eglise russe). C’est le premier à abandonner la titulature traditionnelle de Kiev, l’ancienne capitale où le chef de l’Eglise russe ne pouvait plus résider en raison de la domination tatare (cette ville passe sous le contrôle de la Pologne-Lituanie en 1362). Le 27 mai 1472 son corps fut exhumé de son tombeau dans la cathédrale de la Dormition du Kremlin de Moscou, alors en reconstruction, et fut retrouvé incorrompu.
  4. Saint martyr Philippe II (né le 11 février 1507, mort le 12 décembre 1569) est fêté le 9 janvier et le 3 juillet (translation des reliques des Iles Solovetski à Moscou). Ami de jeunesse d’Ivan le Terrible, il devint moine puis higoumène du monastère des Iles Solovetski, où le Christ lui apparait en lui présentant la couronne d’épines et les instruments de la Passion. En 1566, il est appelé à Moscou par le tsar Ivan le Terrible pour devenir métropolite de Moscou. Il n’hésite pas à dénoncer les crimes d’Ivan, qui le dépose et l’exile, avant d’ordonner de le faire étrangler par son bourreau préféré Maliouta Skuratov. Entrant dans la cellule de saint Philippe, le bourreau se jeta à ses pieds et dit:
    – O Maître, saint, donnez votre bénédiction au roi qui va faire campagne à Novgorod.
    Mais saint Philippe lui répliqua :
    – Faites ce que vous voulez, mais le don gratuit de Dieu ne sera pas trompé.
    Le bourreau l’étouffa alors avec un oreiller.
  5. Saint martyr Hermogène (né avant 1530, mort le 17 février 1612) est fêté le 17 février et le 12 mai (translation des reliques en 1913). D’abord métropolite de Kazan (conquise en 1552), où il engagea la christianisation des Tatars, il fut élu 3ème patriarche de Moscou en 1606 et fut à l’initiative du soulèvement populaire qui mit fin à la Période des Troubles. Il est mort de faim en prison.
  6. Saint Innocent (né le 26 août 1797, mort le 31 mars 1879) est fêté le 31 mars et le 23 septembre. A partir de 1823, il fut apôtre de l’Alaska (alors terre russe) et des Iles Aléoutiennes et celles de l’archipel des Iles Alexandre en particulier. Il composa un alphabet aléoute, et rédigea dans cette langue divers ouvrages, traduisit un catéchisme, l’Évangile selon Matthieu et les prières les plus importantes. Il fit de même pour la langue tlingit. Il fut sacré évêque du Kamtchatka (en Sibérie), des Iles Kouriles et des Iles Aléoutiennes le 15 décembre 1840. En 1850, Mgr Innocent fut élevé au rang d’archevêque. Il transféra alors son siège épiscopal de Novo Arkhangelsk à Yakoutsk, sur le continent asiatique. Là encore, il favorisa la traduction et l’édition des textes bibliques et liturgiques dans les langues locale. De la Yakoutie, il se mit à suivre le fleuve Amour pour parcourir la partie asiatique de son diocèse et commença à évangéliser en Mandchourie. En 1868, âgé de 71 ans, il fut nommé Métropolite de Moscou. Durant les 10 années qu’il vécut encore, malgré une maladie des yeux qui le faisait beaucoup souffrir, il s’attacha beaucoup à la formation du clergé. Il est vénéré comme Egal-aux-Apôtres, en tant qu’apôtre de l’Amérique.
  7. Saint Macaire (né en 1482, mort le 31 décembre 1563) est fêté le 30 décembre. Archevêque de Novgorod en 1523, il devint métropolite de Moscou et de toute la Russie en 1542. Il canonisa 39 saints russes.
  8. Saint Job (né vers 1525, mort le 19 juin 1607) est fêté le 5 avril et le 19 juin. Evêque de Kolomna en 1581 puis archevêque de Rostov en 1586, il fut élu en 1587 métropolite de Moscou et de toute la Russie. En 1589, il reçoit la visite du patriarche Jérémie II de Constantinople et obtient de lui la promotion de son titre de Métropolite en celui de Patriarche. Cette initiative est entérinée par les Conciles de Constantinople de 1590 et de février 1603. Saint Job est donc le premier patriarche de Moscou. Il favorisa la propagation du christianisme dans la région de la Volga, conquise par Ivan le Terrible, et en Sibérie qui venait d’être rattachée sous le règne de Boris Godounov. En 1662, son corps incorrompu et odoriférant fut transféré à la cathédrale de la Dormition du Kremlin.
  9. Saint néomartyr Tikhon (né le 19 janvier 1865, mort le 25 mars 1925) est fêté le 25 avril et le 26 septembre. Evêque des Îles Aléoutiennes et de l’Alaska puis de Iaroslav, il fut élevé, le 15 août 1917, à la dignité de métropolite de Moscou & le 5 novembre de la même année, il fut élu au Patriarcat de Moscou qu’on venait de restaurer. Tikhon condamna publiquement l’assassinat de la famille impériale en 1918, et protesta contre les attaques violentes des bolcheviks contre l’Église. Pendant la famine de 1922, le Patriarche fut accusé d’être un saboteur par le gouvernement communiste, et fut pour ce motif incarcéré en avril 1922 au monastère Donskoï jusqu’à sa mort. Il avait prédit juste avant de mourir : « la nuit sera sombre et longue, très longue ». Un million de fidèles assistèrent à ses funérailles, bravant le pouvoir communiste. Le 19 février 1992 ses reliques furent retrouvées presque intactes.
  10. Saint Philarète (né le 26 décembre 1782, mort le 19 novembre 1867) est fêté le 19 novembre. Evêque de Reval en 1817, archevêque de Tver en 1819, métropolite de Moscou en 1826. Grand intellectuel et prédicateur de talent, il passe pour avoir inspiré au Tsar Alexandre II le décret mettant fin au servage.
  11. Saint néomartyr Pierre (né le 28 juin 1862, mort le 27 septembre 1937) est fêté le 27 septembre. Secrétaire du Saint Synode, le saint patriarche Tykhon lui demanda de devenir évêque. « Si je refuse, je serai traître à l’Eglise, mais je sais qu’en acceptant, je signe ma propre peine de mort » lui répondit-il. Il fut sacré évêque de Podolsk par le patriarche Tikhon le 8 octobre 1920. Presque aussitôt il fut arrêté par les Communistes et exilé jusqu’en 1923. De retour d’exil, il fut élevé comme archevêque puis métropolite de Kroutitsy, non loin de Moscou. Après la mort du saint patriarche Tikhon, il fut locum tenens du patriarcat de Moscou, et à nouveau exilé par le pouvoir communiste en 1926. Ayant refusé à plusieurs reprises de devenir un agent communiste, il fut condamné et fusillé.
  12. Saint Macaire II (né le 1er octobre 1835, mort le 2 mars 1926) est fêté le 16 février. Missionnaire de l’Altaï en février 1855, il traduit dans cette langue les Évangiles, des livres liturgiques, des prières. Son dévouement et son amour lui feront acquérir un grand respect de la population autochtone, notamment lorsqu’il sauvera un enfant mordu par un serpent en aspirant le venin malgré les risques. Au cours de ses années passées dans l’Altaï, beaucoup de miracles et de guérisons seront rapportés. En 1912, il est nommé métropolite de Moscou après avoir été archevêque de Tomsk. A partir de 1917, le nouveau pouvoir cherche à la déposer en lançant une série de fausses accusations contre lui et finit par l’exiler. En 1957, le Patriarche Alexis Ier ordonnera que son cercueil soit ouvert et on découvrira que son corps est incorrompu. Il sera ensuite transféré à la Laure de la Trinité Saint-Serge. Des miracles sont encore aujourd’hui rapportés sur ses reliques.

