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La bénédiction liturgique des raisins le jour de la Transfiguration

Bénédiction des raisins le jour de la Transfiguration en Grèce

Lorsque vous serez entré dans le pays dont le Seigneur, votre Dieu, doit vous mettre en possession, que vous en serez devenu maître, et que vous y serez établi, vous prendrez les prémices de tous les fruits de votre terre ; et les ayant mis dans un panier, vous irez au lieu que le Seigneur, votre Dieu, aura choisi pour y faire invoquer son nom. »
Deutéronome XXVI, 1-2.

A l’instar de l’Ancienne Loi, les toutes premières communautés chrétiennes, dès les temps apostoliques, offraient à l’église les « prémices du pressoir, de l’aire et des troupeaux », ainsi qu’en témoigne le plus ancien document chrétien en dehors du Nouveau Testament, la Didachè (Didachè XIII, 2-3, dispositions reprises par les Constitutions Apostoliques VII, 29).

Certes la bénédiction des prémices produits par le labeur des chrétiens s’est maintenue au cours des âges sous diverses formes, mais l’Eglise a entouré plus précisément d’une attention toute particulière l’oblation liturgique des premiers épis de blé et des premiers raisins, car ce sont les matières mêmes du mystère eucharistique. Dès les origines, les prémices du blé et de la vigne étaient reçus à l’autel et sanctifiés par une bénédiction solennelle prononcée durant l’action liturgique.

Nous allons envisager ici la seule bénédiction liturgique des raisins, traditionnellement réalisée le 6 août tant en Occident qu’en Orient.

La bénédiction des prémices du raisin en Occident

On trouve la bénédiction des prémices des raisins fixée au 6 août dans le Sacramentaire grégorien (VI-VIIèmes siècles). Cette bénédiction a lieu au cours de la messe du jour, qui n’est pas alors celle de la Transfiguration (cette fête n’entrera tardivement au Missel romain qu’en 1457) mais celle de la fête de saint Sixte II, 24ème pape qui avait été décapité en 258. Comme d’autres bénédictions très anciennes, la bénédiction du raisin – Benedictio uvæ – se place à la fin du canon eucharistique :

Intra quorum nos consórtium , non æstimátor mériti, sed véniæ, quæsumus, largítor admítte. Per Christum Dóminum nostrum. Pour nous admettre dans leur compagnie, ne pèse pas la valeur de nos actes, mais accorde-nous largement ton pardon. Par le Christ notre Seigneur.
Benedic, Dómine, et hos fructus novos uvæ, quos tu, Dómine, rore cœli, et inundantia pluviárum, et temporum serenitate atque tranquillitate, ad maturitatem perducere dignatus es, et dedisti eos ad usus nostros, cum gratiarum actione percipi, in nomine Domini nostri Jesu Christi. Bénis aussi, Seigneur, ces fruits nouveaux de la vigne, que toi, Seigneur, par la rosée du ciel, et l’abondance des pluies, et par la sérénité et la tranquillité des temps, tu as daigné faire parvenir à maturité, et les as donnés pour notre usage, afin de les recevoir avec action de grâces.
Per quem hæc ómnia, Dómine, semper bona creas, sanctíficas, vivíficas, benedícis, & præstas nobis. Par qui, Seigneur, tu ne cesses de créer tous ces biens, de les sanctifier, de les vivifier, de les bénir et de nous en faire don.

Le Sacramentaire gélasien, plus ancien que le grégorien, s’il ne contient pas de bénédiction spéciale dans le cours de la messe de saint Sixte au 6 août, donne néanmoins vers la fin de l’ouvrage une formule de bénédiction des raisins et des fèves qui – mis à part des variantes textuelles – est substantiellement la même oraison :

Oratio ad fruges novas benedicendas.

Benedic, Dómine, hos fructus novos uvæ sive fabæ, quos tu, Dómine, per rorem cœli, et inundantiam pluviárum, et tempora serena atque tranquilla ad maturitatem perducere dignatus es, ad percipiendum nobis cum gratiarum actione, in nomine Domini nostri Jesu Christi. Per quem hæc ómnia, Dómine, semper bona creas, sanctíficas, vivíficas, benedícis, & præstas nobis.

De part sa conclusion, l’on voit que cette bénédiction s’effectuait au même endroit du canon de la messe.

En Italie à l’époque des Pères de l’Eglise, la bénédiction du raisin partageait le même privilège que celle des fèves de se faire à l’autel même. Cet honneur dû aux fèves s’explique peut-être par le fait que celles-ci constituaient alors la base de la nourriture ordinaire des habitants de la Péninsule italique. Le Liber Pontificalis fait remonter au pape Eutychien (275-283) l’interdiction de bénir les fruits sur l’autel même, à l’exception des raisins et des fèves : « Hic constituit fruges super altare tantum fabæ et uvæ benedici ». La bénédiction des fèves se faisait à l’Ascension : le Sacramentaire gélasien redonne au cours de la messe de cette fête la même oraison de bénédiction des prémices que ci-dessus – mais uniquement pour les fèves et non pour les raisins.

Du Sacramentaire grégorien, la bénédiction des raisins du 6 août fut transmise dans les différents livres liturgiques de toute l’Europe médiévale. On distribuait le raisin béni après la messe du 6 août aux fidèles, à l’instar du pain béni qui se faisait chaque dimanche et fête.

La date du 6 août consacrée pour la bénédiction des prémices du raisin commence alors à susciter des tentatives d’explications. Certains auteurs vont attribuer l’origine de son institution au pape saint Sixte II lui-même (à tord manifestement : cette bénédiction est sans doute tout à fait aussi ancienne en Orient, comme on va le voir ci-après ; or le martyre de Sixte II au 6 août n’y a trouvé aucun écho liturgique, si ce n’est une simple mention au Martyrologe de Nicomédie). Certaines régions d’Europe établissent alors saint Sixte comme patron des vignerons.

A partir du IXème siècle, la fête de la Transfiguration commence progressivement à se répandre dans différents régions en Occident, avant tout dans les milieux monastiques. Il s’agit d’une importation de la fête du rit byzantin, qui célèbre en effet la Transfiguration le 6 août, 40 jours avant l’Exaltation de la Sainte Croix (14 septembre) ; l’origine de cette fête demeure toutefois obscure, il est possible qu’elle fut créée par saint Grégoire l’Illuminateur en Arménie au début du IVème siècle, avant de se répandre dans l’Empire d’Orient au Vème siècle. Avec la diffusion progressive de cette fête en Occident au 6 août, on tente alors d’établir un lien entre la bénédiction des prémices du raisin et la Transfiguration. Le premier à le faire semble être Sicard de Crémone (c. 1155 † 1215) dans son Mitrale, explication reprise par Durand de Mende au XIVème siècle dans son Rationale divinorum officium (Livre VII, chapitre XXII) :

C’est pourquoi en ce même jour, la Transfiguration se rapportant à l’état qui doit être celui des fidèles après la résurrection, on consacre le sang du Seigneur avec du vin nouveau, s’il est possible d’en avoir, afin de signifier ce qui est dit dans l’Évangile : Je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu’à ce que je le boive nouveau avec vous dans le royaume de mon Père (Matthieu XXVI, 29). Si l’on ne peut s’en procurer, qu’on pressure au moins dans le calice un peu de raisin arrive à maturité, ou qu’on bénisse des grappes qui soient partagées au peuple. »
Sicard de Crémone (c. 1155 † 1215), Mitrale, IX, XXXVIII.

On verra que cette pieuse coutume de célébrer la messe avec du vin nouveau le 6 août existe également en Orient. Dom Martène indique qu’elle était toujours vivace à Poitiers de son temps. Elle subsista dans les propres de certains diocèses occidentaux jusqu’au XXème siècle.

En 1457, le pape Calixte III inscrit au 6 août du calendrier de l’Eglise de Rome la fête de la Transfiguration, en action de grâces pour l’éclatante victoire de Belgrade contre les Turcs obtenue le 6 août 1456. Saint Sixte devient dès lors une simple mémoire, ses oraisons s’ajoutant à celles de la nouvelle fête de la Transfiguration. Dans certains diocèses, on décida néanmoins de dire deux messes le 6 août, l’une de la Transfiguration, l’autre de saint Sixte, et c’est au cours de celle-ci que continuait d’avoir lieu la bénédiction solennelle du raisin.

