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La bénédiction liturgique des raisins le jour de la Transfiguration

Bénédiction des raisins le jour de la Transfiguration en Grèce

Lorsque vous serez entré dans le pays dont le Seigneur, votre Dieu, doit vous mettre en possession, que vous en serez devenu maître, et que vous y serez établi, vous prendrez les prémices de tous les fruits de votre terre ; et les ayant mis dans un panier, vous irez au lieu que le Seigneur, votre Dieu, aura choisi pour y faire invoquer son nom. »
Deutéronome XXVI, 1-2.

A l’instar de l’Ancienne Loi, les toutes premières communautés chrétiennes, dès les temps apostoliques, offraient à l’église les « prémices du pressoir, de l’aire et des troupeaux », ainsi qu’en témoigne le plus ancien document chrétien en dehors du Nouveau Testament, la Didachè (Didachè XIII, 2-3, dispositions reprises par les Constitutions Apostoliques VII, 29).

Certes la bénédiction des prémices produits par le labeur des chrétiens s’est maintenue au cours des âges sous diverses formes, mais l’Eglise a entouré plus précisément d’une attention toute particulière l’oblation liturgique des premiers épis de blé et des premiers raisins, car ce sont les matières mêmes du mystère eucharistique. Dès les origines, les prémices du blé et de la vigne étaient reçus à l’autel et sanctifiés par une bénédiction solennelle prononcée durant l’action liturgique.

Nous allons envisager ici la seule bénédiction liturgique des raisins, traditionnellement réalisée le 6 août tant en Occident qu’en Orient.

La bénédiction des prémices du raisin en Occident

On trouve la bénédiction des prémices des raisins fixée au 6 août dans le Sacramentaire grégorien (VI-VIIèmes siècles). Cette bénédiction a lieu au cours de la messe du jour, qui n’est pas alors celle de la Transfiguration (cette fête n’entrera tardivement au Missel romain qu’en 1457) mais celle de la fête de saint Sixte II, 24ème pape qui avait été décapité en 258. Comme d’autres bénédictions très anciennes, la bénédiction du raisin – Benedictio uvæ – se place à la fin du canon eucharistique :

Intra quorum nos consórtium , non æstimátor mériti, sed véniæ, quæsumus, largítor admítte. Per Christum Dóminum nostrum. Pour nous admettre dans leur compagnie, ne pèse pas la valeur de nos actes, mais accorde-nous largement ton pardon. Par le Christ notre Seigneur.
Benedic, Dómine, et hos fructus novos uvæ, quos tu, Dómine, rore cœli, et inundantia pluviárum, et temporum serenitate atque tranquillitate, ad maturitatem perducere dignatus es, et dedisti eos ad usus nostros, cum gratiarum actione percipi, in nomine Domini nostri Jesu Christi. Bénis aussi, Seigneur, ces fruits nouveaux de la vigne, que toi, Seigneur, par la rosée du ciel, et l’abondance des pluies, et par la sérénité et la tranquillité des temps, tu as daigné faire parvenir à maturité, et les as donnés pour notre usage, afin de les recevoir avec action de grâces.
Per quem hæc ómnia, Dómine, semper bona creas, sanctíficas, vivíficas, benedícis, & præstas nobis. Par qui, Seigneur, tu ne cesses de créer tous ces biens, de les sanctifier, de les vivifier, de les bénir et de nous en faire don.

Le Sacramentaire gélasien, plus ancien que le grégorien, s’il ne contient pas de bénédiction spéciale dans le cours de la messe de saint Sixte au 6 août, donne néanmoins vers la fin de l’ouvrage une formule de bénédiction des raisins et des fèves qui – mis à part des variantes textuelles – est substantiellement la même oraison :

Oratio ad fruges novas benedicendas.

Benedic, Dómine, hos fructus novos uvæ sive fabæ, quos tu, Dómine, per rorem cœli, et inundantiam pluviárum, et tempora serena atque tranquilla ad maturitatem perducere dignatus es, ad percipiendum nobis cum gratiarum actione, in nomine Domini nostri Jesu Christi. Per quem hæc ómnia, Dómine, semper bona creas, sanctíficas, vivíficas, benedícis, & præstas nobis.

De part sa conclusion, l’on voit que cette bénédiction s’effectuait au même endroit du canon de la messe.

En Italie à l’époque des Pères de l’Eglise, la bénédiction du raisin partageait le même privilège que celle des fèves de se faire à l’autel même. Cet honneur dû aux fèves s’explique peut-être par le fait que celles-ci constituaient alors la base de la nourriture ordinaire des habitants de la Péninsule italique. Le Liber Pontificalis fait remonter au pape Eutychien (275-283) l’interdiction de bénir les fruits sur l’autel même, à l’exception des raisins et des fèves : « Hic constituit fruges super altare tantum fabæ et uvæ benedici ». La bénédiction des fèves se faisait à l’Ascension : le Sacramentaire gélasien redonne au cours de la messe de cette fête la même oraison de bénédiction des prémices que ci-dessus – mais uniquement pour les fèves et non pour les raisins.

Du Sacramentaire grégorien, la bénédiction des raisins du 6 août fut transmise dans les différents livres liturgiques de toute l’Europe médiévale. On distribuait le raisin béni après la messe du 6 août aux fidèles, à l’instar du pain béni qui se faisait chaque dimanche et fête.

La date du 6 août consacrée pour la bénédiction des prémices du raisin commence alors à susciter des tentatives d’explications. Certains auteurs vont attribuer l’origine de son institution au pape saint Sixte II lui-même (à tord manifestement : cette bénédiction est sans doute tout à fait aussi ancienne en Orient, comme on va le voir ci-après ; or le martyre de Sixte II au 6 août n’y a trouvé aucun écho liturgique, si ce n’est une simple mention au Martyrologe de Nicomédie). Certaines régions d’Europe établissent alors saint Sixte comme patron des vignerons.

A partir du IXème siècle, la fête de la Transfiguration commence progressivement à se répandre dans différents régions en Occident, avant tout dans les milieux monastiques. Il s’agit d’une importation de la fête du rit byzantin, qui célèbre en effet la Transfiguration le 6 août, 40 jours avant l’Exaltation de la Sainte Croix (14 septembre) ; l’origine de cette fête demeure toutefois obscure, il est possible qu’elle fut créée par saint Grégoire l’Illuminateur en Arménie au début du IVème siècle, avant de se répandre dans l’Empire d’Orient au Vème siècle. Avec la diffusion progressive de cette fête en Occident au 6 août, on tente alors d’établir un lien entre la bénédiction des prémices du raisin et la Transfiguration. Le premier à le faire semble être Sicard de Crémone (c. 1155 † 1215) dans son Mitrale, explication reprise par Durand de Mende au XIVème siècle dans son Rationale divinorum officium (Livre VII, chapitre XXII) :

C’est pourquoi en ce même jour, la Transfiguration se rapportant à l’état qui doit être celui des fidèles après la résurrection, on consacre le sang du Seigneur avec du vin nouveau, s’il est possible d’en avoir, afin de signifier ce qui est dit dans l’Évangile : Je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu’à ce que je le boive nouveau avec vous dans le royaume de mon Père (Matthieu XXVI, 29). Si l’on ne peut s’en procurer, qu’on pressure au moins dans le calice un peu de raisin arrive à maturité, ou qu’on bénisse des grappes qui soient partagées au peuple. »
Sicard de Crémone (c. 1155 † 1215), Mitrale, IX, XXXVIII.