Icône-reliquaire des saints thaumaturges de Moscou Philippe, Macaire, Hermogène, Pierre, Alexis et JonasEn célébrant ces hiérarques thaumaturges un jour commun, l’Église russe honore ses protecteurs célestes qui intercèdent pour Moscou et pour toute la Russie.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de leurs Saintetés. Kondakion : du dimanche.
A sexte: Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire de leurs Saintetés. Kondakion : de leurs Saintetés.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche ton 3, 4 tropaires de la 3ème ode du canon de leurs Saintetés :
1. Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, * ô Christ, tu l’as chassé du Paradis ; * mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron * te confessant sur la croix et criant : * Souviens-toi de moi, Sauveur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Pour notre faute, tu nous condamnas * à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie ; * mais, souffrant dans ton corps, Maître sans péché, * tu fis revivre les morts qui s’écrièrent : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Ressuscité d’entre les morts, tu nous sauvas de nos passions, * Seigneur, par ta sainte Résurrection ; * et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort ; * c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, * Dieu, les morts qu’aux Enfers tu vivifias ; * et, dans ta bonté, tu fus la source de l’immortelle vie * pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. Aux Myrrophores tu apparus d’abord, * Sauveur ressuscité d’entre les morts, * leur criant : Réjouissez-vous ! * et par elles, ô Christ, tu révèles ton éveil à tes amis ; * aussi te crions-nous : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.
6. Sur la montagne Moïse, étendant les bras, préfigurait la croix et triomphait d’Amalec ; * nous-mêmes, nous la prenons pour combattre les démons * et tous ensemble avec foi te crions : * Souviens-toi de nous aussi ** quand tu entreras dans ton royaume.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 3 : Que les Célestes soient en liesse ! * Que les terrestres se réjouissent ! * Car le Seigneur a établi son Règne par son bras, * terrassant la mort par la mort, * Lui le Premier-Né d’entre les morts. * Il nous libère du ventre de l’enfer, ** et offre au monde la grande miséricorde.
2. Tropaire de leurs Saintetés, ton 4 : Primats de Russie, * fidèles dépositaires de l’apostolique tradition, * inébranlables colonnes * et docteurs de la vraie foi, * Pierre, Alexis, Jonas * Philippe, Hermogène & Tikhon * priez le Maître universel * pour qu’au monde il accorde la paix ** et à nos âmes la grande miséricorde.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de leurs Saintetés, ton 3 : Ô hiérarques, vous qui avez vécu dans la piété, * vous avez guidé le peuple à la connaissance de Dieu, * et vous fûtes fort agréables à Dieu ; * aussi vous avez reçu de Lui l’incorruptibilité et avez été glorifiés par les miracles, ** comme disciples de la grâce Divine.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 3 : Tu es ressuscité aujourd’hui du tombeau, ô Miséricordieux, * et Tu nous as écartés des portes de la mort. * Aujourd’hui Adam exulte et Ève se réjouit ; * avec eux prophètes et patriarches ne cessent de chanter ** la force divine de ta puissance.

Prokimen
Du dimanche, ton 3 :
℟. Sonnez pour notre Dieu, sonnez ; sonnez pour notre Roi, sonnez ! (Psaume 46, 7).
℣. Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! (Psaume 46, 2).
De leurs Saintetés, ton 7 :
℟. Elle a du prix aux yeux du Seigneur, la mort de ses serviteurs (Psaume 115, 5).

Epîtres
Du dimanche : Galates (§ 200) I, 11-19.
Je vous déclare donc, frères, que l’Évangile que je vous ai prêché, n’a rien de l’homme.
De leurs Saintetés : Hébreux (§ 335) XIII, 17-21.
Obéissez à vos conducteurs, et soyez soumis à leur autorité : car ce sont eux qui veillent sur vos âmes, comme devant en rendre compte.

Alleluia
Du dimanche, ton 3 :
℣. En toi, Seigneur, j’ai mon abri ; sur moi pas de honte à jamais (Psaume 30, 2).
℣. Sois pour moi un Dieu qui me défend, un lieu fort qui me sauve (Psaume 30, 3.)
De leurs Saintetés :
℣. Que tes prêtres soient revêtus de justice, et que tes saints tressaillent de joie (Psaume 131, 9).

Evangile
Du dimanche : Luc (§ 26) VI, 31-36.
Soyez donc pleins de miséricorde, comme votre Père est plein de miséricorde.
De leurs Saintetés : Matthieu (§ 11) V, 14-19.
Celui donc qui violera l’un de ces moindres commandements, et qui apprendra aux hommes à les violer, sera regardé dans le royaume des cieux comme le dernier ; mais celui qui fera et enseignera, sera grand dans le royaume des cieux.

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
De leurs Saintetés : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme de la messe de Requiem pour M. l’Abbé Paul Aulagnier

M. l'Abbé Paul Aulagnier, ibpSaint-Eugène, le samedi 17 octobre 2026, Requiem solennel de 11h.

Né le 25 Mai 1943 à Ambert (Puy-de-Dôme), l’abbé Aulagnier entre en 1964 au Séminaire Français de Rome, juste à la fin de la dernière session du Concile Vatican II. A la Grégorienne, il passe sa licence de philosophie, rencontre Mgr Lefebvre qu’il suit dans la fondation de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X à Fribourg et à Ecône.