Le Rituale romanum publié en 1614 par le pape Paul V ne contient pas la benedictio uvæ ; il est vrai que le dessein du pape, en éditant cet ouvrage, était de donner un manuel bref, essentiellement axé sur la discipline des sacrements, alors battue en brèche par les Protestants. Néanmoins de nombreux rituels diocésains continuèrent de maintenir l’antique tradition de la bénédiction des raisins le 6 août. En voici deux exemples, tirés des livres de Reims et de Verdun, qui montrent qu’on la pratiquait toujours à la fin du canon, comme dans l’Antiquité :

Bénédiction du raisin nouveau - Rituel de Reims de 1677.
Bénédiction du raisin nouveau – Rituel de Reims de 1677.
Bénédiction des raisins le jour de la Transfiguration - rituel de Verdun 1787.
Bénédiction des raisins le jour de la Transfiguration – rituel de Verdun de 1787.

On remarquera qu’au cours des âges, le texte du Sacramentaire grégorien s’est quelque peu poli (l’inundantia(m) pluviarum devenant abundantia pluviarum, le double Domine du début est éliminé, etc.)

L’antique bénédiction romaine des prémices des raisins finit toutefois par revenir dans les livres romains, insérée dans le pléthorique Appendix du Rituale Romanum qui se développa entre le XVIIème et le XXème siècle. On la trouvera au numéro 38 de cette partie de ce livre liturgique.

La bénédiction des prémices du raisin en Orient

La formule dont nous avons tracé l’usage en Occident depuis le Sacramentaire gélasien jusqu’aux plus récentes éditions du Rituale Romanum se retrouve à l’identique de façon tout à fait remarquable dans l’Eglise byzantine.

En voici le texte grec :

Εὐχὴ εὶς μετάληψιν σταφυλῆς τῆ ς΄ Αὐγούστου

Εὐλόγησον, Κύριε, τὸν καρπὸν τοῦτον τῆς ἀμπέλου τὸν νέον, ὃν διὰ τῆς τοῦ ἀέρος εὐκρασίας, καὶ τῶν σταγόνων τῆς βροχῆς, καὶ τῆς τῶν καιρῶν γαλήνης εἰς ταύτην τὴν ὡριμοτάτην στάσιν ἐλθεῖν ηὐδόκησας, ἵνα ᾖ ἐν ἡμῖν τοῖς ἐξ αὐτοῦ τοῦ γεννήματος τῆς ἀμπέλου μεταλαμβάνουσιν εἰς εὐφροσύνην, καὶ τοῖς προσενέγκασι δῶρον εἰς ἐξιλασμὸν ἁμαρτιῶν, διὰ τοῦ ἱεροῦ καὶ ἁγίου Σώματος καὶ Αἵματος τοῦ Χριστοῦ σου· μεθ᾿ οὗ εὐλογητὸς εἶ, σὺν τῷ παναγίῳ καὶ ἀγαθῷ καὶ ζωοποιῷ σου Πνεύματι, νῦν καὶ ἀεὶ καὶ εἰς τοὺς αἰῶνας τῶν αἰώνων. Ἀμήν.

Bénis, Seigneur, ce fruit nouveau de la vigne, que par des saisons calmes, et des pluies douces, et un temps favorable, il t’a plu gracieusement faire parvenir à maturité, afin que nous puissions prendre part dans la joie au fruit de la vigne, et puissions nous te l’offrir comme un don pour la purification de nos péchés, par le Corps et le Sang sacrés et saints de ton Christ, avec qui tu es bénis ainsi que ton très-saint, bon & vivifiant Esprit, maintenant & toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Les deux versions latines – gélasiennes et grégoriennes – présentent un texte remarquablement similaire pour exprimer les mêmes idées ; il est fort probable qu’il s’agisse de deux traductions légèrement différentes d’une prière grecque originelle (l’oraison grecque aujourd’hui en usage que nous avons citée ci-dessus a pu ajouter la seconde partie faisant rappel du Corps et du Sang du Christ à une première rédaction plus simple).

Comme en Occident, la bénédiction des raisins se fait en Orient le 6 août, vers la fin de la divine liturgie de la Transfiguration, après la prière de l’ambon. Elle est précédée de l’usuelle invitation du diacre « Prions le Seigneur », à laquelle le chœur répond « Kyrie eleison ».

Voici comment l’empereur Constantin VII Porphyrogénète (905 † 959) note la cérémonie à la cour de Constantinople :

L’Empereur de Constantinople recueille les « prémices » (« aparches ») à Chalcédoine, où il y a beaucoup de vignes, puis il attend que le Patriarche de Constantinople vienne le jour saint de la Transfiguration du Christ pour bénir les fruits et distribue personnellement les raisins aux fidèles.
(De ceremoniis aulæ Byzantinæ)

En Orient, l’ancien usage veut qu’on s’abstienne de consommer tout raisin avant sa bénédiction le 6 août. Cette règle était déjà prescrite dans le Typicon de Saint-Sabas (Vème-VIIème siècles) et demeure toujours observée dans certaines régions de Grèce ou de Russie.

La bénédiction des raisins dans le rit byzantin ne se fait que le jour de la fête le 6 août et n’est pas répétée durant les 7 jours d’après-fête ni à la clôture de celle-ci le 13 août.

En Russie, où le raisin était un met impossible à produire en raison du climat, l’usage se prit de bénir des pommes le jour de la Transfiguration en place du raisin, au point que le nom populaire de la Transfiguration devint la fête du « Sauveur des pommes ». De nos jours, les fidèles apportent toujours des pommes en ce jour, mais aussi du raisin et des autres fruits qu’il est plus aisé de trouver désormais dans les commerces. Voici quelques images des bénédictions de la Transfiguration :

Si les rituels syriaques contiennent une bénédiction pour les raisins, celle-ci n’est pas affectée à un jour liturgique particulier.

Les Arméniens bénissent quant à eux les raisins en la fête de l’Assomption. Cette date est probablement plus favorable à l’obtention des prémices de ces fruits dans les montagnes arméniennes.

Chez les Arméniens, la coutume voulant qu’on ne mange pas de raisin jusqu’à sa bénédiction reste encore très vivace. Voici à ce sujet un discours du catholicos Karékine Ier (1932 † 1999) :

Si tu manges un grain de raisin avant la fête de l’Assomption de la Sainte Vierge Marie, tu n’auras certes pas commis de péché mortel et tu n’iras pas en enfer… Si tu n’en goûtes pas jusqu’à ce jour, où l’Eglise bénit ce raisin, tu ne seras pas en décalage d’un iota par rapport à la marche de ce monde. Mais si, non seulement tu décides de ne pas en manger, mais, qui plus est, tu ne ressens pas de gêne en annonçant à ton ami ou ton voisin, que c’est par amour de la tradition de ta Patrie, que tu n’en goûtes pas, alors c’est ta Nation qui résonne en toi, sous l’inspiration de ta conscience nationale et de la conservation de ta tradition. Sois certain, que tu ne seras pas méprisé par les autres, tu ne peux que gagner du respect de la part d’un entourage cultivé… N’oublie jamais que, pour nous qui vivons loin de la mère patrie, nos traditions spécifiques représentent la terre de notre patrie dans notre vie. »

Conclusion

La bénédiction des prémices du raisin le 6 août est un exemple frappant d’unité entre l’Orient et l’Occident, alors même que les uns célébraient la Transfiguration et les autres la saint Sixte. Il est fort possible que notre bénédiction du raisin au 6 août soit antérieure à ces deux fêtes, ce qui laisse envisager une très grande ancienneté de cet usage chrétien. En effet, le texte commun de la bénédiction des raisins ne présente aucune relation ni avec la Transfiguration orientale, ni avec la fête de saint Sixte occidentale, et les diverses tentatives de fournir une explication rationnelle de cette coutume à cette date paraissent des constructions a postériori. Peut-être est-on là en présence d’un usage de la primitive Eglise de Jérusalem à cette date du 6 août, dans une Palestine où le raisin arrive à maturité plus tôt en raison du climat.

Voici donc une antique tradition à revivifier, comme l’incitait l’an passé Father Z sur ce célèbre blog américain.