On verra que cette pieuse coutume de célébrer la messe avec du vin nouveau le 6 août existe également en Orient. Dom Martène indique qu’elle était toujours vivace à Poitiers de son temps. Elle subsista dans les propres de certains diocèses occidentaux jusqu’au XXème siècle.

En 1457, le pape Calixte III inscrit au 6 août du calendrier de l’Eglise de Rome la fête de la Transfiguration, en action de grâces pour l’éclatante victoire de Belgrade contre les Turcs obtenue le 6 août 1456. Saint Sixte devient dès lors une simple mémoire, ses oraisons s’ajoutant à celles de la nouvelle fête de la Transfiguration. Dans certains diocèses, on décida néanmoins de dire deux messes le 6 août, l’une de la Transfiguration, l’autre de saint Sixte, et c’est au cours de celle-ci que continuait d’avoir lieu la bénédiction solennelle du raisin.

Le Rituale romanum publié en 1614 par le pape Paul V ne contient pas la benedictio uvæ ; il est vrai que le dessein du pape, en éditant cet ouvrage, était de donner un manuel bref, essentiellement axé sur la discipline des sacrements, alors battue en brèche par les Protestants. Néanmoins de nombreux rituels diocésains continuèrent de maintenir l’antique tradition de la bénédiction des raisins le 6 août. En voici deux exemples, tirés des livres de Reims et de Verdun, qui montrent qu’on la pratiquait toujours à la fin du canon, comme dans l’Antiquité :

Bénédiction du raisin nouveau - Rituel de Reims de 1677.
Bénédiction du raisin nouveau – Rituel de Reims de 1677.
Bénédiction des raisins le jour de la Transfiguration - rituel de Verdun 1787.
Bénédiction des raisins le jour de la Transfiguration – rituel de Verdun de 1787.

On remarquera qu’au cours des âges, le texte du Sacramentaire grégorien s’est quelque peu poli (l’inundantia(m) pluviarum devenant abundantia pluviarum, le double Domine du début est éliminé, etc.)

L’antique bénédiction romaine des prémices des raisins finit toutefois par revenir dans les livres romains, insérée dans le pléthorique Appendix du Rituale Romanum qui se développa entre le XVIIème et le XXème siècle. On la trouvera au numéro 38 de cette partie de ce livre liturgique.

La bénédiction des prémices du raisin en Orient

La formule dont nous avons tracé l’usage en Occident depuis le Sacramentaire gélasien jusqu’aux plus récentes éditions du Rituale Romanum se retrouve à l’identique de façon tout à fait remarquable dans l’Eglise byzantine.

En voici le texte grec :

Εὐχὴ εὶς μετάληψιν σταφυλῆς τῆ ς΄ Αὐγούστου

Εὐλόγησον, Κύριε, τὸν καρπὸν τοῦτον τῆς ἀμπέλου τὸν νέον, ὃν διὰ τῆς τοῦ ἀέρος εὐκρασίας, καὶ τῶν σταγόνων τῆς βροχῆς, καὶ τῆς τῶν καιρῶν γαλήνης εἰς ταύτην τὴν ὡριμοτάτην στάσιν ἐλθεῖν ηὐδόκησας, ἵνα ᾖ ἐν ἡμῖν τοῖς ἐξ αὐτοῦ τοῦ γεννήματος τῆς ἀμπέλου μεταλαμβάνουσιν εἰς εὐφροσύνην, καὶ τοῖς προσενέγκασι δῶρον εἰς ἐξιλασμὸν ἁμαρτιῶν, διὰ τοῦ ἱεροῦ καὶ ἁγίου Σώματος καὶ Αἵματος τοῦ Χριστοῦ σου· μεθ᾿ οὗ εὐλογητὸς εἶ, σὺν τῷ παναγίῳ καὶ ἀγαθῷ καὶ ζωοποιῷ σου Πνεύματι, νῦν καὶ ἀεὶ καὶ εἰς τοὺς αἰῶνας τῶν αἰώνων. Ἀμήν.

Bénis, Seigneur, ce fruit nouveau de la vigne, que par des saisons calmes, et des pluies douces, et un temps favorable, il t’a plu gracieusement faire parvenir à maturité, afin que nous puissions prendre part dans la joie au fruit de la vigne, et puissions nous te l’offrir comme un don pour la purification de nos péchés, par le Corps et le Sang sacrés et saints de ton Christ, avec qui tu es bénis ainsi que ton très-saint, bon & vivifiant Esprit, maintenant & toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Les deux versions latines – gélasiennes et grégoriennes – présentent un texte remarquablement similaire pour exprimer les mêmes idées ; il est fort probable qu’il s’agisse de deux traductions légèrement différentes d’une prière grecque originelle (l’oraison grecque aujourd’hui en usage que nous avons citée ci-dessus a pu ajouter la seconde partie faisant rappel du Corps et du Sang du Christ à une première rédaction plus simple).

Comme en Occident, la bénédiction des raisins se fait en Orient le 6 août, vers la fin de la divine liturgie de la Transfiguration, après la prière de l’ambon. Elle est précédée de l’usuelle invitation du diacre « Prions le Seigneur », à laquelle le chœur répond « Kyrie eleison ».

Voici comment l’empereur Constantin VII Porphyrogénète (905 † 959) note la cérémonie à la cour de Constantinople :

L’Empereur de Constantinople recueille les « prémices » (« aparches ») à Chalcédoine, où il y a beaucoup de vignes, puis il attend que le Patriarche de Constantinople vienne le jour saint de la Transfiguration du Christ pour bénir les fruits et distribue personnellement les raisins aux fidèles.
(De ceremoniis aulæ Byzantinæ)

En Orient, l’ancien usage veut qu’on s’abstienne de consommer tout raisin avant sa bénédiction le 6 août. Cette règle était déjà prescrite dans le Typicon de Saint-Sabas (Vème-VIIème siècles) et demeure toujours observée dans certaines régions de Grèce ou de Russie.

La bénédiction des raisins dans le rit byzantin ne se fait que le jour de la fête le 6 août et n’est pas répétée durant les 7 jours d’après-fête ni à la clôture de celle-ci le 13 août.

En Russie, où le raisin était un met impossible à produire en raison du climat, l’usage se prit de bénir des pommes le jour de la Transfiguration en place du raisin, au point que le nom populaire de la Transfiguration devint la fête du « Sauveur des pommes ». De nos jours, les fidèles apportent toujours des pommes en ce jour, mais aussi du raisin et des autres fruits qu’il est plus aisé de trouver désormais dans les commerces. Voici quelques images des bénédictions de la Transfiguration :

Si les rituels syriaques contiennent une bénédiction pour les raisins, celle-ci n’est pas affectée à un jour liturgique particulier.

Les Arméniens bénissent quant à eux les raisins en la fête de l’Assomption. Cette date est probablement plus favorable à l’obtention des prémices de ces fruits dans les montagnes arméniennes.

