Prose parisienne de la fête de saint Pierre & saint Paul – Offices notés complets de Paris – 1899

La composition de cette prose est de Simon Gourdan (1646 † 1729), chanoine de Saint-Victor. En voici le texte et une traduction ancienne.

TE laudámus, o Regnátor,
O pastórum, Christe, Pastor,
Summis in Princípibus.
Nous te louons, ô Souverain, ô Christ, Pasteur des pasteur, en la personne de ces premiers pasteurs.
Tibi memor gratulétur,
Et concéssis gloriétur
Pia plebs paréntibus.
Que le peuple fidèle te rende grâces et te glorifie pour les avoir reçus comme pères.
HI sunt Sion fundaménta,
Hi colúmnæ, fulciménta,
Turres, propugnácula.
Ce sont eux les fondements de Sion, ce sont eux ses colonnes, ses tours, et ses soutiens.
Hi bissénæ turbæ duces,
Hi stellántis aulæ faces,
Orbis et orácula.
Ce sont eux les chefs du troupeau, ce sont eux les flambeaux du ciel et les oracles de l’univers.
HIS ambóbus orbis cessit,
His ambóbus nox recéssit
Pulsa lumináribus.
Tous deux ont subjugué le monde, tous deux ont dissipé les ténèbres par les lumières de la foi.
Petro vertex principátus,
Paulo verbi magistrátus
Obtigit in géntibus.
Pierre reçoit la grâce de la primauté et Paul la prérogative d’apôtre des nations.
ILLI claves committúntur :
Huic arcánæ res pandúntur
Rapto super æthera.
Les clefs sont confiées à Pierre, à Paul la révélation des mystères cachés en étant enlevé au-dessus des cieux.
Hæc fœcúnda nos lactárunt
Ore, scriptis, et potárunt
Sponsæ matris úbera.
Ils sont comme les mamelles de l’Eglise notre mère, puisqu’ils nous ont abreuvés du lait de la foi par leur prédication et par leurs écrits.
ARCEM impérii
Christo subjíciunt,
Et sacerdótii
Caput stabíliunt.
Ils soumettent au Christ la capitale de l’Empire, et y établissent le siège du sacerdoce.
Athlétæ férvidi
Debéllant númina :
Torréntes límpidi
Manant in flúmina.
Athlètes intrépides, ils abattent les idoles ; torrent limpides, ils arrosent le champ de l’Eglise.
NAVIS Petri non quassátur,
Contra fluctus obfirmátur ;
Hac in arca grex salvátur
Integer credéntium.
La barque de Pierre est inébranlable, elle résiste à la fureur des flots ; c’est dans cette arche que le troupeau des croyants est à couvert du naufrage.
Quin olympus reserátur,
Vel indígnis obserátur,
Sors ætérna temperátur
Ad Petri judícium.
Sur l’ordre de Pierre, le ciel s’ouvre ou bien se ferme, les destinées éternelles sont décidées.
QUANTA cœlo merces datur !
Cruce Petrus consummátur,
Ferro Paulus obtruncátur :
Sic se litant hóstiæ.
Que leur récompense est grande dans le ciel ! Pierre consume ses jours sur la croix, et Paul par le fer ; ainsi s’immolent-ils en hosties.
Hic triúmphus bellatórum :
Hæc coróna magistrórum :
Binum lumen oculórum
Sic micat Ecclésiæ.
Tel est le triomphe de ces soldats, telle est la couronne de ces maîtres, ainsi brillent ceux qui sont comme les deux yeux de l’Eglise.
PETRE, radix unitátis,
Paule, jubar veritátis,
Super astra qui regnátis,
Datæ jure potestátis
Nos e cœlo régite.
Pierre, racine de l’unité, Paul, rayon perçant de la vérité, vous régnez au-dessus des cieux ; comme vous en avez reçu le pouvoir, conduisez-nous nous aussi au ciel.
Quos in fide genuístis,
Quos præcéptis imbuístis,
Quos exémplo docuístis,
Quos cruóre perfudístis,
Deo nos conjúngite. Amen. Allelúia.
Ceux que vous avez engendrés dans la foi, que vous avez nourris de vos leçons, que vous avez enseignés par vos exemples et pour qui vous versâtes votre sang, unissez-les à Dieu. Amen. Alleluia.
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