Ordonné prêtre par Mgr Lefebvre le 17 octobre 1971, il est son supérieur du District de France pour la FSSPX de 1976 à 1994, ainsi qu’assistant du Supérieur Général de 1969 à 2002.

Ne partageant pas les idées de Mgr Fellay, il quitte la FSSPX, puis fonde, en 2006, l’Institut du Bon Pasteur, avec l’abbé Laguérie, l’abbé Héry, l’abbé de Tanoüarn et l’abbé Forestier. Il installe le séminaire saint Vincent de Paul à Courtalain et en est recteur quelques années. Ce séminaire accueille aujourd’hui une cinquantaine de séminaristes.

Deux ans avant son rappel à Dieu, il sauve de la ruine le Couvent Saint-Paul à Thiviers (Périgord) et en fait une maison de retraites spirituelles (Exercices spirituels de saint Ignace, retraites mariales, accueil de pèlerins) et un préséminaire, afin de permettre aux jeunes appelés à la vocation de mieux discerner et d’apprendre le latin, voire le français, le séminaire ayant une portée internationale.

Ce requiem solennel est célébré au 55ème anniversaire de son ordination sacerdotale.

L’après-midi, un cycle de conférences sera proposé au Centre Saint-Paul, par les fondateurs de l’Institut du Bon Pasteur, le Séminaire Saint Vincent de Paul – Institut du Bon Pasteur et les prêtres qui lui ont succédé au Couvent Saint-Paul à Thiviers, son dernier projet.

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Programme de la solennité de saint Denys, premier évêque de Paris, & ses compagnons Rustique, prêtre, & Eleuthère, diacre, martyrs

saint Denis portant sa tête - Maître de Sir John Fastoff (c. 1430 - 1440), Getty MuseumSaint-Eugène, le dimanche 11 octobre 2026, messe solennelle de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Saint Denis est le premier évêque de Paris, il mourut martyr avec ses compagnons saint Rustique, prêtre, et saint Eleuthère, diacre.

Selon le texte le plus ancien de sa Passion, mise en forme vers l’an 500, Denys a été envoyé de Rome en Gaule comme évêque missionnaire par le pape saint Clément, troisième successeur de saint Pierre, de 88 à 97. Denys parvient à Paris avec un groupe de disciples évangélisateurs, parmi lesquels on compte saint Rustique, saint Eleuthère, saint Eugène (martyrisé à Deuil-la-Barre) et saint Yon (martyrisé à Chastres-sous-Montlhéry, aujourd’hui Arpajon). A Paris, Denys construit la première cathédrale, prêche la foi véritable aux habitants et les convertit au Christ. Les autorités romaines ne tardent pas à remarquer son action. Soumis à un interrogatoire, Denys et ses compagnons se déclarent chrétiens et sont mis à mort, décapités par le glaive du bourreau. Selon la tradition, les trois saints souffrirent le martyre à Montmartre (= le Mont des Martyrs). Pour empêcher que leurs dépouilles ne soient jetés dans la Seine, une aristocrate romaine encore païenne, Catulla, décide de s’en emparer par la ruse et de les ensevelir dans un champ de sa propriété au Nord de Lutèce. La tombe de saint Denys devint très tôt lieu de pèlerinage et de nombreux chrétiens se firent ensevelir au plus près de celle-ci dès la paix de l’Eglise survenue au IVème siècle sous le règne de Constantin. Sainte Geneviève fit construire vers 520 une première église sur la sépulture de saint Denys, qui devint par la suite l’Abbaye royale de Saint-Denis, lieu de sépulture des rois de France.

Fête double de 1ère classe dans l’archidiocèse de Paris, elle surpasse le XXème dimanche après la Pentecôte, ainsi que la fête de la Maternité de la Sainte Vierge, dont on fait mémoire.

A la messe :

IIndes vêpres de la solennité de saint Denys avec mémoire du XXème dimanche après la Pentecôte et de la fête de la Maternité de la Sainte Vierge. Au salut du Très-Saint Sacrement :

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Programme du XIXème dimanche après la Pentecôte – saint Chariton – ton 2

Vénérable Père saint Chariton le Confesseur - fresque du monastère de Dyonisiou - Mont Athos - XVIème siècleParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le samedi 10 octobre 2026 du calendrier grégorien 2026 27 septembre 2026 du calendrier julien, pannychide pour les défunts de la paroisse Pierre-Adolphe et Christine – le dimanche 11 octobre 2026 du calendrier grégorien, 28 septembre 2026 du calendrier julien, matines de la résurrection à 9h.

Dimanche du ton II de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour notre Vénérable Père Chariton le Confesseur.

Saint Chariton (ou Cariton) fut le premier au début IVème siècle à organiser la vie monastique dans le désert de Judée, entre Jérusalem & la Mer Morte, à l’instar de ce qui se pratiquait en Egypte.

Chariton commença par fonder la célèbre laure de Pharan, à 6 milles au Nord de Jérusalem. La dédicace de l’église de ce monastère fut faite par saint Macaire, évêque de Jérusalem, pontife de cette Eglise de 312 à 335 environ (ce monastère, ruiné, a été relevé il y a une quinzaine d’années par l’Eglise russe hors frontières). Le nombre de ses disciples allant grossissant, Chariton tenta de se retirer d’avantage au désert et dû fonder pour cela une seconde laure à Douca près de Jéricho (monastère aujourd’hui restauré) et une troisième dans le désert de Theuca, au Sud de Bethléem – lieu de naissance du prophète Amos -, avant d’y mourir vers 340. Ce troisième monastère, qui fut surnommé Souca (« Monastère » en Syriaque) ou « La Vieille Laure », finit du reste par prendre le nom de son fondateur. Ce n’était au début qu’une caverne en haut d’une falaise par laquelle on ne pouvait accéder qu’au moyen d’une corde. Puis cet établissement devint l’un des plus grands centres monastiques de Palestine. La tombe de saint Chariton s’y voyait encore lorsque l’Higoumène russe Daniel périgrinait en Palestine aux alentours de l’an 1110. Le corps de saint Chariton fut transféré cependant avant 1131 dans une église de Jérusalem qui lui fut dédiée, mais qui fut détruite au XVIIème siècle.

Faute de règle écrite, il est assez difficile de connaître le détail de la vie monastique qui était réglée dans les 3 laures fondées par saint Chariton, sinon en glanant des éléments épars dans les vies des nombreux saints qui y fleurirent du IVème au VIIème siècle. Les laures étaient à mi-chemin entre l’érémitisme strict et le cénobitisme : elles étaient en effet constituées de cellules disséminées à peu de distance les unes des autres. Les offices de jours et de nuit se disaient de façon solitaire en cellule, saut pour les vigiles de la résurrection – premières vêpres et matines du dimanche – célébrées en commun chaque samedi soir à l’église de la laure. Le jeûne et l’abstinence perpétuels semblent avoir été de règle, le silence, l’hospitalité et le travail manuel valorisés.