Chez les Arméniens, la coutume voulant qu’on ne mange pas de raisin jusqu’à sa bénédiction reste encore très vivace. Voici à ce sujet un discours du catholicos Karékine Ier (1932 † 1999) :

Si tu manges un grain de raisin avant la fête de l’Assomption de la Sainte Vierge Marie, tu n’auras certes pas commis de péché mortel et tu n’iras pas en enfer… Si tu n’en goûtes pas jusqu’à ce jour, où l’Eglise bénit ce raisin, tu ne seras pas en décalage d’un iota par rapport à la marche de ce monde. Mais si, non seulement tu décides de ne pas en manger, mais, qui plus est, tu ne ressens pas de gêne en annonçant à ton ami ou ton voisin, que c’est par amour de la tradition de ta Patrie, que tu n’en goûtes pas, alors c’est ta Nation qui résonne en toi, sous l’inspiration de ta conscience nationale et de la conservation de ta tradition. Sois certain, que tu ne seras pas méprisé par les autres, tu ne peux que gagner du respect de la part d’un entourage cultivé… N’oublie jamais que, pour nous qui vivons loin de la mère patrie, nos traditions spécifiques représentent la terre de notre patrie dans notre vie. »

Conclusion

La bénédiction des prémices du raisin le 6 août est un exemple frappant d’unité entre l’Orient et l’Occident, alors même que les uns célébraient la Transfiguration et les autres la saint Sixte. Il est fort possible que notre bénédiction du raisin au 6 août soit antérieure à ces deux fêtes, ce qui laisse envisager une très grande ancienneté de cet usage chrétien. En effet, le texte commun de la bénédiction des raisins ne présente aucune relation ni avec la Transfiguration orientale, ni avec la fête de saint Sixte occidentale, et les diverses tentatives de fournir une explication rationnelle de cette coutume à cette date paraissent des constructions a postériori. Peut-être est-on là en présence d’un usage de la primitive Eglise de Jérusalem à cette date du 6 août, dans une Palestine où le raisin arrive à maturité plus tôt en raison du climat.

Voici donc une antique tradition à revivifier, comme l’incitait l’an passé Father Z sur ce célèbre blog américain.

Laissons le mot de la fin à J. Parisot qui étudia en profondeur cette question en 1899 :

« Bien que, suivant le principe formulé par saint Grégoire, l’unité de la foi n’ait pas à souffrir de la diversité des usages, il est constant qu’à côté des innovations liturgiques survenues au cours des siècles, maintes pratiques subsistent, communes à l’Orient et à l’Occident, et que l’on doit faire remonter, sinon au temps de l’unité liturgique primitive, du moins à l’époque où la nature des relations ecclésiastiques permettait des emprunts réciproques. Ce n’est donc pas seulement par l’accord sur les points essentiels du dogme et des formules sacramentelles que s’affirme l’unité chrétienne, mais souvent par la conformité, maintenue en dépit des divisions dogmatiques et politiques, de traditions accessoires, dont on vient de voir un remarquable exemple ».
J. Parisot, La bénédiction liturgique des raisins, Revue de l’Orient chrétien IV (1899), p. 363.

Programme de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix

Jean Restout - L'Exaltation de la Sainte CroixSaint-Eugène, le lundi 14 septembre 2026, grand’messe en rit rit romain traditionnel de 19h.

Fête de l’Exaltation de la Sainte Croix

Découverte par l’impératrice sainte Hélène en 326 après des fouilles, la sainte relique de la Vraie Croix du Christ avait été partagée en trois parts par celle-ci, entre Jérusalem, Constantinople et Rome.

La part de Jérusalem avait été emporté par l’impie Chosroès II, empereur des Perses Sassanides au cours de la terrible guerre de 614 contre l’Empire, pendant laquelle ses troupes s’emparèrent de la ville sainte après un siège de 21 jours, emporté avec la complicité de la population juive. Dans un bain de sang, la ville fut pillée de ses trésors, la basilique de la Résurrection (Saint-Sépulchre) fut détruite, et de nombreuses reliques firent parties du butin perse, parmi lesquelles la relique de la Vraie Croix qui fut emportée à Séleucie-Ctésiphon (non loin de l’actuelle Bagdad), la capitale de l’Empire sassanide, avec d’autres reliques de la Passion du Christ, comme la sainte Eponge ou la sainte Lance. Les survivants du massacre de Jérusalem, dont le patriarche Zacharie, furent déportés en Mésopotamie. La prise de Jérusalem par ces païens mazdéens, soutenus par les Juifs qui préféraient les Perses aux Byzantins, causa un choc intense parmi les chrétiens.

La fête de l’Exaltation de la Sainte Croix fut instituée dans l’Eglise universelle afin de commémorer le retour de la précieuse relique de la Vraie Croix chez les chrétiens, après la victorieuse croisade que mena l’empereur Héraclius de 624 à 631 contre les Perses.

L’éclatante victoire de Ninive que remporta l’empereur Héraclius Ier sur les troupes perses de Chosroès II le 12 décembre 627 entraîna la chute de ce souverain & la restitution de la précieuse relique par le nouveau pouvoir perse. La Vraie Croix restituée fut apportée à Constantinople, ainsi que la relique de la sainte Eponge. Les deux précieuses reliques furent exaltées devant le peuple de Constantinople le 14 septembre 629.

L'empereur Héraclius, chargé de la Vraie Croix, la ramène à JérusalemLes Perses occupaient toujours la Palestine, et ne se retirèrent qu’au cours de l’hiver 629-630. C’est alors qu’Héraclius, accompagné de son épouse l’impératrice Martine, partit pour Jérusalem au début de l’année 630 pour y rapporter la relique de la Vraie Croix reprise aux Perses. Il y fut accueilli le 21 mars par Modeste de Jérusalem, locum tenens du patriarcat, depuis l’exil du patriarche Zacharie. L’empereur entra dans la ville à pied, sans aucun insigne impérial, en portant lui-même la vénérable relique tout au long de la Via Dolorosa. Il fut le seul empereur qui se soit rendu à Jérusalem.

La fête de l’Exaltation de la Sainte Croix fut fixée au 14 septembre pour commémorer cet exploit. Notons que cette fête suit immédiatement la fête de la dédicace de la basilique de la Résurrection (actuel Saint-Sépulcre) – édifiée sur le Golgotha et sur le tombeau du Christ, là même où fut redécouverte la Vraie Croix par sainte Hélène. La dédicace de cette basilique constantinienne fut en effet célébrée le 13 septembre 335.

Par la suite, la portion de la Vraie Croix reste conservée à Jérusalem dans la basilique de l’Anastasis en dépit de la conquète arabe de la ville sainte en 637, qui profite de l’épuisement de l’Empire romain d’Orient et de l’Empire perse sassanide par suite de leurs longues guerres. En 1009, face aux persécutions du calife fatimide al-Hâkim, les chrétiens de Jérusalem toutefois doivent cacher le fragment de la sainte Croix conservée jusque-là au Saint-Sépulcre. Elle reste dissimulée pendant quatre-vingt dix ans jusqu’à la prise de Jérusalem par les Croisés en 1099. Réinstallé avec honneur dans la basilique du Saint-Sépulcre restaurée par les Croisés, les pèlerins viennent en nombre se prosterner devant elle. Cette portion de la Vraie Croix devient alors le symbole du royaume croisé de Jérusalem : les croisés l’emmènent en effet au-devant de l’ennemi à chaque bataille. Guy de Lusignan, roi de Jérusalem, la pert hélas au cours de la terrible bataille d’Hattin de 1187 au cours de laquelle Saladin anéantit les troupes franques, ce qui lui permit de prendre Jérusalem. A la nouvelle de ce double désastre, le pape Urbain III mourut sur le coup.

Cette relique de la vraie Croix fut rachetée aux Mamelouks musulmans par l’empereur d’Ethiopie David Ier (c. 1350 † 1413), dont les troupes avaient poussé jusqu’à Assouan. Son fils, le pieux empereur Zara Yacob (1399 † 1468) – qui règna sous le nom de Constantin Ier d’Ethiopie – plaça cette précieuse relique sous l’église principale du monastère de Debre Gishen, dans le Nord-Est de la province du Wollo, où de grandes foules viennent toujours en pèlerinage de toute l’Ethiopie pour la vénérer.