Laissons le mot de la fin à J. Parisot qui étudia en profondeur cette question en 1899 :

« Bien que, suivant le principe formulé par saint Grégoire, l’unité de la foi n’ait pas à souffrir de la diversité des usages, il est constant qu’à côté des innovations liturgiques survenues au cours des siècles, maintes pratiques subsistent, communes à l’Orient et à l’Occident, et que l’on doit faire remonter, sinon au temps de l’unité liturgique primitive, du moins à l’époque où la nature des relations ecclésiastiques permettait des emprunts réciproques. Ce n’est donc pas seulement par l’accord sur les points essentiels du dogme et des formules sacramentelles que s’affirme l’unité chrétienne, mais souvent par la conformité, maintenue en dépit des divisions dogmatiques et politiques, de traditions accessoires, dont on vient de voir un remarquable exemple ».
J. Parisot, La bénédiction liturgique des raisins, Revue de l’Orient chrétien IV (1899), p. 363.

Programme de la fête du Très-Saint Rosaire de la Bienheureuse Vierge Marie

La victoire de Lépante peinte par Paul VéronèseSaint-Eugène, le dimanche 4 octobre 2026, grand’messe de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Cette fête de Notre-Dame du Très-Saint-Rosaire célèbre l’éclatante victoire navale obtenue le 7 octobre 1571 à Lépante (dans le golfe de Patras, en Grèce) par les armées chrétiennes de la Sainte Ligue, conduite par don Juan d’Autriche, contre les Turcs, pourtant très largement supérieurs en nombre, mais qui subissent une écrasante défaite : les Ottomans perdent plus de 30 000 hommes (sans compter ceux qui sont massacrés à terre par les Grecs révoltés), 192 de leurs vaisseaux sont capturés ou coulés (sur les 273 engagés) contre seulement une douzaine pour les chrétiens. 15 000 forçats chrétiens sont aussi libérés de leurs fers. Il s’agit probablement de la plus importante bataille navale de l’histoire.

Avant la bataille, afin d’implorer la protection céleste sur la flotte, le pape saint Pie V avait ordonné un jubilé solennel, un jeûne et la prière publique du Rosaire.

Le soir de la bataille, le pape va brusquement de son bureau à la fenêtre, où il semble contempler un spectacle. Puis il se retourne et dit aux prélats qui l’entourent : « Allons rendre grâce à Dieu : notre armée est victorieuse ». C’était le 7 octobre un peu avant 5 heures du soir, à l’heure où don Juan, victorieux, s’agenouillait sur le pont de son navire pour remercier Dieu de sa protection. La nouvelle de la victoire ne devait parvenir à Rome que 19 jours plus tard, le 26 octobre, confirmant ainsi la révélation faite au souverain pontife.

En commémoration de la glorieuse victoire de Lépante, Pie V ajoute aux Litanies de la très Sainte Vierge, une invocation supplémentaire : Auxilium christianorum, ora pro nobis – Secours des chrétiens, priez pour nous. Le Pape institue aussi la fête liturgique de Notre-Dame de la Victoire et fait insérer au Martyrologe romain à la date du 7 octobre la mention suivante :

« Mémoire de sainte Marie de la Victoire, que le souverain pontife Pie V ordonna de renouveler chaque année, à cause de l’insigne victoire navale remportée ce jour-là par les chrétiens sur les Turcs, grâce au secours de la Mère de Dieu. »

Grégoire XIII renouvelle en 1573 l’ordonnance de saint Pie V, ajoutant que désormais la fête aura lieu tous les premiers dimanches d’octobre, dans toutes les églises où se trouve un autel ou une chapelle sous l’invocation de Notre-Dame du Saint-Rosaire, et qu’elle portera désormais ce même nom. Répondant à l’instante prière de la Reine Marie-Anne, le pape Clément X étend en 1671 la fête du Saint-Rosaire à toute l’Espagne, sans condition. Clément XI étend en 1716 la fête du Saint-Rosaire à toute l’Eglise, en mémoire de la victoire obtenue en 1715 par Charles VI sur les Turcs, en Hongrie. Le 11 septembre 1887, Léon XIII ordonne de célébrer dans toute l’Eglise, sous le rite de seconde classe, ladite solennité et l’office de Notre-Dame du Rosaire fixé au premier dimanche d’octobre, en sorte que cette fête ne puisse être transférée à un autre jour, si ce n’est en cas d’occurrence d’un office de rite supérieur. La réforme de saint Pie X la fixe au 7 octobre en 1914, mais le 1er dimanche d’octobre reste le jour propre de la solennité externe de la fête.

Guglielmo Caccia (Il Moncalvo), Notre-Dame du Rosaire, circa 1608« Il est un rite pieux selon lequel, contre les dangers que court le monde, on récite l’Ave Maria autant de fois qu’il y a de psaumes de David, en faisant précéder chaque dizaine de l’Oraison dominicale. Avec notre Autorité apostolique, Nous approuvons ce Psautier de la Vierge. Chaque jour, le Rosaire procure des avantages aux chrétiens. » Urbain IV († 1264)
« Le Rosaire est le fouet du démon. » Adrien VI († 1523).
« Le Rosaire est un moyen donné par le Ciel pour apaiser la colère de Dieu. » Grégoire XIII (1573)
« Le Rosaire est un moyen merveilleux pour détruire le péché et recouvrer la grâce de Dieu. » Grégoire XIV († 1591)
« Le Rosaire est le trésor des grâces. » Paul V († 1621)
« Le Rosaire est le remède souverain aux erreurs et aux vices. » Benoît XII († 1730)
« Grande est la force d’une armée qui tient en main non l’épée mais le Rosaire. » Pie IX († 1878)

A la sainte messe :

  • Procession d’entrée: Litanies de la Sainte Vierge – Chant de Besançon
  • Introït – Inclina Domine (ton i.)
  • Kyriale : Missa IX Cum Iubilo – mémoire du XVIIème dimanche après la Pentecôte
  • Epître : Proverbes VIII, 22-24 & 32-35 : Le Seigneur m’a possédée au commencement de ses voies ; avant qu’il créât aucune chose, j’étais dès lors.
  • Graduel – Propter veritatem (ton v.)
  • Alleluia – Solemnitas gloriosæ Virginis Mariæ (ton vii.)
  • Evangile : Luc I, 26-38 : L’ange étant entré où elle était, lui dit : Je vous salue, ô pleine de grâce ! le Seigneur est avec vous : vous êtes bénie entre les femmes.
  • Credo III
  • Offertoire – In me gratia (ton viii.)
  • Pendant les encensements de l’offertoire : Ave Maria – Thomas Louis de Victoria (1540 † 1611), maître de chapelle de l’impératrice Marie puis improvisation à l’orgue
  • Après la Consécration : O salutaris géorgien – Sur l’air de « Shen Khar Venakhi » – « Tu es la vigne » – chant géorgien de l’école de Kakhétie – adaptation : Henri de Villiers
  • Pendant la communion : Magnificat VIII – Claudin de Sermisy (1490 † 1562), sous-maître de la chapelle royale, cha-noine de la Sainte Chapelle
  • Communion – Florete flores (ton i.)
  • Prière pour la France, sur le ton royal – harmonisation traditionnelle de Notre-Dame de Paris
  • Ite missa est XI
  • Au dernier Evangile : Inviolata
  • Procession de sortie : O Marie, ô Mère chérie – Monsieur Flavien Martineau, prêtre de Saint-Sulpice (1830 † 1887)

IIndes vêpres de la solennité du Très-Saint Rosaire avec mémoire du XIXème dimanche après la Pentecôte & de saint François d’Assise, confesseur. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O sacrum convivium du VIIème ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1830.
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Tota pulchra es Maria, prose du Ier ton.
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium du Ier ton.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton.
  • Chant d’action de grâces : Laudate Dominum – Psaume CXVI du IInd ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1861.

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Programme du XVIIIème dimanche après la Pentecôte – clôture de la fête de l’Exaltation de la Croix du Seigneur – ton 1

Croix près du lac SengilParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 4 octobre 2026 du calendrier grégorien – 21 septembre 2026 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

Dimanche du ton I de l’Octoèque. En ce jour se clôture également la fête de l’universelle Exaltation de la précieuse et vivifiante Croix du Seigneur.

Le jour de la clôture, l’office de la fête se reprend en se combinant avec celui du dimanche. Les lectures sont celles du dimanche après l’Exaltation.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche, ton 1. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du dimanche.
A sexte : Tropaire du dimanche, ton 1. Gloire au Père. Tropaire de la fête. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de la fête.