Il est probable qu’on a ultérieurement confondu les vies de ce Chariton palestinien du IVème siècle avec un autre saint Chariton, martyrisé à Iconium en Asie Mineure sous Aurélien au IIIème siècle (il y a du reste deux autres saints martyrs du nom de Chariton fêtés les 3 et 9 septembre dans le calendrier byzantin).

Le rit romain fait également mémoire de notre saint au 28 septembre :

Saint Cariton, célèbre instituteur de laures dans la Palestine ; mort dans le IVème siècle. (Martyrologe romain)

A matines

Versets du matin, ton 2
1. Tropaire du dimanche, ton 2 : Lorsque tu descendis jusqu’en la mort, * ô Vie immortelle, * l’Enfer fut tué par la splendeur de ta divinité. * Lorsque tu relevas les morts des bas-fonds, * toutes les vertus célestes te clamèrent : ** Donateur de vie, Christ Dieu, gloire à toi ! (deux fois)
2. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
3. Tropaire du Vénérable Père, ton 8 : Par les flots de tes larmes tu as fait refleurir le stérile désert, * par tes profonds gémissements tu fis produire à tes peines cent fois plus, * tu devins un phare éclairant le monde entier en resplendissant de miracles ; ** Chariton notre Père, prie le Christ Dieu, de sauver nos âmes.
4. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
5. Théotokion du même ton : Le mystère caché depuis les siècles et inconnu des Anges * par toi est apparu aux hommes, ô Mère de Dieu ; * Dieu s’est incarné par une union sans confusion * et il a volontairement accepté la Croix pour nous ; * par elle ayant ressuscité le premier homme, ** Il a sauvé nos âmes de la mort.

Polyeleos. Tropaires eulogétaires de la Résurrection, ton 5

Hypakoï du dimanche, ton 2
Après ta passion, ô Christ Dieu, * les femmes venues à ton sépulcre pour embaumer ton corps * virent les anges dans le tombeau * et furent frappés de stupeur ; * car elles entendirent d’eux cette parole : * Le Seigneur est ressuscité, ** en accordant au mon-de la grande miséricorde.

Prokimen
Du dimanche, ton 2 :
℟. Eveille-toi, Seigneur mon Dieu, selon le précepte que Tu as prescrit, * et l’assemblée des peuples t’entourera (Psaume VII, 7).
℣. Seigneur mon Dieu, en toi j’ai mis mon espérance, sauve-moi. (Psaume VII, 8).

VIIIer évangile de la Résurrection : Jean (§ 64) XX, 11-18.
Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.

Chant de la Résurrection. Psaume 50. Stichères du Psaume 50, ton 6.

Canon

Canon du dimanche, ton 2 (4 tropaires), œuvre de saint Jean Damascène (676 † 749), de la Croix & de la Résurrection, ton 2 (3 tropaires), de la Mère de Dieu alphabétique, ton 2 (3 tropaires) et . Catavasies de la Mère de Dieu, ton 4 (ton grec, tradition de Valaam).

Après la 3ème ode : Kondakion du Vénérable Père, ton 2 : Tu as fais tes délices de la vie monastique, divinement sage * et vaincu les passions corporelles ; * tu as grandi dans la foi, * fleurissant comme l’arbre de vie au milieu du paradis, ** Chariton, très bienheureux et saint.

Après la 6ème ode : Kondakion du dimanche, ton 2 : Tu es ressuscité du tombeau, tout-puissant Sauveur : * l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur, * & les morts ressuscitent. * A cette vue, la création se réjouit avec toi ; * Adam s’unit à l’allégresse ** et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.

Les Laudes, ton 2

Grande doxologie
Tropaire du dimanche (pair), ton 2

Conclusion des matines

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Programme de la fête du Très-Saint Rosaire de la Bienheureuse Vierge Marie

La victoire de Lépante peinte par Paul VéronèseSaint-Eugène, le dimanche 4 octobre 2026, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Cette fête de Notre-Dame du Très-Saint-Rosaire célèbre l’éclatante victoire navale obtenue le 7 octobre 1571 à Lépante (dans le golfe de Patras, en Grèce) par les armées chrétiennes de la Sainte Ligue, conduite par don Juan d’Autriche, contre les Turcs, pourtant très largement supérieurs en nombre, mais qui subissent une écrasante défaite : les Ottomans perdent plus de 30 000 hommes (sans compter ceux qui sont massacrés à terre par les Grecs révoltés), 192 de leurs vaisseaux sont capturés ou coulés (sur les 273 engagés) contre seulement une douzaine pour les chrétiens. 15 000 forçats chrétiens sont aussi libérés de leurs fers. Il s’agit probablement de la plus importante bataille navale de l’histoire.

Avant la bataille, afin d’implorer la protection céleste sur la flotte, le pape saint Pie V avait ordonné un jubilé solennel, un jeûne et la prière publique du Rosaire.

Le soir de la bataille, le pape va brusquement de son bureau à la fenêtre, où il semble contempler un spectacle. Puis il se retourne et dit aux prélats qui l’entourent : « Allons rendre grâce à Dieu : notre armée est victorieuse ». C’était le 7 octobre un peu avant 5 heures du soir, à l’heure où don Juan, victorieux, s’agenouillait sur le pont de son navire pour remercier Dieu de sa protection. La nouvelle de la victoire ne devait parvenir à Rome que 19 jours plus tard, le 26 octobre, confirmant ainsi la révélation faite au souverain pontife.