L'Empereur Héraclius restitue la Vraie Croix à Jérusalem - école flamande

« A la vue du Christ élevé en croix, il ne faut pas, mes bien-aimés, que votre pensée s’arrête à ce seul aspect extérieur qui frappa les yeux des impies, auxquels il a été dit par Moïse : « Ta vie sera comme en suspens devant tes yeux, et tu craindras jour et nuit, et tu ne croiras pas à ta vie. » En effet, à la vue du Seigneur en Croix, les impies ne pouvaient apercevoir en lui autre chose que leur crime ; ils tremblèrent de crainte, non pas de la crainte qui justifie dans la vraie foi, mais de celle qui torture une conscience coupable. Pour nous, ayant l’intelligence éclairée par l’esprit de vérité, embrassons d’un cœur pur et libre la Croix dont la gloire resplendit au ciel et sur la terre, et appliquons toute l’attention de notre âme à pénétrer le mystère que le Seigneur, parlant de sa passion prochaine, annonçait ainsi : « C’est maintenant le jugement du monde, maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors. Et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tout à moi. »
Homélie de saint Léon, pape, VIIème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au troisième nocturne.

A la sainte messe :

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Programme du XVIème dimanche après la Pentecôte

XVIème dimanche après la Pentecôte - Saint-Eugène, le dimanche 13 septembre 2026, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Premières vêpres de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

La guérison de l’hydropique.

Voici d’abord la guérison d’un hydropique, en qui le poids de la chair accablait l’âme et éteignait l’ardeur de l’esprit. Puis vient une leçon d’humilité, quand le Seigneur condamne ceux qui, dans le banquet nuptial, choisissent les premières places : il le fait néanmoins avec douceur, voulant qu’une bonté persuasive tempère la sévérité de la réprimande, que la raison serve à la persuasion, et que la correction réprime la convoitise. Cette leçon d’humilité est accompagnée d’une leçon de miséricorde, et les paroles du Seigneur nous prouvent que la miséricorde doit se pratiquer envers les pauvres et les faibles ; car être hospitalier pour ceux qui en récompenseront, c’est plutôt de l’avarice que de la charité.
Homélie de saint Ambroise, évêque, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la messe :

Vêpres de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O salutaris hostia, sur le ton de l’hymne de la Passion Vexilla Regis prodeunt
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Tota pulchra es Maria – prose du XIVème siècle, du Ier ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Exaudi Christe – extrait des Laudes regiæ – ton de Reims.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo, sur le ton de l’hymne de la Passion Pange lingua
  • Chant d’action de grâces : Christus vincit – plain-chant d’Aloys Kunc (1832 † 1895), maître de chapelle de la cathédrale de Toulouse.

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Télécharger le livret de la mémoire des secondes vêpres du XVIème dimanche après la Pentecôte au format PDF.

Iconographie & les 3 leçons des nocturnes de ce dimanche, sur notre page Facebook.

Programme du XVème dimanche après la Pentecôte – Déposition de la précieuse Ceinture de la Mère de Dieu – ton 6

La précieuse ceinture de la Mère de DieuParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 13 septembre 2026 du calendrier grégorien, 31 août 2026 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton VI de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour la déposition en l’église de Chalcoprateia de la précieuse Ceinture de la Très-Sainte Mère de Dieu.

La relique de la précieuse Ceinture de la Vierge Marie fut transférée à Constantinople par l’empereur Arcadius, le fils de Théodose le Grand, qui régna de 395 à 408. L’empereur l’enferma dans une châsse précieuse & magnifique, la sainte cassette : « τὴν ἀγίαν σορόν » et on la déposa un 31 août dans l’église de Chalcoprateia. Cette église de Chalcoprateia – qui tire son nom d’un quartier de Constantinople où des artisans travaillaient le cuivre – était située non loin de la Grande Eglise (Sainte Sophie) et avait été fondée par la fille de l’empereur Arcadius, sainte Pulchérie.

Déposition de la ceinture de la Mère de Dieu dans l'église de Chalcopratée.
Déposition de la ceinture de la Mère de Dieu dans l’église de Chalcopratée.

Avec l’église des Blachernes – qui conservait le manteau de la Vierge Marie – l’église de Chalcopratée était l’une des plus illustres des nombreuses églises de Constantinople qui étaient dédiées à la Vierge Marie.

A la fin du IXème siècle, l’impératrice Zoé, seconde femme de l’empereur Léon le Sage, étant malade, la relique fut déployée au dessus de sa tête par le patriarche de Constantinople, ce qui provoqua sa guérison, rapportée dans le Ménologue de Basile le Jeune.

Guérison de l'impératrice Zoé par imposition de la ceinture de la Vierge par le patriarche de Constantinople.
Guérison de l’impératrice Zoé par imposition de la ceinture de la Vierge par le patriarche de Constantinople.

Reliquaire de la précieuse Ceinture de la Mère de Dieu conservée à VatopaidiLa précieuse Ceinture fut par la suite divisée en trois parties dont l’une enfermée dans un reliquaire en forme de croix, la croix impériale d’Isaac II Ange (1185-1205), dont le tsar de Bulgarie Ivan Asen Ier (1189-1196) s’empara au cour d’une bataille. Au XIVème siècle, le roi de Serbie saint Lazare (1329 † 1389) entra en possession de cette croix impériale et de sa précieuse relique, puis en fit don au monastère de Vatopedi au Mont-Athos, qui la conserve jusqu’à ce jour dans un reliquaire plus moderne. A une époque difficile à déterminer, des fils d’or furent ajoutés à la relique, probablement pour la consolider. Cette précieuse Ceinture, qui ne sort qu’exceptionnellement de ce monastère, a fait un séjour triomphal en Russie en novembre 2011, déplaçant plus d’un million de fidèles venus la vénérer.

Vénération de la ceinture de la Vierge par Vladimir Poutine.
Vénération de la ceinture de la Vierge par Vladimir Poutine.

La relique de la précieuse Ceinture déposée à Chalcopratée et aujourd’hui à Vatopedi au Mont-Athos n’est sans doute pas l’unique ceinture de la Vierge qui a été conservée. D’autres églises possèdent des fragments, dont il est difficile de savoir si ils proviennent d’un partage de celle de Chalcopratée, ou bien si elle sont des reproductions anciennes de l’original (c’était une pratique courante de confectionner des modèles qu’on mettait au contact de l’original et qui était considérés dès lors comme reliques de troisième classe), ou bien encore d’une autre ceinture (la Sainte Vierge pouvait bien avoir plusieurs ceintures !).

Ceinture de la Mère de Dieu dans son fourreau reliquaire de la collégiale du Puy-Notre-Dame dans le MaineOn ne connait pas le sort des deux autres parties de la ceinture de Constantinople, il est possible que celles-ci soient passées en Occident à la suite des croisades. Ainsi, en France, la collégiale du Puy-Notre-Dame dans le Maine conserve un fragment d’une ceinture de la Vierge qui y fut déposée au XIIème siècle et qui fait 2,8 cm de large.

Un petit fragment de seulement 7 cm par 3 cm environ est attesté depuis 1252 dans l’église de Quintin en Bretagne.

Relique de la ceinture de la Vierge de Quintin en Bretagne.
Relique de la ceinture de la Vierge de Quintin en Bretagne.

L’Italie depuis 1141 possède la sienne en la cathédrale de Prato en Toscane, elle mesure 87 cm de long par 3 cm de large, et est elle aussi brodée de fils d’or. L’évêque de cette ville en fait l’ostension au peuple depuis un balcon extérieur de la cathédrale à chaque fête de Notre-Dame.