A la divine liturgie

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 1, & 4 tropaires de la 9ème ode des deux canon de la fête :
1. Du Paradis l’Ennemi fit chasser Adam * lorsqu’il eut mangé le fruit défendu, * mais par la croix le Christ y fit entrer le bon Larron qui lui criait : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
2. Je me prosterne devant ta Passion * et je glorifie ta sainte Résurrection ; * avec Adam & le bon Larron * je te crie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
3. Librement, Seigneur sans péché, * tu as souffert la croix & la mise au tombeau ; * mais, comme Dieu, tu es ressuscité, * faisant surgir avec toi * Adam qui s’écrie : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
4. Le temple de ton corps, tu l’as relevé * du tombeau le troisième jour ; * avec Adam, ô Christ notre Dieu, * tu as ressuscité le genre humain, * qui chante : Souviens-toi de moi, Seigneur, ** quand tu entreras dans ton royaume.
5. A ton sépulchre se rendirent de bon matin * les Myrrophores tout en larmes, ô Christ notre Dieu : * elles y trouvèrent un Ange vêtu de blanc, * assis sur la pierre et disant : Que cherchez-vous ? ** Le Christ est ressuscité, ne pleurez plus.
6. Sur la montagne que tu leur avais indiquée * tes Apôtres arrivèrent, Seigneur ; * et, lorsqu’ils te virent, Sauveur, * ils se prosternèrent devant toi ; * vers les nations tu les envoyas ** pour les instruire et baptiser.
7. Que se réjouissent * tous les arbres de la forêt, * dont la nature est sanctifiée * par celui qui à l’origine les planta, * le Christ étendu sur le bois ; * et en ce jour de son exaltation, ** nous prosternant devant lui, nous le magnifions.
8. La Croix fut dressée * comme la force sacrée * relevant le front de tout croyant ; * par elle sont brisées * les cornes des coupables esprits ; * et en ce jour de son exaltation, ** nous prosternant devant la Croix, nous la magnifions.
9. Pour ne pas nous laisser l’amertume du fruit * goûté sous l’arbre défendu, * par ta Croix, Seigneur, tu l’effaças complètement ; * ainsi jadis le bois enleva leur amertume aux eaux de Mara, * préfigurant la force de la Croix ** que les puissances angéliques magnifient dans le ciel.
10. Nous qui étions irrémédiablement plongés * dans les ténèbres, à la suite du premier père, Seigneur, * en ce jour tu nous en relevas par ta Croix; * et, puisque par excès d’intempérance notre nature fut précipitée dans l’erreur, * tous ensemble nous en a retirés ** la lumière de ta Croix, que nous fidèles, nous magnifions.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 1 : La pierre scellée par les Juifs, * et ton corps très pur gardé par les soldats, * Tu ressuscites le troisième jour, ô Sauveur, * donnant la vie au monde. * C’est pourquoi les vertus célestes te crient, ô Donateur de vie : * « Gloire à ta résurrection, Christ, * Gloire à ton royaume ! ** Gloire à ton économie, seul Ami de l’Homme ! »
2. Tropaire de la fête, ton 1 : Sauve, Seigneur, ton peuple, * et bénis ton héritage, * accorde aux chrétiens orthodoxes * la victoire sur les ennemis, * et sauvegarde les tiens ** par ta Croix.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du dimanche, ton 1 : Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, * tu as ressuscité le monde avec toi ; * la nature humaine te chante comme Dieu, * la mort s’évanouit, * Adam jubile, Seigneur, * & Eve, désormais libérée de ses liens, * proclame dans l’allégresse : ** O Christ, c’est toi qui accordes à tous la résurrection.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion de la fête, ton 4 : Toi qui t’es volontairement élevé sur la croix, * accorde tes miséricordes au nouveau peuple * au nouveau peuple appelé de ton nom * accorde tes miséricordes ô Christ Dieu ; * donne ta force aux chrrétiens orthodoxes, * donne-leur la victoire sur l’Ennemi ; que ton alliance leur soit une arme de paix, ** une invincible victoire.

Prokimen
1. Du dimanche, ton 1 :
℟. Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, * selon l’espérance que nous avons mise en toi. (Psaume 32, 22).
℣. Justes, exultez dans le Seigneur, aux cœurs droits convient la louange (Psaume 32, 1).
[de la fête, ton 7 :
℟. Exaltez le Seigneur notre Dieu, prosternez-vous devant son marchepied, car il est saint (Psaume 98, 5).]

Epîtres
Du dimanche après l’Exaltation : Galates (§ 203) II, 16-20.
Mais je suis mort à la loi par la loi même, afin de vivre pour Dieu. J’ai été crucifié avec le Christ.
Or je vous avertis que celui qui sème peu, moissonnera peu ; et que celui qui sème avec abondance, moissonnera aussi avec abondance.
[Du jour : 2 Corinthiens (§ 181) VI, 1-10.
Mais agissant en toutes choses comme des ministres de Dieu, nous nous rendons recommandables par une grande patience dans les maux, dans les nécessités, et dans les extrêmes afflictions.]

Alleluia
De la fête, ton 1 :
℣. Souviens-toi de ta communauté, que tu as acquise à l’origine. (Psaume 73,2)
℣. Et Dieu, notre Roi depuis l’éternité, a réalisé notre salut au milieu de la terre. (Psaume 73, 12)
[Du dimanche, ton 1 :
℣. C’est Dieu qui me donne les vengeances & prosterne les peuples sous moi (Psaume 17, 48).]

Evangiles
Du dimanche après l’Exaltation : Marc (§ 37) VIII, 34 – IX, 1.
Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à soi-même, qu’il porte sa croix, et qu’il me suive.
[Du jour : Matthieu (§ 77) XVIII, 23-25.]

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique (de la fête)
Mégalynaire : Magnifie, ô mon âme, * la très précieuse Croix du Seigneur !
Hirmos : Mère de Dieu, tu es l’image du Paradis, * toi qui sans semailles ni labours as fait germer le Christ, * par qui la sainte Croix, le nouvel arbre de vie, fut plantée sur la terre. * Au jour de son exaltation, nous prosternant devant le Christ, ** nous te magnifions !

Versets de communion
De la fête : Fais lever sur nous la lumière de ta face (Psaume 4, 7).
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux. (Psaume 148, 1). Alleluia, alleluia, alleluia.

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Programme du pèlerinage paroissial à la basilique Notre-Dame de Liesse

Notre-Dame de LiesseBasilique Notre-Dame de Liesse (Place Carnot
02350 Liesse-Notre-Dame), le samedi 3 octobre 2026, grand’messe en rit romain traditionnel à 12h de la fête de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus & de la Sainte Face, patronne en seconde de la Franc, secondes vêpres de la fête de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (mémoire du Ier dimanche d’octobre & de saint François d’Assise) & salut du Très-Saint Sacrement à 16h.

La basilique Notre-Dame de Liesse est l’un des plus anciens et des plus illustres sanctuaires marials du nord de la France. Pendant plusieurs siècles, rois et reines de France vinrent nombreux s’agenouiller devant la Vierge noire qui y est vénérée, faisant de Liesse l’un des grands pèlerinages mariaux du royaume.

L’origine du sanctuaire remonte à l’année 1134. Trois frères originaires des environs de Laon, Jehan, seigneur d’Eppes, Hector, seigneur de Marchais, et Henri, chevaliers partis combattre en Terre Sainte, avaient été faits prisonniers et conduits en captivité en Égypte. Le sultan aurait chargé sa fille Ismérie de les détourner de la foi chrétienne. Les chevaliers lui parlèrent au contraire de la Sainte Vierge et, selon la tradition, une image de la Mère de Dieu tenant l’Enfant Jésus leur fut miraculeusement apportée.

Touchée par la grâce, Ismérie se convertit. La Vierge délivra miraculeusement les captifs et les ramena avec la jeune princesse jusque dans leur pays natal. Parvenus non loin de Marchais, ils s’endormirent ; à leur réveil, ils se trouvèrent transportés avec la statue aux environs de leur demeure. Lorsque les chevaliers voulurent reprendre leur chemin, l’image de la Sainte Vierge devint si pesante qu’il fut impossible de la déplacer : on comprit que Notre Dame avait choisi elle-même le lieu où elle voulait être honorée.