En commémoration de la glorieuse victoire de Lépante, Pie V ajoute aux Litanies de la très Sainte Vierge, une invocation supplémentaire : Auxilium christianorum, ora pro nobis – Secours des chrétiens, priez pour nous. Le Pape institue aussi la fête liturgique de Notre-Dame de la Victoire et fait insérer au Martyrologe romain à la date du 7 octobre la mention suivante :

« Mémoire de sainte Marie de la Victoire, que le souverain pontife Pie V ordonna de renouveler chaque année, à cause de l’insigne victoire navale remportée ce jour-là par les chrétiens sur les Turcs, grâce au secours de la Mère de Dieu. »

Grégoire XIII renouvelle en 1573 l’ordonnance de saint Pie V, ajoutant que désormais la fête aura lieu tous les premiers dimanches d’octobre, dans toutes les églises où se trouve un autel ou une chapelle sous l’invocation de Notre-Dame du Saint-Rosaire, et qu’elle portera désormais ce même nom. Répondant à l’instante prière de la Reine Marie-Anne, le pape Clément X étend en 1671 la fête du Saint-Rosaire à toute l’Espagne, sans condition. Clément XI étend en 1716 la fête du Saint-Rosaire à toute l’Eglise, en mémoire de la victoire obtenue en 1715 par Charles VI sur les Turcs, en Hongrie. Le 11 septembre 1887, Léon XIII ordonne de célébrer dans toute l’Eglise, sous le rite de seconde classe, ladite solennité et l’office de Notre-Dame du Rosaire fixé au premier dimanche d’octobre, en sorte que cette fête ne puisse être transférée à un autre jour, si ce n’est en cas d’occurrence d’un office de rite supérieur. La réforme de saint Pie X la fixe au 7 octobre en 1914, mais le 1er dimanche d’octobre reste le jour propre de la solennité externe de la fête.

Guglielmo Caccia (Il Moncalvo), Notre-Dame du Rosaire, circa 1608« Il est un rite pieux selon lequel, contre les dangers que court le monde, on récite l’Ave Maria autant de fois qu’il y a de psaumes de David, en faisant précéder chaque dizaine de l’Oraison dominicale. Avec notre Autorité apostolique, Nous approuvons ce Psautier de la Vierge. Chaque jour, le Rosaire procure des avantages aux chrétiens. » Urbain IV († 1264)
« Le Rosaire est le fouet du démon. » Adrien VI († 1523).
« Le Rosaire est un moyen donné par le Ciel pour apaiser la colère de Dieu. » Grégoire XIII (1573)
« Le Rosaire est un moyen merveilleux pour détruire le péché et recouvrer la grâce de Dieu. » Grégoire XIV († 1591)
« Le Rosaire est le trésor des grâces. » Paul V († 1621)
« Le Rosaire est le remède souverain aux erreurs et aux vices. » Benoît XII († 1730)
« Grande est la force d’une armée qui tient en main non l’épée mais le Rosaire. » Pie IX († 1878)

A la sainte messe :

  • Procession d’entrée: Litanies de la Sainte Vierge – Chant de Besançon
  • Introït – Inclina Domine (ton i.)
  • Kyriale : Missa IX Cum Iubilo – mémoire du XVIIème dimanche après la Pentecôte
  • Epître : Proverbes VIII, 22-24 & 32-35 : Le Seigneur m’a possédée au commencement de ses voies ; avant qu’il créât aucune chose, j’étais dès lors.
  • Graduel – Propter veritatem (ton v.)
  • Alleluia – Solemnitas gloriosæ Virginis Mariæ (ton vii.)
  • Evangile : Luc I, 26-38 : L’ange étant entré où elle était, lui dit : Je vous salue, ô pleine de grâce ! le Seigneur est avec vous : vous êtes bénie entre les femmes.
  • Credo III
  • Offertoire – In me gratia (ton viii.)
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Ave Maria – Thomas Louis de Victoria (1540 † 1611), maître de chapelle de l’impératrice Marie puis improvisation à l’orgue
  • Après la Consécration : O salutaris géorgien – Sur l’air de « Shen Khar Venakhi » – « Tu es la vigne » – chant géorgien de l’école de Kakhétie – adaptation : Henri de Villiers
  • Pendant la communion : Magnificat VIII – Claudin de Sermisy (1490 † 1562), sous-maître de la chapelle royale, cha-noine de la Sainte Chapelle
  • Communion – Florete flores (ton i.)
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est XI
  • Au dernier Evangile : Inviolata
  • Procession de sortie : O Marie, ô Mère chérie – Monsieur Flavien Martineau, prêtre de Saint-Sulpice (1830 † 1887)

IIndes vêpres de la solennité du Très-Saint Rosaire avec mémoire du XIXème dimanche après la Pentecôte & de saint François d’Assise, confesseur. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O sacrum convivium du VIIème ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1830.
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Tota pulchra es Maria, prose du Ier ton.
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium du Ier ton.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton.
  • Chant d’action de grâces : Laudate Dominum – Psaume CXVI du IInd ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1861.

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Programme du XVIIIème dimanche après la Pentecôte – clôture de la fête de l’Exaltation de la Croix du Seigneur – ton 1

Croix près du lac SengilParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 4 octobre 2026 du calendrier grégorien – 21 septembre 2026 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton I de l’Octoèque. En ce jour se clôture également la fête de l’universelle Exaltation de la précieuse et vivifiante Croix du Seigneur.

Le jour de la clôture, l’office de la fête se reprend en se combinant avec celui du dimanche. Les lectures sont celles du dimanche après l’Exaltation.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche, ton 1. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche, ton 1. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de la fête.