Ceinture de la Vierge de LochesLa ceinture de la Vierge que possède la collégiale de Loches fut envoyée en cadeau par Constantinople à l’empereur d’Occident Charles le Chauve (843 – 877). Son arrière petit-fils, Lothaire (954 – 986), roi des Francs, offrit cette précieuse relique à Geoffroy Ier, comte d’Anjou dit Grisegonelle (958 – 987) lequel la déposa dans la collégiale Notre-Dame qu’il s’était fait bâtir dans son château de Loches, où elle se trouve encore aujourd’hui. Cette relique faisait originellement 2m10 sur 3 cm. Sa grande taille pourrait laisser entendre qu’il s’agirait d’une copie de celle alors conservée à Constantinople et non encore divisée. Une comparaison entre les ceintures du Puy-Notre-Dame et celle de Loches fait ressortir deux tissages radicalement différents.

Fabrication de copies de la ceinture de la Vierge par les moines de VatopediIl est très intéressant de noter que toutes ces différentes reliques occidentales font substantiellement la même largeur d’environ 3 cm. Cette largeur parait tout à fait similaire à celle conservée à Vatopedi dont je n’ai pu trouver les dimensions exactes. Les moines de Vatopedi confectionnent encore aujourd’hui des reproductions de la ceinture qu’ils détiennent, et ces reproductions sont beaucoup plus longues que leur relique : leur longueur est censée être celle originelle de la ceinture avant sa division.

Reliquaire contenant la ceinture de la Vierge d'Homs en SyriePar ailleurs, dans la ville d’Homs en Syrie, en l’église de la Ceinture de la Vierge, des fouilles effectuées en 1852 puis à nouveau le 20 juillet 1953, ont permis de découvrir au centre de l’autel une ceinture de 74 cm de longueur, 5 cm de largeur & 3 cm d’épaisseur, en tissu de lin et soie qui a été daté de l’époque romaine. Selon la tradition, cette ceinture a été déposée à Homs en 476 et provenait de la ville d’Edesse. Elle était arrivée à Edesse en même temps que la translation d’une partie des reliques de saint Thomas depuis les Indes faite en 232. Ce fait est à relier à la tradition selon laquelle la Vierge aurait donné une de ses ceintures à saint Thomas au moment de son assomption.

Prions la Vierge Marie qu’elle garde sous sa protection ses enfants qui se confient à elle en ces temps troublés, tant en Orient qu’en Occident.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche, ton 6. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche, ton 6. Gloire au Père. Tropaire de la Mère de Dieu. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de la Mère de Dieu (le second).

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 6 & 4 tropaires de la troisième ode du canon de la fête, œuvre du seigneur Georges (Georges, évêque de Nicomédie au IXème siècle :
1. Souviens-toi de moi, Dieu Sauveur, * quand tu entreras dans ton royaume, ** seul Ami des hommes, sauve-moi.
2. Adam fut séduit par l’arbre défendu, * mais par celui de la Croix tu as sauvé * le bon Larron s’écriant : ** Dans ton royaume, Seigneur, souviens-toi de moi.
3. Ayant brisé les portes & les verrous de l’Enfer, * tu as ressuscité, Source de vie, * Sauveur, tous ceux qui s’écrient : ** Gloire à ta sainte Résurrection.
4. Souviens-toi de moi, Seigneur * qui par ta sépulture triomphas de la mort * & comblas de joie l’univers, ** Dieu de tendresse, par ta Résurrection.
5. Les Myrophores venues au tombeau * entendirent l’Ange proclamer : * Il est vraiment ressuscité, ** le Christ qui illumine le monde entier.
6. Le Christ qui fut cloué * sur le bois de la croix * & sauva le monde de l’erreur, ** chantons-le tous d’un même chœur.
7. En ce jour, fidèles, célébrons * la Ceinture de la Vierge immaculée, ** vénérons-la comme un lien de notre union avec Dieu.
8. Les flots de grâces qui ne cessent de jaillir, * ô Vierge, de ta châsse immaculée ** abreuvent l’ensemble des croyants.
9. La Ceinture de la Vierge comblée d’honneur * qu’en ce jour nous célébrons de nos chants ** dans la grâce répand sur les fidèles les guérisons.
10. Pour les fidèles te célébrant * ton allégresse, ô Vierge, comme rosée du matin ** apaise la fournaise des passions.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 6 : Devant ton sépulcre les Puissances des cieux, * autant que les soldats furent frappés d’effroi ; * et Marie Madeleine se tenait près du tombeau, * cherchant ton corps immaculé ; * mais tu brisas l’Enfer sans te laisser vaincre par lui, * tu rencontras la Vierge et nous donnas la vie. * Ressuscité d’entre les morts, ** Seigneur, gloire à toi.
2. Tropaire de la Mère de Dieu, ton 8 : ère de Dieu toujours-vierge, protection des mortels, * à ta ville tu donnas comme une enceinte fortifiée * la Robe et la Ceinture de ton corps immaculé * échappant à la corruption en vertu de ton enfantement virginal, * car en toi la nature et le temps sont renouvelés ; * c’est pourquoi nous te prions de pacifier notre vie ** et d’accorder à nos âmes la grâce du salut.
3. Kondakion du dimanche, ton 6 : De sa main vivifiante le Seigneur source-de-vie, * le Christ notre Dieu, * a fait surgir tous les morts des ténèbres de l’Enfer, * accordant la résurrection à tout le genre humain ; * il est vraiment notre Sauveur, ** notre vie, notre résurrection et le Dieu de l’univers.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion de la Mère de Dieu, ton 2 : La précieuse Ceinture qui jadis entoura * ton sein porteur de notre Dieu * pour tes fidèles est un invincible trophée, * un trésor inépuisable de bienfaits, ** Mère de Dieu demeurée vierge en enfantant.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Autre kondakion de la Mère de Dieu, ton 4 : Ton peuple, ô Vierge toute-digne de nos chants, * fête la déposition de ta précieuse Ceinture en ce jour ** et sans cesse te crie: Réjouis-toi, fierté des chrétiens.

Prokimen
Du dimanche, ton 6 :
℟. Sauve, Seigneur ton peuple, et béni ton héritage (Psaume 27, 9).
℣. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne reste pas silencieux en face de moi (Psaume 27, 1).
[De la Mère de Dieu, ton 3 :
℟. Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur (Luc 1, 46).]

Epître
Du dimanche : 2 Corinthiens (§ 176) IV, 6-15.
Portant toujours en notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus paraisse aussi dans notre corps.
[De la Mère de Dieu : Hébreux (§ 320) IX, 1-7.]

Alleluia
Du dimanche, ton 6 :
℣. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
℣. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
[De la Mère de Dieu, ton 8 :
℣. Ecoute, ma fille, regarde et tends l’oreille. (Psaume 44, 11).]

Evangile
Du dimanche : Matthieu (§ 92) XXII, 35-46.
Jésus lui répondit : Vous aimerez le Seigneur, votre Dieu, de tout votre cœur, de toute votre âme et de tout votre esprit.
[De la Mère de Dieu : Luc (§ 54) X, 38-42 ; XI, 27-28.]

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1).
[De la Mère de Dieu : J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur (Psaume 115, 13).] Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme de la messe votive du Très-Saint Nom de Marie – messe d’action de grâces pour les 13 ans de SOS Chrétiens d’Orient

Saint Nom de MarieSaint-Eugène, le jeudi 10 septembre 2026, messe solennelle de 20h et Te Deum d’action de grâces pour les treize ans de la fondation de l’association SOS Chrétiens d’Orient). Après la messe, dégustation de croissants en souvenir de la victoire de Vienne.