Une première chapelle fut donc élevée pour abriter la statue miraculeuse. Les grâces obtenues par l’intercession de la Sainte Vierge y attirèrent bientôt une multitude de pèlerins. Le nom même de Liesse, qui signifie joie et allégresse, resta attaché à Notre Dame et à son sanctuaire.

L’édifice actuel, élevé à partir du XIVème siècle et agrandi au XVème, constitue un remarquable ensemble de gothique flamboyant. Son chœur date du XIVème siècle. Le sanctuaire reçut par la suite de nombreux embellissements offerts par les souverains et les grandes familles du royaume.

Car Notre-Dame de Liesse devint très tôt un pèlerinage privilégié des rois de France. La tradition y fait venir Louis VII dès le XIIème siècle. Charles VI, Charles VII, Louis XI, François Ier, Henri II, Henri III, Louis XIII et Louis XIV, ainsi que de nombreuses reines et princesses, vinrent successivement prier aux pieds de Notre Dame.

Louis XI y vint à plusieurs reprises et fonda une messe perpétuelle célébrée chaque samedi. François Ier, prisonnier après la désastreuse bataille de Pavie en 1525, invoqua Notre-Dame de Liesse et vint lui rendre grâce après sa libération.

La dévotion de la famille royale à Liesse fut particulièrement éclatante au XVIIème siècle. Marie de Médicis offrit en 1610 le magnifique maître-autel de style Renaissance italienne qui orne encore le sanctuaire. Louis XIII et Anne d’Autriche, longtemps privés d’héritier, vinrent eux aussi supplier Notre Dame. Le roi fit notamment un don destiné à la construction de la sacristie, qui porte toujours son nom. Après la naissance du futur Louis XIV, la famille royale continua de manifester sa reconnaissance envers le sanctuaire.

Louis XIV vint lui-même plusieurs fois en pèlerinage à Liesse. Ainsi, pendant plusieurs siècles, l’histoire du sanctuaire se confond-elle avec celle de la France chrétienne : les souverains y venaient demander à la Mère de Dieu sa protection sur leur famille, leurs peuples et leur royaume.

Le sanctuaire conserve encore plusieurs précieux témoignages de cette histoire. Le jubé de marbre noir et blanc, élevé au début du XVIIème siècle, sépare la nef du chœur. Dans celui-ci, au-dessus du maître-autel, se trouve la Vierge noire de Liesse. On peut lire sur l’autel cette belle invitation du psaume :

SERVITE DOMINO IN LÆTITIA
Servez le Seigneur dans la joie.

Et sur l’arc triomphal :
TU LÆTITIA ISRAËL, TU HONORIFICENTIA POPULI NOSTRI
Vous êtes la joie d’Israël, vous êtes l’honneur de notre peuple.

Un autre remarquable ex-voto est suspendu aux voûtes de la basilique : le modèle du vaisseau Le Soleil Royal, offert en 1692 par l’amiral de Tourville en reconnaissance de la protection de Notre Dame au cours de ses combats sur mer.

La Révolution française interrompit brutalement cette longue histoire. En 1794, la statue vénérée depuis des siècles fut arrachée de son autel et brûlée. Des fidèles réussirent toutefois à recueillir ses cendres, qui furent conservées et placées par la suite sous les pieds de la nouvelle image de Notre Dame.

Au XIXème siècle, le pèlerinage connut un magnifique renouveau. Le 18 août 1857, avec l’autorisation du bienheureux pape Pie IX, la nouvelle statue de Notre-Dame de Liesse fut solennellement couronnée au milieu d’un immense concours de fidèles. La statue actuelle, sculptée en bois d’ébène, représente la Vierge en majesté portant l’Enfant Jésus. Sous ses pieds sont toujours conservées les cendres de l’antique image détruite pendant la Révolution.

En 1913, le pape saint Pie X accorda au sanctuaire le titre de basilique mineure, consacrant ainsi le rayonnement séculaire de ce haut lieu de la piété mariale française.

En souvenir de la conversion d’Ismérie, le sanctuaire de Liesse est devenu aujourd’hui un lieu de pélerinage d’anciens musulmans convertis à la foi chrétienne.

Notre pèlerinage paroissial nous conduit donc dans un sanctuaire où, depuis près de neuf siècles, des générations de pèlerins sont venues confier leurs joies, leurs épreuves, leurs familles et la France à la Mère de Dieu.

À notre tour, venons nous placer sous la protection de Notre-Dame de Liesse, Cause de notre joie, et lui confier notre paroisse et notre pays.

Notre-Dame de Liesse, priez pour nous !

A la sainte messe :

IIndes vêpres de la fête de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus avec mémoire des premières vêpres du XIXème dimanche après la Pentecôte, Ier d’Octobre, et de celles de saint François d’Assise, confesseur. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O sacrum convivium du VIIème ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1830.
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Sub tuum præsidium, du Ier ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1830.
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium du Ier ton.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton.
  • Chant d’action de grâces : Laudate Dominum – Psaume CXVI du IInd ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1861.

Cette messe et ces vêpres seront diffusées sur le compte TikTok de la Schola Sainte Cécile.

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Programme de la fête de la Dédicace de saint Michel Archange, patron en second de la France

Saint Michel Archange terrassant le dragonSaint-Eugène, le dimanche 28 septembre 2025, vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45. Le mardi 29 septembre à 19h, messe solennelle en rit romain traditionnel de 19h.

En 1424, l’Archange saint Michel se présente ainsi à sainte Jeanne d’Arc : « Je suis Michel, le protecteur de la France ».

Saint-Michel archange est le chef des armées angéliques ; son nom signifie Qui est comme Dieu ?. Il est cité à quatre reprises dans l’Écriture :

  1. Daniel X, 13 & 21 : Gabriel déclare à Daniel, lorsque celui-ci demande à Dieu de permettre la Juifs de retourner à Jérusalem : « Le prince du royaume des Perses m’a résisté vingt et un jours ; mais Michel, le premier d’entre les premiers princes, est venu à mon secours (…) Mais je t’annoncerai présentement ce qui est marqué dans l’écriture de la vérité ; et nul ne m’assiste dans toutes ces choses, sinon Michel, qui est ton prince.
  2. Daniel XII, 1 : l’ange parlant de la fin du monde et l’Antéchrist déclare : « En ce temps-là Michel, le grand prince, s’élèvera, lui qui est le protecteur des enfants de votre peuple ; et il viendra un temps tel qu’on n’en aura jamais vu un semblable, depuis que les peuples ont été établis jusqu’alors. En ce temps-là tous ceux de votre peuple qui seront trouvés écrits dans le livre, seront sauvés. »
  3. Epître de saint Jude 9 : « Cependant l’archange Michel dans la contestation qu’il eut avec le diable touchant le corps de Moïse, n’osa le condamner avec exécration ; mais il se contenta de dire : Que le Seigneur te réprime ». Saint Jude fait ici allusion à une ancienne tradition orale juive d’un différend entre Michel et Satan sur le corps de Moïse (Origène en parle dans son De Principiis III.2.2).
  4. Apocalypse XII, 7-9 : saint Jean évoque le grand combat eschatologique de Michel contre le diable : « Il y eut un grand combat dans le ciel : Michel et ses anges combattaient contre le dragon, et le dragon avec ses anges combattait contre lui. Mais ceux-ci furent les plus faibles ; et depuis ce temps-là ils ne parurent plus dans le ciel. Et ce grand dragon, cet ancien serpent qui est appelé le Diable et Satan, qui séduit tout le monde, fut précipité ; il fut précipité en terre, et ses anges avec lui. »

Suite à ces passages scripturaires, la tradition chrétienne attribue quatre offices à saint Michel : celui de lutter contre Satan, celui d’arracher les âmes des fidèles à la puissance de l’Ennemi, en particulier à l’heure de la mort, celui d’être le champion de l’Eglise militante, et en particulier des chevaliers chrétiens, enfin celui de conduire les âmes au jugement dernier (cf. l’offertoire de la messe des morts).