A la divine liturgie

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 1, & 4 tropaires de la 9ème ode des deux canon de la fête :
1. Du Paradis l’Ennemi fit chasser Adam * lorsqu’il eut mangé le fruit défendu, * mais par la croix le Christ y fit entrer le bon Larron qui lui criait : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Je me prosterne devant ta Passion * et je glorifie ta sainte Résurrection ; * avec Adam & le bon Larron * je te crie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Librement, Seigneur sans péché, * tu as souffert la croix & la mise au tombeau ; * mais, comme Dieu, tu es ressuscité, * faisant surgir avec toi * Adam qui s’écrie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Le temple de ton corps, tu l’as relevé * du tombeau le troisième jour ; * avec Adam, ô Christ notre Dieu, * tu as ressuscité le genre humain, * qui chante : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. A ton sépulchre se rendirent de bon matin * les Myrrophores tout en larmes, ô Christ notre Dieu : * elles y trouvèrent un Ange vêtu de blanc, * assis sur la pierre et disant : Que cherchez-vous ? ** Le Christ est ressuscité, ne pleurez plus.
6. Sur la montagne que tu leur avais indiquée * tes Apôtres arrivèrent, Seigneur ; * et, lorsqu’ils te virent, Sauveur, * ils se prosternèrent devant toi ; * vers les nations tu les envoyas ** pour les instruire et baptiser.
7. Que se réjouissent * tous les arbres de la forêt, * dont la nature est sanctifiée * par celui qui à l’origine les planta, * le Christ étendu sur le bois ; * et en ce jour de son exaltation, ** nous prosternant devant lui, nous le magnifions.
8. La Croix fut dressée * comme la force sacrée * relevant le front de tout croyant ; * par elle sont brisées * les cornes des coupables esprits ; * et en ce jour de son exaltation, ** nous prosternant devant la Croix, nous la magnifions.
9. Pour ne pas nous laisser l’amertume du fruit * goûté sous l’arbre défendu, * par ta Croix, Seigneur, tu l’effaças complètement ; * ainsi jadis le bois enleva leur amertume aux eaux de Mara, * préfigurant la force de la Croix ** que les puissances angéliques magnifient dans le ciel.
10. Nous qui étions irrémédiablement plongés * dans les ténèbres, à la suite du premier père, Seigneur, * en ce jour tu nous en relevas par ta Croix; * et, puisque par excès d’intempérance notre nature fut précipitée dans l’erreur, * tous ensemble nous en a retirés ** la lumière de ta Croix, que nous fidèles, nous magnifions.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 1 : La pierre scellée par les Juifs, * et ton corps très pur gardé par les soldats, * Tu ressuscites le troisième jour, ô Sauveur, * donnant la vie au monde. * C’est pourquoi les vertus célestes te crient, ô Donateur de vie : * « Gloire à ta résurrection, Christ, * Gloire à ton royaume ! ** Gloire à ton économie, seul Ami de l’Homme ! »
2. Tropaire de la fête, ton 1 : Sauve, Seigneur, ton peuple, * et bénis ton héritage, * accorde aux chrétiens orthodoxes * la victoire sur les ennemis, * et sauvegarde les tiens ** par ta Croix.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du dimanche, ton 1 : Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, * tu as ressuscité le monde avec toi ; * la nature humaine te chante comme Dieu, * la mort s’évanouit, * Adam jubile, Seigneur, * & Eve, désormais libérée de ses liens, * proclame dans l’allégresse : ** O Christ, c’est toi qui accordes à tous la résurrection.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion de la fête, ton 4 : Toi qui t’es volontairement élevé sur la croix, * accorde tes miséricordes au nouveau peuple * au nouveau peuple appelé de ton nom * accorde tes miséricordes ô Christ Dieu ; * donne ta force aux chrrétiens orthodoxes, * donne-leur la victoire sur l’Ennemi ; que ton alliance leur soit une arme de paix, ** une invincible victoire.

Prokimen
1. Du dimanche, ton 1 :
℟. Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, * selon l’espérance que nous avons mise en toi. (Psaume 32, 22).
℣. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).
[de la fête, ton 7 :
℟. Exaltez le Seigneur notre Dieu, prosternez-vous devant son marchepied, car il est saint (Psaume 98, 5).]

Epîtres
Du dimanche après l’Exaltation : Galates (§ 203) II, 16-20.
Mais je suis mort à la loi par la loi même, afin de vivre pour Dieu. J’ai été crucifié avec le Christ.
Or je vous avertis que celui qui sème peu, moissonnera peu ; et que celui qui sème avec abondance, moissonnera aussi avec abondance.
[Du jour : 2 Corinthiens (§ 181) VI, 1-10.
Mais agissant en toutes choses comme des ministres de Dieu, nous nous rendons recommandables par une grande patience dans les maux, dans les nécessités, et dans les extrêmes afflictions.]

Alleluia
De la fête, ton 1 :
℣. Souviens-toi de ta communauté, que tu as acquise à l’origine. (Psaume 73,2)
℣. Et Dieu, notre Roi depuis l’éternité, a réalisé notre salut au milieu de la terre. (Psaume 73, 12)
[Du dimanche, ton 1 :
℣. C’est Dieu qui me donne les vengeances & prosterne les peuples sous moi (Psaume 17, 48).]

Evangiles
Du dimanche après l’Exaltation : Marc (§ 37) VIII, 34 – IX, 1.
Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à soi-même, qu’il porte sa croix, et qu’il me suive.
[Du jour : Matthieu (§ 77) XVIII, 23-25.]

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique (de la fête)
Mégalynaire : Magnifie, ô mon âme, * la très précieuse Croix du Seigneur !
Hirmos : Mère de Dieu, tu es l’image du Paradis, * toi qui sans semailles ni labours as fait germer le Christ, * par qui la sainte Croix, le nouvel arbre de vie, fut plantée sur la terre. * Au jour de son exaltation, nous prosternant devant le Christ, ** nous te magnifions !

Versets de communion
De la fête : Fais lever sur nous la lumière de ta face (Psaume 4, 7).
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du pèlerinage paroissial à la basilique Notre-Dame de Liesse

Notre-Dame de LiesseBasilique Notre-Dame de Liesse (Place Carnot
02350 Liesse-Notre-Dame), le samedi 3 octobre 2026, grand’messe en rit romain traditionnel à 12h de la fête de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus & de la Sainte Face, patronne en seconde de la Franc, secondes vêpres de la fête de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (mémoire du Ier dimanche d’octobre & de saint François d’Assise) & salut du Très-Saint Sacrement à 16h.

La basilique Notre-Dame de Liesse est l’un des plus anciens et des plus illustres sanctuaires marials du nord de la France. Pendant plusieurs siècles, rois et reines de France vinrent nombreux s’agenouiller devant la Vierge noire qui y est vénérée, faisant de Liesse l’un des grands pèlerinages mariaux du royaume.

L’origine du sanctuaire remonte à l’année 1134. Trois frères originaires des environs de Laon, Jehan, seigneur d’Eppes, Hector, seigneur de Marchais, et Henri, chevaliers partis combattre en Terre Sainte, avaient été faits prisonniers et conduits en captivité en Égypte. Le sultan aurait chargé sa fille Ismérie de les détourner de la foi chrétienne. Les chevaliers lui parlèrent au contraire de la Sainte Vierge et, selon la tradition, une image de la Mère de Dieu tenant l’Enfant Jésus leur fut miraculeusement apportée.

Touchée par la grâce, Ismérie se convertit. La Vierge délivra miraculeusement les captifs et les ramena avec la jeune princesse jusque dans leur pays natal. Parvenus non loin de Marchais, ils s’endormirent ; à leur réveil, ils se trouvèrent transportés avec la statue aux environs de leur demeure. Lorsque les chevaliers voulurent reprendre leur chemin, l’image de la Sainte Vierge devint si pesante qu’il fut impossible de la déplacer : on comprit que Notre Dame avait choisi elle-même le lieu où elle voulait être honorée.

Une première chapelle fut donc élevée pour abriter la statue miraculeuse. Les grâces obtenues par l’intercession de la Sainte Vierge y attirèrent bientôt une multitude de pèlerins. Le nom même de Liesse, qui signifie joie et allégresse, resta attaché à Notre Dame et à son sanctuaire.

