Programme du XVème dimanche après la Pentecôte – Conception de saint Jean Baptiste – ton 6

Conception de saint Jean BaptisteParoisse catholique russe de la Très-Sainte Trinité, le dimanche 6 octobre 2013 du calendrier grégorien – 23 septembre 2013 du calendrier julien, divine liturgie de saint Jean Chrysostome de 9h15.

Dimanche du ton VI de l’Octoèque. Nous fêtons aussi en ce jour la Conception du vénérable & illustre Prophète, Précurseur & Baptiste Jean.

La Naissance de Notre Sauveur est fêtée par la liturgie le 25 décembre, précédé de 6 mois (le 24 juin) par celle de son cousin Jean Baptiste (cf. Luc 1, 36). Aussi l’Eglise fête-t-elle neuf mois auparavant – le 23 septembre – la fête de la Conception du Baptiste & Précurseur Jean, rapportée par l’évangile de Luc (1, 5-25). Saint Jean Baptiste partage donc avec la Bienheureuse Vierge Marie et avec notre Seigneur le privilège d’être fêté liturgiquement pour leur conception, leur naissance et leur trépas, tandis que les autres saints ne sont fêtés qu’au jour de leur mort, leur naissance au ciel.

Notons que la date retenue pour la fête de la Conception de saint Jean Baptiste aurait pu être le 24 septembre, mais la date du 23 septembre qui a été retenue par l’Eglise de Constantinople avait une signification particulière dans l’Empire romain : c’était en effet l’ancienne date de la fête de la naissance d’Auguste dans le calendrier impérial païen et ce jour était regardé comme le premier jour de l’année dans beaucoup de contrées de la partie orientale de l’empire. Cette date du 23 septembre avait ensuite été retenue en 312 par l’empereur Constantin pour marquer le commencement de l’Indiction, c’est à dire la fixation de l’impôt foncier annuel. Après la suppression de la fête de la naissance d’Auguste, l’Indiction fut déplacée à une date plus commode : le 1er septembre (on estime que le changement se fit le 1er septembre 462). Pendant un temps, l’Eglise de Constantinople garda l’ancienne date du 23 septembre comme premier jour de l’année ecclésiastique, y célébrant la fête de la Conception de saint Jean Baptiste, qui se trouve être le premier mystère historique de l’économie de la Nouvelle Alliance. Puis, l’Eglise byzantine s’aligna sur le pouvoir civil et démarra son nouvel an également au 1er septembre.

Si nous choisissons de nous étendre quelque peu sur cette question de la date du 23 septembre, c’est parce qu’elle a curieusement une incidence sur l’organisation de la lecture de l’évangile dans le rit byzantin. En effet, primitivement, on lisait à Byzance l’évangile de Matthieu en lecture continue les samedis & dimanches depuis la Pentecôte jusqu’au 23 septembre, et on passait à cette date à la lecture continue de l’évangile de Luc en commençant par ses premiers versets (I, 5-25) qui font justement le récit de la Conception de saint Jean Baptiste.

Le passage du 23 au 1er septembre pour marquer l’indiction et le début de l’année diminua l’importance de la fête de la Conception de saint Jean Baptiste et eut pour conséquence de troubler l’organisation de la lecture continue des évangiles. Plusieurs systèmes se mirent en place pour déterminer la date à laquelle il fallait faire ce que les typikaristes appellent « le saut de Luc », c’est-à-dire la fin de la lecture continue de Matthieu et le passage à la lecture continue de Luc. Certains se mirent à faire le saut de Luc au lendemain du nouvel an le 1er septembre ; d’autres, pour rester à une date plus proche du 23 septembre, fixèrent le saut de Luc au lundi qui suit le dimanche après l’Exaltation de la sainte Croix. L’Eglise russe, elle, lisait l’évangile de Luc à partir du lundi suivant le 18ème dimanche après la Pentecôte. Toutefois l’usage de faire le saut de Luc après le dimanche qui suit l’Exaltation de la sainte Croix (14 septembre) – déjà attesté au XIème siècle par le Lectionnaire byzantino-géorgien (Sin. Géorg. 74) – avait finit par largement se diffuser dans les Eglises de tradition grecque. Le Patriarcat de Moscou prit la décision d’introduire cette pratique dans son ressort en 1957 sur l’initiative de l’évêque liturgiste Athanase Sakharov, ce qui sema une certaine confusion dans le clergé les premières années. Les églises russes en Europe Occidentale dépendant du patriarcat de Constantinople n’ont pas adopté cet usage.

Aux heures
A tierce : Tropaire du dimanche, ton 6. Gloire au Père. Tropaire du Précurseur. Et maintenant. Theotokion de l’heure. Kondakion : du Précurseur.
A sexte : Tropaire du dimanche, ton 6. Gloire au Père. Tropaire de la fête (Ascension). Et maintenant. Theotokion de sexte. Kondakion : du dimanche.