Dans le rit romain, la fête du 29 septembre est à l’origine la fête de la dédicace au Vème siècle d’une basilique située sur la via Salaria à 6 miles au Nord de Rome, dédiée à saint Michel & à tous les Anges, basilique qui disparut au cours du Xème siècle. Le Sacramentaire léonin place cette fête au 30 septembre sous le titre de Natale basilicae Angeli via Salaria et possède pas moins de cinq formulaires de messe pour ce jour, dont trois mentionnent explicitement saint Michel (les deux autres fêtant plus généralement tous les Anges). Le Sacramentaire gélasien donne la date du 29 septembre et appelle la fête S. Michaelis Archangeli tandis que le Sacramentaire grégorien l’appelle à la même date Dedicatio Basilionis S. Angeli Michaelis. Bien que conservant dans le missel romain l’antique titre de Dédicace de saint Michel Archange, la fête ne possède plus aucun caractère, ni au niveau des textes ni des rubriques, de fête de dédicace.

Les hymnes de l’office romain de ce jour ont été composée par saint Rhaban Maur de Fulda (c. 780 † 856), archevêque de Mayence. L’hymne des laudes mentionne en particulier les 3 archanges Michel, Gabriel & Raphaël.

Nous disons qu’il y a neuf ordres d’Anges. En effet, nous savons positivement par le témoignage de la sainte Écriture, qu’il y a : des Anges, des Archanges, des Vertus, des Puissances, des Principautés, des Dominations, des Trônes, des Chérubins et des Séraphins. Qu’il y ait des Anges et des Archanges, presque toutes les pages sacrées l’attestent ; quant aux Chérubins et aux Séraphins, il en est souvent question, comme on le sait, au livre des Prophètes. De plus, l’Apôtre saint Paul énumère les noms de quatre ordres dans ce passage de son Épître aux Éphésiens : « Au-dessus de toute Principauté, de toute Puissance, de toute Vertu, de toute Domination. » Il dit encore en écrivant aux Colossiens : « Soit les Trônes, soit les Puissances, soit les Principautés, soit les Dominations. » En joignant donc les Trônes aux quatre ordres dont il a parlé aux Éphésiens, on a cinq ordres ; et si l’on y ajoute les Anges et les Archanges, les Chérubins et les Séraphins, on trouve qu’il existe réellement neuf ordres d’Anges.
Sermon de saint Léon le Grand, pape, IVème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au second nocturne.

A la sainte messe :

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Programme de la solennité de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, patronne secondaire de la France

Saint-Eugène, le dimanche 27 septembre 2026, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Secondes vêpres & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Mémoire du XVIIIème dimanche après la Pentecôte

Ayant lu dans la Sainte Écriture cette invitation : « Si quelqu’un est tout petit, qu’il vienne à moi », elle voulut, dans son désir de plaire davantage au Très-Haut, devenir petite selon l’esprit, et, avec une confiance toute filiale, elle se livra pour toujours à Dieu, comme au plus aimant des Pères. Cette « voie de l’enfance spirituelle » selon la doctrine de l’Évangile, elle l’enseigna aux autres, spécialement aux novices qu’elle était chargée, par obéissance, de former aux vertus religieuses ; et ainsi, toute remplie d’un zèle apostolique, elle montra le chemin de la simplicité évangélique à un monde enflé d’orgueil et attaché aux vanités. Jésus, son Époux, l’enflamma profondément du désir de souffrir et dans son âme et dans son corps. Bien plus, considérant avec une extrême douleur, combien l’amour de Dieu est universellement rejeté, deux ans avant sa mort, elle s’offrit en victime à l’Amour très miséricordieux de Dieu. Alors, comme elle le rapporte elle-même, elle fut blessée d’une flamme du céleste feu. Enfin, consumée d’amour, ravie en extase, et murmurant avec une ferveur extrême : « Mon Dieu, je vous aime ! » elle s’envola vers son Époux, le trente septembre de l’année mil huit cent quatre-vingt-dix-sept, étant âgée de vingt-quatre ans. La promesse qu’elle avait faite en mourant, de faire tomber sur la terre une perpétuelle pluie de roses, dès son entrée au Ciel elle l’a réalisée, et la réalise encore de nos jours, par d’innombrables miracles. C’est pourquoi le Souverain Pontife Pie XI l’a inscrite parmi les Vierges Bienheureuses et deux ans après, au cours du grand jubilé il l’a solennellement placée au nombre des Saintes, puis constituée et déclarée Patronne spéciale de tous les Missionnaires. Pie XII, accédant aux vœux de tous les évêques de France a établi et déclaré que sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus serait auprès de Dieu patronne secondaire de toute la France.
Vie de sainte Thérèse, VIème leçon des vigiles nocturnes de sa fête, au second nocturne.

A la sainte messe :

IIndes vêpres de la solennité de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus avec mémoire du XVIIIème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : O sacrum convivium du VIIème ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1830.
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Sub tuum præsidium, du Ier ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1830.
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium du Ier ton.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du IIIème ton.
  • Chant d’action de grâces : Laudate Dominum – Psaume CXVI du IInd ton, tiré du processional de Bayeux & Lisieux de 1861.

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Sainte Thérèse secoure les soldats durant la Grande Guerre - Fusain de Pierre Léon Adolphe Annould de 1915.
Sainte Thérèse secoure les soldats durant la Grande Guerre – Fusain de Pierre Léon Adolphe Annould de 1915.

Programme de la fête de l’universelle Exaltation de la précieuse et vivifiante Croix du Seigneur

Universelle Exaltation de la précieuse et vivifiante Croix du SeigneurParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 27 septembre 2026 du calendrier grégorien, 14 septembre 2026 du calendrier julien, tierce & sexte à 8h55, baptême d’enfant puis divine liturgie de saint Jean Chrysostome à 9h15.

La fête de l’universelle Exaltation de la précieuse & vivifiante Croix du Seigneur, l’une des 12 grandes fêtes de l’année liturgique, célèbre la restitution de la vraie Croix et sa réinstallation à Jérusalem en 628.

Le 4 mai 615 en effet, les troupes païennes perses de l’empereur Chosroes II, commandées par le général Schahr-Barâz, s’étaient emparées de Jérusalem et avaient massacré 17 000 chrétiens habitants de la Ville sainte. Ces troupes avaient emporté dans leur butin la précieuse relique de la vraie Croix du Seigneur, découverte au début du IVème siècle par sainte Hélène, les reliques de la sainte Lance et de la sainte Eponge, ainsi que le patriarche de Jérusalem Zacharie et 37 000 chrétiens, déportés et réduits en esclavage.

L’opiniâtreté de l’empereur Héraclius finit par redresser la situation désespérée de l’Empire romain d’Orient (l’armée perse était arrivée jusqu’à Chalcédoine sur la mer de Marmara en face de Constantinople, tandis que les Avars assiégeaient la capitale impériale), et ramena progressivement les envahisseurs hors du territoire impérial, alors que tout semblait perdu. Le 12 décembre 627, Héraclius remporta enfin une victoire définitive et éclatante sur l’armée perse à Ninive, ce qui entraîna la fuite de Chosroes II, bientôt assassiné par son fils aîné et ses propres officiers le 29 février 628. Le nouvel empereur perse demanda la paix, qui ne fut accordée par Héraclius qu’à condition de restituer le bois sacré de la Sainte Croix et de libérer Zacharie, patriarche de Jérusalem et les chrétiens esclaves, ce qui fut fait. La précieuse relique de la Croix fut d’abord rapportée à Constantinople, d’où Héraclius l’apporta triomphalement à Jérusalem en septembre 628. Le pieux empereur voulut porter lui-même sur ses épaules ce bois sacré jusqu’au lieu du Calvaire, mais, arrivé devant les portes de la basilique de l’Anastasis, il ne put avancer, arrêté par une force invisible. Le patriarche Zacharie lui dit : « Prenez garde, Empereur, qu’avec ces ornements de triomphe, vous n’imitiez pas assez la pauvreté de Jésus Christ et l’humilité avec laquelle il a porté sa Croix ». Héraclius se dépouilla alors de ses splendides vêtements impériaux pour se vêtir d’un manteau de pauvre et pu, pénétrer, pieds nus, dans la basilique du Saint-Sépulchre. Depuis, l’Eglise ordonna qu’on célèbrerait tous les ans la fête de l’Exaltation de la Croix du Seigneur le 14 septembre (au lendemain de la fête de la dédicace de la basilique du Saint-Sépulchre le 13 septembre, dédicace faite sous l’empereur saint Constantin), afin de garder mémoire d’un triomphe si glorieux.