La fête du Très-Saint Nom de Marie fut instituée par le bienheureux pape Innocent XI en action de grâces pour l’éclatante victoire du dimanche 12 septembre 1683, au cours de laquelle, les troupes chrétiennes coalisées, sous la conduite de Jean III Sobieski, roi de Pologne, et de Charles, duc de Lorraine, écrasèrent les armées ottomanes qui assiégeaient la ville de Vienne pour la seconde fois (victoire de Kahlenberg), permettant la levée du siège de la ville et marquant le début de la reconquête des territoires autrichiens puis hongrois, et par là le commencement du reflux des Turcs hors d’Europe.

Les troupes chrétiennes avaient été galvanisées par le Bienheureux Marc d’Aviano. Au petit matin avant la bataille, Jean III Sobieski avait servi la messe de ce Bienheureux capucin, y avait communié et y avait armé son fils chevalier. On rapporte que le Bienheureux Marc d’Aviano remplaça même l’Ite missa est de la messe par ces mots : Ioannes vincet ! – Jean vaincra. Le roi de Pologne avait ensuite harangué les troupes chrétiennes, leur disant : « Aujourd’hui, il y va tout ensemble de la délivrance de Vienne, de la conservation de la Pologne et du salut de la chrétienté entière ! », puis il chargea les Ottomans en criant :

Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam !
Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à Votre Nom donnez la gloire (Psaume CXIII).

Jean III Sobieski, roi de Pologne, le vainqueur de VienneDans Vienne délivrée, Jean Sobieski vint se prosterner avec ses généraux devant la statue de Notre-Dame de Lorette, vénérée dans l’église des Augustins où l’on chanta un Te Deum. Le même jour à Rome, le Bienheureux Innocent XI, quoique malade, s’était attaché à suivre à pied la grande procession pénitentielle où l’on demandait à Dieu la victoire pour les Chrétiens, par l’intercession de la Vierge Marie. La nouvelle de la victoire ne parvint à Rome que le 24 septembre, où elle fut accueillie par des sonneries de cloches et des Te Deum, et dès le lendemain, le pape instituait la nouvelle fête du Très-Saint Nom de Marie, fixée au dimanche dans l’octave de la fête de la Nativité de la Sainte Vierge (le pape Pie X déplaça la fête au 12 septembre). Pour la petite histoire, c’est à l’occasion de cette victoire que furent inventés la viennoiserie appelée croissant ainsi que le cappuccino (Marc d’Aviano était capucin).

Ô vous, qui que vous soyez, qui vous sentez ici-bas ballotté au milieu des orages et des tempêtes, et non placé sur une terre ferme, ne détournez point vos yeux de cet astre plein d’éclat, si vous ne voulez pas être englouti par les flots. Si le vent des tentations se lève, si vous touchez les écueils des tribulations, regardez l’étoile, invoquez Marie. Si vous êtes secoué par les vagues de l’orgueil, de l’ambition, de la médisance, de la jalousie, regardez l’étoile, invoquez Marie. Si la colère, ou l’avarice, ou les séductions de la chair agitent le frêle esquif de votre âme, jetez un regard vers Marie. Si, troublé par l’énormité de vos crimes, confus de la laideur de votre conscience, effrayé des sévérités du jugement, vous vous sentez entraîné dans le gouffre de la tristesse, dans l’abîme du désespoir, pensez à Marie.
Sermon de saint Bernard, abbé, Vème leçon des vigiles nocturnes de cette fête, au second nocturne.

  • Kyriale IX – Cum Iubilo
  • Epître : Ecclésiastique XXIV, 23-31 : Je suis la mère du bel amour, de la crainte, de la science, et de la sainte espérance.
  • Evangile : Luc I, 26-38 : Et le nom de la vierge était Marie.
  • Pendant les encensements de l’offertoire : O felix Maria – motet à la Bienheureuse Vierge Marie de Guillaume Gabriel Nivers (1632 † 1714), organiste du roi Louis XIV, de Saint Sulpice et des damoiselles de Saint-Cyr
  • A l’élévation : O salutaris Hostia du Ier ton – plain-chant de Coutances
  • Pendant la communion : Ave maris stella – hymne des fêtes de la Sainte-Vierge, à vêpres – ton cistercien
  • Au dernier Evangile : Salve Regina
  • Après la messe : Te Deum d’action de grâces
  • Procession de sortie : O vous qui sur terre n’aspirez qu’au ciel

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Programme de la fête de la Nativité de la Sainte Vierge

La Nativité de la Sainte Vierge par Philippe de Champaigne - Huile sur toile c. 1638-1639 pour servir de carton de tapisserie pour la Tenture de la vie de la Vierge - May de Notre-Dame de Paris conservé au musée d'Arras. Crédit photographique : Henri de Villiers ©Saint-Eugène, le mardi 8 septembre 2025, grand’messe en rit romain traditionnel de 19h.

Cette fête, probablement d’origine hiérosolomytaine, semble avoir été introduite dans le synaxaire de Constantinople par l’empereur Maurice (582 † 602). Saint Jean Damascène (c. 676 † 749) ainsi que son frère de lait saint Côme de Maïouma, en font également mention dans leurs homélies, de que même saint André de Crète (660 † 740) :

Aujourd’hui comme pour des noces, l’Eglise se pare de la perle inviolée, de la vraie pureté. Aujourd’hui, dans tout l’éclat de sa noblesse immaculée, l’humanité retrouve, grâce aux mains divines, son premier état et son ancienne beauté. Les hontes du péché avaient obscurci la splendeur et les charmes de la nature humaine ; mais, lorsque naît la Mère de celui qui est la Beauté par excellence, cette nature recouvre en elle ses anciens privilèges, elle est façonnée suivant un modèle parfait et entièrement digne de Dieu. Et cette formation est une parfaite restauration et cette restauration est une divinisation et cette divinisation, une assimilation à l’état primitif. Aujourd’hui, contre toute espérance, la femme stérile devient mère et cette mère, donnant naissance à une descendance qui n’a pas de mère, née elle-même de l’infécondité, a consacré tous les enfantements de la nature. Aujourd’hui est apparu l’éclat de la pourpre divine, aujourd’hui la misérable nature humaine a revêtu la dignité royale. Aujourd’hui, selon la prophétie, le sceptre de David a fleuri en même temps que le rameau toujours vert d’Aaron, qui, pour nous, a produit le Christ rameau de la force. Aujourd’hui, une jeune vierge est sortie de Juda et de David, portant la marque du règne et du sacerdoce de celui qui a reçu, suivant l’ordre de Melchisédech, le sacerdoce d’Aaron. Pour tout dire en un mot, aujourd’hui commence la régénération de notre nature, et le monde vieilli, soumis à une transformation divine, reçoit les prémices de la seconde création.

Le Pape d’origine syrienne saint Serge Ier (c. 650 † 701) introduisit cette fête à Rome, faisant précéder la messe d’une procession, à l’instar de celles qu’il avait instituées aux trois autres grandes fêtes de la Vierge : la Purification le 2 février, l’Annonciation le 25 mars, l’Assomption le 15 août. Fait curieux (qui n’est pas isolé), le tropaire de l’office byzantin de la fête a été traduit en latin et sert d’antienne de Magnificat des secondes vêpres romaines. Saint Serge Ier mourut du reste le 8 septembre 701.

On ne fait la mémoire de la fête de saint Adrien, martyr à Nicomédie au début du IVème siècle qu’aux messes basses.

A la sainte messe :

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Programme du XVème dimanche après la Pentecôte

Résurrection du fils de la veuve de NaïmSaint-Eugène, le dimanche 6 septembre 2026, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

La résurrection du fils de la veuve de Naïm.