L’édifice actuel, élevé à partir du XIVème siècle et agrandi au XVème, constitue un remarquable ensemble de gothique flamboyant. Son chœur date du XIVème siècle. Le sanctuaire reçut par la suite de nombreux embellissements offerts par les souverains et les grandes familles du royaume.

Car Notre-Dame de Liesse devint très tôt un pèlerinage privilégié des rois de France. La tradition y fait venir Louis VII dès le XIIème siècle. Charles VI, Charles VII, Louis XI, François Ier, Henri II, Henri III, Louis XIII et Louis XIV, ainsi que de nombreuses reines et princesses, vinrent successivement prier aux pieds de Notre Dame.

Louis XI y vint à plusieurs reprises et fonda une messe perpétuelle célébrée chaque samedi. François Ier, prisonnier après la désastreuse bataille de Pavie en 1525, invoqua Notre-Dame de Liesse et vint lui rendre grâce après sa libération.

La dévotion de la famille royale à Liesse fut particulièrement éclatante au XVIIème siècle. Marie de Médicis offrit en 1610 le magnifique maître-autel de style Renaissance italienne qui orne encore le sanctuaire. Louis XIII et Anne d’Autriche, longtemps privés d’héritier, vinrent eux aussi supplier Notre Dame. Le roi fit notamment un don destiné à la construction de la sacristie, qui porte toujours son nom. Après la naissance du futur Louis XIV, la famille royale continua de manifester sa reconnaissance envers le sanctuaire.

Louis XIV vint lui-même plusieurs fois en pèlerinage à Liesse. Ainsi, pendant plusieurs siècles, l’histoire du sanctuaire se confond-elle avec celle de la France chrétienne : les souverains y venaient demander à la Mère de Dieu sa protection sur leur famille, leurs peuples et leur royaume.

Le sanctuaire conserve encore plusieurs précieux témoignages de cette histoire. Le jubé de marbre noir et blanc, élevé au début du XVIIème siècle, sépare la nef du chœur. Dans celui-ci, au-dessus du maître-autel, se trouve la Vierge noire de Liesse. On peut lire sur l’autel cette belle invitation du psaume :

SERVITE DOMINO IN LÆTITIA
Servez le Seigneur dans la joie.

Et sur l’arc triomphal :
TU LÆTITIA ISRAËL, TU HONORIFICENTIA POPULI NOSTRI
Vous êtes la joie d’Israël, vous êtes l’honneur de notre peuple.

Un autre remarquable ex-voto est suspendu aux voûtes de la basilique : le modèle du vaisseau Le Soleil Royal, offert en 1692 par l’amiral de Tourville en reconnaissance de la protection de Notre Dame au cours de ses combats sur mer.

La Révolution française interrompit brutalement cette longue histoire. En 1794, la statue vénérée depuis des siècles fut arrachée de son autel et brûlée. Des fidèles réussirent toutefois à recueillir ses cendres, qui furent conservées et placées par la suite sous les pieds de la nouvelle image de Notre Dame.

Au XIXème siècle, le pèlerinage connut un magnifique renouveau. Le 18 août 1857, avec l’autorisation du bienheureux pape Pie IX, la nouvelle statue de Notre-Dame de Liesse fut solennellement couronnée au milieu d’un immense concours de fidèles. La statue actuelle, sculptée en bois d’ébène, représente la Vierge en majesté portant l’Enfant Jésus. Sous ses pieds sont toujours conservées les cendres de l’antique image détruite pendant la Révolution.

En 1913, le pape saint Pie X accorda au sanctuaire le titre de basilique mineure, consacrant ainsi le rayonnement séculaire de ce haut lieu de la piété mariale française.

En souvenir de la conversion d’Ismérie, le sanctuaire de Liesse est devenu aujourd’hui un lieu de pélerinage d’anciens musulmans convertis à la foi chrétienne.

Notre pèlerinage paroissial nous conduit donc dans un sanctuaire où, depuis près de neuf siècles, des générations de pèlerins sont venues confier leurs joies, leurs épreuves, leurs familles et la France à la Mère de Dieu.

À notre tour, venons nous placer sous la protection de Notre-Dame de Liesse, Cause de notre joie, et lui confier notre paroisse et notre pays.

Notre-Dame de Liesse, priez pour nous !

A la sainte messe :

IIndes vêpres de la fête de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus avec mémoire des premières vêpres du XIXème dimanche après la Pentecôte, Ier d’Octobre, et de celles de saint François d’Assise, confesseur. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O sacrum convivium du VIIème ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1830.
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Sub tuum præsidium, du Ier ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1830.
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium du Ier ton.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton.
  • Chant d’action de grâces : Laudate Dominum – Psaume CXVI du IInd ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1861.

Cette messe et ces vêpres seront diffusées sur le compte TikTok de la Schola Sainte Cécile.

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Programme de la fête de la Dédicace de saint Michel Archange, patron en second de la France

Saint Michel Archange terrassant le dragonSaint-Eugène, le dimanche 28 septembre 2025, vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45. Le mardi 29 septembre à 19h, messe solennelle en rit romain traditionnel de 19h.

En 1424, l’Archange saint Michel se présente ainsi à sainte Jeanne d’Arc : « Je suis Michel, le protecteur de la France ».

Saint-Michel archange est le chef des armées angéliques ; son nom signifie Qui est comme Dieu ?. Il est cité à quatre reprises dans l’Écriture :

  1. Daniel X, 13 & 21 : Gabriel déclare à Daniel, lorsque celui-ci demande à Dieu de permettre la Juifs de retourner à Jérusalem : « Le prince du royaume des Perses m’a résisté vingt et un jours ; mais Michel, le premier d’entre les premiers princes, est venu à mon secours (…) Mais je t’annoncerai présentement ce qui est marqué dans l’écriture de la vérité ; et nul ne m’assiste dans toutes ces choses, sinon Michel, qui est ton prince.
  2. Daniel XII, 1 : l’ange parlant de la fin du monde et l’Antéchrist déclare : « En ce temps-là Michel, le grand prince, s’élèvera, lui qui est le protecteur des enfants de votre peuple ; et il viendra un temps tel qu’on n’en aura jamais vu un semblable, depuis que les peuples ont été établis jusqu’alors. En ce temps-là tous ceux de votre peuple qui seront trouvés écrits dans le livre, seront sauvés. »
  3. Epître de saint Jude 9 : « Cependant l’archange Michel dans la contestation qu’il eut avec le diable touchant le corps de Moïse, n’osa le condamner avec exécration ; mais il se contenta de dire : Que le Seigneur te réprime ». Saint Jude fait ici allusion à une ancienne tradition orale juive d’un différend entre Michel et Satan sur le corps de Moïse (Origène en parle dans son De Principiis III.2.2).
  4. Apocalypse XII, 7-9 : saint Jean évoque le grand combat eschatologique de Michel contre le diable : « Il y eut un grand combat dans le ciel : Michel et ses anges combattaient contre le dragon, et le dragon avec ses anges combattait contre lui. Mais ceux-ci furent les plus faibles ; et depuis ce temps-là ils ne parurent plus dans le ciel. Et ce grand dragon, cet ancien serpent qui est appelé le Diable et Satan, qui séduit tout le monde, fut précipité ; il fut précipité en terre, et ses anges avec lui. »