La précieuse relique avait été divisée en trois parts :

  1. L’une resta à Jérusalem (elle fut perdue par les Croisées à la bataille de Hattin en 1187 mais fut achetée par l’empereur d’Ethiopie David Ier (1350 † 1413) au Sultan Barkuk, elle est actuellement dans le monastère de Gishen dans la province du Wolo en Ethiopie).
  2. La seconde fut envoyée à Rome (elle se trouve aujourd’hui dans la basilique vaticane, après avoir été longtemps en la basilique Sainte-Croix de Jérusalem).
  3. La troisième fut envoyée à Constantinople, où le pieux empereur Héraclius la vénérait chaque année au cours d’ostensions solennelles.

La fête de l’Exaltation de la Croix du Seigneur est le pendant glorieux du Vendredi Saint. Si celui-ci commémore l’évènement historique de la rédemption obtenue par le Christ dans sa Passion, par ses souffrances & par sa mort, la fête de l’Exaltation nous représente plus particulièrement l’aspect finalement glorieux de cet évènement, où l’instrument de supplice est devenu l’arbre de vie, l’escabeau du salut et le trône de la gloire.

La fête de l’Exaltation de la Croix du Seigneur est précédée d’un jour d’avant-fête et suivie de 7 jours d’après-fête, elle est clôturée le 21 septembre. Etant une des Grandes fêtes du Seigneur, elle supprime l’office du dimanche lorsqu’elle tombe en ce jour, comme cette année. Elle est caractérisée dans le rit byzantin par la cérémonie proprement dite de l’exaltation de la Croix qui a lieu à la fin des laudes de l’office de matines : le célébrant bénit très solennellement avec la croix les 4 points cardinaux à 5 reprises pendant que le chœur chante 500 Kyrie eleison.

Le 14 septembre est aussi l’anniversaire de la naissance au ciel de notre Père parmi les saints Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople. En raison de la fête de l’Exaltation de la Croix du Seigneur, la fête de saint Jean Chrysostome est perpétuellement reportée au 13 novembre.

*

Aux heures
Tropaire de la fête. Gloire au Père. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : de la fête.

A la divine liturgie

Les psaumes des typiques ainsi que les Béatitudes, au début de la liturgie, sont remplacées par les trois antiennes suivantes :

Première antienne, ton 2 – Psaume XXI, 1-3
℣. Dieu, mon Dieu, soit attentif envers moi ; * pourquoi m’abandonner ?
℟. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
℣. La liste de mes échecs * éloigne de moi le salut !
℟. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
℣. Mon Dieu, je crierai pendant le jour, et tu ne m’exauceras pas, * je crierai pendant la nuit et on ne me l’imputera point à folie.
℟. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.
℣. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit, * Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
℟. Par les prières de la Mère de Dieu, * Sauveur, sauve-nous.

Seconde antienne, ton 2 – Psaume LXXIII, 1-2 & 12
℣. Pourquoi, ô Dieu, * rejeter jusqu’à la fin ?
℟. Sauve-nous, Fils de Dieu, crucifié dans ta chair, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
℣. Souviens-toi de ta communauté, * que tu as acquise à l’origine.
℟. Sauve-nous, Fils de Dieu, crucifié dans ta chair, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
℣. Celle-ci est sur le mont Sion, * dans lequel il t’a plu d’habiter.
℟. Sauve-nous, Fils de Dieu, crucifié dans ta chair, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
℣. Dieu notre Roi depuis l’éternité, * a réalisé son salut au milieu de la terre.
℟. Sauve-nous, Fils de Dieu, crucifié dans ta chair, * nous qui te chantons : « Alléluia ! »
℣. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit, * Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
Fils unique & Verbe de Dieu, qui es immortel & qui, pour notre salut, as voulu t’incarner de la sainte Mère de Dieu & toujours Vierge Marie, qui, sans changer, t’es fait homme, as été crucifié, Christ-Dieu, et par ta mort as vaincu la mort, l’un de la sainte Trinité, glorifié avec le Père et le Saint-Esprit, sauve-nous.

Troisième antienne, ton 1 – Psaume XCVIII, 1-2 & XCV, 9
℣. Le Seigneur a établi son royaume, que les peuples frémissent !
℟. Sauve, Seigneur, ton peuple, * et bénis ton héritage, * accorde aux chrétiens orthodoxes * la victoire sur les ennemis, * et garde ton peuple ** par ta Croix.
℣. Le Seigneur a établi son royaume, que les peuples frémissent ! * il siège sur les chérubins, que la terre chancelle !
℟. Sauve, Seigneur, ton peuple, * et bénis ton héritage, * accorde aux chrétiens orthodoxes * la victoire sur les ennemis, * et garde ton peuple ** par ta Croix.
℣. Le Seigneur est grand dans Sion, * il est élevé au dessus de tous les peuples.
℟. Sauve, Seigneur, ton peuple, * et bénis ton héritage, * accorde aux chrétiens orthodoxes * la victoire sur les ennemis, * et garde ton peuple ** par ta Croix.
℣. Adorez le Seigneur devant son sanctuaire.
℟. Sauve, Seigneur, ton peuple, * et bénis ton héritage, * accorde aux chrétiens orthodoxes * la victoire sur les ennemis, * et garde ton peuple ** par ta Croix.

A la petite entrée :
1. Isodikon de la fête : Exaltez le Seigneur notre Dieu ! Prosternez-vous devant son trône, car il
est saint !
2. Tropaire de la fête, ton 1 : Sauve, Seigneur, ton peuple, * et bénis ton héritage, * accorde aux chrétiens orthodoxes * la victoire sur les ennemis, * et sauvegarde les tiens ** par ta Croix.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
4. Kondakion de la fête, ton 4 : Toi qui t’es volontairement élevé sur la croix, * accorde tes miséricordes au nouveau peuple * au nouveau peuple appelé de ton nom * accorde tes miséricordes ô Christ Dieu ; * donne ta force aux chrrétiens orthodoxes, * donne-leur la victoire sur l’Ennemi ; que ton alliance leur soit une arme de paix, ** une invincible victoire.

A la place du Trisaghion :
℟. Devant ta Croix, nous nous prosternons, ô Maître, & ta sainte résurrection, nous la chantons. (3 fois)

Prokimenon :
De la fête, ton 7 :
℟. Exaltez le Seigneur notre Dieu, prosternez-vous devant son marchepied, car il est saint (Psaume 98, 5).
℣. Le Seigneur a établi son royaume, que les peuples frémissent (Psaume 98, 1).

Epître :
De la fête : I Corinthiens (§ 125) I, 18-24.
Car la parole de la croix est une folie pour ceux qui se perdent ; mais pour ceux qui se sauvent, c’est-à-dire, pour nous, elle est la puissance de Dieu.

Alleluia :
De la fête, ton 1 :
℣. Souviens-toi de ta communauté, que tu as acquise à l’origine. (Psaume 73,2)
℣. Et Dieu, notre Roi depuis l’éternité, a réalisé notre salut au milieu de la terre. (Psaume 73, 12)

Evangile :
De la fête : Jean (§ 60) XIX, 6-11, 13-20, 25-28, 30-35.
Et portant sa croix, il vint au lieu appelé le Calvaire, qui se nomme en hébreu, Golgotha ; où ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, l’un d’un côté, l’autre de l’autre, et Jésus au milieu.

A la commémoraison de la Très-Sainte Mère de Dieu durant l’anaphore eucharistique (de la fête)
Mégalynaire : Magnifie, ô mon âme, * la très précieuse Croix du Seigneur !
Hirmos : Mère de Dieu, tu es l’image du Paradis, * toi qui sans semailles ni labours as fait germer le Christ, * par qui la sainte Croix, le nouvel arbre de vie, fut plantée sur la terre. * Au jour de son exaltation, nous prosternant devant le Christ, ** nous te magnifions !

Verset de communion
De la fête : Fais lever sur nous la lumière de ta face (Psaume 4, 7). Alléluia, alléluia, alléluia.

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Programme du Samedi des Quatre-Temps de septembre

Samedi des Quatre-Temps de SeptembreSaint-Eugène, le samedi 26 septembre 2026, grand’messe en rit romain traditionnel de 9h30.