Une mère, veuve, fut dans la joie lors de la résurrection de ce jeune homme. Une mère, l’Église, est dans la joie chaque jour lors de la résurrection spirituelle des hommes. Celui-là était mort dans son corps mais ceux-ci, dans leur âme. La mort visible était pleurée par des larmes visibles. Quant à la mort invisible, nul n’en prenait souci, nul ne l’apercevait, Celui-là qui connaissait les morts prit souci d’eux. Celui-là seul connaissait les morts qui pouvait les rendre à la vie. S’il n’était pas venu pour ressusciter les morts, l’Apôtre ne dirait pas : « Éveille-toi, toi qui dors, lève-toi d’entre les morts, et sur toi luira le Christ ».
Homélie de saint Augustin, évêque, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la sainte messe :

IIndes vêpres du XVème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : Adoro te supplex, Vème ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Sicut Myrrha, du IVème ton (antienne de l’Antiphonaire de Notre-Dame de Paris du XIIIème s. pour le premier nocturne l’Assomption & antique psalmodie ornée du psaume XLIV)
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Petrus du VIIème ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton
  • Chant d’action de grâces : In voce exultationis, VIème ton (antienne de Antiphonaire de Notre-Dame de Paris du XIIIème s. pour le second nocturne de la Fête-Dieu & psaume CXVI)

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Programme du XIVème dimanche après la Pentecôte – saint Eutychès, disciple de l’Apôtre saint Jean le Théologien – ton 5

Saint Jean l'Evangéliste et un discipleParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 6 septembre 2026 du calendrier grégorien, 24 août 2026 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton V de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour le saint hiéromartyr Eutychès, disciple de saint Jean l’Evangéliste.

Peu de choses sont certaines sur cet Eutychès (ou Eutychius, Eutyche, Eutique) sinon qu’il fut disciple de saint Jean l’Evangéliste. La plupart des sources le font originaire de Sébaste (l’ancienne Samarie) en Palestine. Disciple de saint Jean, il fut ordonné comme évêque missionnaire et eut à subir supplices et tortures dans les différents lieux de son apostolat, avant de revenir mourir dans sa cité de naissance.

Certains auteurs ont cherché à l’identifier (mais sans doute à tord) avec Eutychès, le jeune homme qui s’endort durant la prédication de saint Paul à Troade, tombe du troisième étage et que l’Apôtre ressuscite ensuite (Actes des Apôtres, XX, 6-12).

Saint Eutychès, disciple de saint Jean, est également commémoré à la même date du 24 août dans le Martyrologe romain :

« Le même jour, saint Eutyche, disciple de saint Jean l’Evangéliste, qui, après avoir souffert en différents pays la prison, les fouets et le feu pour la prédication de l’Evangile, mourut enfin en paix. »

Aux heures
A tierce & à sexte : Tropaire du dimanche. Gloire au Père. Tropaire du Hiéromartyr. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.

Tropaires des Béatitudes : 8 tropaires du dimanche, ton 5 :
1. Le bon Larron sur la croix * eut foi en ta divinité, ô Christ ; * il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant : ** De moi, Seigneur, en ton royaume souviens-toi.
2. Sur le bois de la croix * pour nous les hommes tu fis fleurir la vie * et se flétrir la malédiction de l’arbre défendu : ** Sauveur & Créateur, nous te chantons d’un même chœur.
3. Par ta mort, ô Christ, * tu as brisé la force de la mort, * ressuscitant tous les morts depuis Adam, ** qui te chantent comme vrai Dieu & Sauveur du genre humain.
4. Venues à ton sépulchre, Sauveur, * les saintes Femmes te cherchaient * pour embaumer la Source de vie, ** mais un Ange leur apparut pour leur dire : Il est ressuscité, le Seigneur !
5. O Christ, lorsque tu fus crucifié * au milieu de deux larrons, * l’un fut justement condamné pour t’avoir insulté, ** l’autre par sa confession devint l’hôte du Paradis.
6. Devant le chœur des Apôtres, * les saintes Femmes s’écriaient : * Le Christ est vraiment ressuscité, ** adorons en lui notre Maître & Créateur.
7. Unique & indivisible Trinité, Dieu créateur & tout-puissant, * Père, Fils & Saint-Esprit, ** nous te chantons comme Sauveur & vrai Dieu.
8. Réjouis-toi, porte infranchissable & temple vivant du Seigneur, * réjouis-toi, trône de feu non consumé, * réjouis-toi, ô Mère de l’Emmanuel, ** le Christ notre Dieu est avec nous.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 5 : Le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, * né de la Vierge pour notre salut, * chantons-le, fidèles, et adorons-le, * car il a daigné dans sa chair monter sur la Croix * et supporter la mort, * afin de ressusciter les morts ** par sa glorieuse Résurrection.
2. Tropaire du Hiéromartyr, ton 4 : Émule des Apôtres dans leur vie, et leur successeur sur leurs trônes, * tu as trouvé dans la pratique des vertus, ô inspiré de Dieu, la voie qui mène à la contemplation. * Aussi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu as lutté pour la foi jusqu’au sang, * hiéromartyr Eutychès, * prie le Christ Dieu ** afin qu’il sauve nos âmes.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du Hiéormartyr, ton 3 : Toi qui siégeas parmi les Apôtres du Seigneur et des Pontifes atteignit la splendeur, Eutychès, * en martyr, tu fus également glorifié ; * comme un soleil tu brillas sur l’univers * et dissipas la sombre nuit de l’impiété ; * aussi nous t’honorons ** comme initiateur des divins mystères du Christ.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 5 : Tu es descendu aux enfers, ô mon Sauveur, * tu as brisé leurs portes, comme Tout-Puissant, * avec toi tu as ressuscité les morts, comme Créateur ; * et tu as brisé l’aiguillon de la mort * et Adam a été délivré de la malédiction, ô Ami des hommes. * Aussi te clamons-nous : ** Sauve-nous, Seigneur.

Prokimen
Du dimanche, ton 5 :
℟. Toi, Seigneur, tu nous prends en garde, tu nous protèges d’une telle engeance, à jamais (Psaume 11, 8).
℣. Sauve-moi, Seigneur, il n’est plus de saints (Psaume 11, 2).

Epître
Du dimanche : II Corinthiens (§ 170) I, 21 – II, 4.

Alleluia
Du dimanche, ton 5 :
℣. Toi, Seigneur, tu nous prends en garde, tu nous protèges d’une telle engeance, à jamais (Psaume 11, 8).
℣. Sauve-moi, Seigneur, il n’est plus de saints (Psaume 11, 2).

Evangile
Du dimanche : Matthieu (§ 89) XXII, 1-14.

Versets de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du XIVème dimanche après la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 30 août 2026, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Le dimanche de la Providence (appelé aussi le dimanche des 2 maîtres).

C’est pourquoi, continue le Sauveur, je vous dis : Ne vous inquiétez point pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous vous vêtirez. » Il ne veut pas que notre cœur se partage à la recherche, non seulement du superflu, mais même du nécessaire, et que, pour nous le procurer, notre intention se détourne de sa véritable fin, dans les actions que nous paraissons faire par un motif de miséricorde. C’est-à-dire qu’il ne veut pas que, tout en paraissant nous dévouer aux intérêts du prochain, nous ayons moins en vue son utilité que notre avantage personnel, et que nous nous regardions comme exempts de fautes, parce que nous ne voulons obtenir que le nécessaire et non le superflu.
Homélie de saint Augustin, évêque, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la sainte messe :

IIndes vêpres du XIVème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : Adoro te supplex du Vème ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Ave Maria du Ier ton
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Petrus du VIIème ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton
  • Chant d’action de grâces : Adoremus in æternum du VIème ton

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Programme du XIIIème dimanche après la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 23 août 2026, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Premières vêpres de la fête de saint Barthélémy, Apôtre & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45 – mémoire de saint Philippe Beniti, confesseur.