Suite à ces passages scripturaires, la tradition chrétienne attribue quatre offices à saint Michel : celui de lutter contre Satan, celui d’arracher les âmes des fidèles à la puissance de l’Ennemi, en particulier à l’heure de la mort, celui d’être le champion de l’Eglise militante, et en particulier des chevaliers chrétiens, enfin celui de conduire les âmes au jugement dernier (cf. l’offertoire de la messe des morts).

Dans le rit romain, la fête du 29 septembre est à l’origine la fête de la dédicace au Vème siècle d’une basilique située sur la via Salaria à 6 miles au Nord de Rome, dédiée à saint Michel & à tous les Anges, basilique qui disparut au cours du Xème siècle. Le Sacramentaire léonin place cette fête au 30 septembre sous le titre de Natale basilicae Angeli via Salaria et possède pas moins de cinq formulaires de messe pour ce jour, dont trois mentionnent explicitement saint Michel (les deux autres fêtant plus généralement tous les Anges). Le Sacramentaire gélasien donne la date du 29 septembre et appelle la fête S. Michaelis Archangeli tandis que le Sacramentaire grégorien l’appelle à la même date Dedicatio Basilionis S. Angeli Michaelis. Bien que conservant dans le missel romain l’antique titre de Dédicace de saint Michel Archange, la fête ne possède plus aucun caractère, ni au niveau des textes ni des rubriques, de fête de dédicace.

Les hymnes de l’office romain de ce jour ont été composée par saint Rhaban Maur de Fulda (c. 780 † 856), archevêque de Mayence. L’hymne des laudes mentionne en particulier les 3 archanges Michel, Gabriel & Raphaël.

Nous disons qu’il y a neuf ordres d’Anges. En effet, nous savons positivement par le témoignage de la sainte Écriture, qu’il y a : des Anges, des Archanges, des Vertus, des Puissances, des Principautés, des Dominations, des Trônes, des Chérubins et des Séraphins. Qu’il y ait des Anges et des Archanges, presque toutes les pages sacrées l’attestent ; quant aux Chérubins et aux Séraphins, il en est souvent question, comme on le sait, au livre des Prophètes. De plus, l’Apôtre saint Paul énumère les noms de quatre ordres dans ce passage de son Épître aux Éphésiens : « Au-dessus de toute Principauté, de toute Puissance, de toute Vertu, de toute Domination. » Il dit encore en écrivant aux Colossiens : « Soit les Trônes, soit les Puissances, soit les Principautés, soit les Dominations. » En joignant donc les Trônes aux quatre ordres dont il a parlé aux Éphésiens, on a cinq ordres ; et si l’on y ajoute les Anges et les Archanges, les Chérubins et les Séraphins, on trouve qu’il existe réellement neuf ordres d’Anges.
Sermon de saint Léon le Grand, pape, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

A la sainte messe :

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Programme de la solennité de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, patronne secondaire de la France

Saint-Eugène, le dimanche 27 septembre 2026, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Mémoire du XVIIIème dimanche après la Pentecôte

Ayant lu dans la Sainte Écriture cette invitation : « Si quelqu’un est tout petit, qu’il vienne à moi », elle voulut, dans son désir de plaire davantage au Très-Haut, devenir petite selon l’esprit, et, avec une confiance toute filiale, elle se livra pour toujours à Dieu, comme au plus aimant des Pères. Cette « voie de l’enfance spirituelle » selon la doctrine de l’Évangile, elle l’enseigna aux autres, spécialement aux novices qu’elle était chargée, par obéissance, de former aux vertus religieuses ; et ainsi, toute remplie d’un zèle apostolique, elle montra le chemin de la simplicité évangélique à un monde enflé d’orgueil et attaché aux vanités. Jésus, son Époux, l’enflamma profondément du désir de souffrir et dans son âme et dans son corps. Bien plus, considérant avec une extrême douleur, combien l’amour de Dieu est universellement rejeté, deux ans avant sa mort, elle s’offrit en victime à l’Amour très miséricordieux de Dieu. Alors, comme elle le rapporte elle-même, elle fut blessée d’une flamme du céleste feu. Enfin, consumée d’amour, ravie en extase, et murmurant avec une ferveur extrême : « Mon Dieu, je vous aime ! » elle s’envola vers son Époux, le trente septembre de l’année mil huit cent quatre-vingt-dix-sept, étant âgée de vingt-quatre ans. La promesse qu’elle avait faite en mourant, de faire tomber sur la terre une perpétuelle pluie de roses, dès son entrée au Ciel elle l’a réalisée, et la réalise encore de nos jours, par d’innombrables miracles. C’est pourquoi le Souverain Pontife Pie XI l’a inscrite parmi les Vierges Bienheureuses et deux ans après, au cours du grand jubilé il l’a solennellement placée au nombre des Saintes, puis constituée et déclarée Patronne spéciale de tous les Missionnaires. Pie XII, accédant aux vœux de tous les évêques de France a établi et déclaré que sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus serait auprès de Dieu patronne secondaire de toute la France.
Vie de sainte Thérèse, VIème leçon des vigiles nocturnes de sa fête, au second nocturne.

A la sainte messe :

IIndes vêpres de la solennité de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus avec mémoire du XVIIIème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O sacrum convivium du VIIème ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1830.
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Sub tuum præsidium, du Ier ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1830.
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium du Ier ton.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton.
  • Chant d’action de grâces : Laudate Dominum – Psaume CXVI du IInd ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1861.

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Sainte Thérèse secoure les soldats durant la Grande Guerre - Fusain de Pierre Léon Adolphe Annould de 1915.
Sainte Thérèse secoure les soldats durant la Grande Guerre – Fusain de Pierre Léon Adolphe Annould de 1915.