> Catéchisme sur les Quatre-Temps

Que signifie le figuier, sinon la nature humaine ? Que signifie, que montre la femme courbée, si ce n’est la même nature ? Cette nature a été, et bien plantée comme le figuier, et bien créée comme la femme : mais tombée de son plein gré dans la faute, elle ne conserve pas le fruit des soins de son maître ni l’état de rectitude. Se jetant en effet vers le péché de sa volonté, elle a perdu la droiture parce qu’elle n’a pas voulu porter les fruits de l’obéissance. Elle, créée à l’image de Dieu, en ne persistant pas dans sa dignité, a dédaigné de conserver l’état dans lequel elle avait été plantée ou créée. C’est pour la troisième fois que le maître de la vigne vient au figuier, parce qu’il a recherché le genre humain avant la loi, sous la loi, sous le règne de la grâce : en l’attendant, en l’avertissant, en le visitant.
Homélie de saint Grégoire, pape, IInde leçon des vigiles nocturnes de ce samedi.

A la sainte messe :

  • Propre grégorien du jour
  • Kyrie : des féries de pénitence au propre de Paris
  • Offertoire Dómine, Deus salútis meæ, chanté avec ses antiques versets
  • Sanctus XVIII
  • A l’élévation : O salutaris sur le ton de l’hymne de la Croix : Vexilla Regis prodeunt
  • Agnus Dei XVIII
  • Antienne de communion, chantée avec des versets du psaume LXXX
  • Benedicamus Domino XVIII
  • Après le dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : Bénédictions des Trois Enfants dans la fournaise – Vème ton

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Programme du Vendredi des Quatre-Temps de septembre

Vendredi des Quatre-Temps de septembreSaint-Eugène, le vendredi 25 septembre 2025, grand’messe en rit romain traditionnel de 19h. Oraisons pour demander le suffrage des saints et pour le Pape.

> Catéchisme sur les Quatre-Temps

Si donc nous faisons des œuvres bonnes, qui répandent dans l’Église l’odeur d’une bonne réputation, que faisons-nous en ce qui concerne le corps du Seigneur, sinon de l’inonder de parfum ? Mais la femme se tint aux pieds de Jésus : nous nous mettons devant les pieds du Seigneur quand nous nous opposons à ses voies par nos péchés ; mais si nous nous convertissons après nos fautes et embrassons une pénitence sincère, alors nous nous tenons en arrière, à ses pieds, car nous voulons suivre ses pas au lieu de les arrêter. La femme arrose ses pieds de ses larmes : ce que nous faisons aussi vraiment si, par un sentiment de compassion, nous nous inclinons vers le moindre des membres du Seigneur, si nous prenons part à la souffrance de ses saints dans la tribulation ; si, leur tristesse, nous la considérons comme notre tristesse.
Homélie de saint Grégoire, pape, IInde leçon des vigiles nocturnes de ce vendredi.

A la sainte messe :

  • Propre grégorien du jour – mémoire de saint Eustache & de ses compagnons, martyrs<
  • Kyrie : des féries de pénitence au propre de Paris
  • Commémoraison de la fête de saint Lin, pape et martyr
  • Offertoire Benedic, chanté avec ses antiques versets
  • Sanctus XVIII
  • A l’élévation : O salutaris sur le ton de l’hymne de la Croix : Vexilla Regis prodeunt
  • Agnus Dei XVIII
  • Antienne de communion, chantée avec des versets du psaume CXVIII
  • Benedicamus Domino XVIII
  • Après le dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : Benedic anima mea (Psaume CII, 2) et Psaume XCVI – Vème ton

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Programme du Mercredi des Quatre-Temps de septembre

Mercredi des Quatre-Temps de septembreSaint-Eugène, le mercredi 23 septembre 2026, grand’messe en rit romain traditionnel de 19h.

> Catéchisme sur les Quatre-Temps

La semaine qui suit l’Exaltation de la Sainte Croix, l’Eglise romaine célèbre le jeûne des Quatre-Temps, lequel s’étend sur le mercredi, le vendredi et le samedi de la semaine, quatre fois dans l’année au commencement des saisons. Cette pratique, qui remonte à la plus haute antiquité, s’inspire directement de l’Ecriture : le prophète Zacharie parle ainsi du Jeûne du quatrième, du cinquième, du septième (= « septembre ») et du dixième (« décembre ») mois. Il est de règle que la station du mercredi des Quatre-Temps soit toujours à Rome dans la basilique de Sainte-Marie-Majeure. La messe des Mercredis des Quatre-Temps comporte deux prophéties de l’Ancien Testament avant l’Evangile. Une première oraison est dite avant la première prophétie, et le chant de la collecte de la messe n’arrive qu’après le chant d’un premier graduel.

Voici comment le Sacramentaire gélasien annonçait l’arrivée des jeûnes des Quatre-Temps :

Frères très aimés, la purification annuelle du jeûne qui sanctifie le corps et l’âme nous est annoncée par le retour de ce mois salutaire. Donc, aux féries quatrième et sixième, unissons-nous d’un commun zèle pour offrir à Dieu le jeûne spirituel ; et samedi, célébrons les saintes vigiles de la piété chrétienne en l’Église du bienheureux Pierre, sur l’intercession duquel notre foi fonde son espérance. Ainsi en ces jours saints, les souillures du péché dues à la fragilité de la chair seront effacées par le jeûne et l’aumône, avec l’aide de notre Seigneur Jésus-Christ, qui, étant Dieu, vit et règne avec le Père et l’Esprit-Saint dans les siècles des siècles.

A la sainte messe :

  • Propre grégorien du jour – mémoire de saint Joseph de Cupertino, confesseur
  • Kyrie : des féries de pénitence au propre de Paris
  • Offertoire Meditabitur, chanté avec ses antiques versets
  • Sanctus XVIII
  • A l’élévation : O salutaris sur le ton de l’hymne de la Croix : Vexilla Regis prodeunt
  • Agnus Dei XVIII
  • Antienne de communion, chantée avec des versets du psaume LXXX
  • Benedicamus Domino XVIII
  • Après le dernier Evangile : Salve Regina
  • Procession de sortie : Antienne Gaudium Domini (II Esdras 10) et Psaume XCVI – IVème ton

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Programme du XVIIème dimanche après la Pentecôte

Saint-Eugène, le dimanche 20 septembre 2026, grand’messe en rit romain traditionnel de 11h. Premières vêpres de la fête de saint Matthieu, apôtre, avec mémoire du dimanche, & salut du Très-Saint Sacrement à 17h45.

Dimanche du plus grand commandement.

Les sadducéens acculés au silence, les pharisiens reviennent à la charge. Ils auraient dû pourtant se tenir tranquilles. Les voici qui continuent la lutte des premiers et poussent en avant le docteur de la loi. Ils n’ont nullement l’intention de s’instruire, mais ils s’affairent à tendre un piège. Ils demandent : « Quel est le premier commandement ? » Comme le premier commandement était celui-ci : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu », ils proposent la question dans l’espoir que Jésus leur donnera prise en corrigeant ce commandement pour démontrer qu’il est Dieu. Que fait donc le Christ ? Il veut démasquer le motif de leur conduite : ils n’ont aucune charité, ils se rongent d’envie, ils sont captifs de la jalousie. Alors il dit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu. C’est là le premier, le grand commandement et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Homélie de saint Jean Chrysostome, évêque, VIIème leçon des vigiles nocturnes de ce dimanche, au troisième nocturne.

Ières vêpres de la fête de saint Matthieu, Apôtre & Evangéliste, avec mémoire du XVIIème dimanche après la Pentecôte. Au salut du Très-Saint Sacrement :

  • Motet d’exposition : Panis angelicus, plain-chant du Ier ton
  • A la Bienheureuse Vierge Marie : Tota pulchra es, prose du Ier ton, du XIVème siècle
  • Prière pour Notre Saint Père le Pape : Tu es Pastor ovium du Ier ton.
  • A la bénédiction du Très-Saint Sacrement : Tantum ergo du Ième ton – chant de Nancy.
  • Chant d’action de grâces : Antienne In omnem terram & Psaume 116 – Laudate Dominum omnes gentes – plain-chant parisien (antiphonaire de Notre-Dame de Paris du XIIIème siècle

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Télécharger le livret des Ières vêpres de la fête de saint Matthieu, Apôtre & Evangéliste, au format PDF.
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Iconographie & les 3 leçons des nocturnes de ce dimanche, sur notre page Facebook.