La guérison des 10 lépreux.

On peut donc, sans absurdité, penser que les lépreux représentent ceux qui, sans avoir la science de la vraie foi, professent en conséquence les doctrines variées de l’erreur. Loin de cacher leur ignorance, ils la produisent au grand jour comme la science suprême et dans des discours pleins de jactance, ils en font étalage. Or, il n’est si fausse doctrine qui ne soit mêlée de quelque vérité. Dans une seule et même discussion ou récit d’un homme, les vérités s’entremêlent sans ordre aux erreurs comme si elles apparaissaient dans la coloration d’un seul corps. Ainsi en va-t-il de la lèpre, elle altère et flétrit les corps humains, mêlant aux teintes vraies des fausses couleurs. »
Homélie de saint Augustin, évêque, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la sainte messe :

Ières vêpres de la fête de saint Barthélémy, apôtre avec mémoire du XIIIème dimanche après la Pentecôte et de saint Philippe Beniti, confesseur. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : ave verum, VIème ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Exaltata est, du IVème ton (antienne de l’Antiphonaire de Notre-Dame de Paris du XIIIème s. pour le premier nocturne l’Assomption & antique psalmodie ornée du psaume XLIV)
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Petrus du VIIème ton
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton
  • Chant d’action de grâces : Adoremus in æternum Sanctissimum Sacramentum, VIème ton

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Programme de la fête de saint Joachim

Saint Joachim, père de la Bienheureuse Vierge MarieSaint-Eugène, le dimanche 16 août 2026, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

La Schola Sainte Cécile a la joie d’accueillir l’ensemble Cantores Sanctæ Mariæ de Londres sous la direction de Martin Toyer, venu chanter un beau programme de polyphonies de la Renaissance à l’occasion de ce 16 août.

Que Joseph ait eu David pour ancêtre, les très saints Évangélistes Matthieu et Luc l’ont clairement démontré. Mais la divergence entre eux est que saint Matthieu le fait descendre de David par Salomon, et saint Luc par Nathan. Tous deux cependant passent sous silence la généalogie de la Sainte Vierge. Il est donc utile de savoir que, ni chez les Hébreux ni dans l’Écriture sacrée, ne fut établi l’usage de dresser la généalogie des femmes ; mais il était réglé par la loi qu’aucun homme ne prendrait d’épouse dans une autre tribu. En conséquence, Joseph, qui était de la famille de David, et qui pratiquait la justice (car le divin Évangile lui a donné cet éloge), n’aurait donc certainement pas épousé la sainte Vierge, contrairement aux prescriptions de la loi, si elle n’eût pas tiré son origine de la même souche royale. Et c’est pour cela qu’il suffisait à l’Évangéliste de marquer d’où Joseph était issu.
Homélie de saint Jean Damascène, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

De la souche donc de Nathan, fils de David, Lévi engendra Melchi et Panther. Panther engendra Barpanther (c’est ainsi qu’on l’appelait). Barpanther engendra Joachim, qui fut père de la sainte Mère de Dieu. Revenons en arrière : de la souche de Salomon, fils de David, Mathan eut de son épouse Jacob, et à la mort de Mathan, Melchi, issu de Nathan, fils de Lévi et frère de Panther, épousa la veuve de ce même Mathan, laquelle était mère de Jacob ; de son second mariage naquit Héli. Jacob et Héli étaient donc frères utérins ; le premier était de la lignée de Salomon, le second, de celle de Nathan.
Homélie de saint Jean Damascène, VIIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

Or Héli, qui était de la descendance de Nathan, mourut sans enfants ; ce qui fit que Jacob, de la lignée de Salomon, épousa la veuve de son frère et en eut un fils nommé Joseph. Selon la nature, Joseph était fils de Jacob et tirait son origine de Salomon, mais aux yeux de la loi, son père était Héli, et sa race, celle de Nathan. Les choses étant ainsi, Joachim s’unit par le mariage, à Anne, femme supérieure et digne des plus hauts éloges. Semblable à cette Anne d’autrefois, qui, affligée par l’épreuve de la stérilité, dut à sa prière et à son vœu de donner naissance à Samuel, celle-ci obtint du ciel, par des supplications et des promesses, de mettre au monde la Mère de Dieu ; en cela donc aussi elle ne le cède à aucune des mères illustres. Ainsi donc c’est la grâce, (telle est la signification du nom d’Anne) qui engendra la Souveraine (c’est ce que signifie le nom de Marie). Elle est, en effet, devenue la souveraine de toute la création, quand elle fut élevée à la dignité de Mère du Créateur.
Homélie de saint Jean Damascène, IXème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

A la sainte messe :

  • Propre grégorien du jour
  • Kyrie : de la Missa Laudate Dominum à 8 voix de Giovanni Pierluigi da Palestrina (c. 1525 † 1594), maître de chapelle papale de Saint-Pierre du Vatican, de Saint-Jean de Latran & de Sainte-Marie-Majeure – messe publiée à Venise en 1601 in Missae quattuor octonis vocibus concinendae, elle est fondée sur l’imitation du même motet Laudate Dominum de Palestrina
  • Gloria : de la Missa Laudate Dominum de Palestrina
  • Epître : Ecclésiastique XXXI, 8-11 : Heureux l’homme qui a été trouvé sans tache, qui n’a pas couru après l’or, et qui n’a pas mis son espérance dans l’argent et dans les trésors.
  • Evangile : Matthieu I, 1-16 : Généalogie de Jésus Christ, fils de David, fi1s d’Abraham.
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Quis est homo – motet à 5 voix de William Byrd (c. 1543 † 1623), chantre et organiste de la chapelle royale d’Angleterre (Cantiones sacrae, 1591) – Psaume XXXIII, 13-17
  • Sanctus : de la Missa Laudate Dominum de Palestrina
  • Après l’élévation : Benedictus de la Missa Laudate Dominum de Palestrina
  • Agnus Dei : de la Missa Laudate Dominum de Palestrina
  • Pendant la communion : Benedicam Dominum – motet à 8 voix de Melchior Franck (c. 1579 † 1639), maître de cha-pelle à la cour du duc de Saxe-Cobourg (Florilegium Portense, 1618)
  • Au dernier Evangile & procession de sortie : Salve Regina à 8 voix – Roland de Lassus (1532 † 1594), le « Prince de la Musique », maître de chapelle des ducs de Bavière à Munich

IIndes vêpres de la fête de saint Joachim, confesseur, père de la Bienheureuse Vierge Marie. Mémoire du XIIème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O Panis dulcissime – prose en l’honneur du Très-Saint Sacrement – Traditions germaniques – XIVème siècle
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Exaltata est, du IVème ton (antienne de l’Antiphonaire de Notre-Dame de Paris du XIIIème s. pour le premier nocturne l’Assomption & antique psalmodie ornée du psaume XLIV)
  • A saint Joachim : O Pater summe, Joachim, puellæ – hymne de l’ancien office romain pré-tridentin de saint Joachim (début du XVIème siècle) – plain-chant gallican
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Exaudi Christe – extrait des Laudes regiæ – ton de Reims.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton
  • Chant d’action de grâces : Psaume XIX – VIème ton royal

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