Tropaires des Béatitudes : 6 tropaires du dimanche, ton 6, 4 tropaires de la 3ème ode du canon du Précurseur :
1. Souviens-toi de moi, Dieu Sauveur, * quand tu entreras dans ton royaume, ** seul Ami des hommes, sauve-moi.
2. Adam fut séduit par l’arbre défendu, * mais par celui de la Croix tu as sauvé * le bon Larron s’écriant : ** Dans ton royaume, Seigneur, souviens-toi de moi.
3. Ayant brisé les portes & les verrous de l’Enfer, * tu as ressuscité, Source de vie, * Sauveur, tous ceux qui s’écrient : ** Gloire à ta sainte Résurrection.
4. Souviens-toi de moi, Seigneur * qui par ta sépulture triomphas de la mort * & comblas de joie l’univers, ** Dieu de tendresse, par ta Résurrection.
5. Les Myrophores venues au tombeau * entendirent l’Ange proclamer : * Il est vraiment ressuscité, ** le Christ qui illumine le monde entier.
6. Le Christ qui fut cloué * sur le bois de la croix * & sauva le monde de l’erreur, ** chantons-le tous d’un même chœur.
7. La Stérile en ce jour * conçoit le fruit sacré * qui dans la grâce bientôt * devra retrancher * comme avec la cognée ** toute âme stérile et sans fruit.
8. Dans le temple, à l’intérieur, * rendu muet, le grand prêtre Zacharie * par l’annonce redoutable reçoit * la Voix du Verbe et dans la joie * magnifie clairement ** le Seigneur compatissant.
9. Celui qui montre aux croyants * la sûre voie du repentir, * l’illustre Précurseur, * à la voix de l’Ange, par divine volonté, * se lève, contre tout espoir, ** dans le sein maternel.
10. Lorsqu’il reconnut le Christ * porté dans le sein virginal, * l’enfant de la Stérile tressaillit, * révélant d’avance la joie * qui sur terre venait ** délivrer tous les hommes du chagrin.

A la petite entrée :
1. Tropaire du dimanche, ton 6 : Devant ton sépulcre les Puissances des cieux, * autant que les soldats, furent frappées d’effroi ; * et Marie (Madeleine) se tenait près du tombeau, * cherchant ton corps immaculé ; * mais tu brisas l’Enfer sans te laisser vaincre par lui, * tu rencontras la Vierge et nous donna la vie. * Ressuscité d’entre les morts, ** Seigneur, gloire à toi.
2. Tropaire du Précurseur, ton 4 : Réjouis-toi, Stérile qui n’avais pas enfanté, * voici qu’en effet tu as conçu * clairement le chandelier du Soleil devant illuminer tout l’univers atteint de cécité ; * exulte d’allégresse, Zacharie, * avec confiance t’écriant : ** Celui qui va naître, c’est le Prophète du Très-Haut.
3. Gloire au Père, & au Fils, & au Saint-Esprit.
4. Kondakion du Précurseur, ton 1 : Zacharie le grand prêtre rayonne de joie * et son illustre épouse Elisabeth * à juste titre se réjouit de concevoir * Jean le Baptiste et Précurseur, * que l’Archange annonça joyeusement * et que nous les hommes, selon ses mérites nous vénérons ** comme initiateur de la grâce de Dieu.
5. Et maintenant, & toujours, & dans les siècles des siècles. Amen.
6. Kondakion du dimanche, ton 6 : De sa main vivifiante le Seigneur source-de-vie, * le Christ notre Dieu, * a fait surgir tous les morts des ténèbres de l’Enfer, * accordant la résurrection à tout le genre humain ; * il est vraiment notre Sauveur, ** notre vie, notre résurrection et le Dieu de l’univers.

Prokimen :
Du dimanche, ton 6 :
R/. Sauve, Seigneur ton peuple, et béni ton héritage (Psaume 27, 9).
V/. Vers Toi, Seigneur, j’appelle : mon Dieu, ne sois pas sourd envers moi (Psaume 27, 1).
Du Précurseur, ton 7 :
Le juste a sa joie dans le Seigneur, en lui il se réfugie (Psaume 63, 11).

Epîtres
Du dimanche : II Corinthiens (§ 176) IV, 6-15.
Or nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin qu’on reconnaisse que la grandeur de la puissance qui est en nous, est de Dieu, et non pas de nous.
[Du Précurseur : Galates (§ 210) IV, 22-31.]

Alleluia :
Du dimanche, ton 6 :
V/. Ton amour, Seigneur, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité (Psaume 88, 2).
V/. Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité (Psaume 88, 3).
Du Précurseur
V/. V/. Le juste fleurira comme un palmier, il grandira comme un cèdre du Liban (Psaume 91, 13).

Evangiles
Du dimanche : Luc (§ 17) V, 1-11.
Et ayant ramené leurs barques à bord, ils quittèrent tout, et le suivirent.
[Du Précurseur : Luc (§ 2) I, 5-25.]

Verset de communion
Du dimanche : Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le au plus haut des cieux.

Du Précurseur : La mémoire du juste sera éternelle (Psaume 111, 6). Alleluia, alleluia, alleluia.

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